Notre entretien avec GreenShape

Entretien et photos réalisés par Delphine Ghosarossian

Pourrais-tu nous faire une courte présentation de Greenshape, d’où viens-tu ?

Greenshape : Je viens d’une ville qui s’appelle Valencienne, dans le Nord Pas de Calais, on est dernier du championnat de France, super ! Là bas, c’est un peu l’équivalent de la banlieue de Manchester. C’est gris, c’est moche, c’est plein de briques, et pourtant on s’y sent bien.

Greenshape, c’est de la musique folk, sans vouloir non plus tirer dans la caricature, parce qu’aujourd’hui la musique folk, c’est devenu un peu tout et n’importe quoi.
Greenshape, c’est mon pseudo de super héros en papier mâché.

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Comment sont nées les chansons de ton album Storryteller ?

Les chansons sont nées de ma petite tête torturée. Ca raconte les trucs qui me sont arrivés. Les choses qui arrivent aux gens que t’aimes. La première chanson de l’album Storyteller, ça part d’une introspection, du regard qu’on peut se jeter dans un miroir et ce qu’on peut en tirer comme questionnement. Qui je suis ? Qu’est-ce que je vais devenir ? Pourquoi je suis ce que je suis ? Pourquoi je suis devenu ce que je ne voulais pas être ? Quelles solutions j’ai en moi pour changer et devenir meilleur ? Tout un programme.

Dans ta bio tu écris avoir eu comme référence les Beatles, Johnny Cash, Led Zeppelin, Curt Cobain, tu dis avoir voulu devenir le Johnny Cash New Age, comment as-tu atterri à faire de la musique folk ?

Je ne me suis jamais posé la question. Je fais ça depuis que j’ai une guitare en main. J’ai toujours fais ça. Mon beau-père quand il est arrivé à la maison c’était avec des tonnes de CDs, de vinyles. Le premier souvenir de chanson que j’ai, je m’en souviendrai toute ma vie, c’était Wild World de Cat Stevens. J’étais sidéré, fasciné par ce mec là ! Je le suis toujours, moins pour ce qu’il est devenu aujourd’hui, mais son entité des années 70s me fascine complètement. J’ai toujours baigné là dedans en fait. Ca n’a jamais été un problème pour moi de faire ça, parce que c’est ma culture musicale.

Comment s’est faite la rencontre avec ton label Sober & Gentle ?

J’avais une amoureuse, à l’époque, qui me disait qu’un truc pas mal été sorti sur un label indé, elle m’a dit « vas-y écoute ». C’était On My Way de Cocoon. Je me suis dit « C’est français ça ? merde ! Ils sont pas mal ces petits français. » C’était à un moment où j’étais devenu boxer à temps complet, où j’avais un peu laissé la musique de coté, en me disant que de toute façon j’y arriverai jamais et que ce n’était que peine perdue. Fort de la volonté que j’avais dans ce sport là, je me suis dit « allez, jouons le truc à fond, envoyons des chansons ». J’ai envoyé une chanson par jour pendant deux mois, trois mois. Je voulais signer chez Sober & Gentle. J’en démordais pas. Stéphane Gille, notre directeur artistique, il y croyait pas trop au début, puis au fur et à mesure, je suppose qu’il en a eu marre que je lui envoie des chansons et a dit « allez on va le signer, il nous foutra la paix ! ». Non je plaisante.

Je pense que pour une fois dans ma vie j’ai réussi à accomplir un truc et aller jusqu’au bout de ce que je ressentais.

Tu as travaillé avec Marc Daumail de Cocoon pour l’enregistrement, de l’album. Est-ce que tu peux nous expliquer comment ça s’est passé ?

J’ai travaillé avec Marc sur l’enregistrement des maquettes. Il devait au départ enregistrer l’album avec moi, mais avec le planning de Cocoon ça n’a pas été possible. Au final ça a été un mal pour un bien, parce que j’ai atterri chez Tore Johansson en Suède, à Malmoe, qui est le producteur des Cardigans, des Frantz Ferdinand, de Matthieu Boogaerts en France, qui a fait A-HA dans les années 80, qui a fait un album de New Order aussi. C’est un mec exceptionnel, un ours mal léché, mais un type avec un grand cœur. La couleur de l’album est du en partie à lui et à moi.

Tes collaborations pour cet album sont très masculines, alors que l’album est plutôt très féminin ?

Finalement j’ai travaillé avec des hommes qui sont eux-mêmes très féminins. Qui sont des gens très sensibles, derrière leur faux airs d’homme poilu. La compagnie féminine, la sensibilité féminine est quelque chose qui m’a toujours touché, plus que la sensibilité masculine. Parce que les filles ça n’a pas peur de pleurer devant un film à l’eau de rose, ça n’a pas peur de dire qu’elles ont en marre et qu’elles en peuvent plus. Un homme non, il a plutôt tendance à porter la mauvaise culotte, à se cacher derrière des masques de complaisance et de force qui ne sont pas toujours légitimes.

Oui, je pense que c’est un album qui est féminin. Pas dans un sens midinette où quoi que ce soit. Dans la sensibilité, ce n’est pas faux et cela ne me dérange absolument pas.

C’était un compliment…

Oui, je le prends comme ça.

Pour ton album tu es passé par Kiss Kiss Bank Bank, pourquoi ? Et à quoi ont servi les fonds récoltés ?

A acheter du canabis ! et puis de la Leffe ! Non !…

Il y a trois ans quand on a commencé à penser à ça avec Stéphane Gille, on s’est dit que cela pouvait être intéressant parce que ça pouvait être une belle interface entre le public et cet album : de pouvoir faire participer les internautes et les gens qui avaient envie d’écouter de la musique, de les faire participer directement à l’album, de vraiment les impliquer dedans et de créer quelque chose d’humain finalement, même si ça se passe sur internet.

Et finalement cet argent nous a servi à produire cet album. A payer l’album fait par Tore.

Merci beaucoup, si tu veux faire un mot de la fin ?

Mot de la fin !

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