leyla mccalla

Leyla McCalla – A Day For The Hunter, A Day For The Prey

Après un premier album très réussi (qu’on avait relayé ici), Leyla McCalla franchit l’obstacle du second opus avec le même brio que l’équipe de France d’équitation au saut d’obstacles lors des JO de Rio !

A Day For The Hunter, A Day For The Prey est une merveille mêlant dans une spiritualité bienveillante de nombreuses influences : antillaises, cajun, americana, …  qui procurent aux différents morceaux une richesse et un universalisme particulièrement touchants.

Pour notre plaisir deux extraits: le titre éponyme (en anglais) et Manman (douce comptine en créole), avec en bonus quelques mots de Leyla McCalla sur cet album.

A Day For The Hunter, A Day For The Prey

Manman

Présentation de l’album par Leyla McCalla (vost)

 

 

 

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Let s eat gradma

Let’s Eat Grandma – Rapunzel

Elles ont 17 ans, elles sont meilleures amies depuis l’âge de 4 ans, RosaWalton et Jenny Hollingworth forment Let’s Eat Grandma en 2013 et sortent un premier album I Gemini remarquable par la liberté qu’elles ont su prendre pour mettre en musique leur univers délicieusement étrange, fantasmagorique et surprenant.

Pour s’en rendre compte, on s’écoute Rapunzel où l’on découvre derrière le rideau d’une longue introduction au piano toute mignonnette, une demoiselle bien plus angoissante…

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CamilleBertault

Notre entretien avec Camille Bertault

« J’adore improviser. Justement je fais attention de ne pas trop en mettre »

Après avoir fait le « buzz » avec ses vidéos postées sur Youtube dans lesquelles elle reprend vocalement des célèbres solos dont le Giant Steps de Coltrane, Camille Bertault a sorti un première album en quartet magnifiquement pétillant en mai dernier.

C’est installée à une terrasse ensoleillée, qu’elle est revenue, très gentiment, sur son parcours, ses vidéos, son album, son futur…

Camille Bertault

Comment êtes vous arrivée au jazz après avoir commencé par jouer du classique au piano ?

Camille Bertault : Mon père est pianiste de jazz amateur, c’est un très bon pianiste, c’est lui qui m’a appris le piano très très jeune, dès 4 ans. Comme en général le parcours classique, c’est le cas de le dire, c’est de commencer par le classique pour aller vers le jazz, il m’a inscrite au conservatoire à 7-8 ans à peu près. J’ai fait toute ma scolarité en piano classique. Je suis entrée dans un système de type « sport-étude » avec le matin école et l’après-midi conservatoire. C’est ce qui a fait que j’ai beaucoup étudié le classique pendant un certain temps. Je l’ai tellement étudié que je me suis fait une tendinite pour un examen, j’en ai eu marre. J’ai des mains très petites avec le petit doigt tordu, je n’ai pas vraiment des mains de pianiste. J’ai arrêté.

J’avais de la chance car mes parents sont de gros artistes, ma mère dessine, j’ai toujours fait à coté pas mal de choses, j’ai fait du théâtre, j’ai fait du chant lyrique, et à vingt ans, je me suis plutôt dirigée vers le théâtre. J’ai écrit des pièces pour enfants que j’ai montées à Paris. Petit à petit dans ces pièces j’intégrais de la musique, je revenais progressivement vers la musique. Il faut aussi dire que le jazz a toujours fait partie de moi car comme mon père en jouait, j’en écoutais énormément.

Je suis finalement revenue au conservatoire vers 25 ans. A 25 ans, j’ai vraiment étudié sérieusement le jazz, l’harmonie, la composition, l’improvisation…

Au piano ou au chant ?

Au piano, au saxophone et au chant. Le piano je m’en suis plus servi pour composer.

Camille Bertault

Votre album est issu d’un travail du conservatoire ?

Ce n’est pas vraiment un travail du conservatoire, c’est un projet que j’ai monté en trois ans, des textes que j’ai écrits, des compositions. Comme à la fin du conservatoire il fallait présenter un projet personnel, j’ai utilisé ce projet là. Mais j’ai voulu me faire un petit challenge, je l’ai adapté pour un chœur avec une rythmique, piano basse batterie. C’était assez ambitieux, j’ai passé beaucoup de temps, mais je n’ai pas eu cet examen et j’étais un peu énervée. C’est venu de là cette histoire de la vidéo de Coltrane. Je le raconte parce que c’est drôle comme anecdote et finalement les compositions sont devenues un album qui existe maintenant réellement. Je trouve ça intéressant. Il y a les examens, les jurys, il y a l’instant T où on ne sait pas pourquoi il y a un truc qui ne se fait pas et puis il y a l’instant T où on ne sait pas pourquoi il y a un truc qui se fait. Et c’est la même chose. C’est marrant.

Comment avez vous composé cet album ?

