Boyd RiversBoyd Rivers est un guitariste et chanteur américain né en 1934 et mort en 1993. Il excelle dans un blues-gospel, dont le style est inimitable. Après avoir joué d’une corde tendue entre deux clous sur un mur à l’âge de 13 ans, il se tournera vers le gospel, et ne le quittera jamais plus.

Sa voix hante, tremble et plane majestueusement au-dessus d’un jeu de guitare métallique et clinquant. Son timbre vocal n’est pas pour autant dénué de sensibilité; la subtilité de sa voix enrobe tous ses mots qui martèlent toujours et encore sa foi, son amour et ses craintes, dans un délicieux exutoire musical.

Sur une guitare il ne ment jamais: il joue avec son cœur et son âme. Il est convaincant sans le vouloir. En jouant ce qu’il est, ce qu’il vit, ce qu’il sait, il jette ses sentiments à terre, les ramasse et les offre. A l’écoute, la musique n’est plus une création mais une évidence, un souffle d’amour chaud court sur la vie glacée.

Son oncle, le célèbre Révérend Cleophus Robinson, n’a pas été sans influence sur Boyd Rivers: le gospel, le God Spell originel, l’aura transcendé lui aussi, tout comme sa femme Ruth May Rivers.

Malgré ce talent inouï, sa célébrité ne résonnera pas à travers les disques, et son nom restera sans écho. L’artiste est mort et l’artisan oublié.

Le grand Alan Lomax voyagera dans le Mississippi, jusqu’au domicile de Boyd Rivers, pour le filmer. Nous sommes en 1978, et Boyd Rivers nous met en garde: You Gotta Take Sick And Die

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TOP 5 Chronique MusicaleTop 5 du printemps retrouvé

Alors que l’air parisien se charge doucement de particules polluantes, signe d’un temps beau, sec et chaud, signe d’un printemps qui prend ses aises, il est temps de s’installer à une terrasse ensoleillée, de chausser son casque audio pour mieux découvrir le nouveau classement du Top 5.

Les titres qui ont ou vont marqué, les titres les plus consultés du mois de mars, du voyage, de l’électro, des nouveautés, du hip-hop, il ne faut pas se priver, tout est à (ré)écouter !

  1. A Giant Swing – Orouni
  2. Romance – Darius
  3. Black Gold – Pethrol
  4. La Vérité – Frànçois & The Atlas Mountains
  5. Hearbeat – Teacup Monster

Prochain TOP5, autour du 15 du mois prochain

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Tood TerjeTodd Terje n’est pas encore connu du grand public mais possède déjà une solide réputation grâce ses remix ou ses productions étonnantes, notamment avec Robbie Williams.  Considéré comme le « King of the summer jams » par Mixmag, le Norvégien propose It’s Album Time. Ce premier album suscite une réelle excitation pour un artiste présent depuis des années dans les festivals et clubs mais n’ayant jamais fait le pas vers la réalisation d’un LP. Désormais, c’est chose faite et l’attente était un moindre mal.

L’album s’ouvre avec l’intro éponyme, It’s Album Time. Le Norvégien moustachu murmure en boucle le titre de l’album et instaure un beat presque hypnotique, le tout sur une instru digne de Giorgio Moroder. L’écoute se poursuit avec Leisure Suit Preben, ballade électronique digne des années 70/80, mêlant sonorités modernes et plus anciennes symbolisées par la présence d’un clavecin. C’est net et efficace, Todd Terje déroule sans accroche sa musique. Les sonorités anciennes demeurent sur Preben Goes To Acapulco avec des claviers et synthétiseurs vintages à souhait, les années 70 sont de retour. Svensk Sas stimule notre envie de danser avec une fusion entre électro, beat-box et sonorités brésiliennes. Le DJ norvégien réussit des combinaisons musicales surprenantes mais terriblement efficaces. Ensuite, arrive Strandbar. Impossible de ne pas danser sur ce titre composé pour faire bouger les foules avec une course-poursuite musicale entre la basse donnant le ton, les percussions sud-américaines et le piano de Todd Terje. Le mariage entre la basse et le piano est sublime avec ce riff entêtant et le soutien rythmique de la batterie. Juste le temps de reprendre notre souffle que Delorean Dynamite percute nos oreilles avec sa guitare syncopée, sa lourde basse, sa batterie électronique et ses teintes synthétisées. Le Norvégien combine différentes influences et laisse croire à un duo entre Giorgio Moroder et Kavinsky.

