Lescop – Dérangé

Echo, le second album de Lescop sorti en octobre 2016 comporte de très beaux titres David Palmer, L, Echo, mais c’est le titre Dérangé dévoilé en amont, en mai, qui a totalement hanté mon année 2016. Une chanson qui résonne fort avec notre époque, aussi troublante que nos comportements, l’histoire finalement très quotidienne d’un « garçon dérangé », ou de nous-même quand au milieu d’inconnus, nous arpentons le monde en mode robot, le visage serré.

Sa voix chaude dépose délicatement le texte froid sur une musique de claviers et boite à rythmes pour en faire une oeuvre tout à fait singulière et envoutante. 

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The Avalanches – Because I’m Me

Après un énorme succès en 2000 avec Since I Left You, les australiens The Avalanches sont de retour en 2016 avec un second album euphorisant Wildflower dans lequel ils passent du rap à la pop à l’électronique aussi habilement et facilement qu’un politicien retourne sa veste (surtout en ces temps de primaires…). 

Notons parmi les 22 titres proposés, deux tueries incontournables : l’enchantant Because I’m Me et le fou fou fou Frankie Sinatra.

 

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Hope Sandoval And The Warm Inventions – Liquid Lady

L’année 2016 a aussi vu un nouvel album de Hope Sandoval And The Warm Inventions, leur 3ème en 16 ans ! Ce duo, formé de l’américaine Hope Sandoval qu’on avait croisé en 2010 auprès de Massive Attack et de l’irlandais Colm Ó Cíosóig entre autre fondateur de My Bloody Valentine, nous offre un magnifique album flottant dans une ambiance folk apaisante et fluide, comme une île florissante isolée du stress du reste du monde.

Liquid Lady conclut à merveille Until The Hunter, avec ses longs solos de guitares aux distorsions planantes. Il ne reste plus qu’à se lover dans une chaise longue et profiter…

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Yucca – Johnny pour la vie

Ils nous le prouvent une nouvelle fois, Yucca (ex : Les Yuccas, Yucca Velux) est un groupe à l’aise partout, dans tous les styles. C’est sur l’océan très populaire de la variété française qu’ils naviguent dans leur EP Johnny pour la vie sorti en octobre 2016. Six titres malicieux, gorgés de fraicheur et tellement d’amour qu’on semble y voir comme un hommage aux grands figures du genre tels que France Gall, Michel Berger et compagnie…

Allez, c’est encore les fêtes, on ressort la chemise en jean et on ne se prive pas de cette gourmandise délicieuse !

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Sarathy Korwar – Day to Day

Dans la série « les albums 2016 qui nous ont été conseillés, qui nous ont touchés et qu’il ne faut pas louper »…

Né aux Etats-Unis, Sarathy Korwar a grandi en Inde. Son premier album sorti en Juillet 2016 sur le label Ninja Tune conjugue au présent jazz, musique électronique et musique folklorique traditionnelle de la communauté Sidi en Inde. Un voyage hors de nos sentiers battus particulièrement réussi.

Dans le communiqué de presse, il indique ainsi : 

« Le disque parle de la façon dont nous vivons, individuellement et collectivement, au quotidien, les tâches et les rituels quotidiens qui nous rassemblent. C’est une célébration du trivial et du banal ». Les rag quilts colorés que les Sidis fabriquent à la main en utilisant des tissus de récupération est une métaphore parfaite pour le disque : « les femmes Sidis font des collages impressionnants à partir de chiffons de tous les jours, c’est comme ça que je vois mon album ».

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Catherine Russell – Swing! Brother, Swing!

Tout est dans le titre !

Il suffit de se laisser porter jusqu’à 2017 par le groove imparable de ce titre magnifiquement interprété par Catherine Russell et ses musiciens.

Swing! Brother, Swing! est tiré de son album Harlem On My Mind, l’un des très beau album jazz de 2016.

Pour les plus curieux, en fin de vidéo Catherine Russell nous dit quelques mots sur ce morcreau.

 

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Notre entretien avec Radio Elvis

« On peut maintenant affirmer qu’on est un groupe de rock alors qu’avant on se cherchait beaucoup »

Créé en 2013, Radio Elvis, formé de Pierre Guénard (chant et guitare), de Manu Ralambo (guitare électrique et basse) et de Colin Russeil (batterie-claviers), n’a pas tardé à monter en haut de l’affiche. Après deux EPs, de nombreux prix glanés dans les radio-crochets nationaux, leur premier album Les Conquêtes (sorti en avril 2016) rencontre un vrai succès et leur musique rock, leurs textes magnétiques (en français) engrangent tous les jours de nouveaux conquis. 

C’est dans la boutique de vinyles éphémère de l’agence de communication We Are Addict, que nous avons rencontré autour d’un café chaud Pierre et Colin, et évoqué avec eux, leur rencontre, leur producteur, leurs concerts et beaucoup d’autres choses.

