Hellbent – New Order

Il y a des groupes dont on finit par penser qu’on ne les verra plus que sur scène et encore leurs apparitions se font-elles des plus rares. J’avais donc bien cru qu’il ne me resterait de New Order que les images d’un beau concert à la Fête de l’Huma et l’écoute régulière de leurs classiques au fil de mes humeurs mouvantes. Puis, comme par magie, au plus fort d’un blues hivernal prononcé… Lost Sirens a fait son apparition sur mon ordinateur.

Comme son nom l’indique, cet opus, le dixième du groupe de Manchester, fait pendant à Waiting For The Sirens Call, leur précédent album datant – déjà – de 2005. Huit titres composés à cette époque et, pourtant, bien mieux que des chutes de studios pour renflouer des caisses que je suppose amplement garnies. Il y a fort à parier que l’écart entre les deux parutions est plutôt dû aux bisbilles entre Peter Hook, qui tourne avec The Light et écrit des livres sur la Hacienda, et Barney qu’autres chose. Reste donc, mis à part un nouveau et doué bassiste, la bande New Order en ordre de bataille.

Il y a donc ce Hellbent, étonnant de modernité vue la date à laquelle il a été composé, ses éclairs de guitares portés par des nappes de claviers neworderiennes en diable, le chant travaillé de Barney ornementé de quelques jolis chœurs féminins. Oui, François a raison, c’est la parfaite clef d’entrée pour retrouver ces Lost Sirens. Encore plus pour moi qui a vraiment découvert New Order dans sa période ecstasy et house music : Technique, quoi. Mais ne vous y trompez pas, amis lecteurs, cet album concentre l’ensemble des facettes du groupe cultissime.

Et le concentré ultime a peut-être les accents pop-rock mâtinés d’électro de Shake It Up qui renvoie aux plus belles heures du combo mancunien. Une intro contemplative concoctée par Gillian Gilbert ouvre la voie royale à une guitare rocky comme rarement avant un refrain estampillé pure NO in your face. On joue dans la cour balayée par Primitive Notion ou Who’s Joe, la cour des grands titres du New Order version 2000.

Ce qui surprend peut être le plus dans cet opus, ce sont les emprunts musicaux aux cousins d’outre-Atlantique côté rock, je précise ! Parce qu’on sait, déjà, ce que New Order revendique des musiques blacks, notamment de l’electro-funk (se remettre Blue Monday en boucle après Planet Rock). Jetons donc ensemble, si vous le voulez bien, à I Told You So soutenu par une basse hookienne comme au meilleur temps. Les éclats de guitares cherchent plus du côté des medicine men sioux que d’un Johnny Marr, comparse de Barney période Electronic. La batterie est tellurique, agrémentée de quelques percus comme ressorties de Kiss Of Death. Bref, un sacré titre qui conclut magnifiquement ce Lost Sirens.

Lequel pourrait bien augurer d’un nouvel effort studio, malgré une série de dates tout au long de l’année 2013 dont un passage aux Nuits Sonores de Lyon. J’en frétille d’avance

Nathanaël Uhl, pour le Cri du peuple

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Informations complémentaires

  • Titre: Hellbent
  • Durée: 4min 26s
  • Artiste(s): New Order
  • Album: Lost Sirens
  • Label: Rhino
  • Date de sortie: Janvier 2013

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