Ca s’est fait assez progressivement. Ce que je voulais c’était écrire en français. C’est important pour moi, c’est ma manière d’un peu me démarquer. J’adore écrire, j’écris depuis assez longtemps. Il fallait donc que les textes soient en français. Mes compositions se sont faites sur deux ans. En générale je les fais en étant au piano puis dès qu’il y a un motif qui me plait je l’enregistre, ou même je peux chanter dans le métro, dès qu’il y a un motif qui m’intéresse je l’enregistre. Le lendemain ou quelques semaines plus tard, je relie le tout. Ca peut donc être un assemblage de plein de moments différents. J’aime bien composer de cette façon. Mais il n’y pas forcément de règle. Je sais que pour cet album j’ai fait comme ça.

C’est un album très écrit ou il y a une part d’improvisation en studio ?

Il y a toujours beaucoup d’improvisations, mais le principe est toujours un peu le même. Il y a le thème, la mélodie, et les improvisations que font chaque musicien, le pianiste, moi. C’est la forme classique du jazz : un thème proposé, et chacun improvise autour des harmonies.

Vous pouvez nous présenter les musiciens qui vous accompagnent sur cet album ?

Olivier Hutman au piano…

Comment s’est faite la rencontre avec Olivier ?

J’avais déjà monté ce projet avec plusieurs musiciens. C’est très difficile de trouver quelqu’un de vraiment investi, sincèrement. Je n’avais pas forcément trouvé la bonne personne. A cette époque je prenais des cours avec Sarah Lazarus, qui est une super chanteuse et qui m’a dit « tu devrais rencontrer Olivier Hutman, il aime beaucoup accompagner les chanteuses. » Ce n’est pas forcément un argument qui marche chez moi parce que je n’aime pas les généralités, je n’aime pas me mettre dans le sac des chanteuses ou pas. Mais, je me suis dit que j’allais le rencontrer. On a joué mes morceaux, il a beaucoup aimé et j’ai senti que c’était une bonne personne humainement et artistiquement pour collaborer. Il m’a présenté ensuite Gildas Boclé et Antoine Paganotti à la batterie. Et ça a bien collé.

Le piano à une grande importance dans l’album…

Oui, c’est central. En général dans un quartet, le piano est un peu le noyau. D’abord le chant si c’est un album autour d’une chanteuse, puis le piano. Le plus important c’est le rapport entre le chant et le piano dans ce genre d’album.

Vous avez un type de chant avec qui fait la part belle au scat, pourquoi ce choix ?

Ce n’est pas forcément un choix, peut-être que dans la mesure où j’ai fait beaucoup de piano, j’ai pas mal l’harmonie en tête, ça m’a donné cette possibilité de me balader plus facilement que si je n’avais pas fait autant de musique avant. Je trouve ça assez intéressant le contraste entre : On expose le thème, qui est écrit, puis à partir de ça on part vraiment où on veut. C’est comme une boite qui s’ouvre, et là on prend un envol.

J’adore improviser. Justement je fais attention de ne pas trop en mettre, c’est le piège. L’improvisateur peut se laisser aller dans le gout de l’improvisation et oublier l’auditeur. Ca peut être un petit peu barbant d’entendre une improvisation trop longtemps, il faut doser. Moi je me régale à associer la voix comme un instrument. Raconter une histoire avec le texte puis me défaire de ça et devenir une flute ou un saxophone.

Vous avez l’image d’une chanteuse pétillante, virevoltante, mais il y a aussi sur l’album des chansons un petit peu plus mélancoliques. Comment s’est fait ce choix ?

Tout cela, une fois que c’est fait on peut y penser et l’intellectualiser, sur le moment j’intellectualise pas forcément, ça fait juste partie de moi. Je suis quelqu’un qui est pas mal dans la joie de vivre, dans la gaité, mais il y aussi chez moi une part très sombre et très grave. Je pense que c’est important dans la musique que je fais qu’on ressente au maximum la personne que je suis. De toute façon, je n’y pense même pas, je sais que la chose se fera naturellement. Si je n’essaie pas d’être quelqu’un d’autre que moi, on arrivera à percevoir tous les éléments qui font ce que je suis.

Vous rendez hommage à Eric Satie, c’est un personnage, un musicien qui vous inspire ?

Il y a plusieurs messages là dedans. Déjà il y a mon parcours classique, Eric Satie fait parti du parcours obligé. C’est un compositeur très agréable à jouer quand on débute le piano, c’est de la grande musique, c’est très beau, c’est très sensible, c’est très fin, et c’est accessible techniquement. J’ai eu pas mal d’élèves pendant des années, et ça marche toujours Eric Satie.

Et puis c’était aussi un personnage, un personnage absurde. Ce type de personnalité m’attire. C’était quelqu’un qui n’était pas forcément pris au sérieux, parce que ce n’était pas un compositeur qui a une œuvre de la dimension de Ravel ou Debussy mais c’est quelqu’un qui avait une vraie personnalité. Justement dans le texte que j’écris, je fais référence aux petites phrases qu’il met dans ses morceaux, les nuances. Il met toujours des trucs un petit peu bizarre et je trouve que pour l’époque c’est courageux finalement, avec beaucoup d’humour. C’est pour cela que j’ai choisi ce personnage qui est assez modeste parmi tous ses autres contemporains.

Vous citez Brel « le talent c’est avoir envie de faire quelque chose » pour le titre de l’album, vous pouvez nous expliquez ?

