Notre entretien avec Bel Plaine

« On a trouvé quelque chose, une direction qui nous plait, on est hyper contents »

Ils sont deux Morgan et Antoine et forment Bel Plaine. Ils sortent ce vendredi 24/02/2017 un premier album Aux Fleurs Sauvages nourri d’échanges, de voyages où souffle un vent du large venant d’horizons pop / rock très séduisants.

C’est quelques jours avant leur départ pour un tour de France un peu particulier à la rencontre du public, 24 concerts en 24 jours (on peut même aller jusqu’à 25 avec une dernière date qui s’est ajoutée) que nous les avons croisés pour évoquer avec eux la naissance de Bel Plaine, leur son et la préparation de ce marathon de concerts.

Pour les parisiens sachez qu’ils se produiront à la Maroquinerie le 14 mars 2017. 

Bel Plaine
(c) Bel Plaine par Delphine Ghosarossian

Pour débuter, pouvez-vous vous présenter ?

Morgan : Moi c’est Morgan, je suis du groupe Bel Plaine avec Antoine. Je suis guitariste, chanteur, autodidacte. Je viens d’Anger, c’est là que j’ai appris à jouer de la guitare, à chanter aussi comme tout adolescent dans ma chambre. J’ai eu mes premiers groupes là-bas. J’ai déménagé à Paris en 2009 à la base pour mes études, mais au bout d’une année j’ai rencontré Antoine. C’est là qu’on a commencé Bel Plaine.

Antoine : J’ai un parcours un peu plus classique. J’ai pris des cours de guitare depuis que je suis tout petit, je suis passé par le conservatoire quelques années. Comme Morgan j’ai eu quelques groupes en Bourgogne, à Nevers. Je suis venu à Paris pour mes études, on est arrivés à peu près en même temps, en 2009. J’ai rencontré Morgan un an après.

Il est noté dans votre communiqué de presse que c’était une « rencontre fortuite sur les quais du métro ». Comment peut-on se rencontrer sur les quais de métro ?

Antoine : En fait c’était la deuxième rencontre. La première rencontre était la veille, c’était un soir du jour de l’an, on s’est dit au revoir et on a commencé à discuter parce qu’il y avait une musique qui passait qu’on adorait tous les deux. Et comme à chaque fois on se dit qu’on se reverra, qu’on se recontactera et en fait tu ne le fais jamais. C’est un peu le destin, la force des choses qui ont fait que le lendemain on s’est revu sur le quai du métro. On s’est dit « on ne s’est pas vu hier ? » En fait on allait à la même soirée chez Morgan.

Morgan : Exactement, il y avait une soirée chez moi, il y allait et moi je n’étais pas au courant.

Antoine : Ce n’est que du hasard !

Entre cette rencontre en 2010 et aujourd’hui 2017, comment s’est construit le groupe, la musique de Bel Plaine ?

Morgan : A la suite de cette rencontre, on s’est vus très régulièrement. On a commencé à écrire des chansons à deux, dans une chambre avec deux guitares, deux voix, sans trop d’arrangements. Quand on a eu quelques chansons, on a décidé d’aller enregistrer un EP, qu’on a fait dans une ferme. Cet EP est sorti en 2013 et s’appelait Present. C’était notre premier EP autoproduit. On avait fait ça un peu avec les moyens du bord, à la ferme dans une ambiance un peu bucolique qui a surement d’éteint sur nous parce que notre univers est resté un peu autour de ça après. Cet EP sorti en 2013 a un peu amené les pros vers nous. On a notamment gagné des prix : Paris Jeunes Talents, le prix de la mairie de Paris, SFR Jeunes Talents aussi et fait quelques festivals de types Solidays, Francofolies grâce à ça, alors qu’on n’avait seulement cet EP modeste. On a alors rencontré plusieurs professionnels dont Wagram / Cinq 7 qu’on a décidé de rejoindre. Aujourd’hui on présente l’album qui a été préparé avec eux.

Vous avez tout de suite trouvé cette veine pop / folk ou vous avez essayé plusieurs directions avant ?

Antoine : Quand on s’est rencontrés on avait vraiment envie de ne faire que de la folk. Il n’y avait pas encore la dimension de jouer avec tout un groupe, d’avoir un son comme celui de l’album. C’est venu un peu avec le temps. C’est vrai que le son de Bel Plaine s’est un peu plus musclé avec les années. Il faut trouver les bonnes personnes avec qui tu as envie de travailler. En fait on a trouvé le son de Bel Plaine à l’enregistrement de l’album. C’est à ce moment-là qu’on a dit « on veut ça ! » On a travaillé avec un réalisateur qui s’appelle Julien Delfaud. Avant de rentrer en studio on s’est posé avec lui autour d’une table pour discuter de comment on voyait le son.

