Notre entretien avec Thomas Fersen

Thomas FersenVous sortez d’un peu plus d’une semaine à la Cigale, comment ça s’est passé?

C’est un bon souvenir… de plus.

Il y a une vraie mise en scène, des décors, des textes, comment avez-vous organisé ce spectacle?

Petit à petit ça germe après ça fait des fleurs, il faut arroser.

Au départ ça part par une chanson, une deuxième, une troisième, on baigne dans une atmosphère, on voit des images, on sent des choses, on sent une instrumentation, des arrangements, une esthétique, qu’on essaie de restituer visuellement quand on commence à penser au spectacle. On fait des erreurs, on revient en arrière, on avance, etc. Je construits mes spectacles comme ça, c’est une accumulation d’heures de travail, de pensées, mais agréables. J’adore concevoir.

Il y a eu un metteur en scène ?

Non, j’ai tout fait tout seul. J’ai toujours fait tous mes spectacles tout seul. J’ai le goût et puis surtout ce n’est pas mon premier spectacle. Je fais des concerts depuis 20 ans, j’ai donc appris à organiser mon espace. Je connais un peu les lumières, je travaille toujours avec le même éclairagiste. Je connais tous les ingrédients, j’ai les cartes en main et c’est à moi de faire le jeu.

C’est un spectacle qui va aller en province ?

Qui a commencé à aller en province. J’avais déjà fait une vingtaine de dates avant d’arriver à la Cigale et là on en a encore jusqu’à l’été 2012.

Vous raconter des histoires assez loin du réel et du quotidien, parce que c’est plus poétique, vous y trouver plus de liberté?

Parce que je suis inspiré par ça, parce que j’ai le goût de ça et j’aime raconter des histoires aux gens dans mes spectacles. Mon écriture est d’ailleurs de plus en plus narrative.

On ressent un vrai plaisir des mots…

J’aime le vocabulaire, j’aime la langue, j’aime la précision dans le langage. J’ai vraiment du plaisir depuis très longtemps, depuis l’enfance avec le langage. Je crois que c’est un trait de famille que mon père avait, que mon fils a aussi. Il y a un goût pour ça dans la famille.

Il y a aussi de très belles mélodies…

Je les ai plus travaillées que dans le passé. C’était conscient, c’était voulu. Je voulais faire des chansons plus mélodieuses, plus pop, et avec des harmonies très riches. J’ai composé au piano dans ce but.

Votre dernier album est teinté de rouge et de noir, de mort et d’hémoglobine ?

C’est pas sang, c’est pas du grand guignol. C’est à dire que du sang, il n’y en a pas en fait. Vous verrez d’ailleurs que dans aucune de mes chansons il y a le mot « sang ».

C’est au contraire, une esthétique très propre. C’est la mort une fois qu’elle est bien nettoyée. L’esthétique des squelettes qui plait aux enfants, qui est dans l’imagerie populaire dans plein de cultures, c’est universel.

J’aime les imageries pour raconter des histoires. Quand on est un conteur, il faut utiliser les imageries qui existent, elles  sont le moyen de raconter. Il y a effectivement cette imagerie des squelettes. Il y a celle des vêtements, des prénoms de femme, des matériaux, le bois, les fers, les étoffes, des animaux aussi dans le passé, moins maintenant.

Il y a des clips en préparation ?

Non, je ne fais malheureusement pas de clip. J’aimerais bien mais il n’y a tellement pas de diffusion que c’est bien de faire quelque chose, mais il faut que cela soit vu ou entendu sinon il vaut mieux concentrer son énergie sur autre chose.

Je trouvais que le spectacle de la Cigale sortirait bien en DVD…

J’aimerais bien. J’aime bien fixer le travail sur des supports pour la mémoire, pour moi-même, pour montrer mon travail, parce que c’est un travail qui une fois le spectacle fini, la tournée terminée ça n’existera plus. Maintenant c’est une industrie difficile, ça ne se vend pas tellement les DVDs de spectacle, et c’est beaucoup d’argents à faire.

Dans le passé ça m’est arrivé d’imposer ça à mes maisons de disques, c’était assez douloureux. Je l’avais fait pour Bonne Fête Hyacinthe par exemple, on n’en a pas vendu beaucoup. Ce n’est pas un marché très porteur. C’est ce qu’on m’a dit en tout cas.

J’ai des documents d’archive, mais de là à faire un documentaire je ne sais pas. Je ne peux pas vous dire aujourd’hui. Il faudrait le faire avec des bouts de ficelle.

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