Brel aussi est un personnage qui est important dans mon parcours parce que le texte, parce que l’expression, parce qu’être entier est pour moi, avant tout autre chose, la chose la plus importante chez un artiste. Peut-être que je vais dire des énormités, mais plus que la technique, plus que la justesse de la voix, l’important c’est l’intention, c’est d’être entier face à un public, donner absolument tout, réellement, sincèrement. Je trouve que Brel donnait vraiment tout de lui-même sur scène. Il y a aussi les textes et du coup cette phrase qui est toute simple, que je trouve belle et efficace. Il parle de l’envie et je trouve ça beau. J’ai voulu me servir de ça, en faire référence dans le titre.

Vous avez parlé de la vidéo sur Youtube qui a été un déclencheur pour l’album, vous continuez à faire des vidéos ?

Je continue un peu, j’en ai faite une il y a quelques semaines, où je fais un peu le clown… Le problème c’est que j’ai commencé à mettre des vidéos, j’en ai mis une dizaine, une quinzaine, et c’est apparu au final comme une performance : « voilà, regardez comme je peux chanter vite » C’est tellement pas mon but. Je me suis un peu calmée, parce que ça prend du temps d’apprendre que j’ai de plus en plus de travail, et que je veux surtout que ce travail soit bien compris. Pour moi c’est le plaisir d’avoir la sensation de chanter en même temps qu’un musicien que j’admire.

Ca a pris une ampleur incroyable, je suis très heureuse de ça, peut-être un petit peu trop grande pour ce que c’est… C’est un vrai débat ces histoires de performances. Apprendre des solos par cœur c’est quelque chose que tous les musiciens de jazz font dans leur apprentissage. C’est sûr que c’est beaucoup moins courant chez les chanteurs, c’est peut-être pour ça que ça a pris et que ça a fait le tour du monde. Je ne veux pas cristalliser le truc. Ca fait maintenant un an que j’en fais, j’ai envie de continuer les vidéos, mais de poster des choses très différentes, de mettre de l’humour, l’humour c’est très important, pas juste froidement chanter les solos parce qu’au final ça ne me correspond pas trop.

Vous parliez de préparation de ces vidéos, combien de temps il faut pour apprendre un solo ?

Ca prend entre une à deux semaines, où j’écoute le morceau pendant une heure par jour. J’en profite, dès que j’ai quelque chose à faire j’ai toujours mon casque sur les oreilles. Je peux aller faire des courses de 5 minutes, j’ai le casque sur les oreilles et c’est comme ça que j’apprends par cœur. J’aime apprendre les choses que j’aime pour pouvoir les incorporer.

Quelles seraient vos recommandations musicales du moment ?

J’écoute Elis Regina en boucle, la musique brésilienne énormément, Djavan, Nana Caymmi, Elza Soares, ce sont des voix que j’aime beaucoup. Dans la musique cubaine j’adore Chucho Valdés. Il y a un groupe que j’ai découvert récemment Hiatus Kaiyote qui est très chouette, j’adore les musiques un peu inclassables. Il y a un peu de jazz, mais ce n’est pas du tout que jazz, je trouve ça super intéressant. J’écoute pas mal Charlie Haden en ce moment. J’écoute beaucoup de choses différentes. J’adore aussi la musique bulgare, c’est super beau les chants bulgares… J’ai découvert Andy Bey il n’y a pas très longtemps, pianiste chanteur. J’adore Charlie Mingus. J’étais à New-York il y a trois semaines j’écoutais en boucle son album. Qu’est-ce que j’ai d’autres ? Nougaro, Léo Ferré…

Depuis un an c’est allé très vite, vous avez des articles dans Télérama, vous passez en radio sur Fip, TSF Jazz, comment vous le vivez ?

C’est une immense satisfaction ! Cet album je l’ai vraiment fait toute seule, je n’ai pas eu d’aide. J’ai écrit, composé, mis en place l’équipe, arrangé une date de studio, organisé un KissKissBankBank pour pouvoir le financer. C’était en amont de ce succès, avant que je mette les vidéos, j’avais tout monté toute seule avec des doutes. Evidemment en un an j’ai pris beaucoup d’assurance dans le bon sens du terme. Avec l’assurance on se rend compte aussi de ce qui reste à faire, c’est une infinité. Il y a une marge de progression, on n’est jamais arrivé au bout. C’est ça qui est génial aussi !

C’est une grande satisfaction que ma musique, mes textes soient compris, ça me donne envie de continuer. Cet album est peut-être, d’après moi, je peux me tromper, encore un peu timide par rapport à ce que je peux encore exprimer. Mais ça correspond à l’époque où il a été fait, je voulais montrer ce que je faisais. Maintenant je pense aller dans des directions encore plus affirmées.

Dans quels sens ?

Dans le sens, théâtral. J’ai envie de me détacher de la forme classique, on chante le thème, on improvise, ensuite on redit le thème. J’aimerai bien me séparer de la forme, aller plus vers l’histoire, aller vers quelque chose de plus théâtral, plus culotté, moins propre, moins poli.

Il y a un deuxième album en préparation ?

