3 questions (ou plus) à Shanka (The Dukes)

C’est aujourd’hui, Shanka, chanteur, guitariste du groupe The Dukes qui a la gentillesse de répondre à nos quelques questions.

Comment et pourquoi s’est formé The Dukes? Alors que vous jouez déjà dans des groupes à succès? Une envie de chanter?

Shanka (The Dukes) : On a joué pendant 5 ans avec Greg, le batteur, au sein de No One is Innocent. Quand il a rejoint Superbus, on s’est promis qu’on ferait un jour notre projet à nous, avec comme but de faire la musique qu’on aime sans restriction d’aucune sorte, et de sortir de France pour courir le monde. On s’est lancés début 2010 et cela nous a mené bien plus loin que tout ce que l’on aurait imaginé. Aujourd’hui c’est un groupe au sein duquel des liens forts se sont créés et qui est parti pour durer : on enregistre notre second LP cet été à Los Angeles, une nouvelle aventure dingue qui commence, mais trop n’est jamais assez quand on fait du rock’n’roll! La notion de plaisir est vraiment centrale dans les Dukes, malgré la crise du disque on reste dans une dynamique positive et volontaire : ce n’est pas demain que je poserai les armes et commencerai à me plaindre. J’aurai largement l’occasion de me plaindre quand je serai en maison de retraite !

[nggallery id=49]© Photographe : Delphine Ghosarossian, Stylisme : France de Griessen, Make up: Jennifer Guernier, Hair : Virginie BG

Le nom The Dukes est une référence à quelqu’un? à un groupe? à un film? à rien?

C’était en premier lieu le titre d’une chanson de l’album qui traite du cynisme d’une partie de la jeunesse dorée. Greg m’a dit que c’était un super nom de groupe, et à vrai dire je n’y avais même pas pensé! Ce qui est drôle, c’est qu’à une époque où le rock est énormément boycotté par les media et les maisons de disques, les groupes de rock qui « font de la résistance » adoptent souvent un nom à forte tendance « noble »! C’est probablement un réflexe de survie, dans tous les cas pour ce qui nous concerne c’est tout simplement un nom simple et efficace qui nous a paru approprié…

Comment présenteriez vous votre premier album Victory? Du rock vitaminé aux mélodies pop?

Mes modèles sont des songwriters, pas des virtuoses. J’ai toujours voulu combiner énergie et accessibilité : une bonne chanson, quel que soit son arrangement, peut toucher n’importe qui, qu’il soit spécialiste de tel ou tel style ou pas. The Dukes est, depuis le début, un mélange de mélodies pop et de guitares hurlantes. Après tout, ce mélange était celui développé par Nirvana, et notre génération a été marquée au fer par ce mariage de punk-noise et des Beatles… Le format est simple, ce qui n’est pas évident car on se met à nu quand on prend ce chemin. C’est un choix qu’on assume pleinement.

Les chansons de cet album semblent être taillées pour la scène, comment sont-elles nées ? Aviez vous à l’esprit lors de leur création le fait de les jouer sur scène ?

La plupart des chansons n’ont pas été jouées live avant l’entrée en studio en Suède, par contre après notre première tournée nous nous sommes retrouvés avec trois titres composés sur la route (Sugar Cut, The Mangler et Where Angels fear to tread), nous avons décidé de les enregistrer pour les inclure dans l’album car on pensait qu’ils avaient vraiment leur place. Le live reste quelque chose de très important pour nous, c’est là que c’est construit le groupe. C’est avec les Dukes que j’ai fait mes premières tournées en Europe et c’est une aventure incroyable que d’aller jouer en Finlande, Allemagne, Suède, Danemark, etc… Les concerts m’ont montré que l’énergie du rock’n’roll est un langage universel ultra-puissant!

Question subsidiaire : (Nous sommes un webzine sur internet) Internet pour vous c’est plutôt un ami ou un ennemi?

Malheureusement, je crois sincèrement que le bonheur général des gens a beaucoup baissé depuis l’arrivée d’internet dans les foyers. Pour moi, c’est un outil, rien de plus. Ceux qui croient que des groupes connaissent le succès suite à un buzz sur internet, ils sont des victimes du marketing : TOUS les groupes présentés comme tels étaient signés en maison de disque bien avant le prétendu « buzz » et la prétendue « découverte sur internet ». Le problème c’est la surenchère d’une part (un groupe doit aujourd’hui avoir sur youtube un clip surpassant Spike Jonze et Michel Gondry pour être crédible…) et la perte de valeur des choses d’autre part, pendant de la dématérialisation. Petit exemple : si les gens lisaient des livres dans le métro au lieu de « scroll » leur fil d’actualité facebook, ils seraient peut être moins cons et moins névrosés!

Un grand merci,

Mais merci à toi 🙂

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