Notre entretien avec Lise

LiseOn va commencer par une petite fiche d’identité. Lise c’est votre vrai prénom ?

Oui

Vous êtes parisienne ?

Non, Narbonnaise

Vous vivez à Paris ?

Depuis 2 ans et demi, presque 3.

Quel a été votre parcours musical ?

Je suis pianiste. J’ai commencé le piano très tôt. J’ai fait du classique pendant très longtemps, d’ailleurs je n’ai jamais arrêté.

Puis j’ai commencé à faire de la chanson, à enregistrer mes chansons après le bac, les premières maquettes. Et les premiers concerts quelques années plus tard. Aujourd’hui le disque, woooooouuuuhhhh!

Vous continuez encore à faire du classique ?

Oui, mais cette fois-ci plus au piano, je suis rentré au conservatoire de Vincennes en classe de chant lyrique. Parce que le classique ça me manquait, et j’avais envie de changer d’instrument. A devenir chanteuse, c’était le moment de bosser.

Comment présenteriez-vous votre musique ?

Je dirais que c’est de la chanson, piano-voix, que c’est assez doux et que c’est un petit peu expérimental, notamment dans la fabrication du disque.

Comment c’est déroulé cette fabrication ?

Ça a été une expérience assez chouette et très intime parce qu’on était deux au niveau artistique. Les chansons étaient écrites, piano-voix.

Qui les a écrites ?

Moi. A part une chanson qui s’appelle Thinking of Thinking, ça c’est mon amie Claudette (ndlr Claudette Jocelyn Stern) qui a écrit les paroles, le poème d’Appolinaire qui est d’Appolinaire, et la reprise des Pixies (ndlr Where Is My Mind).

C’était donc mes chansons. Ensuite j’ai travaillé avec un pianiste et réalisateur Danois qui s’appelle Johan Dalgaard qui est venu faire des maquettes dans mon salon avec mon petit piano.

On a décidé de tout faire au piano. Donc on a commencé à ouvrir le piano, à prendre tout ce qui nous tombait sous la main, on a tapé dessus et on a enregistré piste par piste tous les sons. Soit les sons qu’on avait envie d’entendre, soit les sons qu’on entendait qui venaient à nous.

On a arrangé toutes les chansons comme ça. En faisant passer un crin de cheval pour faire du violoncelle, en tapant avec des baguettes… On essayait de sortir d’autres instruments de notre instrument unique.

On a travaillé comme ça jusqu’au moment où on est parti en studio pour enregistrer les vrais pianos. Mon piano il était assez bien pour des maquettes et pour faire tous ces petits bruits, mais pour les lignes de pianos classiques on a eu la chance de pouvoir aller enregistrer au studio Acousti et de rencontrer Alain Cluzeau.

Vous chantez en anglais, en français, comment vous faites le choix de la langue ?

Pendant 5 ans j’ai passé tous mes étés aux Etats-Unis parce que j’avais trouvé un job d’été, je faisais pas mal de concerts. Du coup ça dépendait de là où j’étais. Si j’étais aux Etats-Unis, si j’étais en France, et ça dépendait aussi à qui je m’adressais. Parce que si je m’adressais à quelqu’un qui était anglophone, j’aurais écrit en anglais. Ou si cette personne je n’avais pas envie qu’elle me comprenne, j’aurais écrit en français.

C’est une façon de se montrer, de se faire entendre et de se cacher en même temps. Ça dépendait des fois. C’est pratique !

Dominique A vous a écrit la chanson Le Cycle, Les Mirages est-elle sur l’album ?

Oui, elle est en bonus. Là je trouve que le terme « bonus » prend son sens.

Comment s’est faite la rencontre avec Dominique A ?

En fait, on est dans la même maison de disque. Mon producteur est très ami avec Dominique A.
Moi j’étais très fan, vraiment. Je ne suis pas fan habituellement, mais là oui. J’ai beaucoup, beaucoup écouté ses disques. Du coup, l’idée de le rencontrer ne m’enchantait pas tout à fait. J’avais vraiment peur.

Un jour je suis arrivé, et ils m’ont dit « ah tiens le voilà ». Donc on s’est rencontré, on a discuté un peu. Je n’étais pas très à l’aise. Puis je lui ai envoyé le disque, il l’a écouté, il m’a envoyé un petit mail pour me dire que ça lui avait plu, surtout certaines chansons. Il en a cité au moins six, ça m’a vraiment vraiment fait plaisir.

On s’est revu pour se dire que ce serait bien qu’on fasse quelque chose ensemble. Moi, j’avais vraiment la trouille, et puis le disque allait partir en fabrication. Deux semaines avant, on s’est revu, il m’a dit « on aura pas le temps de faire quelque chose ensemble, mais je te fais une chanson et je te l’envoie. De quoi tu veux que ça parle ? » J’ai dit « Quelque chose. » Et j’ai reçu par mail cette chanson. C’était incroyable.

Je l’adore, je la chante à chaque fois que je monte sur scène.

Le Cycle, Les Mirages – Lise

Vous étiez tous les mardis et mercredis au théâtre des Déchargeurs, alors que l’album n’était pas encore sorti, quel a été l’accueil du public qui ne vous connaissez pas ?

En plus c’est une toute petite salle, il y avait 25 places. Je sentais que parfois les gens étaient intimidés autant que moi et se disaient « oh la la on est coincé, on ne sait pas ce qu’il va se passer, mais pendant une heure on est là ». Il n’y a pas un coté traquenard, mais tu sens que c’est intimidant. Quand tu as le trac, c’est contagieux.

Je trouve que l’accueil a été vraiment chouette. Ils avaient l’air content.

J’ai fait pas mal de reprises parce qu’une heure de chanson que tu ne connais pas, juste piano voix, ça me semblait un petit peu difficile. Donc sur 3 mois j’ai eu le temps de chanter les chansons qui me passaient par la tête à ce moment là, le disque que je venais d’écouter, le truc que j’avais entendu à la radio le matin. J’essayais de changer un petit peu.

Et puis moi, ça m’a vraiment permis de d’apprendre à me balader mieux dans les chansons, à pouvoir improviser complètement. Par contre, avec la relation avec le public, il y a encore du boulot (rires). Parce que c’est vrai que c’est intimidant, je pouvais voir chaque personne. Il y avait des soirs où il y avait peu de monde et comme je joue pas mal avec des baguettes j’ai fait participer le public « c’est quoi vos prénoms ? Qui c’est qui veut jouer ? ».

Un Jour En France – Lise (reprise de Noir Désir)

Le trac ?

C’est une chanson cachée normalement sur le disque (rires) …

Ah il ne faut pas en parler ?

Normalement elle n’est pas sur le tracklisting du disque final…

En fait quand à la fin du premier concert que j’ai fait, on m’en a proposé un deuxième, je me suis dit « je ne peux pas remonter sur scène si je ne fais pas une chanson sur le trac ». Je ne peux ma monter sur scène et faire « genre tout va bien », c’est pas possible. Surtout qu’au début je faisais peu de concerts, j’avais alors le trac une à deux semaines avant, j’avais des bronchites en plein été, c’était terrible.

Plus ça va, plus je me dis « bon, à un moment il va falloir arrêter de la chanter quand même ». A partir d’un moment, tu ne peux pas infliger ça aux gens.

D’autres dates de concerts sont déjà planifiées ?

Les Francofolies de La Rochelle, je fais la première partie d’Alex Beaupain, je ne suis pas peu fière !

Tout va très bien ?

Oui, je crois que ça va aller !

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