Notre entretien avec Debout Sur Le Zinc

Debout Sur Le Zinc c’est 7 personnes, pouvez-vous nous présenter les membres du groupe ?

Fred : Momo qui fait de la batterie, William basse, contrebasse, Romain clarinette, guitare et chant, Christophe guitare, chant, Simon violon, trompette, chant, Olivier banjo, mandole, mandoline et moi, Fred accordéon.

Comment arrivez-vous à composer à 7 ?

Simon : On ne compose pas à sept. On arrange à sept. Les auteurs sont les trois chanteurs, nous proposons des chansons au groupe. On s’amène avec des chansons devant le groupe, le groupe les accepte ou pas. De temps en temps il y a des petits arrangements, mais grosso modo, une fois que le groupe les accepte, on les arrange ensemble.

On peut alors changer un ou deux accords, il peut y avoir une petite variation de mélodie. Par contre la chanson prend une forme totalement différente une fois qu’elle est jouée par Debout.

Fred : Sur les paroles aussi, tout le monde peut donner son avis : « tiens tel passage tu peux peut-être le retravailler »

Simon : Mais la création à proprement parler à 7 c’est impossible je pense.

Quel est votre secret pour composer vos mélodies super accrocheuses ?

Fred : Tu as devant toi l’un des principaux auteur des mélodies (désignant Simon)

Simon : C’est ce qui nous reste de nos influences de musiques traditionnelles. Beaucoup d’entre nous ont commencé par faire soit du jazz manouche, soit de la musique traditionnelle de toute l’Europe. Ca va de la musique du moyen orient à la musique celtique en passant par klezmer. On a un parcours vraiment pan-européen de musiques traditionnelles. Ce qui nous reste de ça ce n’est pas tant les sonorités que les mélodies. Les mélodies c’est notre culture en fait.

J’avais lu dans Wikipédia que aviez des influences rock, tsigane, yiddish, orientaux, mais que l’on entend pas vraiment dans votre musique…

Simon : Non, ça ne s’entend pas, ça s’entend juste avec les mélodies.

Vous avez autro-produit votre album, c’est un choix ou c’est par manque de label ?

Simon : On a toujours eu des labels jusqu’à présent et on se libère petit à petit de carcans qui nous correspondent de moins en moins. Au fur et à mesure qu’on avance en expérience, on sait faire des trucs, on sait à qui déléguer pour que ce soit plus efficace. Donc, quitte à être produit par quelqu’un autant que ce soit par quelqu’un qui nous connaisse parfaitement, qui connaisse les endroits à travailler pour Debout Sur Le Zinc, plutôt que d’être perdu dans une masse informe, d’être un groupe parmi mille dans une maison de disque.

C’est un vrai choix ?

Simon : Un vrai choix stratégique.

Vous ne regrettez pas ?

Simon : Au contraire.

Fred : On est autoproduit depuis très longtemps, quatre, cinq albums.

Simon : Finalement, très prosaïquement, cet album là (ndlr La Fuite En Avant) marche mieux que les autres alors qu’on est plus indépendant qu’avant.

Vous avez participé à une compilation de reprises de Brassens, est-ce que c’est l’une de vos influences ?

Simon : C’est moins une influence, qu’une référence.

Fred : Oui, c’est plus une référence. On a tous été bercé quand on été petit, donc forcément on est imprégné de Brassens.

Simon : D’ailleurs c’est une des raisons qui fait que c’était très difficile pour nous de se mettre à écrire en français. Ces anciens écrivaient tellement bien que c’était difficile d’assumer, de tenter de se mettre à leur niveau en osant écrire en français. Sans faire de la variété j’entends, en essayant de dire des trucs.

Dans cette veine de dire des trucs, pensez-vous que vos chansons sont engagées ?

Simon : Ils n’étaient pas forcément engagés. On sait que Brassens était un anarchiste, Brel lui n’était pas spécialement engagé. On nous pose tout le temps cette question dès qu’on chante en français. On ne pose pas la question aux artistes anglo-saxons.