Morgan : Au début c’était, comme dit Antoine, folk, des chansons et des harmonies vocales.

Antoine : Deux voix, deux guitares. Puis après il y a eu un bassiste après il y a eu un batteur… C’est vrai que la scène a aussi changé ça. Quand on a commencé à faire les premiers concerts on s’est dit « waouh, on est vraiment plus rock qu’on ne le pensait. » Du coup ça nous a fait penser à retravailler pas mal les arrangements et l’idée des chansons.

Bel Plaine
(c) Morgan de Bel Plaine par Delphine Ghosarossian

Pour vous c’est quoi une chanson Bel Plaine ? Vous avez dit « Une chanson, pour nous, c’est une guitare et deux voix qui doivent pouvoir fonctionner telles quelles »

Antoine : C’est vrai, ça toujours était ça. Quand on compose tous les deux une chanson, on checke déjà si elle fonctionne. Ça part toujours de toute façon d’une guitare-voix. Après très rapidement tu as la deuxième voix, puis on commence à réfléchir aux harmonies, ce qui nous amuse pas mal. Avant de travailler avec tout le groupe et de réfléchir aux autres arrangements il faut que ce soit quelque chose qui se tienne de a à z avec deux voix et une guitare.

Morgan : Si on doit revenir sur nos influences folks, la folk c’est une voix, une guitare. Tu as des chansons magnifiques qui ont révolutionné la musique comme ça. On avait vraiment envie de faire des chansons. Une chanson c’est quelque chose qui marche avec très peu d’éléments. En général, quand ça marche, ça montre que la chanson a une âme, qu’elle a peut-être une petite étincelle qui va en faire quelque chose de bien.

(c) Antoine de Bel Plaine par Delphine Ghosarossian

Vous avez une particularité, vous chantez en anglais, en français. Pourquoi l’anglais, pourquoi le français, pourquoi les deux dans la même chanson ?

Morgan : Il y a toutes les combinaisons dans l’album.

Antoine : Au début on ne s’est pas posés la question, on n’écoutait que des groupes qui chantaient en anglais, on s’est donc dit qu’on allait chanter en anglais. Le français est venu un peu plus tard, ca a été aussi le fait qu’il y avait de plus en plus de groupes qui chantaient en français qui nous plaisaient. J’ai commencé à me sentir touché par des groupes comme Radio Elvis, Lescop… Ca m’a donné envie de chanter en français.

Morgan : Quand on a commencé, on écoutait tous Phoenix qui chante en anglais, ou des groupes comme Arcade Fire, ils ne sont pas français, mais c’était un peu eux qui montraient la voie dans la pop / rock. Depuis il y a eu ce mouvement un peu plus francophone. C’est vrai que cette vague de pop française a fait du bien.

Aussi en vieillissant, c’est-à-dire que quand on est jeune on écoute beaucoup de musique en anglais, et là, on est un peu plus adulte, j’ai autour de 30 ans, Antoine un peu moins, on écoute d’autres trucs, on réfléchit à notre identité, je suis français.

Au final il s’est trouvé qu’on aimait bien écrire dans les deux langues, c’est juste qu’on ne voulait pas faire de français dans Bel Plaine, jusqu’au moment où on s’est dit qu’on aime bien le français, autant essayer d’en mettre. Au début ça a été mis par petites touches dans les morceaux et puis après on a fait un morceau en anglais / français. Au début tu ne prends pas de risque, tu dissémines une petite phrase comme ça. Par exemple, le morceau Morning c’était notre première tentative. Il y a juste une phrase qui revient deux fois. Et c’est là qu’on s’est dit « ah mais ça sonne ! »

Antoine : Je pense aussi qu’on n’était pas prêts au début. On avait déjà essayé il y a longtemps, même avant de signer chez Cinq 7, de mettre un peu de français dans les chansons, mais ça ne nous plaisait pas. On n’arrivait pas à trouver quelque chose de satisfaisant. On a peut-être évolué dans le bon sens et là quand on a réessayé, on s’est dit « c’est dingue, là ça nous plait ! » On a trouvé quelque chose, une direction qui nous plait, donc on est hyper contents.

Surtout qu’avec les deux versions d’une même chanson, on se rend compte que ça sonne aussi très bien en français.

Morgan : C’est peut-être un peu plus singulier en plus.

Antoine : C’était un peu le pari. On s’est dit il faut qu’on arrive à garder cette identité Bel Plaine, garder des parties chants toujours hyper chantantes, on ne voulait pas changer.

Les deux textes français, anglais ne sont donc pas une traduction littérale ?

