Eddy De Pretto

Eddy de Pretto – Kid

Eddy de Pretto, ce nom est à retenir. Il a retenu mon attention, en tout cas. Il n’a pas fait que le retenir, en fait, pour être sincère ; il l’a carrément happé ; il a débarqué par le plus grand des hasards dans mon casque audio. Depuis, il ne le quitte plus. Il est passé en boucle, en mode replay sur des journées entières… Il a été le son du matin, quand, le café chaud entre les mains, mes yeux endormis se posaient sur le monde. Il a été le son du soir, quand le quotidien prend fin et qu’il semble nécessaire de se poser, savourer et profiter. Il a été le son du jour ; en roi de la promo ;  quand je le redécouvrais sur des playlists, entourés d’autres sons et qu’il me paraissait sortir du lot. Il a été le son du mois d’août, surtout, quand, émerveillée, je suis tombée sur la nouvelle publication de cette chaîne youtube le bruit des graviers. Je me souviens, j’ai lu le nom, sans le reconnaître, j’ai regardé l’image, en me demandant si ça valait le coup de mettre play. Je l’ai fait et je me suis perdue dans cette voix incroyable et ce phrasé magique.  J’ai été captivée, scotchée, émerveillée, bouleversée par la totalité de ce que je voyais, de ce que j’entendais et de ce que je découvrais.

Eddy de Pretto va nous sortir un  EP Kid, tout bientôt ; le 6 octobre. Je ne sais pas d’où il vient, je n’ai cherché aucune info ; le mystère, ici, a l’élégance d’une main gantée à la fois enivrante et rassurante. Son univers, à lui, à de jolies couleurs ; des tons marqués, assumés et jusqu’ici inconnus. Il a les mots, aussi… Il les a. Oui. Il a un talent fou. Il a les mots des grands ; la puissance qui va avec, l’intensité et la magie de l’interprétation.  Eddy de pretto est à écouter au casque, volume sonore légèrement trop élevé parce que le son est bon, la couche sonore est travaillée et met en relief avec habilité les mots choisis, le choix des mots et elle nous enivre ; suffisamment, en tout cas, pour oublier le reste et ne se concentrer que sur le son qui prend toute la place, la totalité de la place. Ça chasse les pensées, les mauvais souvenirs du jour, les trucs chiants ; on a 20 ans, on est jeune, on s’en fout et si on a mal au ventre, on aura qu’à dégobiller et reprendre la route. Rien de grave. Voilà, ce que fait Eddy de Pretto ; laisser couler le son, le laisser nous agripper et nous rappeler que 3 minutes et quelques peuvent à elles seules contenir l’entièreté du monde et nous rendre vivant.

Nord – Elle voudrait

Je viens vous parler de Nord, parce qu’il a sorti son premier EP depuis quelque temps, maintenant et qu’il est bon… Très bon.  Je me souviens de son concert magistral aux Francofolies de la Rochelle, il y a deux ans. Je me souviens, ensuite, de son set sur le pont. Là, sous la tente. Avec quelques vinyles de l’EP sous le bras. Je me souviens très bien de ce set parce que jusque là, je l’avais écouté au casque. Il y avait quelque chose dans ce son, quelque chose de nouveau, de profond, de sincère et de beau. Je me souviens ; une pote m’en avait parlé, une fois, en s’emballant, comme on le fait toujours quand le coup de cœur musical se fait. Alors, j’avais pris mon casque audio, je l’avais branché et je l’ai écouté, lui, Xavier Feugraysous le pseudonyme de Nord. J’ai écouté ce son, cette voix et j’ai compris ma pote… Oui, on s’emballe quand le cœur a été atteint. Alors, là, sur le pont, sous la tente, moi, j’étais toute impressionnée de le voir de tout près. Il n’était pas encore vraiment connu. Personne ne connaissait ni ce visage, ni ce nom. Alors, on était un tout petit paquet de gens, là, à s’abriter du soleil sous cette tente et à tendre l’oreille. On était quelques privilégiés à le regarder avec sa grande guitare nous chanter de belles choses de sa belle voix avec ce qu’il faut d’électro pour magnifier le tout. Il était beau, là, devant moi. Et elle était belle sa musique. Profondément belle. J’ai continué longtemps à l’écouter dans le casque audio, à me souvenir du privilège de voir des grands artistes quand ils en sont au début, quand le monde environnant ne perçoit pas encore la grandeur parce qu’elle est encore un peu caché par l’anonymat. J’ai continué longtemps à l’écouter, lui, à écouter ses paroles françaises d’une qualité rare en savourant le plaisir de le faire découvrir à des gens qui ne le connaissent pas encore.

