Notre entretien avec Baden Baden

Quelques mois après la sortie de leur premier album Coline, deux des trois membres du groupe Baden Baden ont gentiment répondu à nos questions dans les locaux de leur prestigieux label Naïve.

On vous avez découvert en 2010 avec votre EP 78 et notamment le titre The Book, vous avez sorti votre album en octobre 2012, que s’est-il passé entre les deux ?

Eric Javelle : Déjà, l’EP était une date importante pour nous, c’était notre premier disque, c’était la première concrétisation de tout ce qu’on avait fait. On était déjà bien content de le sortir.

C’était autoproduit ?

Gabriel Vigne : C’est sorti sur un tout petit label.

EJ : On l’a enregistré nous-même, et c’était le label de notre manager. C’était donc plus ou moins en interne. Tout de suite en faisant l’EP, on était dans l’optique de faire l’album, une étape préparatrice. Et on a mis deux ans. Dans l’absolu on aurait aimé mettre moins car on était impatient de le sortir.

GV : On pensait mettre moins de temps.

EJ : Mais on a mis deux ans, car au bout de deux ans on avait le sentiment que l’album était fini, qu’on avait douze morceaux dont on était content. On n’avait pas envi de donner moins.

GV : On n’avait pas envi de sortir un album bâclé, avec des chansons qui nous auraient plus qu’à moitié.

EJ : C’est notre rythme à nous, et comme nous n’avons pas d’impératif particulier à sortir vite les choses, c’était le bon timming.

Photo par Delphine Ghosarossian

Comment s’est faite la rencontre avec Naïve votre label ?

EJ : En fait, c’était il y a un an, on avait dix titres et on pensait d’abord sortir l’album plus tôt, on commençait à dire qu’on allait le sortir quand Naïve a pris contact avec notre manager. Ils nous suivaient un peu, ils s’intéressaient à ce qu’on faisait, quand ils ont su qu’on avait un album pratiquement prêt, ils ont écouté et ont bien aimé.

Par la suite, on a fait deux titres supplémentaires parce qu’on avait le sentiment qu’il en manquait un petit peu. Ca venait de nous, ils ne nous ont jamais contraints. Ils ont pris le projet tel qu’il était, ils l’aimaient comme ça.

La rencontre s’est faite vraiment naturellement, elle s’est très bien passée et assez vite finalement.

C’est presque un conte de fée ?

GV : Non, on avait comme beaucoup de groupes, plusieurs maisons qui nous avaient contactés mais ça ne se concrétisait pas forcément à chaque fois.

EJ : Depuis le début du groupe on a toujours eu des contacts enrichissant d’ailleurs, même si à l’arrivée il n’y a pas de signature. Ca permet d’avoir des retours sur sa musique.

GV : On ne voulait pas se précipiter sur le premier label qui nous faisait une proposition. Naïve, ça nous correspondait.

EJ : Via notre manager, on avait notre propre label. Au départ on pensait le sortir comme cela. Puis la bonne surprise, Naïve avait envi de travailler avec nous. Ca donne un média forcément avec plus de répercussions.

Votre album Coline, pourrait être qualifié d’aérien, il y a beaucoup de références à l’air, à la légèreté, est-ce que c’était voulu ? Ou vous vous en êtes aperçus au fur et à mesure de la construction ?

EJ : Dans la composition, on se pose le moins de questions possibles. Quand on fait des choses, on ne s’en rend pas forcément compte. C’est après coup, avec le retour des gens, en premier lieu ceux de notre entourage proche. Ce qui ressort c’est effectivement le coté aérien.

GV : Ce n’était pas du tout planifié. C’est ce qui est sorti de nous naturellement.

EJ : Il y a surement un coté mélancolique à tout cela mais on n’a jamais voulu que ce soit quelque chose de lourd dans ce coté mélancolique, nostalgique. Du coup, l’instrumentation aérienne, les envolés permettent de magnifier le tout.

Vos sources d’inspiration sont vous-même, vos émotions ?

EJ : Au départ notre truc c’est de rechercher des émotions chez soi. Après ça parle de plein de choses, de sentiments fantasmés, autobiographiques, il y a plein de choses qui se mélangent. Au niveau des textes, ils sont assez ouverts, assez poétiques, assez imagés. Je n’aime pas les textes trop terre à terre, trop personnalisés qui parlent de moi Eric Javelle qui a vécu tel ou tel truc. Ce n’est pas forcément intéressant ni pour moi de le raconter, ni pour les gens de l’écouter. Nous souhaitons plutôt exprimer des sentiments, des états que n’importe qui peut ressentir.

GV : Souvent avec plusieurs lectures aussi, dans l’interprétation des textes.

EJ : On aime bien que ce soit assez ouvert. Ce qui est marrant c’est l’interprétation que les gens ont des textes. Au départ j’écris des choses avec un sens pour moi mais en même temps des choses à double sens. Il y a alors souvent des interprétations auxquelles on n’avait pas forcément pensées en écrivant mais qui tiennent complètement debout. C’est marrant.

On est un webzine sur internet, est-ce que vous utilisez beaucoup internet dans votre travail ?

EJ : Oui, internet est vachement présent, dès le début du groupe. Ne serait-ce que la formation du groupe via MySpace. Je ne connaissais pas vraiment de musiciens, je n’avais pas un entourage musical, ça m’a permis de rencontrer plein de musiciens, plein de gens. Le groupe s’est formé un peu comme ça, autour de certaines affinités, de rencontres par le web. Depuis on communique toujours beaucoup avant sur MySpace, maintenant sur Facebook. Ca permet une proximité avec les gens qui écoutent notre musique vachement intéressante.

Qui gère le compte Twitter ?

GV : Twitter c’est plutôt Julien.

EJ : Facebook c’est un peu tout le monde.

Question subsidiaire : Baden Baden (la ville), vous y êtes finalement allés ?

GV : Toujours pas. On a failli jouer là-bas.

Ils ne vous ont pas encore invités ?

GV : Non, mais on ne serait pas contre. Ce serait rigolo.

EJ : Quoi que, peut-être on serait déçu. On s’est imaginé plein de trucs. Ca se fera peut-être un jour, ça serait sympa.

Question subsidiaire 2 : On est encore en début d’année, vos bonnes résolutions 2013 se seraient quoi ?

EJ : De continuer à prendre du plaisir à composer des chansons, à les interpréter, à voyager.

Merci beaucoup !

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