Morgan : C’est une adaptation. On reste sur le même thème mais ce n’est pas une traduction. Il faut trouver des mots différents, des sonorités mais où il en émane un peu la même chose. On est content du résultat.

L’album s’appelle Aux Fleurs Sauvages, titre aussi d’une chanson, qui sont ces fleurs ?

Antoine : C’est un peu tout le monde en fait.

Morgan : C’est plein de monde qu’on rencontre. Les Fleurs Sauvages, l’album si on regarde un peu les textes, ce qui nous a inspiré, il y a beaucoup de rencontres de gens qui sont souvent des anonymes. Des gens qu’on a rencontrés dans notre vie de tous les jours, ou dans des voyages et qui sont des gens qui nous inspirent juste dans leur façon de nous parler. Quand ils nous racontent leur vie, il y a toujours un truc, une flamme en plus qu’on remarque et qui nous touche. Ces personnes sont rares, on en rencontre pas tout le temps, c’est peut-être ça les Fleurs Sauvages, les gens différents mais qui nous touchent.

Antoine : Il y a aussi l’image de la liberté d’une fleur sauvage. Il y a un peu ce côté : on se sent libre de faire ce qu’on a envie de faire. Quand il parle de rencontre c’est aussi ça qui nous touche c’est que souvent ce sont des gens entiers, comme ces deux filles qu’on avait rencontrées au nord du Sri Lanka, ce sont des gens qui ont décidé de faire quelque chose et qui le font.

Morgan : Dans l’album il y a une chanson qui s’appelle Ahava, c’est de l’hébreu, ça veut dire amour, et c’est directement issu de la rencontre de ces deux filles. Elles nous ont frappés tout de suite dans leur façon de nous raconter des choses sur elles. Sans se concerter, on est parti de cette ile sur un petit bateau, une barque de pécheur et sur le bateau on s’est dit « ouah ces filles sont incroyables, il faut qu’on écrive une chanson dessus. » On y avait pensé tous les deux de notre côté. Dans ce cas-là c’est qu’il faut le faire.

Ce sont les voyages et les rencontres qui vous ont inspirés ?

Morgan : A la fois les voyages, le dépaysement et les rencontres. Il y a le Sri Lanka, le Costa Rica, il y a les pays nordiques. Le morceau North parle de ça, de s’évader en filant tout droit vers le nord.

La sortie de l’album est pour dans quelques jours, d’ici là vous avez un marathon de concerts, en enchainant 25 concerts du 1er au 25 février. Comment on se prépare ?

Morgan : Oui, un footing tous les soirs (rires)… Non, comment on se prépare ?… La démarche de ça, on en revient à ce qu’on racontait pour les chansons, à un moment on s’est dit qu’on avait envie pour cet album d’aller rencontrer le public et de créer une soirée qui serait une rencontre avec les gens, donc forcément gratuite. En tant que public on a tous en mémoire des concerts dans des petits lieux où on a vraiment pu approcher les artistes, voir toutes leurs réactions de près, de pouvoir leur parler après, en général ils sont toujours aussi un peu moins coincés. Il a toujours un autre truc qui se crée.

On voulait faire ça, jouer dans toute la France, devant ces gens, dans un tout petit lieu. Au préalable en leur ayant demandé, car c’est eux qui ont choisi où est-ce qu’on jouait. C’est ça qui est sympa. On a fait un post sur les réseaux sociaux disant « dites-nous où vous voulez qu’on joue et nous on se débrouille pour organiser la tournée. »

Comment on se prépare ? Déjà on passe beaucoup de coups de fils, il y a beaucoup de préparation logistique. Ça ne s’improvise pas une tournée.

Antoine : On a fait vraiment ça tous les deux. On a un tourneur, mais on a décidé de prendre en charge cette tournée-là.

Morgan : Donc on n’a pas le temps de se préparer, juste tout faire pour que ça colle.

Bel Plaine
(c) Bel Plaine par Delphine Ghosarossian

Vous allez aussi conduire le van ?

Antoine : On a des amis, on part à quatre finalement. On a des potes qui vont nous relayer. On a envie de faire plein d’images, donc on a un pote photographe qui va venir. Et comme on s’est dit qu’il fallait faire des concerts avec du bon son, on a aussi un pote ingénieur du son qui va venir et qui va faire en sorte que le concert soit audible.

Morgan : Il y aura plein de choses à suivre au jour le jour sur les réseaux sociaux.

Antoine : On prépare plein de petites surprises sur quelques dates. Il y a notamment la date parisienne le 23 février au Pavillon Puebla, où on fêtera la sortie de l’album le 24.

Merci Morgan, Antoine !

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