(c) portrait par Delphine Ghosarossian

Vous vous formez en 2013, aujourd’hui vous avez un album salué par la critique, vous sortez d’un concert à la Cigale (08 novembre 2016), comment avez-vous fait pour en arriver là si vite ?

Colin : Les dieux nous ont vachement aidés. On a beaucoup, beaucoup prié pendant un an, on n’a pas du tout travaillé. C’est arrivé comme ça ! (rires)

Pierre : Quand tu dis « pour en arriver là » pour le moment on continue notre boulot. On travaille, on se remet en question tout le temps, on ne considère pas qu’on est arrivé. Par contre il nous arrive de belles choses, ça c’est chouette.

J’écrivais d’une certaine manière et quand j’ai rencontré Colin, quand on s’est mis à faire de la musique ensemble, Colin m’a fait changé d’écriture. J’écrivais des chansons qui n’étaient pas vraiment des chansons, c’était du spoken word, il y avait beaucoup moins de pop. C’est le fait de travailler avec Colin qui m’a drivé un peu plus. Je commençais déjà à m’ouvrir à ça quand on s’est rencontré et c’est pour cela que ça s’est bien passé. On était tous les deux ouverts, Colin était ouvert à ce que je faisais, et moi j’étais ouvert à ce qu’il pouvait apporter à mes chansons, dans la structure, dans l’approche de la musique.

Colin : On avait besoin de se rencontrer à ce moment là… Je crois vraiment que c’était un besoin et du coup, on a tout de suite cru au projet. On avait de l’ambition à fond… Quand on y croit et quand on bosse, ça avance.

Comment vous vous êtes dit que c’était la bonne personne avec qui monter un groupe ?

Colin : On ne se dit pas ça, on joue c’est tout. C’est dans les films qu’on raconte ça.

Pierre : Dans la réalité c’est un peu plus simple que ça. Quand on a du temps, on se voit, on joue, on essaie de faire des concerts. A partir du moment où on a joué ensemble, on a vite été approchés par des maisons de disques, des éditeurs, des gens du milieu. C’est là qu’on se dit qu’on s’est bien trouvé et que ça va peut-être marcher, qu’on va peut-être réussir à en vivre. Au début on espérait juste faire des concerts et en vivre. Et c’est ce qui se passe. Il ne se passe pas beaucoup plus. On n’a pas la sensation que quelque chose d’exceptionnel est en train de se passer. On fait juste de la musique.

Comment votre écriture a évolué pour passer du « spoken word » à la chanson ?

Pierre : J’ai toujours eu le même rapport à l’écriture, c’est juste le fait de jouer avec Colin et Manu qui m’a permis d’élaguer et de trouver une forme qui me convenait plus. Avant j’étais seul, je n’avais pas de contrainte, il y avait moins de trucs qui pouvaient me driver, me mener vers une forme particulière. Mais le rapport au mot est toujours le même c’est le son d’abord, le sens après.

Du coté de la musique, comment les textes inspirent la musique ?

Colin : C’est assez spontané. Pour les premières compos qu’on a eu c’était un mot appelle un son, un son appelle un mot, il y avait des échanges comme ça.

Parfois le texte était très abouti, fini alors que la musique ne l’était pas, il fallait s’inspirer de tout ça pour composer. Ca venait souvent très vite, il n’y a pas vraiment de méthode. C’est quelque chose qu’on ne maîtrise pas et c’est justement ce qu’on aime. C’est un peu de l’impro, quand ça nous plait, on bloque dessus, on travaille le petit son, la petite ligne de basse, le riff de guitare, un accord… Ce n’est pas très simple à expliquer, mais ce n’est pas plus compliqué que ça. C’est surtout de l’improvisation, un échange entre le texte et la musique. On n’intellectualise pas trop.

Pierre : On a l’impression que même les compos viennent, factuellement elles viennent en studio, mais en réalité, je crois qu’elles arrivent dans le camion lorsqu’on écoute de la musique ensemble. J’ai l’impression que c’est là que commencent à naitre nos futures chansons. On se rend compte des goûts qu’on a en commun et la fois d’après on met ces goûts là en commun et on les met en œuvre. On essaie d’appliquer ce qu’on a écouté. Ce sont des choses qui ne s’expliquent pas, ce sont des trucs qui se vivent.

Comment les nombreux concerts que vous avez faits vous ont aidé dans la création de ces chansons ?

Colin : Les concerts nous ont surtout aidé à aboutir les compos, à fignoler, à maîtriser. Des fois on jouait des morceaux qu’on avait composer une semaine avant. J’exagère un peu, mais c’est pas loin finalement. Le fait de les jouer en concert ça permettait de savoir si la structure était bonne, si ça plaisait aux gens de cette manière là, si les sons étaient les bons. Forcément quand tu fais une compo, le but c’est de la jouer devant des gens, donc c’est là que ça se passe.