J’ai envie de conseiller chacun des titres de l’EP tellement ils sont géniaux. J’ai envie de parler du titre Mémorable qui est incroyable. J’ai envie de parler de Temps mort pour cette voix particulière, ce son. J’ai envie de parler de l’amour s’en va pour les notes lancinantes qui entraînent. Mais je vais surtout conseiller le titre Elle voudrait parce qu’elle est venue, un coup, sans prévenir prendre la forme que je lui donne, maintenant. Je l’avais souvent entendue sans m’y sentir pleinement dedans. Ce fût le cas, dernièrement. Je continue à croire que certains titres sont  liés à des moments de vie et qu’ils ne nous parlent que lorsqu’on est prêt à écouter. Ils s’immiscent dans nos vies, à des moments précis et ils les dessinent avec une pointe argentée. Nord le fait avec une telle délicatesse ; il s’immisce, d’abord timidement ; il arrive sur la pointe des pieds, tout doucement. On le croit autre, au début. On l’imagine pop française ; un de ces énièmes chanteurs un peu fades qu’on écouterait comme ça, juste parce que « ça passe bien ». Et puis, à un moment donné, on l’écoute, pour de vrai. On sent que ce son à quelque chose en plus, que la voix nous parle, qu’il y a une profondeur dans le texte. Alors, on le laisse prendre la parole dans le casque audio et on lui donne toute la place, même, parce qu’arrive le moment où on le sait ; Il est bien trop grand pour être limité.

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Sous le choc King Krule

King Krule… Ce mec-là, il  a déboulé par le plus grand des hasards dans mon casque audio et depuis, il ne le quitte plus. Il trône en maître absolu dans ma playlist. Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas emballée à ce point sur un son. Là, j’ai l’impression d’être aux prémices d’une grande histoire d’amour… pour de vrai, en plus. Il a débarqué avec son titre easy easy, et moi, j’étais toute impressionnée par sa voix, cette façon un peu grunge, un peu punk de dire les choses sur un son qui ne l’est pas. Un son trip-hop dans ce qu’il a de plus beau. Parce que le mélange, là, il est surprenant, il est génial.

Chez King Krule, on y sent de tout. Un coup, on y sent une pointe de folk. Un coup ça pourrait ressembler à du rap. Un coup ça pourrait même s’apparenter à de la pop. J’y vois  même du rock psyché, des fois ! Voilà, ce mec-là, il est rien de tout ça et tout à la fois. Il  débarque et il te refait le monde avec du son. Elle n’existe pas ailleurs, sa musique à lui ; cette façon un peu nonchalante et envoûtante d’aligner les mots avec un son changeant, en vague. Un coup il semble cracher sa bile, un coup, il semble te balancer le truc, l’air de rien. King Krule est un génie pur souche. Un vrai de vrai ! Alors, il faut être préparé parce qu’à la toute première écoute, on est certes captivé mais un peu déstabilisé, quand même, parce que sa musique, elle ne va nulle part, parce que ça n’avance pas, ça ne décolle pas ; c’est lent, affranchi. Alors, il ne faut pas chercher, pas intellectualiser, il faut se laisser aller, se laisser surprendre et surtout lâcher prise. Oui, surtout ; lâcher prise. C’est cela que King Krule fait ; se débarrasser des codes et nous obliger à le faire. Peu importe bien où se situe sa musique et dans quel univers musical on pourrait le mettre. Peu importe bien où on va, où il nous emmène – le sait-il vraiment, lui ? – plus rien n’a d’importance. L’instant prime sur la totalité des choses. C’est un peu comme si on se baladait dans la ville sans but si ce n’est de se balader et d’être là. Juste ça, en fait ; se sentir là, vivant, présent. Il y a du Kerouac, chez King Krule ; cette façon particulière d’être et qu’on a nommé Beatnik, longtemps ; cette façon d’accepter la vie comme elle vient, de raconter sans se soucier des codes et de la lecture ; en étant complètement vrai, en ayant l’honnêteté de l’instant. Kerouac, il écrivait à l’instinct, ne se relisait pas, il avançait dans son histoire sans chercher à la définir. Il n’y a même pas de début, de milieu, de fin, même pas d’intrigue dans son bouquin  Sur la route.  Il écrivait comme on joue du Jazz, en improvisant avec le beat et King Krule le fait, aussi. Et c’est beau. C’est même profondément beau, en fait.

