Notre entretien avec Auren

Auren« Quand on sort un album, on sait comment on l’a fait, on l’a créé, on l’a mûri, on l’a porté. Une fois qu’il sort on ne sait pas chez qu’il va aller. »

Après la sortie d’un deuxième album J’Ose en juin dernier, et quelques jours avec sa date parisienne (au Divan du Monde le 16 décembre 2013), c’est dans les locaux de son label Naïve que nous avons rencontré la rayonnante et rafraichissante Auren.

Pourriez-vous vous présenter pour nos lecteurs qui pourraient ne pas encore vous connaitre ?

Auren : J’ai commencé la musique tôt, car j’ai eu la chance d’avoir une grand-mère pianiste qui m’a enseignée le piano lorsque j’avais 7 ans. J’ai écrit mes premiers textes à l’adolescence. J’ai fait des études difficiles et le chant est devenu une échappatoire. C’est là que j’ai commencé à comprendre ses vertus. Ensuite j’ai mis en musique mes chansons, j’ai commencé à jouer dans les petits bars, les restaurants, les petites scènes locales à Lyon, dans le sud où j’ai fait mes études, et à Paris.

J’ai eu la chance de faire les rencontres d’Astaffort qui est un stage d’écriture parrainé par Francis Cabrel. Ca a été vraiment le déclic, c’est là où j’ai acquis de la crédibilité.

J’ai fait un premier album autoproduit sorti en 2009 qui m’a permis de monter sur scène, de faire les premières parties de Cabrel, Chris Isaak… Ensuite j’ai pris le temps de peaufiner d’autres chansons, de beaucoup les tester sur scène. Puis j’ai rencontré Nicolas Dufournet réalisateur de cet album avec qui on a enregistré en studio. Enfin la signature chez Naïve

Comment s’est faite la signature chez Naïve ?

Très simplement, c’est vraiment un label et une maison d’artistes que j’appréciais. Je me sens proche des artistes qu’ils défendent. C’était vraiment une de mes envies. Ca s’est fait très simplement, on a présenté l’album, ils ont aimé et on a signé assez rapidement. C’était chouette.

Vous avez pris le temps pour écrire les chansons, comment s’est passé ce travail d’écriture ?

C’est vrai j’ai mis du temps entre le premier album autoproduit en 2009 et celui là en 2013, 4 ans. Ca s’est fait dans la durée. Dès que je ressentais le besoin d’écrire, je le faisais. Les sujets abordés dans cet album sont oser être soi-même, oser déplaire, oser s’affranchir du regard de l’autre. C’est la pierre angulaire de l’album…

Avec aussi le thème de la liberté

Oui la liberté. Qui ne se détache pas de l’amour, du couple. Ca reflète aussi un peu ma vie de jeune femme. Les deux sont liées, la vie de jeune femme et la vie d’artiste.

Il y a une chanson sur Frida Kahlo et Diego Rivera, qui tombe bien en ce moment avec l’exposition qui leur est consacrée actuellement à Paris ?

C’est incroyable ! Je ne savais pas quand j’ai écrit cette chanson qu’il y allait avoir un tel engouement médiatique quelques temps après la sortie de mon album.

Frida est une artiste qui a marqué les femmes de ma famille. Je l’ai découverte lors de la sortie du film avec Salma Hayek. J’ai vraiment eu un coup de cœur pour cette artiste pour plusieurs raisons. La première pour son combat contre les malchances de la vie, car elle a eu un accident, elle a eu des difficultés physiques et n’a jamais sombré, l’art a été salvateur pour elle. J’admire aussi le combat qu’elle a eu pour les femmes. Vivre dans les années 30 au Mexique devait être difficile, elle s’est battue pour la condition féminine. Puis cet amour inconditionnel qu’elle a pour Diego malgré tout ce qu’il a pu lui faire vivre. Sans lui elle n’arrivait plus à créer. J’ai trouvé ça très beau et très inspirant. J’aime son travail, j’aime ses œuvres, c’était très naturel pour moi de lui rendre hommage dans une chanson.

Pour le lancement de l’album vous aviez fait un lâcher de ballons, pourquoi ?

C’était une idée de Naïve. J’ai trouvé l’idée très sympa, ça représentait bien l’album. Le premier titre est L’Echappée Belle, donc on laissait échapper l’album, on le laissait s’envoler, c’était assez symbolique, qu’il aille là où il doit aller, à la rencontre des gens. Et je ne sais pas où il a atterri… Quand on sort un album, on sait comment on l’a fait, on l’a créé, on l’a mûri, on l’a porté. Une fois qu’il sort on ne sait pas chez qu’il va aller.

Votre album est sorti, il y a quelques mois, vous avez déjà un peu des retours ?

Oui, ça se passe bien, je suis très heureuse des retours des gens qui l’ont écouté. Ca fait plaisir de voir que ce qu’on a fait avec le cœur peut aussi aller dans le cœur du public. Après on aimerait toujours qu’il y ait encore plus de personnes qui aient accès à cet album. C’est pour cela que des journées [promo] comme aujourd’hui sont importantes. (rires)

Vous avez fait beaucoup de premières parties, c’est pas facile, c’est une bonne école ?

Le plaisir est beaucoup plus important que la difficulté. J’ai toujours le trac quand je monte sur scène avant un artiste, surtout ceux qui m’ont permis de monter avant eux qui sont quand même des artistes de renom. Je touche du bois, j’ai toujours eu un très bel accueil et un regard du public bienveillant. C’était très formateur, j’ai beaucoup appris. On apprend à doser son trac, à se faire confiance, à aller chercher le public, à voir comment il réceptionne les chansons qu’il n’a jamais entendues. Ca m’a donné vraiment confiance de faire ses premières parties. Surtout que souvent, on ne peut pas faire les premières parties dans la formule habituelle, je joue seule à la guitare, au piano, ou on est deux. Il faut donc aussi réadapter le répertoire, ça aussi c’est formateur.

Maintenant que vous avez des premières parties comment ça se passe ?

C’est vrai, c’est incroyable ! J’ai joué à Lyon récemment, j’avais une jeune fille qui s’appelle Pomme qui était toute mignonne. Je me revoyais à mes débuts avec cette envie, cette insouciance. Je pense que la clé c’est de garder ça, de garder cette envie et cette insouciance. Je suis très flattée qu’il y ait des jeunes artistes, car j’en suis une aussi, qui ouvrent mes concerts. Je pense que c’est une vraie chance de pouvoir se confronter au public des autres.

C’est bientôt Noël, qu’avez-vous demandé ?

Je n’ai pas encore fait ma liste… Mais ce que je me souhaiterais c’est que cet album continue de faire sa route que mon histoire avec la musique soit une histoire sans fin.

Je continue d’écrire, même si la priorité en ce moment c’est de défendre l’album sur scène. Là j’ai une tournée dans le sud, j’ai deux dates à Hyères et à la Seyne sur Mer, et j’ai le Divan du Monde à Paris qui arrive vite aussi. J’espère que ça continuera en 2014…

Vous êtes Twitter / Facebook ?

Twitter un petit peu. Facebook beaucoup, je trouve que c’est un bon moyen de communiquer avec les gens qui nous écoutent et d’avoir une relation privilégiée avec le public, de répondre à leurs questions. Je trouve que ça crée un lien particulier, et ça permet de donner des informations en temps réel, de voir des vidéos de concerts. C’est un bon moyen de communiquer.

Merci !

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