Le morceau suivant offre deux surprises de taille : une reprise de Johnny And Mary de Robert Palmer en compagnie de Bryan Ferry, fondateur de Roxy Music avec Brian Eno. Pour les néophytes, il s’agit d’un des derniers musiciens britanniques mythiques et peu connu par les nouvelles générations. Les ajustements de Todd Terje transforme le morceau en ballade digitale et la voix de Bryan Ferry donne de l’authenticité à l’ensemble. Après cet instant nostalgie, l’album repart sur le rythme endiablée du titre Alfonso Muskedunder dont la basse rappelle les plus grandes heures des anciens génériques télés. Swing Star, morceau divisé en deux parties, rappelle que la funk et le disco n’ont rien perdu de leur superbe. Les morceaux témoignent d’un tel travail d’arrangements qu’on en oublie la faible voire la non présence de voix sur la majorité de l’album. Les similitudes avec Giorgio Moroder sont perpétuellement alimentées avec Oh Joy, disco époque Donna Summer – I Feel Love avec une basse synthétisée et appuyée par les claviers de Todd Terje. L’album se clôt sur Inspector Norse, morceau tubesque de l’année 2012 et qui avait permis de révéler le Norvégien.

It’s Album Time est un titre parfaitement choisi. On se dit qu’il était grand temps que Todd Terje livre son premier album lorsque sa délicieuse fusion entre électro, funk et disco touche nos oreilles. Après une longue hésitation, je préfère vous laisser avec Strandbar malgré tout l’amour que je porte pour la reprise de Robert Palmer. Le DJ norvégien propose une version samba de son titre, instant plaisir.

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Timber TimbreCoup de Coeur

Timber Timbre sont de retour, et ce n’est pas pour nous déplaire ! Ce groupe canadien à la folk de velour signe un nouvel album Hot Dreams, enregistré à LA, comme toujours, une réussite.

Arrivant en septième position (comme un septième ciel) This Low Commotion met en scène avec une habileté unique la voix de Taylor Kirk qui suinte si merveilleusement la solitude par tous les pores de l’émotion.

A coup de violons mélancoliques, d’un rythme lent et posé qui claque comme des gifles, on s’enfonce peu à peu avec eux dans les sables mouvant du blues (dernier cri avant le renoncement).

A l’écoute après le break avec en bonus Hot Dreams pour son ambiance moelleuse et irréelle fantastique, autre bijou de l’album

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Mr CrockOui, dans la vie on peut louper plein de choses, par exemple, quand on passe à côté d’un disquaire qui détient la perle sacrée recherchée par tous les collectionneurs, ça énerve… mais ce n’est pas si grave…

Non, quand on passe à côté de la Dacia Duster qui est « juste à 11 900 euros », c’est juste pas très grave…

Mais oui, quand on passe à côté de bons groupes, à cause de foutus préjugés, là ça devient grave !

Alors non, le succès montant de Solène Rigot (coucou les cinéphiles !) qui officie dans le groupe n’a rien apporté à ce jeune combo !

Oh que oui, on peut, en 2014, avoir la vingtaine, faire du pop-rock, utiliser des éléments électro et être grandement original.

Parce que non, un peu de réelle fraîcheur dans ce rock français ne fera pas de mal à nos tympans endormis.

Parce que oui, le groupe parisien du moment, un peu « hype » sur les bords mais franchement talentueux, a tout pour réussir et pourtant tente des expérimentations, se recherche constamment et fait même claquer l’accordéon avec brio !

Et enfin non, il ne s’agit pas de musette de bals populaires, mais bien de « la fine fleur de la scène francilienne » (dixit les Inrocks… ça en jette n’est-ce pas ?)

Alors au final, ça donne quoi ?

Des mélodies à la pelle, toutes plus imparables les unes que les autres, des refrains entêtants, une production cristalline… Mine de rien, c’est une petite usine à tubes un peu étrange qui en 4 titres nous révèle son savoir-faire.

Des petites guitares acides Contrôle, en passant par des airs un peu « surf rock » sur le monstrueux New Romance, jusqu’aux claviers électro ambiants de l’ambitieux Love Machine, le quintette se permet ce qu’il veut.

