Notre entretien avec Yelle

YelleLong story short :
Album sorti le 14 mars 2011.
Une tournée au UK, 14 dates en 3 semaines.
Une tournée aux USA/Canada, 28 dates en 1 mois et demi.
Soit un total de 47 dates en 2 gros mois. (3 concerts / 4 jours)
J’ai juste ?

Oui c’est ça ! J’adore !

T’es qui ? On est où ?

Je suis Julie Budet, aussi connue sous le nom de Yelle, en direct de ma cuisine avec un bol de Rice Krispies et un pot de Nutella (je me sers du Nutella comme colle à Rice Krispies tu vois ?)

Il est quelle heure ?

18h30.

T’as fait quoi hier soir ?

J’ai profité de ces quelques jours off à la maison pour ne rien faire, je me ballade sur le net, je regarde des trucs nuls à la télé, rien quoi !

Mon éducation veut que l’on commence toujours par les autres :
Les frères French Horn Rebellion qui ouvraient fraîchement le bal de vos concerts pendant la tournée avaient l’air cool avec leurs fringues à la Jimi Hendrix. Vous confirmez ? Pourquoi eux ?

Oui, ils sont très cools. Non seulement on aime leur musique, mais on les aime aussi, en tant que potes, tellement agréable de tourner avec des gens aussi chouettes. On les avait invités à faire notre première partie à l’automne, sur un show New-Yorkais, et ils avaient été parfaits ! Aussi bien avec le public qu’avec nous.

Deux mois à se supporter les uns les autres… Personne n’a été « accidentellement » oublié dans un désert ?

On a tous une base bien élevée, on sait vivre en société ahahah. Après, c’est sûr que sur une telle période, et avec une telle proximité, tu as parfois besoin de te retrouver seul dans ton coin, ou avec d’autres gens, mais la gestion affective se fait finalement très naturellement !

À la base, je suis plutôt rock. Mais quel concert ! C’était frais et pourtant c’était votre 45e concert (San Francisco) en 2 mois! Balaise.
Secret de rock star dépravée, recette de mamie bien conservée ou conseil avisé de Chuck Norris ?

J’ai la conviction que dès lors que tu prends du plaisir, que tu es convaincu et passionné, les gens le ressentent forcément. Et c’est quelque chose de magique, d’incalculable, c’est comme ça ou ça ne l’est pas. Et quand ce plaisir est partagé, il fait des aller-retours et se multiplie !

Avec ces 14 titres, vous effectuez un premier virage direction « candeur tribale ». C’est venu comment ?

11 titres ! (tu as dû inclure les bonus tracks 😉 )

Après la tournée de 3 ans sur le premier album, on était impatient de faire de nouvelles chansons. On avait digéré tout ce vécu, accumulé des idées, ressentis des choses inspirantes… Il n’y avait pas de « concept », nous voulions juste faire des chansons, les unes après les autres, aller jusqu’au bout de chacune d’entre comme si elles étaient un single.

Lorsque nous avons senti que nous avions finalement un album, on a réfléchi à un titre, et celui du morceau Safari Disco Club nous a spontanément donné beaucoup d’idées, d’images, ainsi qu’une teinte à l’album entier. Et c’est marrant parce que finalement, il y a très peu de touches « tribales » dans les chansons, c’est surtout l’image qui va avec qui oriente l’écoute dans cette direction !

On ressent comme un besoin de reconnaissance à travers cet album, que ce soit sur la pochette, dans le clip ou même sur scène. La chanteuse Yelle cède sa place au « groupe Yelle » donc.
Comment ça se fait ? Ça vient de qui ? (je parie que ça vient de Jean-François, principal compositeur du groupe, non ?) Ça passe ou ça casse ?

Nous sommes un groupe de scène, et après 200 concerts sur le Pop Up (le premier album), c’est naturellement que nous nous présentons en tant que tel. En ce qui concerne la pochette, il s’agit d’un choix purement graphique. 90% des photos prises sont des photos de moi seule, mais c’est cette photo qu’on trouvait la plus intéressante, la plus forte graphiquement, ce n’est pas un choix « stratégique ». Toutes ces décisions sont toujours prises d’une manière très simple : qu’est ce qu’on préfère ? Yelle est un groupe, mais c’est aussi moi, je ne demande à personne de faire le choix, c’est comme ça !

Jean, 16 ans, qui danse avec sa copine à côté de Matthew et son copain, 37 ans. On ne voit pas ça dans tous les concerts hein ! Vous kiffez d’avoir un public comme ça ?

On adore notre public oui ! Il est super varié, aussi bien dans une même salle, que d’un pays et même d’une ville à l’autre ! Notre public a compris ce qu’on exprime profondément dans notre musique : kiffe ta vie ! On est très content de constater que les gens qui viennent nous voir sont cools, funs et beaux !

Vous pensez que vous véhiculez quel message pour rassembler ce beau public ?

On en revient à l’origine du nom Yelle, qui à la base s’écrivait YEL pour You Enjoy Life. Je pense que tout ça transpire dans notre musique et dans notre énergie.

Qu’est-ce qui t’a fait le plus vibrer aux USA/Canada ?

La spontanéité des gens. Cet enthousiasme direct et simple, tellement différent de ce dont on a l’habitude chez nous. On se reconnaît à fond là dedans, c’est de l’énergie hyper positive, qui te porte.

47 concerts depuis la sortie de votre dernier album Safari Disco Club dont une seule date française (Paris, 7 avril 2011) ! Mais pourquoi ???

La curiosité s’est d’abord fait sentir de l’autre côté de l’Atlantique. En France, tu dois d’abord vendre des albums, passer en radio, avant que les programmateurs se penchent sérieusement sur ton sujet. Les américains sont curieux, intéressés, et prennent des risques ! Mais la date parisienne s’est extrêmement bien passée, c’était fou ! On a vraiment hâte de tourner ici, on a quelques festivals d’été (Art Rock, Vieilles Charrues, Francofolies, Musilac…)

Est-ce la raison qui fasse qu’il n’y ait pas de tournée en France ?

Ce n’est que le début, notre album vient de sortir et on ne peut pas être partout en même temps de toute façon.

Si je te demande gentiment une place pour le concert à Paris le 25 juin, tu m’en donnes une ?

Un cadeau, ça ne se demande pas tu sais… Laisse-moi y penser 🙂

Une chose que tu n’as jamais dite dans une interview :

« Rhododendron ».

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