Je pose la question non pas parce que c’est en français…

Simon : parce que Nagui a posé la question à Taratata ?

Ah non je n’ai pas vu Taratata ! Mais simplement je trouve que vos chansons sont engagées.

Simon : Elles racontent des trucs de la vie de tous les jours. On ne fait pas de tribune politique. On ne donne pas de leçon.

Fred : Les chansons peuvent amener à faire réfléchir, mais engagées je ne dirais pas ça.

Dans La Fuite En Avant il y a tout de même une critique sur notre mode de vie…

Simon : On véhicule un certain nombre de valeurs qui sont les nôtres, mais on ne les mets pas en avant comme étant engagées. On dit ce qu’on pense.

Fred : On ne porte pas un étendard.

Simon : On n’essaie pas de convaincre les gens. Etre engagé c’est plus fort que dire ce que l’on pense.

Fred : On pose des choses qui font réfléchir.

Simon : On est sincère… On n’est pas un groupe de droite… On véhicule un certain nombre de valeurs, mais c’est bien malgré nous. Quand je dis qu’on n’est pas engagé les gens nous disent « mais si », et quand on dit qu’on est engagé, on nous répond « mais non ». On fait de la musique, on vit de la musique…

Vous apportez votre regard sur la société…

Fred : Peut-être que la nuance c’est qu’on est engagé dans ce sens là, mais pas militant.

Dans votre disque il y a beaucoup de doute et de fragilité, qu’en pensez-vous ?

Simon : oui, on est des gens fragiles, mais tout le monde en fait.

Fred : Et plus on avance et plus on a des doutes. Je pense que c’est pareil pour tout le monde.

Simon : C’est ça, on est éduqué dans la certitude de plein de choses, avec des fondamentaux, des repaires bien fixes et au fur et à mesure qu’on avance dans la vie, on s’aperçoit que rien n’est vraiment fixe, qu’on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a. Même les valeurs morales et les idées préconçues qu’on peut avoir, peuvent être balayées en une seconde… C’est fragile tout ça.

Quand on écoute vos chansons on a tout de suite l’impression d’être à coté d’une bande de potes, c’est très convivial, très chaleureux, on a envie de partager une bière avec vous, on vous le dit souvent ?

Simon : Ca fait parti du charme de Debout.

Fred : C’est la première fois que j’entends ça par des gens qui écoutent le disque. En concert c’est flagrant. Beaucoup de gens viennent, ils nous voient jouer ensemble, ils trouvent qu’il y a des regards, ils voient qu’on s’amuse sur scène, et c’est très communicatif.

Simon : Peut-être que ça se ressent sur le disque, et c’est bien. C’est vrai qu’on est une sorte de fantasme de la bande de copains. C’est vrai qu’on est très amis, qu’on se connaît depuis des années, on le vit en fait, on ne s’en rend pas compte. On ne fait pas de ça un crédo. C’est vrai qu’on véhicule une sorte de convivialité, parce qu’on discute entre nous, parce qu’on partage du plaisir, qu’on a plein de vécu ensemble.

Fred : Si ça se ressent dans la musique, c’est que ça existe.

J’avais écrit dans ma chronique que c’était de la chanson populaire (dans le bon sens du terme), est-ce que ça vous convient ?

Simon : A fond, oui ! Même pire, moi je dis que c’est de la variété alternative ! Un fond sérieux, avec une forme agréable.

Est-ce que ça va être la fête en janvier au Zénith de Paris ?

Simon : A fond !

Fred : Oui ! C’est le but des concerts. Même si certaines chansons sont tristes ou mélancoliques, en concert il faut que ce soit la fête.

Vous pouvez dévoiler des secrets, des surprises sur ce concert ?

Simon : Non, aucun secret. Pour les dates parisiennes, à chaque fois on essaie de faire quelque chose de particulier.

Fred : Des invités, des choses un petit peu particulières. Pour l’instant tout n’est pas calé.

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