Pierre : Pour le disque ça nous a aussi permis d’acquérir une certaine assurance. Quand on est arrivé en studio on avait fait plein de concerts, on avait la sensation de bien maîtriser les morceaux, de savoir pourquoi on les faisait. C’était assez fort en nous.

Colin : On s’est régalés aussi, on a appris à se connaître, on s’est révélés. On peut maintenant affirmer qu’on est un groupe de rock alors qu’avant on se cherchait beaucoup. Petit à petit plus on joue, plus on a des chances de le faire et plus on sait ce qu’on fait, on sait ce qu’on devient.

Vous avez enregistré cet album au studio ICP à Bruxelles, pourquoi ce studio ?

Colin : Pour les frites ! (rires) Parce qu’un CD sur deux a été enregistré là-bas, donc forcément ça fait rêver. Sur les CDs qu’on aime, vous voyez ICP derrière.

Pierre : Bashung a enregistré quasiment tous ses albums là-bas, Noir Désir a enregistré quasiment tous ses albums là-bas aussi.

Colin : Beaucoup de français ont fait leurs albums là-bas. Il faut dire aussi que PierreAS avait une porte d’entrée pour ce studio. On en a profité. On a fait un premier test où on a visité le studio, on y a fait notre deuxième EP qui s’appelle Les Moissons qui contient Où sont les pyramides et Elle partira comme elle est venue. On a fait ces deux titres là-bas, pour à la fois tester et aussi pour enregistrer des morceaux. Vu que ça nous a plus on s’est dit « on y retourne pour l’album ».

Qui a été votre producteur, comment s’est passée la collaboration avec lui ?

Pierre : C’est Antoine Gaillet, c’est un monsieur très gentil… En fait on nous a beaucoup parlé d’Antoine Gaillet dès le début du groupe. Quand on rencontrait des éditeurs, à l’époque, quand on envisageait l’album, on nous a vite parlé d’Antoine Gaillet. Nous, on pensait à beaucoup de personnes différentes, et le moment venu on s’est dit « on va contacter Antoine Gaillet pour au moins le rencontrer ». Il se trouve qu’on vient du même coin, qu’il est deux-sévrien comme nous. On s’est bien entendus. On l’a bien aimé parce qu’il avait une vrai intelligence artistique. On ne cherchait pas quelqu’un qui allait apporter sa patte, qui allait driver le projet vers autre chose. On cherchait quelqu’un qui pouvait prendre une photo du groupe tel qu’il était à ce moment là. On a senti qu’Antoine Gaillet était capable de faire ça avec nous. Il est aussi capable d’apporter sa patte, mais il est capable de rester un peu en retrait et de nous laisser faire. On voulait juste qu’il nous donne les moyens de réaliser nos envies. C’est exactement ce qu’il a fait. Il a essayé de nous comprendre, il est très à l’écoute, et très diplomate aussi. Il a une vraie intelligence artistique et une vraie intelligence humaine. Il sait vite analyser nos comportements pour savoir comment nous prendre chacun séparément. Notamment Manu, il a très bien et très rapidement cerné Manu qui a un rapport à la musique assez complexe. Il a vite cerné le personnage et a réussi à en tirer le meilleur.

Colin : C’est sûr que les réalisateurs c’est 50% de psychologie. On débarque dans un studio avec plein d’enthousiasme, mais on ne connaît pas la personne qui produit. On l’a rencontrée vite fait, quelques heures, et au final on se retrouve 24h/24 avec lui. Il faut que le courant passe. Les producteurs doués, évidemment ils ont de la technique, ils ont du talent artistique, ça s’est sûr, mais ils ont aussi beaucoup de psychologie. Ils sont capables de rebondir, d’être hyper ouverts à nos personnalités et à plein de sujets différents, parce qu’on ne parle pas que musique.

En plus Antoine est un mec qui bosse vite, qui capte très vite les personnalités comme disait Pierre… Je me rappelle le matin, on discutait cinéma, on ne parlait pas forcément de musique, et on se marrait bien. Il y avait un coté « pote » qui s’est installé très vite. Je pense que c’est compliqué de travailler avec un producteur si tu n’arrives pas à raconter des blagues avec lui. Nous, on s’est bien marrés.

(c) portrait par Delphine Ghosarossian

Vous avez dit qu’une bonne chanson est une chanson vraie. C’est ce coté vrai que vous cherchez dans vos compositions, dans votre écriture ?

Pierre : Une bonne chanson c’est une chanson qu’on arrive à jouer plein de fois et qui à chaque fois révèle une nouvelle personnalité, où on arrive à trouver un nouveau sens, un nouveau truc dans l’arrangement qu’on n’ avait pas forcément vu quand on l’a composée. C’est une chanson qui se montre sous plein de jours différents. Une chanson qui reste figée, qui ne vit pas, ne se montre pas sous d’autres jours à mesure qu’on la joue, en général on arrête de la jouer sans même s’en rendre compte. Il nous est arrivé que dans des setlists on ne joue pas un titre et qu’on ne s’en rende même pas compte. Il faut les dégager celles-ci, ça veut dire qu’elles ne servent à rien. C’est la loi du plus fort.