Là j’ai la chance d’avoir été contactée par des majors. Mon choix est en train de se faire et selon le choix que je ferai ça va complètement influencer le lieu, la date, le moment, l’équipe du prochain album.

C’est l’évolution parfaite. On ne pourrait pas rêver d’un meilleur parcours. Parce que je n’ai pas été forcée à faire des choses que je n’aimais pas, et je pense ne pas l’être par la suite. C’est vraiment positif.

Au niveau concert, on ne vous a pas vu dans la programmation des festivals de cet été 2016 ?

Mon cas est un peu particulier. Tout le monde me connaît sous le nom de « la fille qui a chanté Giant Steps ». Mon nom commence un petit peu à se distinguer par rapport à ce que j’ai fait. Mais mon album est sorti tardivement (ndlr en mai 2016). Et chaque festival s’y prend au moins un an à l’avance, c’est donc tout à fait normal que je ne fasse pas partie des festivals de jazz de l’été. J’ai beaucoup de dates quand même dans des plus petits festivals, plus modestes. Pour l’instant c’est bien, parce que ça se fait progressivement. L’album est sorti, je fais mon choix, je m’entoure de l’équipe qu’il faut et après je pourrais convaincre de mon projet. Le chemin se fait comme il faut, je pense.

Merci !

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Autour de Chet

Sandra Nkake, Airelle Besson – Grey December

Sans conteste Chet Baker fait parti de mon Panthéon musical, c’est aujourd’hui quelques grands noms tels que Hugh Coltman, Erik Truffaz, Charles Pasi, Rosemary Standley, Stéphane Belmondo, Piers Faccini, Sandra Nkaké, Airelle Besson et bien d’autres qui lui rendent vibrant hommage à travers le très joli Autour de Chet.

Vous trouverez en écoute Grey December magnifiquement interprété par Sandra Nkaké (au chant) et Airelle Besson (à la trompette) à la beauté claire / obscure si particulière de Chet Baker. Un blues en habit de soie qui traine sa solitude dans une chambre vieillissante d’un hôtel au passé dépassé. Intemporel et magique !

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Pauline Croze

Pauline Croze – La Rua Madureira

A quelques heures du début des jeux olympiques qui vont mettre Rio sous les feux du monde entier, je vous propose de plonger dans le merveilleux album de Pauline Croze Bossa Nova qui reprend en français quelques grands standards brésiliens.

Ne nous le cachons pas, le plaisir est immense de l’entendre accompagnée de sa guitare sèche, de sa belle sobriété, de sa voix sans extravagance qui nous chavire avec tellement de facilité.

Premier des onze titres, La Rua Madureira (composée par en Nino Ferrer en 1970) ouvre le bal de manière particulièrement poignante.

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Francos

Nos recos pour les Francos

Francofolies

Les Francofolies ouvrent leurs portent dans quelques jours sous le soleil de La Rochelle et mettront sur le devant de la scène une programmation particulièrement dense. Pour de ne rien louper d’important, nous vous faisons, petit veinard, une petite sélection (bien sûr, totalement subjective) !

 

Pain noirPain Noir

Parce que son premier album est beau, et qu’on apprend, via le site d’information Les Jours qui l’ont suivi à plusieurs reprises, que sa formation en concert est maintenant très bien en place…  « Pain-Noir a trouvé une nouvelle existence scénique et peut commencer à réellement défendre sa musique. »   (Les Jours)

 

Fiona WaldenFiona Walden

Parce que depuis notre interview, depuis la sortie de son EP Wanted, on n’a pas encore eu l’occasion de la voir sur scène (à part par vidéo interposée) !

 

 

Feu ChattertonFeu! Chatterton

Parce qu’en janvier dernier on a pris une grosse claque lors de leur passage au Trianon (Paris), et parce qu’on a beaucoup aimé ça, on en redemande encore et encore !

 

 

Ibrahim Maalouf

Ibrahim Maalouf

Parce qu’il a sortie 2 albums magnifiques Red & Black Light et Kalthoum (en hommage à Oum Kalthoum), qu’il a une soirée carte blanche et qu’on adore les surprises !

 

 

Clea VincentCléa Vincent

Parce que la pop électro de la « France Gall 2.0 » qu’on suit depuis 2014 devrait être encore plus mémorable sur une belle scène comme celle des Francos !

 

 

Bertrand BelinBertrand Belin

Parce que son dernier album Cap Waller est dans mon top 5 de 2015, parce qu’il est toujours surprenant, drôle et magique sur scène !

 

 

Raphaelle LannardereRaphaëlle Lannadère

Parce qu’elle est totalement magnétique sur une scène, se livrant comme peu d’artistes sont capables de le faire.

 

 

 

Sans oublier les Miossec, Jeanne Added, Lou Doillon, Emily Loizeau, Christian Olivier…

Une très belle semaine en perspective !

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DJ Shadow

DJ Shadow – Suicide Pact

Il aura fallu attendre son cinquième album (en 20 ans), pour qu’enfin nous réparions le manque de chronique de DJ Shadow « figure emblématique du mouvement hip-hop expérimental » (source Wikipedia).

Il est vrai que sa musique faite de samples, de boites à rythmes, de torsions électronique s’apparente plus facilement à de la musique contemporaine, qui peut sembler sous de mauvaise circonstances difficile de dompter, qu’à de la variété.