Le petit soucis c’est que le temps passe très vite à l’écoute de cet EP délicieux qui fait mine de mise en bouche. Mais c’est notamment grâce à cela que l’on ne peut que confirmer l’engouement naissant pour Mr. Crock.

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IM TAKTUne électro-pop bondissante et pleine de vitalité, qu’est-ce qu’on se régale de ce A Part of Shadow, ouvrant le court (neuf chansons seulement) premier album Another Reality de IM TAKT.

Pas de doute possible, cet accent aux attaques punchy, cette couleur, cette force groovesque qui rend le morceau extrêmement dansant, il s’agit bien de la fibre anglaise bretonne qui raisonne de tous cotés. Quelque part entre Foals et Metronomy (attention aux références qui assomment) IM TAKT déploie ses synthés et ses mélodies comme un ninja assène ses coups, avec précision, certitude de leur bien fondés et personnalité.

Un morceau garanti 100% satisfait !

Clip (élégant mais beaucoup moins groovy) est à découvrir juste après le break

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Malcolm Holcombe Malcolm Holcombe est un songwriter, guitariste et chanteur américain que l’on placerait volontiers entre un folk aux accents bluesy et une country planante voire alternative. C’est un personnage authentique qui surprend toujours un peu plus à chaque apparition et à chaque écoute.

Son jeu de guitare est déchirant, tendu mais surtout unique en son genre. Il possède une réelle maîtrise de son instrument, qu’il met au service de ses émotions en jouant comme pour la dernière fois. Il s’époumone d’une voix rocailleuse qu’il distille avec une rage qui nous porte et transporte, qui nous perce et transperce. Sa musique suinte le bourbon, les maisons qui grincent et la vie à la dure. Malgré son originalité, ses nombreuses histoires sont dignes des vieilles folksongs ponctuées d’argot.

Il en est aujourd’hui à son onzième album qui s’intitule Down The River (sorti en 2012) qui tire plus vers une country orchestrée. Il faut d’ailleurs noter la participation d’un autre grand musicien folk à cet album qui est Darrell Scott (au dobro, au banjo et à la guitare électrique).

Ses compositions toujours sincères font de lui un musicien remarquable et touchant, dans la lignée des plus grands folksingers et storytellers.

L’enregistrement de la chanson Sittin’ Sad est, il me semble, un summum de ce talentueux mélange de picking hors-norme et de folie ruisselante propre à Malcolm Holcombe.

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Grindi ManbergGrindi Manberg, projet musical chroniqué par mes soins, est le premier EP de Romain Thominot. De passage à Paris pour une journée promo, le natif d’Épernay m’a consacré une heure afin de satisfaire ma curiosité.

Comment en es-tu arrivé à faire de la musique ?

Romain Thominot : La musique, ça commence par des cours de guitare avec un professeur ayant une approche assez sauvage. Je n’ai pas appris le solfège. J’ai commencé par les groupes scolaires avec lesquels tu fais des reprises. Ensuite, j’ai composé un peu mais ça restait un loisir, mes chansons n’avaient pas d’âme. Au fil des années, la musique est devenue une nécessité, un besoin. J’ai avorté mes études scientifiques, il y a eu un stage à la Cartonnerie, une salle de spectacle à Reims où j’ai rencontré les deux musiciens qui m’accompagnent aujourd’hui. On a répété pendant plusieurs mois afin de donner aux morceaux enregistrés à la maison et de facture assez informatique une dimension plus acoustique pour le live. La difficulté était de mêler justement la batterie acoustique aux rythmiques électroniques.

Tu as commencé par t’enregistrer chez toi ?

Je commence toujours par enregistrer des démos chez moi, juste avec le macbook. La voix, les guitares, les rythmiques électroniques. Kevin, le claviériste, est ingénieur du son et a un studio où nous faisons les prises de voix définitives. L’EP a été enregistré chez moi, à la Cartonnerie et au studio Le Chalet, à Reims. J’ai commencé le mixage à la maison et nous l’avons achevé en studio avec Kevin.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire ce projet ?

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Chloé Mons

 Chloé Mons sera en concert le 09 avril 2014 à partir de 20h à l’Espace Jemmapes (Paris).

« Chloé Mons est partie en Inde, pays qu’elle connait bien. Durant tout le mois de Novembre 2012, elle a travaillé à Mysore (Karnataka), avec  son équipe, celle de son précédant album Walking et a enregistré ce disque dont elle avait rêvé. Et puis comme dans un film de cinéma, le dernier jour, le méchant s’est révélé et a volé le master. Retour à Paris sans un son.