J’ai, donc, cherché des infos sur ce génie du son et de l’instant ; j’ai découvert qu’il a commencé sa carrière sous le pseudonyme de Zoo Kid en 2010 et qu’aucun des deux albums n’a été publié mais le son semble être à l’écoute gratuite sur son site, écrit-on sur la toile. Puis, en 2011, le pseudonyme King Krule nous sort trois albums sur les trois années qui suivent. Et enfin, en 2015, il débarque avec son vrai nom Archy Marshall pour nous sortir encore un opus. Moi, je le découvre avec le pseudonyme King Krule et son album magique Six feet beneath the moon sorti en août 2013, sous le label XLrecodings (à qui on doit de belles publications ;  Radiohead, Sigur Ròs, The Prodigy, Beck, pour ne citer qu’eux)  je ne connais rien d’autre de lui, pour l’heure, mais il est évident que je vais me plonger dans sa musique dès que j’aurai fini de taper ces quelques lignes parce que ce prodige anglais, à peine âgé de 23 ans, vient de me taper dans l’œil comme jamais… Je dois admettre la chose ; Le cœur a été atteint. Et de la plus belle des façons, je dois dire.

Je laisse à l’écoute le titre Neptune Estate parce qu’il frôle la perfection, qu’il tourne en boucle dans mon casque audio, depuis que je l’ai découvert et parce que je pense que c’est le titre le plus accessible pour une première écoute de King Krule. Et je laisse à l’écoute, un autre sublime titre de l’album Six feet beneath the moon ;  Easy easy pour le phrasé magique et cette sensation particulière de liberté absolue qu’il laisse, après coup.

Traditional Monsters – You Have The Power

Emmené par Dick Turner, compositeur, interprète, peintre et réalisateur américain, Traditional Monsters groupe néanmoins basé à Paris, sort son premier album Push The Panic Button aux étrangetés fascinantes. 

Sur un rythme lent doucereux, molletonneux, la voix rassurante et bienveillante de Dick Turner se pose confortablement et vous invite dans le moelleux de You Have The Power. Véritable respiration de l’album cette chanson magnétique à la fragilité palpable réussit l’exploit de dompter les forces négatives environnantes et ne laisser que des poussières de bizarrerie dans l’atmosphère. On écoute tout captivé…

Ben Mazué – J’arrive

Ben Mazué c’est une musicalité de dingue, un phrasé unique et des textes magiques. On en a déjà parlé, ici, pour son premier album, puis pour le deuxième. C’est dire combien on aime cette voix-là ! Et pour le plaisirs de tous, mais égoïstement, j’ai surtout envie de parler du mien : un troisième album est en préparation ! Sortie prévue ; le 15 septembre. Je sais. C’est loin… Mais il fait plutôt bien les choses puisqu’il nous diffuse ici et là, quelques titres du nouvel album.  Et c’est par hasard que je suis tombé sur le titre  J’arrive. J’avais déjà entendu la perle musicale qu’est  La liesse est lovée alors oui, je dois avouer que je le savais clairement bon, ce nouvel opus mais là, je suis restée scotchée, quand même… Ce titre-là, il est magique ! La construction y est incroyable. Il y a une montée en puissance. Une sorte de libération finale qui me l’a fait écouter en boucle sur des journées entières.

Ce titre-là, on l’écoute avec émotion et on en sort avec une force qu’on ne soupçonnait pas. Il commence avec une mini intro, juste le temps de se plonger dans l’écoute, juste le temps de faire taire le reste du monde et là, il y a sa voix, à lui, qui se pointe 7 secondes après. Elle est belle cette voix. Elle est douce, ronde, chaleureuse. On a envie de l’écouter. On y sent une profondeur, quelque chose. On a envie de tout entendre, de tout comprendre, aussi. On est prêt, en tout cas, puisqu’elle arrive suffisamment tôt pour nous surprendre et suffisamment tard pour nous donner confiance. Et elle nous parle… elle emploie des jolis mots dans un phrasé typiquement Mazuéen ; quand la voix crée à elle seule une musique.  Et là, à 35 secondes, le refrain débarque. Et il est beau. La musique y est réduite. La voix parle. Elle est touchante. Le texte l’est. Indéniablement ! Attend-moi le monde… j’arrive…j’arrive… j’arrive… je réveillais l’espoir. Attend-moi le monde, j’arrive…j’arrive…j’arrive… je cherchais en qui croire.  Il y a quelque chose dans la voix, une lutte, une attente, aussi, un espoir, surtout. Et puis, quand on croit avoir saisi le message, quand on est bien installé dans le titre et que la fin du refrain se fait, à 1min42, on croit à un final. Tout a été dit. On est prêt à l’accepter, du moins. Mais non, il  y a un enchevêtrement de voix, comme un murmure d’abord, qui s’insère, s’insinue, se faufile. Puis, les voix se font plus fortes et on entend; Dès qu’ils te disent que c’est foutu, tu les fais taire. Change. Invente. Arrache. Créé. Charge. Cogne. Balafre-les. Dès qu’ils te disent que c’est foutu, que c’est foutu, tu les fais taire.  Et alors, on se sent combatif, conquérant, prêt à tout.  Ben Mazué vient de nous donner la force. Il a réveillé l’espoir. Et il vient de nous donner les mots qui nous manquent, parfois, pour le faire. Merci !