Lorsqu’on écoute son album The Mountain Will Fall (2016) au moment opportun, avec la bonne oreille, il dévoile alors une multitudes de facettes, d’ambiances, de paysages, qu’on prend plaisir à découvrir à chaque nouvelle écoute. C’est un album dense qui pose à chaque morceau les premières pierres de nouveaux chemins à explorés. Sans aucun doute un album référence qui en inspirera plus d’un.

Suicide Pact à l’écoute (à partir de 45min 03), est un très beau blues planant à la sauce électro-hip hop et tellement unique ! Un pur régal.

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Anthony Joseph

Anthony Joseph – Jimmy, Upon That Bridge

Vous êtes bien à bord du vol Caribbean Roots à destination des Caraïbes, veuillez attacher vos ceintures, décollage immédiat. Votre commandant / poète / écrivain / slameur Anthony Joseph s’occupe de tout ! De la musique up-tempo gorgée de soleil, du groove ultra funky s’appuyant sur une ligne de basse imparable, de la section cuivre qui dégage l’horizon par delà les océans. Je vous vois déjà remuer sur vos sièges…

Un voyage merveilleux et totalement indispensable cet été qui vous portera d’escale en escale toutes aussi magnifiques que le titre Jimmy, Upon That Bridge proposé ici.

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Anohni

Anohni – Obama

Extrait du magnifique Hopelessness, Anohni, « la voix d’Anthony and the Johnsons » invective, dans un morceau qui ressemble à nul autre, une supplique psalmodiée pleine de générosité et de coeur, le futur-ex président des Etats-Unis, à savoir Obama himself à propos de quelques sérieuses déceptions : les assassinats perpétrés par drones, le sort réservé aux lanceurs d’alerte, l’espionnage systématique de la NSA…

Anohni toujours aussi engagé, toujours aussi brillant !

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Airelle Besson

Airelle Besson – Radio One (Football Games on Radio One)

Alors que l’Euro 2016 débute, que l’équipe de France signe sa première victoire (hourra !), on vous propose aujourd’hui Radio One (Football Games on Radio One) pas uniquement parce que ce morceau colle à l’actualité, mais bien parce qu’il sera une délicieuse alternative aux habituels commentaires footballistiques. Radio One (Football Games on Radio One) est signé par Airelle Besson, trompettiste aux nombreux prix, et aux collaborations prestigieuses (Metronomy sur Love Letters, ou entre autres Ornette…), accompagnée de son quartet composé au piano électrique de Benjamin Moussay, de Fabrice Moreau à la batterie, et de la chanteuse suédoise Isabel Sörling.

Passements de jambes, crochés, petits ponts, extérieur du pied, Radio One (Football Games on Radio One) marque en pleine lucarne. Agilité, grâce, solos bien sentis, rythmique imparable, mélodie, aucun doute ce morceau aurait dû être l’hymne de cette compétition !

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Papooz

Papooz – Chubby Baby

Les Inrocks Labs les avaient découverts en 2013, il est aujourd’hui l’heure au duo parisien Papooz de sortir leur très attendu premier album Green Juice.

Pour se mettre bien, dans un espace-temps particulièrement smooth et planant, on appuie sur le « play » de son lecteur, on laisse Chubby Baby faire son effet (plus efficace que n’importe quelle substance) !

Bravo pour ce pont tout à fait jazzy aux couleurs chaudes de soleil couchant, on adoore.

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Camille Bertault

Camille Bertault – En Vie

Attention un méga talent en la présence de Camille Bertault au scat imparable, aussi à l’aise dans des envolées sautillantes, pétillantes – on pourrait ici faire un parallèle avec les fabuleux Double Six – que dans des textures plus feutrées et douces.

Notre jeune parisienne a sorti son premier album (jazz) En Vie, en trio, qu’il convient de se procurer sans attendre, tant il est frais, gorgé de soleil, puissant, doux, subtil, léger, et donne une lumière particulièrement belle à ce moment.

Sa chaine Youtube est forcément à suivre ici car elle y poste régulièrement des reprises très personnelles de grands standards.

Le titre éponyme en version live (c’est encore mieux) au Sunside !

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Brisa Roche

Notre entretien avec Brisa Roché

A quelques semaines de la sortie de son nouvel album solo Invisible 1, le 3 juin 2016, nous avons eu le privilège de rencontrer Brisa Roché lors de sa résidence au studio Red Bull de Paris pour lui poser quelques questions.

Brisa Roché

(c) Delphine Ghosarossian

On se retrouve aujourd’hui au studio Red Bull à Paris, pourquoi ici ?

Brisa Roché : On m’a gentiment invitée en résidence de deux jours, pour faire des répétitions qui seraient aussi enregistrées si nécessaire pour la promo. J’avoue que je rêvais de faire de la créa mais il y a très peu de temps pour se lancer. Une résidence d’une semaine, alors là, cela aurait été intéressant.

C’est la première fois que tu passes dans ce studio ? ou tu connaissais déjà ?

Je ne connaissais pas, c’est la première fois. C’est luxueux !