Ce sont souvent des chansons qu’il faut dompter, qui sont dures à jouer, qui sont dures à composer même, mais qui par la suite se révèlent assez riches. Il y a aussi des chansons très simples, qui viennent très naturellement, où on a juste à se laisser aller… Il y a plein de titres comme ça où il y avait juste à tirer le fil.

Sur le premier album il y avait pas mal de chansons qui étaient déjà en nous. J’avais pas mal de textes, de guitare / voix qui étaient déjà plus ou moins finis, il y avait déjà une grosse base de travail. On va voir pour le deuxième album comme ça se passe parce que ça va être la première fois qu’on va devoir tout composer tous les trois vraiment, en partant de zéro.

Colin : C’est souvent assez simple de composer un premier disque. C’est tout ce que tu as accumulé avant.

Pierre : Après il faut faire un disque tous les deux, trois ans, donc avec deux, trois ans de vécu. Ce n’est pas la même chose, mais c’est compensé par le fait qu’on prend de l’assurance et qu’on se connaît mieux. On va peut-être fonctionner différemment dans la compo parce qu’on connaît le comportement de chacun, on va gagner du temps, en tout cas, gagner en confort, en bonne humeur aussi. Parce que la compo ce n’est pas tout le temps de la bonne humeur, c’est vite tendu aussi. Ce n’est pas évident d’avoir la même vision d’un truc, et on ne peut pas mettre des mots sur tout, c’est pour cela qu’on fait de la musique. Paradoxalement même moi je ne mets pas des mots sur tout.

(c) portrait par Delphine Ghosarossian

Vous avez la volonté de toujours évoluer, vous savez vers quoi vous souhaitez évoluer ?

Pierre : Je crois que le but c’est d’avoir le plus de public possible. De continuer de jouer… Je crois que de toute façon on a un deuxième disque à faire…

Colin : On se laisse les portes ouvertes… Si on a envie de faire un disque en allemand, un disque électro, on le fera je pense.

Quel est votre crainte aujourd’hui ?

Pierre : C’est que le deuxième disque soit moins bien reçu que le premier. En fait, si on est sincère sur le deuxième comme sur le premier, si on a rien à regretter que ce soit bien pris ou mal pris, tant pis.

Colin : Ca s’inscrit dans le temps. Bashung a fait des grands bides qui sont maintenant des références.

Pierre : Le but c’est de ne pas avoir de regrets. Il faut être le plus sincère possible et ne pas se trahir. Si on ne s’est pas trahi, après c’est de l’art et ça reste comme ça. Le but c’est qu’ on continue en groupe, je pense que ce serait aussi chouette qu’on ait d’autres projets, qu’on aille faire nos expériences chacun de notre coté, tout en gardant le groupe. Avec le groupe faire aussi d’autres expériences de musique. Là on a fait une création avec la Maison de la Poésie, ce sont des trucs qui nous branchent bien, comme faire une musique de film… Il n’y a pas que la musique d’album qui compte. J’aimerais bien aussi écrire pour d’autres trucs, ou Colin va peut-être collaborer avec d’autres gens. En fait, à partir d’un groupe on peut faire plein de choses, c’est ce qui est cool.

N’avez-vous pas la crainte d’être catalogué « Chanteur intellectuel, cérébral » ?

Colin : On arrive à faire autant de concerts qu’on a envie, comme on en a envie. On arrive à faire la musique qu’on a envie, après les gens pensent ce qu’ils veulent. Tant qu’on est sincères avec nous même, qu’on sait ce qu’on fait, ça va.

Pierre : Les gens ne viendraient pas à nos concerts, ils ne taperaient pas dans les mains, ils ne danseraient pas si c’était vraiment cérébral. Dès lors qu’on chante en français, qu’on met un peu de soin dans les textes, on oublie qu’on met le même soin dans la musique et du coup ça devient vite cérébral. C’est complètement stupide. Nick Cave écrit en anglais, il met du soin dans ses textes et on fait surtout attention à sa musique. En France, vu qu’on chante dans notre langue maternelle, ça peut être pris pour quelque chose de pompeux…

Vos chansons ont un réel pouvoir magnétique, vous savez comment la magie opère ?

Pierre : Non, il ne faut surtout pas savoir… Je n’ai pas le recul et je n’ai pas trop envie d’avoir ce recul. Mes textes n’ont longtemps pas été compris. Dans le slam, les gens ne comprenaient jamais mes textes, je m’en foutais. Quand j’étais tout seul avant que le groupe se forme, les gens ne comprenaient pas mes textes non plus. Maintenant qu’on a un groupe, j’écris peut-être mieux, mais les gens peuvent plus s’identifier, tant mieux.