Après un temps de réflexion, après avoir vérifié que la justice n’y pourrait rien, après avoir rassemblé ses forces, elle a ré-enregistré ce disque à Paris, avec son complice de toujours Yann Pechin et un percussionniste indien Prabhu Edouard.
Ce sont les mêmes chansons, mais c’est un nouveau disque. Les influences indiennes, la transe, les couleurs denses sont bien là, intactes, ré-inventées dans le studio parisien de Chloé. »(Fnacspectacles)

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MetronomyCette chronique ne s’adresse pas à toi qui était fin janvier dernier à La Maroquinerie, ni à toi qui a déjà tes places pour le Zénith, mais plutôt à toi qui te cache au fond et qui malgré les nombreuses couvertures de magazines, le partenariat avec un constructeur automobile français, n’a pas encore franchit le pas à découvrir l’univers de Metronomy.

Après The English Riviera en 2011 qui  déclencha un véritable ras de marée mondial dans le monde des musiques indépendantes, nos quatre anglais leadé par Joseph Mount, nous régalent avec Love Letters à la pop toute aussi excitante et juste.

Chaque titre de l’album pourrait être mis en avant et faire l’objet d’une chronique, mais après un choix cornélien aussi périlleux que peut le rencontrer le jury de The Voice, j’ai fais le choix de vous faire écouter The Resevoir, tout à fait significatif du son, du style Metronomy, de la finesse et de l’élégance de leurs compositions portées par des synthés colorés aux multiples couches.

Impossible de résister à ce qui est déjà l’un des grands moments de 2014. Seul bémol, 10 morceaux c’est bien trop court !

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Laura Cahen - EP - Laura CahenEn juin 2012, Benoît écrit un article sur Laura Cahen. Le nom ne me dit rien mais j’ai confiance en ses goûts musicaux, alors je clique par curiosité et là, je découvre une voix assez incroyable, une voix qui glisse sur le son, une voix qui chante mais pas seulement… une voix qui raconte et qui raconte bien. Et puis, je découvre un son qui vacille entre pop colorée et folk mélancolique et j’aime ce son quand il coule dans mon casque audio. D’ailleurs, plus j’écoute et plus je me dis qu’il est beau, ce son, et qu’elles sont belles ces paroles françaises. Plus j’écoute et plus j’apprécie le talent incontestable de Laura Cahen.

Du coup, comme à mon habitude, j’ai cherché des infos sur cette voix-là. J’ai cherché longuement d’autres titres et j’ai découvert que la demoiselle n’avait, en fait, réalisé qu’un EP en 2011. Alors, pour continuer à savourer cette voix, il m’a fallut remonter le temps dans la carrière de la jeune chanteuse et trouver des jolis live du duo qu’elle formait avant de se lancer dans une carrière solo. Le duo Deux Z’elles a, d’ailleurs, sorti deux EP. Mais je dois l’admettre, j’étais un peu triste de ne rien pouvoir me mettre de plus dans la casque audio…

Et là, je découvre que l’artiste y travaille puisque Laura Cahen est en recherche de fonds pour son premier album. Elle fait donc appel au public sur le site Internet Ulule, site sur lequel on peut financer son premier album en échange de jolies contreparties. Pour les amoureux du son de Laura Cahen, il faut faire vite, il n’y a plus beaucoup de temps alors si vous voulez la soutenir, allez jeter un œil ici.

Je propose à l’écoute le titre Si, tiré de son premier EP pour ce son entraînant, cette voix incroyable et ces paroles françaises d’une qualité rare. Et puis, en bonus, j’opte pour le titre Comment du duo Deux Z’elles.
Les titres Si et Comment sont donc à découvrir, juste après le break

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BobmoEn décembre dernier, Bobmo proposait l’EP Sonic Soul. Le DJ du label Marble s’apprête à récidiver avec When I Look, à quelques mois de la sortie de son premier album. Hugues Rey, alias Bobmo, livre deux titres définissant parfaitement son univers musical.

