Doralee – Jesse Sykes

Jesse SykesJesse Sykes c’est une folk hyper sombre dans laquelle, d’abord, on trébuche, comme sur une de ces foutue marches mal placées qu’on n’aurait pas vu mais au lieu de s’énerver, on s’émerveille. Oui, on s’émerveille parce qu’une fois qu’on entre dans cette musique, on ne parvient plus à en sortir, on se vautre et on s’oublie. En écoutant, Dora Lee version live sur l’excellente radio de Seattle KEXP, je me suis limite arrêté de respirer tellement je n’en revenais pas de ce que j’écoutais, tellement la voix me prenait, m’emportait, me scindait en deux. Il y avait moi qui me demandait comment j’avais pu passer à côté de ce groupe et il y avait un autre moi qui ne parvenait même plus à penser. Je l’ai écouté en boucle, ce titre-là et rien au monde ne vaut ce son, cette puissance, ce contrôle permanent, cette mélancolie et cette voix qui met des frissons tant on la sent proche, tant elle rappelle les paysages désertiques de l’Amérique profonde, sa splendeur mais aussi sa solitude.

Du coup, comme à mon habitude, quand le coup de cœur atteint son stade ultime, je cherche des infos. J’apprend donc que Jesse Sykes nous vient de Seattle et qu’elle fait partie d’un groupe nommé Jesse Sykes and the Sweet Hereafter, que ce groupe s’est formé en 1999 et qu’il a sorti un premier album en 2002 titré Reckless Burning. Je découvre donc que le milieu country les connaît depuis un sacré bout de temps tandis que moi, je les découvre à peine. Jesse Sykes, c’est une voix ; Un mélange de Dylan et de Baez, à elle toute seule, elle fait les deux sauf qu’en plus, il y a du Neil Young, entre les lignes ! Le son est résolument psychédélique, les paroles, aussi. Le son est folk, rock, quelque chose entre les deux. Il est sombre. Oui, ça il l’est mais ça le rend encore plus beau, encore plus empreint de vie, étrangement. C’est tout doux, aussi. Il est particulier ce son, j’essaye de le décrire et n’y parviens pas. J’écoute plusieurs titres, casque vissée sur les oreilles et rien ne semble vouloir venir. J’ai envie pourtant de le décrire pour mieux le ressentir, mieux l’expliquer… J’ai envie de parler de sensations ; de solitude, de grands espaces, d’obscurité, de la nuit qui tombe sur la ville, des lumières qui petit à petit s’allument aux fenêtres. J’ai envie de parler de la route, d’un départ, d’une délivrance, de quelque chose qui s’apparenterait à un road movie à la Thelma et Louise mais avant le drame, quand la fin ne semble pas tragique, quand la voiture roule et que rien ne semble compter sinon cette impression de liberté et d’évasion. J’ai envie de parler d’amitié vraie, de soutien fraternelle, de bière partagées dans la fraîcheur des nuits estivales, de rires, de sourires et de ces moments particulier où la lumière du jour éclaire différemment le monde et qu’on se sent bien, juste ça, pas plus, pas moins. Tout pareil. J’ai envie de vous dire combien cette musique est belle, combien cette voix raconte, combien elle semble murmurer, voir susurrer sur le ton de la confidence et combien elle semble imprégnée de sérénité malgré sa tristesse. J’ai envie de vous dire plein de chose mais surtout, et je crois que c’est là l’essentiel ; j’ai envie de vous dire de simplement cliquer sur le lien, et de vous laisser transporter par la voix de Jesse Sykes parce qu’il est beau, ce son-là. Il est même terriblement beau.

Les titres Dora Lee (en version live KEXP) tiré du premier album Reckless Burning, sorti en 2002 et Troubled soul, tiré de l’album Oh my girl, sorti en 2004 sont à l’écoute, juste après le break

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Informations complémentaires

  • Titre: Doralee
  • Durée: 4min 10s
  • Artiste(s): Jesse Sykes
  • Album: Reckless Burning
  • Label: Barsuk Records
  • Date de sortie: 2002

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