Vous dites que vous avez une approche assez « brut » des concerts, vous pouvez nous expliquer ?

Colin : C’est essayer au maximum d’être dans le présent, dans l’instant de ce qui se passe. C’est vivre des expériences, des sensations.

Pierre : On essaie de ne pas donner tout le temps les mêmes concerts. Il y a des groupes qui sont très forts pour faire ça, et ça leur va très bien de jouer au click, de lancer des boucles, d’être très carré. Nous on essaie d’être le plus carré possible, de produire les sons qui nous intéressent, par contre tout le temps le même concert ça ne nous intéresse pas tellement. Ca ne veut pas dire qu’on change les titres, mais c’est de trouver de nouvelles interprétations à chaque fois, ça passe aussi dans l’intention. Après ça passe par des instants d’impros qu’on peut se permettre, des silences qui ne sont jamais les mêmes. On essaie d’être dans le présent quand on monte sur scène, de ne pas se dire « c’est un concert de plus, c’est le même qu’hier ». Il y a des concerts qui sont moins biens que d’autres, peut-être pas pour le public, mais pour nous oui.

Vos plus beaux souvenirs de concerts ?

Pierre : Il y a la Cigale, mais avant ça c’était à Joinville-Le-Pont, il y a deux semaines. Et avant ça, l’une de nos meilleures dates c’était cet été à Québec, dans un bar où il y avait quinze personnes. Ca ne veut rien dire le nombre, c’est surtout ce qu’on donne à ce moment là et comment les gens le reçoivent. C’est le vieux cliché, mais il vaut mieux dix personnes à donf que mille qui en n’ont rien à foutre.

Colin : Les meilleurs concerts sont souvent quand on ne s’y attend pas du tout. On se dit « on y retourne pour un petit concert », on n’est pas dans l’état du meilleur concert de la vie, et finalement ce sont les gens qui vont nous surprendre et on va leur donner un truc qui n’était pas vraiment prévu. C’est ce qu’on kiffe.

Pierre : Du coup, on n’est pas dans la réflexion…

Merci !

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Nick Cave & The Bad Seeds – Skeleton Tree

Dans la série « meilleur album de 2016 » on ne peut passer à coté du déchirant Skeleton Tree de Nick Cave & The Bad Seeds. Album totalement traversé par le décès tragique de son fils, dans lequel Nick Cave évoque avec une dignité rare cette blessure encore ouverte.

Les titres ramassés, denses, rêches brisent le silence angoissant de la mort et nous grattent jusque dans notre chair (de poule). C’est sublime !

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Nicolas Jaar – Killing Time

A l’heure des bilans de l’année, des dernières recommandations avant Noël, il m’apparait indispensable d’évoquer Sirens de Nicolas Jaar qui m’apparait comme l’un des plus beaux albums de musique électronique / downtempo de 2016.

On se régale avec le titre introductif de plus de 11 minutes Killing Time, une épopée musicale qui traverse les mondes, les sons et les couleurs, où l’art de l’épure, l’art de la retenue, l’art du suggérée sont passés maitre.

 

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Notre entretien avec Thos Henley

« J’aime le coté live de cet album. La perfection n’était pas l’objectif »

Infatigable voyageur, nous avions rencontré Thos Henley en 2011 juste avant son départ de Paris pour la Grèce. Cinq ans après, installé à Stockohlm et de passage à la capitale, il nous présente son nouvel album Blonde on Basically Ginger réalisé avec Mathieu Cesarsky (aussi connu comme artiste sous le nom de Judah Warsky). Cet album délaisse les sonorités folks auxquelles il nous avait habitué pour s’aventurer dans l’univers savoureux des « piano-songs » inspiré par les grandes heures des années 70s. Que ce soit dans une ambiance intimiste, pop, ou joyeuse, ces dix chansons sont traversées par un vent de liberté, une fraternité chaleureuse qu’on ne boude pas notre plaisir de l’écouter.

(c) portrait par Delphine Ghosarossian

La dernière fois que nous nous sommes rencontrés c’était en 2011, juste avant que vous ne partiez en Grèce. Que s’est-il passé depuis ?

Thos Henley : Oh, ça fait longtemps ! Je suis allé en Grèce, puis en Allemagne, à Paris de nouveau et en Suède.

Vous avez besoin de voyager pour avoir de l’inspiration ?

J’en avais besoin. Maintenant je sens que je peux me reposer. Je trouve que Stockholm est la bonne ville pour se poser. Je sens que j’en ai fini de cette vie de voyage.

Qu’est-ce qui vous plait ? Pourquoi Stockholm et pas une autre ville ?

C’est une bonne question… J’aime beaucoup la façon de vivre en Suède. Vous payez beaucoup d’impôts, mais en retour vous avez plein de bonnes choses. Tu t’en aperçois dès ton arrivée en Suède… C’est une super ville, les gens sont aussi très sympas.

