
C’est dans un confortable hotel parisien que Delphine Ghosarossian a pu prendre quelques photos de Mein Sohn William, à découvrir ci-dessous.
On va commencer par les présentations. Tu t’appelles ?
Mein Sohn William : Je m’appelle Dorian et mon nom d’artiste c’est Mein Sohn William tout simplement, et je viens de Rennes.
Pourquoi « tout simplement » ?
Parce que des présentations ça peut être simple.
Pourquoi Mein Sohn William comme nom d’artiste ?
Je ne réponds pas pleinement à cette question parce que je tiens à laisser un peu de mystère et laisser les gens imaginer eux même. Il y a une consonance germanique c’est sûr, parce que je voulais éviter une consonance anglaise trop évidente pour ce genre de musique.
Comment es-tu venu à faire de la musique ?
Ca fait longtemps que j’en fais, mais tout seul c’était en dépit de ne pas avoir quelqu’un à ce moment là. Le projet a commencé tout simplement avec une guitare et une voix. Au fil du temps j’ai vraiment complexifié la chose avec du matériel, que cela soit des pédales de sample, des instruments supplémentaires. Tout ça pour me permettre d’avoir une liberté de création et de pouvoir enrichir les morceaux par des arrangements qui seraient impossibles avec juste une guitare et une voix.
Mein Sohn William est ton deuxième album…
[...]
« I consider myself not married anymore
cause my husband doesn’t deserve me no more »
Mein Sohn William, le one-man-band de Dorian Taburet, en provenance de Rennes, fait partie de ces artistes totalement habités par leur musique, par leur univers, ici en l’occurrence poétique, baroque, inquiétant. On y entre avec le même plaisir, le même trouble, le même émerveillement qu’on monte dans le train fantôme de la foire du Trône de notre enfance.
Dans Husband, il est une femme adultère, totalement angoissée, et proche de l’hystérie.
En plus d’être remarquable dans l’interprétation magnifiquement excessive, ce morceau, qui ne ressemble à aucun autre, est tout aussi abouti dans la mise en scène, la tension, l’inquiétude créées par une musique chargée de sensations.
Poussez la porte et découvrez son monde, juste après le break
Life Is Now, ou le plus court chemin vers nos 20 ans (pas si loin de ça tout de même).
Annonçant le premier EP de ce groupe parisien explosif If The Kids, ce morceau est totalement exalté, festif, et concilie sans complexe pop, dance et rock. Sans tomber dans le format bateau (pour ne pas dire paquebot) des tubes pré-formatés par les majors qui nous inondent, nous noient pour avoir navigué trop près des côtes du vide et de la nullité, Life Is Now nous éclabousse par sa modernité, sa jeunesse, son honnêteté, et sa belle personnalité mordante et accrocheuse.
Ici pas de détour, pas de circonvolution inutile, l’objectif est simple, nous faire remuer et c’est parfaitement réussi.
Le clip est à découvrir après le break
Décidément l’Orégon est un état générateur de talents et d’artistes inspirés. Aujourd’hui découvrons à travers le très beau La Grande la magnifique folk de Laura Gibson.
Cette chanson c’est une véritable traversée des Etats-Unis en diligence sur une route légèrement cabossée. L’intérieur est confortable, bien travaillé, aussi joliment fini que l’orchestration et les arrangements, le rythme plutôt enlevé, pas tout à fait lent mais pas tout à fait rapide non plus, correspondrait à un trot plutôt remuant, impossible de rester en place.
Pour les amateurs de grands espaces, de vie sauvage, de grand ouest et de jolies voix.
A l’écoute après le break
« Je n’ai pas envie de vendre du bonheur en spray »
On se voit pour votre nouvel album « La Distance » sorti chez Pias, alors que vos précédents albums étaient avec le label Tôt ou Tard. Comment s’est fait ce changement de maison de disques ?
Da Silva : En fait, j’ai fait trois albums chez Tôt ou Tard, je devais en faire un quatrième, mais j’ai décidé de partir pour plein de raisons. Ensuite j’ai signé chez Pias pour plein de raisons (rires). Je me suis mis à chercher une maison de disques, et je me suis retrouvé dans le discours de Pias, dans leur façon de fonctionner, dans l’énergie qu’ils avaient envie de mettre dans le projet.
Energie que vous ne ressentiez plus chez Tôt ou Tard ?
Non, ce n’est pas ça. Mais quand vous avez fait trois albums dans un label, je pense que j’étais usé, ils étaient usés aussi. Pour tout dire je suis un peu parti sur un coup de tête. Je me suis dit : « Ecoute, ça ne le fait plus ». Je n’arrivais plus à communiquer, on arrivait plus à communiquer correctement, il valait mieux que je parte.