Je laisse donc le lien de ce sublime titre, avec en bonus, la version live avec Guillaume Poncelet pour le magnifique piano et pour la gestuelle de Ben Mazué qui rend la chose encore plus magnifique.

Cigarettes After Sex – Cigarettes After Sex

Ces moments brumeux où l’on traverse la ville, seul à 5 heures du matin après une soirée, les flaques d’eau sur le goudron dans lesquelles se reflètent la lumière orangée des lampadaires. Les longues haies résidentielles qui bordent les trottoirs et au loin, le gros chien méchant du quartier qu’on a réveillé et qui aboie derrière son portail.

Cette magie dans l’air a l’odeur douce de la cigarette, celle qui donne un léger tournis et dont on tombe amoureux Each Time You Fall In Love

Cette façon d’occuper l’espace, cette façon d’appartenir a la terre et au ciel, entre les deux, éthérée et onirique Apocalypse.

Ce premier disque du groupe texan comme une drogue légère et volatile fait appel à toutes ces choses aussi uniques, ces sentiments particuliers, ces émois intimes, ces sensations nostalgiques tant aimées que l’on revit tout au long de l’écoute. Ne cherchons plus, tout est là.

Nick Hakim – Green Twins

Lourd / Lourdeur, sens 1 
Impression de poids, de pesanteur, douleur sourde, diffuse, caractère d’un temps lourd.

Lourd / Lourdeur, sens 2 
Terme de plus en plus utilisé par les amateurs de musique, ou de « son » comme ils disent, pour designer une chanson ou un disque exceptionnel, dont l’envergure écrase tout le reste (ex: Ce son est tellement lourd !!! Son album est d’une lourdeur !!!)

Il est vraiment étonnant de constater que Nick Hakim a habilement su jouer avec ces deux mots pour obtenir une texture unique, sa patte, une soul mutante et fiévreuse à écouter dans la fournaise de cet été pour enfin accepter cette chaleur suffocante, fondre sous la voix de Nick Hakim Bet She Looks Like You et ne faire qu’un avec cette température de lave.

Un Childish Gambino au loin, que l’on discerne dans les volutes de l’asphalte bouillonnant de la route sur laquelle on peut aussi croiser un Blur sous acide Tyaf, l’exquise folie sur Slowly ou encore la douceur langoureuse sur The Want.

Quand les vibrations soniques rencontrent les vapeurs ondulatoires.

Quand le groove et le psychédélisme des seventies se confrontent à notre étrange époque.

Quand Nick Hakim sort un disque qu’on n’espérait plus depuis bien longtemps dans le paysage musical, cela nous transcende, nous laisse pantois, en béatitude devant tant de textures et de mélanges nouveaux et retrouvés.

Lambert – Sweet Apocalypse

Le sentiment de quitter terre, rester sans voix, puis se dire que 37 minutes viennent de s’écouler hors du temps, hors du monde. 

Voila ce que l’écoute du nouveau disque de Lambert a pour corollaire direct, inévitable, naturel.

L’insolence d’un piano flirtant avec les mélodies d’un Thom Yorke du fond des abysses et d’un Dvořák qui aurait trouver sa fontaine de jouvence, puisque c’est aussi ça la musique actuelle, le modern classique, la justesse, l’émotion vive, la beauté brute, A Thousand Crash.

Une oeuvre qui tutoie les anges et le sublime avec des notes jouant a cloche pieds sur le fil de la mélancolie Licking Dew, de l’angoisse Waiting Room et de la joie Descending a Staircase pour former une symphonie plurielle. 

Un Sweet Apocalypse qui porte infiniment bien son nom, tant il possède et côtoie à merveille la douceur de la fin des mondes.