Comment les voyages vous ont inspiré, ont eu un impact sur vos chansons ?

Je voyage seul la plus part du temps. Quand tu es seul, tu as beaucoup de temps pour réfléchir, par exemple quand tu es assis dans un train en Allemagne pendant 7 heures. Mes chansons ne sont pas sur les endroits que j’ai visités, ce sont des chansons qui parlent d’amour, de désamour. Les voyages aident dans le sens où tu as ces moments de solitude. Tu dois faire avec ces moments de solitude dont tu te sers pour faire des chansons.

J’y pensais récemment lors de l’écriture de nouvelles chansons pour le prochain album, mes chansons préférées sont plutôt mélancoliques, j’essaie d’écrire des chansons tristes mais comme je suis heureux en ce moment, je n’y arrive pas, Quand tu voyages c’est le meilleur moment pour écrire des chansons.

Entre 2011, et 2016, et avec tous ces voyages vous pensez que vous avez évolué sur la définition de ce qu’est une bonne chanson ?

Non, je ne pense pas, par contre je pense que mes goûts ont changé.

Auparavant j’aimais beaucoup les Beatles, mais je ne voulais pas faire des chansons à la Beatles, j’écrivais des chansons folks. Aujourd’hui j’ai dépassé cela, je veux juste de faire des chansons à la Paul Mc McCartney. A chaque chanson que j’écris, j’essaie d’être Paul McCartney. Ce qui n’est pas une tâche facile.

Pour cet album, qui a eu l’idée de faire des chansons au piano ?

Ce mec dans le coin (ndlr désignant Mathieu Cesarsky aka Judah Warsky). On était dans ce studio, j’avais ma guitare acoustique, je lui jouais quelques morceaux, j’avais dans le coin de ma tête que j’écoutais beaucoup de piano-songs et je me disais « j’aimerais bien faire un album piano ». Je le gardais pour moi, car je ne pensais pas qu’en 2014 – 2015 ce serait cool de le faire.

Un soir, on était chez moi, on écoutait du Paul Williams et Mathieu m’a dit « c’est ce à quoi devrait ressembler tes chansons ». Et on a réalisé que les quelques chansons que j’avais sonnaient parfaitement au piano.

Les chansons ont été composées à la guitare ?

Thos Henley : Oui, presque toutes, seule 1994 a été écrite au piano, mais les autres ont été écrites à la guitare, je suis guitariste. Sur le disque ce n’est pas moi qui joue du piano, c’est un autre Mathieu (ndlr Mathieu Geghre), il est incroyable.

Je me souviens la première chose que Mathieu (ndlr Cesarsky) m’a montré c’est Pierre de Carole King. C’est tiré d’un album pour enfants, mais c’est exceptionnel.

Mathieu Cesarsky : Et c’est la même structure : piano, basse, batterie.

Thos Henley : Oui c’est pour cela qu’on l’a écouté… On était aussi tous d’accord pour dire que Paul Williams est le roi du genre. Et deux jours plus tard, ou peut-être même le lendemain par une incroyable coïncidence je le rencontre. Je travaillais dans une librairie où il est venu. Je me suis dit que c’était une coïncidence particulièrement bizarre car on venait juste de parler de lui. Je ne crois pas aux coïncidences ni aux religions, mais après ça j’étais certain qu’il fallait faire cet album de piano-songs.

(c) portrait par Delphine Ghosarossian

Est-ce la même chose d’écrire pour des chansons faites pour des guitares ou pour un piano ?

Mathieu Cesarsky : Je ne sais pas si tu te souviens, mais tu jouais les morceaux à la guitare et je les jouais au piano, tu chantais, mais la guitare n’était pas enregistrée. Quand nous réécoutions le morceau il n’y avait plus de guitare. On s’est aperçu que ça fonctionnait bien.

Thos Henley : Depuis que cet album est devenu un album autour du piano, je me suis mis au piano, j’en ai acheté un. A Stockholm tu peux acheter un piano en payant juste le déménagement, car beaucoup veulent s’en débarrasser.

Je ne joue pas très bien du piano, mais après cet album, pour le prochain, les chansons seront écrites au piano.

Vous dites que vous avez été inspirés par les années 70 ?

De 1965 à 1975 sont les dix plus belles années. 1973 est pour moi la plus belle année musicale. C’est l’âge d’or des albums de piano. Randy Newman, Elton John, Billy Joel, Queen… Même en 1974 ce n’était déjà plus aussi bon. Cette année là était incroyable, j’aurais aimé être né à cette époque.

On trouve dans votre album des chansons mélancoliques, des chansons intimistes, mais aussi une chanson un peu à part, 1994. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

1994 est sur un vieil ami que je n’ai pas vu depuis longtemps. On a pris des chemins différents, il se droguait beaucoup. J’ai écrit cette chanson en Allemagne il y a un petit moment, c’est la seule chanson que j’ai écrite au piano. C’est sûrement la chanson à la mélodie la plus joyeuse, mais peut-être au texte le plus déprimant.