Cela faisait six ans que tu n’avais pas sorti d’album solo, alors, que s’est-il passé pendant ces années ?

J’ai fait plein de musiques pour des compétitions de pubs, de films, et j’en ai gagnée quelques une, notamment Yves Saint Laurent (ndlr le film). J’ai aussi participé à la prod et à la tournée de Lightin 3, a girls band (ndlr avec Ndidi O et Rosermary Standley). J’ai aussi fait une collaboration, j’ai fait muse pour la marque Swarovski. On a beaucoup collaboré, j’ai pu peindre pour eux, j’ai pu écrire pour eux, faire un clip pour eux. Puis je me suis lancé dans ce qui est devenu cet album et qui a commencé par trois morceaux pour finir avec 40 morceaux. Mais entre temps, après les trois morceaux, j’ai craqué sur une piste qu’on m’avait envoyée et j’ai fait tout un album avec cette personne. J’ai fait 17 morceaux qu’on a mixés, masterisés. Album qui n’est pas sorti car après je me suis replongé sur les 40 morceaux qui sont finalement devenus Invisible 1.

Après je suis partie vivre aux Etats-Unis où j’ai fait un album post-punk, j’ai écrit 17 morceaux solos, avec mes instruments, dans mon home-studio. Puis deux déménagements internationaux quand même, j’ai un enfant en plus, j’ai fait des voix pour d’autres, j’ai fait des cœurs, et de l’écriture de texte aussi depuis la Californie. Des français m’envoyaient leurs maquettes avec des yaourts, avec ou sans mélodie et j’écrivais pour eux en anglais. Ce qui est aussi un exercice que j’aime bien faire.

Et un peu de cinéma ?

Oui, j’ai écrit un morceau pour un long métrage qui va sortir je ne sais pas quand. J’ai aussi tourné dans un faux documentaire allemand, c’était une fiction sous forme d’un documentaire, très joli, sur un centenaire poète allemand qui avait disparu et qui était recherché parce qu’on voulait lui donner un prix. Pour ça j’ai été à Berlin, j’étais interviewée comme si j’étais quelqu’un qu’il aurait pu croiser et qui aurait pu donner une piste sur où il était.

Donc plein de projets, c’est pour ça que parfois quand je lis « Retour à la musique », je suis là « j’ai fait 5 albums, j’ai écrit les textes d’un album, j’ai fait les cœurs sur deux autres albums, et puis j’ai fait aussi The Lightin 3 et Yves Saint Laurent, plus les deux films, plus Swarovski, plus deux déménagements internationaux… » J’ai pas l’impression d’avoir arrêté, j’aurai bien aimé, j’aurai du peut-être …

Pourquoi cet album sort alors que d’autres sont aussi prêts ?

C’est le hasard de la vie, je pense. Il y a aussi des raisons plus concrètes. Pour Swarovski, j’étais allée au Midem faire le morceau et parler de la collaboration. Pendant que j’y étais j’ai rencontré deux garçons. Un garçon qui faisait des sites internet et un garçon qui aidait des artistes à vendre de personne à personne leur marchandise. On a eu de longues discussions et les garçons m’ont dit « non, ce n’est pas normal que ça n’aille pas plus loin pour toi en ce moment » Ils avaient tous leurs idées de pourquoi et comment et qu’est-ce qu’il fallait faire. C’était un garçon qui faisait Wiseband, qui est l’outil qui permet de vendre son merchandising et l’autre à refait mon site. Ca a lancé un processus d’actions un peu plus professionnel parce que j’étais beaucoup plus dans l’écriture, le studio et la composition pendant cette période. J’avais pas trop fait attention à relancer la machine parce que ma maison de disque avait fait faillite, mon contrat d’édition était terminé. Personne n’allait bien dans l’industrie autour de moi.

Pour raccourcir, le garçon de Wiseband a arrêté Wiseband et a créé une boite d’édition. Vu qu’il suivait les maquettes que je faisais pendant les 40 morceaux en question, parce que je lui envoyais, on était en contact professionnellement. Je trouvais ça fun d’envoyer des maquettes tout de suite, parce que j’étais très très active. Je faisais un morceau tous les deux jours. C’était fun d’avoir son feedback. Pour ouvrir sa boite d’édition il lui faillait un certain nombre de titres. Moi je savais que j’allais partir aux Etats-Unis, je lui ai donné mes éditions pour cet album contre le fait qu’il démarche l’album pendant mon absence. Du coup cet album avait un chevalier, tandis que les autres n’en avaient pas.

Brisa Roché

(c) Delphine Ghosarossian

Tu dis que tu as fait ces 40 titres assez rapidement, d’où te venait l’inspiration ?