Her – Tape #2

« L’amour c’est donner ce qu’on à pas, à quelqu’un qui n’en veut pas« .

C’est sur cette citation de Jacques Lacan que s’ouvre l’EP le plus chaleureux, voluptueux et sincère (en somme que de l’amour) de notre été qui arrive à grands pas !

Her nous reviens avec leur pop-soul sensuelle en costume, au sommet de l’élégance, là où ils nous avaient déjà laisser lors de la sortie de leur première Tape (comme c’est agréable de dire ça en 2017).

Force est de constater que le groupe n’as rien perdu de sa facilité à créer une ambiance sexy et suave, tout en gardant un côté pop mélodique.

Swim nous mets dans une ambiance mi-dansante Blossom Roses mi-rêveuse, et l’ensemble est toujours aussi entraînant, réussi et infiniment classe Jeanie J.

Toujours aussi ce coté obsédant qui nous attirent profondément et nous affame, 6 titres quand c’est trop bon, c’est trop court.

Jesca Hoop – Memories Are Now

Il y a des artistes qu’on découvre par le plus grand des hasards et qui, pourtant, laissent à coup sûr une empreinte dans nos vies. Des artistes qui nous embarquent en deux-trois titres écoutés dans le casque audio, et dont on susurre le nom amoureusement sans s’en rendre compte avec l’air un peu abruti qu’on peut avoir quand le coup de cœur commence à se faire sentir. Je me revois totalement le faire avec elle, en plus… Elle, c’est la sublime Jesca Hoop. J’étais à la recherche de son.  L’habitude des fins de journées de boulot, quand tu veux un peu sortir de ta vie quotidienne, que tu ouvres milles et un onglet à la recherche de la musique qui va définir ta soirée. Le son du jour. Celui qui prendra le pas sur tous les autres. Celui que tu écouteras le lendemain, en buvant ton café et en souriant. Celui qui traînera dans ta boîte crânienne toute la journée et qui te donnera la force qui te manque, parfois, pour supporter les petites choses désagréables du quotidien. Dans mes onglets, j’avais le dernier album de Jesca Hoop fraîchement publié par le magique label qu’est Sub pop. Je dois avouer, presque honteusement, que je ne la connaissais pas avant cet opus, malgré une dizaine d’années de carrière et une demi-douzaine d’album au compteur. Je dois donc remercier ce label de m’avoir permise de la voir débouler dans mon casque audio. Je ne dirai jamais combien ce label est talentueux et combien il compte de perles musicales ! Jesca Hoop en est une. Une vraie et véritable perle musicale à écouter d’urgence si on n’est pas encore en train de le faire…

Memories are now est un album difficile à décrire. Vraiment, difficile.  Il y a que les titres défilent sans jamais se ressembler. Un coup, on la sent pop légèrement déjantée mi- Fiona Apple mi- Kate Bush (Animal kingdom chaotic) et un coup on la sent folk façon Sallie Ford (Cut connection, Simon says). Jesca Hoop marie les genres et le fait à merveille. Entre la candeur de la pop et la mélancolie de la folk, il y a Jesca Hoop ; ce mélange parfait de pop sucré et de folk un peu amère. Rares sont les perles musicales à se faufiler d’un genre musical à un autre avec autant de talent et encore plus rares sont celles avec lesquelles on se laisse aller avec autant d’aisance. Peu importe bien l’étiquette, au fond, tant que le son est bon. Il l’est, ici. Il est profond. Il est majestueux. Il élève… Il rend le quotidien un peu plus beau, un peu plus souriant, aussi. Il a une jolie couleur grâce à elle, en tout cas. Ce qui est à retenir, surtout ici, c’est cette musicalité incroyable, cette voix surprenante et ce nom ; Jesca Hoop. Il est, à présent, pour moi,  gage de qualité dans le casque audio. Elle y est reine, dans le mien, en tout cas. Pour preuve, je laisse à l’écoute, le sublime titre Memories are now.

Feist – Pleasure

6 ans après Metals, Leslie Feist nous offre un énorme Pleasure !

Avec une orchestration minimale, souvent accompagnée d’une seule guitare, notre canadienne favorite prend un maximum de risques sur des chansons fragiles qui comme un château de cartes tiennent à un fil. A l’écoute on est époustouflé par sa virtuosité à donner autant d’intensité, d’épaisseur et de profondeur à chaque seconde. Indéniablement un grand album !

Pour couper court à toute discussion, on s’écoute de suite Pleasure, le titre éponyme et ouvrant l’album qui explore avec énergie son coté électrique. Et c’est déjà immense !