3 questions (et plus) à Benjamin Schoos

Benjamin Schoos« Mon combat est de livrer du beau et de l’amour »

Artiste belge aux 1001 talents, à la fois auteur, compositeur, arrangeur, producteur, illustrateur, chroniqueur radio, télé, dessinateur de fanzine, il fonde en 2006 le label Freaksville et lance avec le label une radio en ligne Radio Rectangle, c’est pour la sortie en novembre de son prochain album solo Beau Futur à la magnifique pop synthétique que Benjamin Schoos, a très gentiment répondu à nos questions

Vous avez un parcours qui a baigné longtemps dans la musique avant de vous produire en solo en 2006. Y a t-il eu un déclic ? Qu’est ce qui vous a pousser à vous lancer?

Benjamin Schoos : Hum je dirais, en 2012 je me suis retrouvé complètement seul dans mon studio Freaksville pour enregistrer l’album China Man vs China Girl, cela ne m’était plus arrivé depuis 2007, pour l’enregistrement de mon album l’Homme Libellule sous le nom de Miam Monster Miam. Sous ce nom j’étais passé d’artiste solo à groupe rock. Le dernier album sous le nom de Miam Monster Miam, Femme Plastique, était un vrai album de groupe rock, enregistré à Londres en live.

Doit on vous appeler Benjamin Schoos ou Miam Monster Miam ? Pourquoi ce nom d’artiste?

Benjamin Schoos s’il vous plaît, même si beaucoup m’appellent encore Miam en Belgique. Ado quand j’ai commencé à enregistrer sur mon quatre pistes, c’était en fait pour réaliser des cassettes démos pour vendre avec mon fanzine que je dessinais à l’école. Le fanzine s’appelait Miam Monster Miam, le bruit que faisait un extraterrestre sur la cover ! Un truc d’ado imprégné par la culture bis science fiction. J’ai gardé alors le nom de mon fanzine. J’étais populaire, j’en avais vendu 15 dans mon école !

Il est important pour vous d’avoir des invités? Des voix féminines qui vous accompagnent?

Oui j’aime bien travailler avec les filles ! Les artistes musiciennes féminines sont souvent beaucoup impliquées et beaucoup plus intéressantes artistiquement que plus part des musiciens homme.

Prends la guitare, les mecs sont toujours à essayer de régler leur ampli sur 11, concours de celui qui jouera le plus fort (moi inclus hahaha !). Une fille qui joue de la guitare a souvent une approche plus subtile. Pareil pour les filles à la batterie, y a des tueuses ! Ma femme Sophie Galet qui jouait sur le premier Duvall (Hantises 2006) et dans un groupe punk (Ufo goes Ufa 2008) est très bonne dans le rythme binaire. Isolde qui joue avec l’artiste Daan est absolument fabuleuse comme musicienne, de même que la batteuse de Moodoïd. Tu l’as déjà vu sur scène ? Impressionnante !

Comment a été réalisé Beau Futur votre prochain album qui sort en novembre? Entre Paris et la Belgique?

Beaucoup sur la route entre deux dates : Seville, New York, Paris, Manchester. Puis pendant 2 mois en Belgique entre Bruxelles et Liège.

L’ambiance qui ressort des EP préfigurant l’album semble tout droit sortie d’un été élégant des années 60 au rythme d’un ressac paisible ensoleillé d’amour. Bref assez loin d’un monde en crise comme on nous le présente au quotidien. Est ce une œuvre nostalgique d’un temps révolu ou plutôt visionnaire ouvrant la voie vers un monde plus beau et plus en harmonie?

Que peux t’on espérer du futur pour qu’il soit vraiment beau ? Nous vivons dans un big brother technologique permanent maintenu par des sociétés informatiques américaines. Espérons que ces technologies qui bouleversent l’équilibre permettent au monde d’être plus écologique, plus rassurant, plus beau… Bon je rêve.

Mon combat est de livrer du beau et de l’amour, j’ai besoin de produire une musique qui me rassure aussi, contrairement à mes dessins qui sont complètement nerveux presque enfantins et psychiatriques.

Collage Benjamin Schoos 1Collage Benjamin Schoos 2

(ndlr : Collages disponibles sur le site du label Freaksville record )

Car qu’est ce qu’il nous reste d’un peu vraie quelques valeurs humaines à défendre en temps qu’individu hein ? Les frites peut être et encore les pommes de terres sont génétiquement modifiées… Un peu d’empathie que diable.

Les sons des synthétiseurs sont magnifiques. Vous utilisez des synthétiseurs modernes ou des pièces de collections que vous chinez?

J’utilise tout ce qui me tombe sous la main. J’adore les synthés depuis que j’ai vu JM Jarre à l’âge de 8 ans.

Zoolook c’est magnifique. Au début j’étais un esthète du Casio, seul synthé bon marché qu’un ado, peu instruit musicalement, pouvait se payer pour enregistrer des cassettes démos. Ensuite j’ai gardé une passion pour le Casio, le Bontempi, ça m’arrive encore souvent de composer des chansons avec. Puis j’ai une petite collection de synthés cultes que j’ai eu la chance d’avoir à l’époque du grunge ! Tout le monde maudissait les synths !

J’ai trouvé mon Korg ms 20 et le Jupiter 8 quasi sur une poubelle ! Les temps ont bien changé Kurt Cobain est mort et Jon Bon Jovi est redevenu l’artiste le plus rentable aux States. Tout est rentré dans l’ordre !

On vous retrouve sur Ulule pour sortir l’album en vinyle. C’est important que ce dernier existe dans ce format?

Ce sera mon premier vinyle. J’ai toujours trouvé curieux de ne pas suivre la technologie surtout que le format wav ou flac, lu sur un vrai bon système audio avec du bon câblage est vraiment bien meilleur niveau qualité sonore. Mais les fans ont besoin d’avoir un objet et un vinyle de qualité en laque bien imprimé et bien masterisé.

Il y a pas mal d’arnaque avec les LP. C’est important d’avoir un bon vinyle et ça ne se fabrique pas si facilement que ça. Mais honnêtement, je ne fais pas partie de la génération LP, je fais partie des kids, nés fin 70, qui ont été ravis de recevoir leur premier cd, le mien c’était Duran Duran Notorius produit par Niles Rodger ! Et puis j’ai trop souffert avec les cassettes audio !

Comment se porte votre label Freaksville? De belles sorties sont planifiées prochainement?

Oui beaucoup de sorties à la rentrée ! Avec l’explosion du numérique, cela permet beaucoup de possibilités. Entre septembre et décembre, nous avons 5 sorties par mois dans des genres très underground. J’adore par exemple l’anthologie que l’on va sortir de NOW, groupe anglais méconnu de l’avant pop indie.

Question subsidiaire : nous sortons d’un été où le football a eu une grande place. Comment analysez vous le parcours des diables rouges?

Pas mal mais je n’aime pas le foot. Ni la bière belge d’ailleurs, que je trouve indigeste.

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