Je faisais un jeu avec moi même, car je sortais de la prod d’All Right Now (ndlr album sorti en 2010), que j’avais contrôlé de A à Z et qui avait donné ses fruits à travers Swarovski mais qui à part ça n’avait pas vraiment eu une sortie. C’est sorti au moment où mon label faisait faillite. C’était un album perdu. Mais je n’étais pas trop déprimée par ça bizarrement et je me suis dit « j’ai eu vraiment la main lourde sur ce projet, ça serait vraiment intéressant et fun pour moi d’avoir tout le contraire. »

Je reçois toujours des MP3 de toutes directions, des ingés sons, des réalisateurs, des copains, des musiciens, des fans, j’en reçois plein. J’en fais rien avec parce que j’ai déjà plein de musiques à moi, j’en ai pas vraiment besoin et souvent ce sont des maquettes assez brutes, très électroniques parce que tout le monde fait ça avec son ordi parce que c’est moins cher, assez linéaires parce que ce sont des bouts d’idée. Souvent ce n’est pas dans mon univers naturel. Mais là, je me suis dis « ça serait vraiment fun de me donner le défi d’accepter tous ces morceaux qui arrivent dans ma boite mail. Tous ! Ou presque tous, et de voir comment je me les approprie vocalement, qu’est-ce que je peux écrire dessus, quelles sortes de mélodies, d’arrangements, de textes je peux faire sur ça. » J’ai commencé à faire ça et en même temps, j’ai laissé entendre que j’acceptais des pistes, du coup il y en avait encore plus qui sont tombées. J’ai fait exprès de ne pas solliciter des pistes individuelles d’instruments, parce que je voulais avoir les mains vraiment liées et être obligée de faire avec ce que je recevais. Ca sous-entendait que j’enlève tout jugement de ce qui est pour moi, pas pour moi, ce qui est cool, ce qui n’est pas cool ce qui est beau, ce qui n’est pas beau, ce qui est cheap, ce qui n’est pas cheap, ce qui est dans mon univers, ce qui n’est pas dans mon univers, j’ai jeté tout ça par la fenêtre et je me suis dis « on s’en fout de tout, je vais tout écouter de manière neutre et je vais écrire très rapidement, spontanément sur ça » Tout cela était facilité par le fait que j’étais dans mon home-studio, donc personne ne me regardait, je ne connaissais même pas la plupart des gens qui m’envoyaient de la musique, donc ils n’avaient pas leur regard, ni leurs idées, ni quoi que ce soit, ça ne coutait rien. Il n’y avait aucune pression de nul part. Même moi j’ai commencé sans le but d’en faire un album, juste d’en faire un exercice. Après quarante morceaux, je me suis dit que j’allais faire quelque chose avec ça. C’était tellement jouissif et tellement intéressant, je me suis permis de chanter comme ça me venait. Par exemple, je n’ai pas grandi avec la musique R’n’B, rap, hip-hop, mais quand même cette musique fait partie de notre culture aujourd’hui, automatiquement. Je me privais de cette façon de chanter, avec des vocalises R’n’b parce que je ne trouvais pas ça authentique chez moi, mais en fait « Fuck Authenticity », oui c’est authentique si je vis dans ce monde aujourd’hui, si j’ai envie de faire ça et si ma voix veut faire ça. Du coup je me suis vraiment laissée aller à faire tout ce qui me venait. J’étais aussi inspirée, poussée par la nature des morceaux qui n’étaient pas ce que moi j’aurais créés. Il fallait quand même soit aller dans leur sens, ou être tellement en contraste avec leur sens que ça avait un autre sens. Ce jeu était tellement fun et tellement light ! Sauf que je suis obsessionnelle, j’ai passé je ne sais pas combien de temps pour faire les quarante morceaux de suite comme une dingue dans ma chambre. Mais quand même c’était sans pression, sans attente, avec beaucoup d’exploration, de liberté. De liberté aussi parce que j’étais invisible, personne ne me regardait, je ne voyais personne, je recevais des choses virtuellement.

D’où le titre de l’album ?

Effectivement, et j’ai mis Invisible 1, peut-être je ferai un Invisible 2 parce qu’il y a encore des morceaux.

D’où cette touche d’électronique qu’on n’avait pas entendu dans tes albums précédents ?

On ne l’avait pas entendu dans mes albums, mais je peux dire que depuis 20 ans je fais plein de projets électro.

C’est vrai que j’ai exploré des façons de chanter que je n’avais pas fait, mais j’écris pour des briefs, des films, des pubs, des autres, donc j’ai de l’expérience dans quasiment tous les genres et l’aspect électronique est quelque chose qui peut me plaire beaucoup.

Ca, on l’entend plus dans cet album, mais dans ma vie de musicienne c’était présent.

Cela explique aussi pourquoi les morceaux de l’album sont aussi variés ?

Oui, et d’ailleurs le tri des morceaux, pourquoi y a t-il ces 13, et pas d’autres ?