Comment avez-vous travaillé avec Mathieu Cesarsky sur cet album ?

Nous avons travaillé de manière très rapprochée, c’est pour ça que ça fait un peu bizarre de répondre parfois seul aux interviews, car cet album s’est vraiment fait à deux. J’ai écrit les chansons, mais il a apporté beaucoup de choses, au delà de la production. A commencer par l’idée de le faire au piano.

Mathieu (ndlr Cesarsky) a été d’une très grande aide, même sur les choses les plus pratiques, comme trouver un endroit pour répéter, ou trouver des musiciens. J’ai fait venir Ben (ndlr Tickner) à la batterie, avec qui j’avais déjà travaillé, mais Mathieu (ndlr Cesarsky) à trouver l’autre Mathieu (ndlr Geghre) qui est au piano et qui est un génie, il joue pour O.

Mathieu (ndlr Cesarsky) m’a aidé pour beaucoup de choses, sans lui l’album n’existerait pas.

Est-ce vrai que vous avez enregistré l’album en une semaine dans les conditions du live, avec les instruments dans la même pièce ?

Thos Henley : La batterie était dans une petite salle à coté, et ce n’était pas en une semaine, mais en 48 heures. Nous avions réservé le studio pour le week-end, samedi et dimanche.

Mathieu Cesarsky : C’était le week-end de la fête de la musique. Lorsqu’on voulait faire une pause, on sortait pour avoir un peu de silence et il y avait de la musique de partout !

Thos Henley : Nous étions dans un studio sombre pendant près de 8 heures, on se disait « allez, on fait une pause ». En sortant la musique nous arrivait de partout. « Mais qu’est-ce que c’est que ce bordel ! » C’était un peu fou.

(c) portrait par Delphine Ghosarossian

Les chansons étaient déjà donc très abouties avant d’entrer en studio ?

Thos Henley : L’écriture des chansons était finalisée, mais nous n’avions répété avec les deux Mathieu et moi que cinq ou six fois et avec Ben, seulement deux fois, en incluant une répétition le matin juste avant d’entrer en studio. Ca s’est fait vraiment à la dernière minute, mais c’est ce qui donne le coté spontané. Nous voulions faire un album qui avait la couleur des années 70s, pas un hommage, pas un album qui sonnait comme dans les années 70s, mais nous voulions utiliser nos influences des années 70s. A cette époque, ils avaient l’habitude d’enregistrer en sessions. Maintenant que les bootlegs commencent à sortir, on voit qu’ils ont fait beaucoup de prises. Nous n’avions pas ce luxe, mais j’aime comme cela s’est fait.

Pour un album précédent j’avais passé près de deux mois à écrire une chanson, je n’aime pas beaucoup ça. J’aime le sentiment d’urgence, l’idée de n’avoir que 48 heures. A la fin du week-end, nous avions enregistré neuf chansons, je sentais qu’il en fallait une dixième, c’est un chiffre plus rond, Frida, la dernière, nous l’avons enregistré en deux prises.

Mathieu Cesarsky : Il a écrit Frida dans le métro en allant au studio. Il nous l’a montrée une fois et c’était bon.

Thos Henley : Oui, tout le monde a dit « ok, j’ai compris ». Au final, c’est peut-être ma chanson préférée de l’album.

C’est pour cela que j’aime Blonde on Basically Ginger, parce qu’il ne ressemble à aucun autre album. C’est un album très live. A quelques endroits je ne suis pas très juste, quand j’entends ma voix et je me dis « ouch ». J’aime le coté live de cet album. La perfection n’était pas l’objectif.

Mathieu Cesarsky : Le producteur était mauvais, il n’a pas corrigé ces petites erreurs ! (rires)

Vous avez rencontré votre label Pan European Recording grâce à Mathieu ?

Mathieu Cesarsky : Quand on a débuté le travail sur cet album, on n’avait rien en tête. Lors de la première répétition à trois, avec Mathieu au piano, Arthur, le boss du label, est passé par là avec Nicolas Ker, il s’est assis, à écouter et m’a dit « je veux sortir cet album ! » Nicolas m’a d’ailleurs donné l’idée de changer la structure pour Ouija. Il nous avait dit « vous devriez démarrer par le chorus ». C’était son idée, nous aurions du le remercier.

Thos Henley : Deux mois plus tard, nous nous demandions si ce jour là il était sérieux, parce que Pan European n’avait jamais sorti un album comme ça. Ils sont plus électro.

Pour votre date en janvier pour célébrer les 10 ans du label, vous avez un peu de temps pour vous préparer ?

C’est un peu compliqué parce que je vis à Stockholm. C’est un bon point d’avoir les trois musiciens en France, ils peuvent répéter ici ensemble… de mon coté je connais les paroles.