Comme une coïncidence, il y a Constance qui sort une version de votre précédent album La Tendresse Des Fous ?
[...]
Top 5 de fin d’année 2011
Découvrons ensemble les chansons qui nous ont accompagnées fin 2011, les morceaux qui ont été les plus consultés sur Chronique Musicale en décembre dernier.
Roulement de tambour et bim voilà les heureux vainqueurs ! De l’indépendant, du noir, du sombre, du touchant.
- By The Larches – Erevan Tusk
- Thirteen Thirtyfive – Dillon
- Crazy Clown Time – David Lynch
- Dust Flesh And Bones – Matt Elliott
- Cut My Teeth – Peggy Sue
Après s’être nommé Starfucker, avoir changé pour Pyramid puis Pyramiddd, notre trio « from » Portland a finalement décidé d’assumer pleinement son nom de groupe d’origine. Heureusement leur musique n’est pas aussi lourde et juvénile que cette dénomination pourrait laisser croire. Elle conjugue à la fois de l’électro-pop-qui-pousse et de la dance-de-qualité-qu’on-prend-plaisir-à-écouter.
Medecine est un jaillissement de claviers dans un débordement de couleurs accouplé à des sons naifs tels ceux qu’on pouvait trouver dans les premiers jeux d’aventures sur consoles, Final Fantasy ou autres. Le tout étant magnifiquement dynamisé par une ligne de basse à la fois lourde et raffinée.
Donc, un petit bijou pour nos prochaines soirées !
A l’écoute après le break
C’est une jolie ballade en pleine nature et loin du tumulte urbain que nous offre Ballad Of The Pines, chanson tirée de l’album Gentle Spirit de l’américain Jonathan Wilson.
Une voix aussi douce et caressante qu’une pluie d’été, une guitare folk tendance hippie qui nous ouvre instantanément les horizons vers d’apaisants paysages, cette chanson possède d’incroyables pouvoirs d’évocation de bons moments. A la fois simple, dépouillée, sentant bon le coton bio et les clémentines équitables, portant en elle un sentiment de plénitude et de bien être, on croirait Ballad Of The Pines directement sortie des années 60s, pattes d’eph et robes à fleur. Elle apporte avec elle ce courant d’air de confiance en l’avenir totalement absent aujourd’hui qui fait du bien.
A l’écoute après le break
Coup de Coeur
C’est après avoir changé de label pour Pias que Da Silva sort son quatrième et merveilleux album La Distance.
Moins acoustiques, mais agrémentées de subtils synthés électros, les 11 chansons déposent délicatement à vos pieds leur sensibilité à fleur de peau.
Parce qu’on entend depuis près de 40 ans que c’est La Crise et qu’on semble chaque jour faire comme si l’on découvrait la situation, ce morceau évoque avec une délicieuse irrévérence, légèreté et une douce finesse qu’on en a « vraiment rien à faire », que l’important est bien ailleurs.
Un texte qu’on savoure comme une « première gorgée de bière« , une chanson gentiment engagée, rayonnante, pleine de tendresse et de complicité.
A l’écoute après le break
Petit Fantôme est un artiste bordelais (Pierre Loustaunau), tout à fait étonnant et singulier. Derrière ses courtes chansons pop colorées se cachent toujours des surprises inattendues.
Malgré une première impression de légèreté, de bonheur, avec ce petit coté rétro plein d’insouciance, on découvre au fur et à mesure qu’Aujourd’hui C’Est Les Vacances est bien plus mélancolique, plus sombre qu’il n’y parait, que la mort est au bout du chemin.
Un thème véritablement croche pied qui est ici terriblement bien abordé. Une chanson minimaliste, intimiste qui en quelques notes, quelques mots déploie une extraordinaire sensibilité et de vives émotions.
A l’écoute après le break
Pour la petite histoire, c’est en une journée dans un studio tokyoïte que 14 musiciens et chanteurs, avec Bill Wells aux commandes, ont enregistré Lemondale, album dont est tiré Harvest Bag. (Sans oublier les mois de préparation en amont et de mixage en aval).
D’une extrême délicatesse, Harvest Bag dépeint, tel un pointilliste sonore, son voyage par petites et gracieuses touches musicales.
On embarque ici pour un tour du monde qui passerait par l’Ecosse (pays d’origine de Bill Wells), par le Japon pour le chant et par le Brésil pour cette saveur de bossanova chaleureuse et ensoleillée. Le trajet se faisant alors en ballon tellement on ne ressent pas le nombre important de musiciens, tout y est particulièrement léger et d’une rare finesse.
A l’écoute après le break
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