Il y a beaucoup de couches de choix et de hasard dans cet album. Moi, j’avais fait un tri de 15 morceaux qui me semblaient les plus accessibles. Je les ai mixés avec Jean-Charles Versari chez Poptones Studio, c’est avec ces 15 morceaux que mon éditeur a démarché. Quand on les a mixés, on a pris toutes les vrais pistes et on a creusé du relief, on a essayé d’avoir plus de logique entre les voix et la musique. Pendant ce processus, on a du enlevé deux musiques, garder les voix et refaire complètement d’autres musiques parce qu’on ne pouvait pas se servir de la musique car il y avait des samples dedans qu’on ne pouvait pas mettre. Donc il y a déjà une couche, les voix qui restent et tu remets une couche. Après quand on a trouvé mon co-producteur, Marc Collin, j’ai dit « j’ai 40 morceaux, on en a mixé 15, mais tu peux choisir d’autres si tu veux » Il a dit « tiens, on va regarder » Du coup il en a enlevé la moitié, il a mis une autre moitié et à ce moment là on a impliqué Blackjoy qui est Jérôme Caron comme ingé son et Thibaut Barbillon qui est aussi mon guitariste et qui a arrangé l’autre moitié des morceaux. Du coup on a re-enlevé la base musicale qu’il y avait et on a reconstruit d’autres arrangements, avec toujours les mêmes voix d’origine qui étaient les voix que j’avais fait spontanément dans ma chambre, avec parfois 19 pistes de voix. C’est très drôle de voir ces voix qui restent, qui pourraient être considérées comme très brutes, car le son n’est pas propre et parce qu’elles étaient très spontanées, je les ai faites moi même dans mon petit home-studio dans une vraie pièce à la maison, et je ne suis pas perfectionniste sur ça du tout… Et puis, des couches et des couches d’idées, des choses enlevées, des choses remises, une autre couche d’idées, une autre couche d’énergie, après il y a eu aussi le mastereur qui a fait un gros boulot pour harmoniser au niveau fréquence les deux sons des deux arrangeurs qui allaient naturellement dans des fréquences qui étaient très opposées. C’est triste à dire, mais chaque homme, parce que tout le monde à part moi était un homme, chaque homme a apporté sa couche d’idées, sa couche d’influences, cette couche était parfois enlevée mais a laissé une place pour la prochaine réaction à ça. Je ne sais pas comment dire, c’était très « action – réaction », comme si tu avais de l’argile quelqu’un y met son poing, on enlève le poing, après quelqu’un doit faire avec l’emprunte de ce poing, la personne construit quelque chose dans le trou laissé par le poing, puis on enlève l’argile, là on a la forme de l’autre… C’était assez fascinant.

Brisa Roché

(c) Delphine Ghosarossian

Une tournée est prévue ?

Oui, on a déjà commencé à tourner. Là on a une dizaine de dates. J’espère qu’on va avoir une vraie tournée à la rentrée.

Tu es sur un nouveau label Kwaidan, comment ça s’est fait ?

C’est drôle parce que je connais bien Marc Collin, je venais de faire des voix pour lui pour quelque chose d’autre et je lui avais même évoqué ce projet avant de partir pour les Etats-Unis, et je pensais que j’allais déjeuner avec lui pour parler des voix que j’avais faites pour son copain, que son copain n’a pas aimé (rire), et en fait, entre temps il a croisé mon éditeur, il voulait signer le projet. Je ne savais pas. Il a dit « Ah oui, ce projet que tu as, qui est en attente, tu le sentirais d’approfondir la prod ? » J’ai dit « Tu sais je suis déjà sur d’autres projets, ça me saoule un peu, et… » et puis je me suis dit « il est en train de me dire que… » j’ai dit « si, si, si oh oui, à fond ! Encore plus de prod, oui ! Je ne pense qu’à ça ! » C’était assez drôle.

On est en co-production, qui est un deal que je n’ai jamais encore expérimenté. J’ai fait deal d’artiste, deal de licences et maintenant deal co-prod. On verra la différence que si l’album à un grand succès. Le reste du temps, la grande différence c’est que j’investis pas mal d’argents aussi. Mais ça me donne plus de pouvoir. Là j’ai aussi l’impression de plus participer dans le fonctionnement autour de l’album, et d’investir dans la partie prod avec eux. Ca à l’air d’être bien ce genre de contrat. On verra. Tout le monde improvise en ce moment sur les deals. On ne sait plus comment faire (rire).

Brisa Roché

Qui a signé l’artwork de l’album ?

Il s’appelle Zaven et a un nom de famille très difficile (ndlr Najjar) mais il est génial.

En fait, j’avais fait un shooting pour cet album avec Ami Barwell avec qui j’avais travaillé pour deux pochettes, qui est une photographe anglaise terrible. J’adore le shooting qu’on a fait pour cet album. Vraiment ça correspond à fond au son et à l’ambiance, je cherchais un graphiste pour créer l’album. Souvent je fais les graphismes moi-même, mais cette fois-ci je cherchai un graphiste, je suis tombée sur ce graphiste là qui n’est pas vraiment un graphiste, c’est un illustrateur. Je suis tombée sur lui à travers une copine qui me l’a présenté en tant que graphiste. Je me suis dit « mais c’est dingue son œuvre est très en accord avec l’album, l’ambiance, l’esthétique, le son, les couleurs. Du coup, ce serait vraiment intéressant d’avoir juste une illustration. » Mais j’étais un peu triste parce que j’adore tellement les photos. Donc au début on avait imaginé qu’il y ait une espèce de mélange, une participation des photos dans l’illustration, ou qu’il dessine une photo mais finalement le label et moi étions tellement emballés par son univers qu’on s’est lancé dans une pochette complètement illustrée. C’est fun ! J’ai jamais eu ça. Il est très talentueux, c’est vraiment assorti à l’ambiance de l’album.

Merci !

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