When I Look, titre éponyme, donne dans un électro/house facilement audible pour le grand public notamment grâce à la présence du chanteur Shaun J. Wright. Passé par le projet new-yorkais Hercules and Love Affair sous le label de James Murphy, la voix de l’américain se mêle agréablement au beat dansant de Bobmo. La logique de composition s’avère simple avec une boucle mais l’effet est net : une envie de danser se fait immédiatement ressentir et les nuits d’été se font désirer. It Is Happening Again s’éloigne de la facette électro/house/darkdisco de Bobmo pour se fondre sur l’acid house de Chicago. Plus proche musicalement de Sonic Soul, cet électro lourd et moins dansant témoigne d’une certaine maturité dans les compositions du jeune DJ.

Un monde de crépuscules rythmés et endiablés s’annonce et When I Look et It Is Happening pressent la sortie estivale du premier album de Bobmo.

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Jack SepsCette semaine est particulière. Mon frère Jack Seps sort officiellement deux morceaux sur la toile. Pas de maison de disque ni de label, do it yourself, avec l’énergie du désespoir, la fougue de l’artisan, la joie du désintérêt. Depuis plusieurs années, le frérot bosse ses textes, cherche de la matière musicale dans les brocantes et chez les disquaires (et partout ailleurs), fait des rencontres.

Par nos liens familiaux, j’ai évidemment eu la chance d’entendre avant tout le monde des bouts de textes, la pose d’un flow, l’intérêt d’une boucle, et toutes les interrogations à leur propos, et toutes les interminables discussions sur mon lit au cours de nuits blanches mémorables et passionnées. Bref, aujourd’hui est à marquer d’un Francis Blanche. Deux faces B, et basta ! Démerdez-vous avec ça. Je chronique en toute subjectivité. Fin Du Springtime est une sorte d’entrée en matière, histoire de décliner son identité, ses goûts, ses centres d’intérêts. Rappé sur le pétillant désuet Springtime du Klub des Loosers (sur Spring Tales, 2010), le morceau est court, un 16 mesures dans tout ce qu’il a de plus traditionnel, mais foutrement efficace, alternant les phases techniques et complexes, et les phases plus cools, posées. Un titre qui rappelle, dans l’imaginaire, le morceau La Ville En Juin, de L’Atelier (2003), un titre tout en rondeur mais contenant, de manière plus ou moins feutrée, des phases plus sombres. Comme Super Mario est une mise en musique 8 bits d’un vieux texte, un 16 mesures également. La production est signée Hirokazu Tanaka, composition réalisée pour ce jeu qui a bercé toute notre enfance (et qui continue), Dr Mario (1990). Jack, tant sur le plan des textes que sur celui du flow, convoque tour à tour la scène TTC, Delleck, Fuzati, La Caution, Octobre Rouge, etc.

Evidemment, son art, comme souvent, est un syncrétisme, et son originalité se perçoit dans l’affranchissement de ces figures tutélaires, dans l’affirmation d’une liberté et d’une singularité dans les références. Jack nous dit clairement : « je suis un gamin des eighties, souvent affreuses à première vue (les fringues, la musique, le cinoche), mais qui renferment finalement, en tout cas pour ceux qui y ont vu le jour, une indéniable et inépuisable source de pop culture façonnant, qu’on le veuille ou non, notre imaginaire. » Aussi, Jack nous lance cet appel discret : à première vue un mec cool, généreux et propre, je peux exploser à tout moment, même sur le thème de l’arrivée de l’été ! Je suis vivant, je suis un être humain, dans tout ce qu’il a de plus pur, mais aussi dans tout ce qu’il de plus sale. « Mon cerveau ce putain de détraque / Je frôle la crise de nerf / Une crise colérique digne d’un nerd ». Folie latente, folie normale. Honnête et humble. « Non, j’fonce et plonge dans l’étrangeté de mes songes » Complexe. Un bâtard sensible : « Non, c’est juste une carapace pour pas que l’amour me rattrape ». Je lui tire mon chapeau concernant la diction, il y en a en effet peu qui sont capables de balancer autant de mots en si peu de temps, de façon plus ou moins harmonieuse sans perdre en clarté (Grems et Julien Lepers, en gros). Cette diction claire rend simple son propos, mais cache une certaine complexité (encore), sur le fond comme sur la forme. Les allitérations, les rimes multisyllabiques, les figures de style, tout est maîtrisé.

Cessons-là tout superflu verbiage, tout vain babillage, tout inutile agiotage, place à la musique. De toute façon, l’avenir appartient à Jack Seps. Nous aurons l’occasion d’en reparler. En toute subjectivité.

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