Grâce à internet, je peux leur envoyer des démos. Comme par exemple je leur ai envoyé la démo d’une nouvelle chanson, pour le prochain album. On a cette idée, que le prochain album soit « Supertrampy ». J’avais fais une ballade au piano, que Mathieu a changé en mode Supertramp et que je trouve super. Je pense que mon prochain album sera « Super Super Supertrampy » En ce moment j’écoute tous les jours leur album Crime Of The Century.

(c) portrait par Delphine Ghosarossian

Blonde on Basically Ginger sortira en Suède ?

C’est un peu bizarre en Suède. Ce que j’ai réalisé c’est que si tu n’es pas suédois, ils ne font pas attention à toi. J’ai du mal à appréhender ce marché. Je n’ai pas de vision de ce qu’ils attendent. Il y a peu d’artistes non suédois qui marchent. Paris est une ville très internationale, Stockholm est très suédois.

Je n’ai pas de bonne réponse à cette question, j’espère que mon album sortira en Suède, mais je ne sais pas, on verra…

Merci !

 

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Fujiya & Miyagi – EP2

Il y a des choses qu’on aime parce que dans un premier temps elle peuvent nous déplaire, nous sembler horripilante, malsaine ou dégoûtante.

Prenez par exemple l’odeur de l’essence, on ne peut pas dire qu’elle sente bon, c’est même tout le contraire, on l’aime parce que ça pue. Pareil pour les fast-food ou la glace à la vanille (N’allez pas me dire que la glace à la vanille c’est bon. C’est horrible ! Mais on l’aime pour ça).

Quand j’ai écouté cet EP pour la première fois (et ce groupe par la même occasion), je n’ai pas apprécié les deux premiers titres, mais une espèce de retenue perverse et pourtant bienveillante m’a poussé à ne pas appuyer sur la touche next.
Je restais alors sur mes gardes, méfiant et attentif.

Swoon, le troisième titre me mit directement dans les rails, dès ses premières notes, comme la foudre tombe sur mes oreilles circonspectes.

Voila Fujiya & Miyagi c’est ça, c’est vicieux, c’est insidieux et c’est follement captivant !

D’un coup d’un seul, je fus saisi. Incapable d’arrêter le disque qui tournait en boucle, je ne pouvais qu’admirer et m’abreuver de ces chansons qui maintenant me fascinent. A la fois dense et complexe, revêche et séducteur cet EP , comme un grand vin, ne se révèle pas tout de suite, il n’embrasse pas dès le premier soir, il ne se déshabille pas au premier verre.

Fujiya & Miyagi font partie des ces groupes qui nous restent pour la vie, qu’on oublie pas comme un autre. Un peu comme des Prefab Sprout ou des Klaxons, on a une relation particulière avec ces groupes… Un lien sentimental s’est construit.

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Benjamin Biolay – Palermo Hollywood

Il faut toujours mettre les artistes dans des cases, c’est regrettable. 

Nous pourrions épiloguer longuement sur le problème, en chercher les causes, discuter les conséquences mais ce n’est pas le propos.

Le problème est que Benjamin Biolay est tombé beaucoup trop vite dans la grande caisse « foutoir » des chanteurs Bobos, « foutoir » parce qu’on ne sais pas ou les mettre surement… 

Et pour en sortir, il faudrait peut être qu’il commence à sortir de mauvais disques, écrire de mauvaises chansons ou encore qu’il arrête d’avoir bon goût dans ses choix musicaux, afin qu’on cesse de les lui reprocher.

Ce n’est pas avec Palermo Hollywood que cela vas changer…

Ce nouvel album est un disque voyageur, nomade et mondiale à l’image de la ville de Buenos Aires dont Palermo Hollywood est l’un des quartiers.

Entre les dissonances somptueuses du titre éponyme, la sublimissime surprise lyrique qu’est C 628 ou encore Horse Song, chanson aux paroles et aux expérimentations musicales désarmantes, Palermo Hollywood est profondément riche, riche comme le monde. 

Ce monde que Benjamin Biolay retranscrit si bien en musique. Qu’il se concentre sur l’Amérique du sud ou sur les problèmes sociaux plus Français dans Ressources Humaines » il est toujours profondément juste. 

Il a même l’audacieuse brillance d’intégrer a son concept des titres instrumentaux bienvenus, agrémentés de samples de commentaire de match de foot argentins ou de poème de Jorge Luis Borges (lu par l’auteur en personne), serait-il un bobo lui aussi ?

En fait, il s’en fout Biolay d’être taxé de bourgeois bohème. Il continue à donner du grain moudre à ses détracteurs en sortant des disques sincères, franchement réussis et surtout qui lui ressemblent. Des disques qui nous rappellent comme la chanson française peut être belle et intéressante, courageuse et touchante.

Un très beau documentaire sur la conception et le concept du disque

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