Top 5 d’un printemps ailleurs
Mois d’avril pluvieux, Top 5 heureux ! Cette parenthèse météorologique terminée, penchons-nous sur ce nouveau classement des titres les plus consultés du mois précédent.
Que du bon, du très bon à (re)découvrir l’instant de cet éphémère trophée musical qui n’a d’autre but que le bonheur du partage.
- Dobber Woman – Son Of
- Delicate Cycle – The Uncluded
- By The Dozen – Marie-Flore
- Bright Lights – Gary Clark Jr.
- American Dream, Pt. 2 – Julien Daïan Quintet & DJ Borz
Encore une fois je me suis planté !
Derrière cet accent cockney, cette pop créative, inspirée et élégante j’y percevais ce savoir-faire et ce supplément de charme si britannique. Bingo ! Photo est composé d’Antoine Bretillard (chant/claviers), son frère Augustin (guitares/claviers), Pascal Kouyoumdjian (basse) et Théo Amoureux (batterie). Ils se sont formés en 2009 à Paris !
Signés dans le très bon label Sober & Gentle, leur premier EP Tied & Bound est une vraie réussite dans lequel Anticlockwise par sa complexité, son ouverture et sa parfaite appropriation des différents courants nous a totalement convaincu.
Un titre ambitieux mais pas prétentieux, développant en trois parties une palette de trouvailles impressionnantes. La construction est géniale, la mise en scène parfaite. Cette longue plage musicale en fin de morceau est d’une grâce, d’une finesse rares et totalement enivrante.
Une chanson qui doit particulièrement bien passer en concert. A vérifier très vite…
A l’écoute après le break
« Explorer de nouveaux territoires était l’une des grandes leçons de Bashung »
Avant de se produire ce soir à La Maroquinerie, Arman Méliès revient avec nous sur sa collaboration avec Bashung, son très bel album IV (déjà disponible) et ses disquaires parisiens.
Vous êtes auteur, compositeur, multi-instrumentaliste, vous écrivez aussi pour d’autres artistes, notamment Bashung, on vous en parle toujours ?
Arman Méliès : On m’en parle sans abuser. Quelque part c’est légitime. C’est quand même un honneur pour moi d’avoir travaillé avec cette personne. Ce n’est vraiment pas un sujet qui me dérange. Loin de là.
Vous avez écrit Venus, chanson qui me donne des frissons juste à son évocation, comment est née cette chanson ?
Comment est née cette chanson ?… Sincèrement je ne me rappelle pas trop… On s’était rencontré (ndlr avec Alain Bashung) pas mal de temps auparavant, il m’avait invité à un concert, je savais qu’il aimait bien ce que je faisais, qu’il aimait bien mon disque. Je savais qu’il y avait un terrain favorable pour une collaboration.
Il m’a recontacté à l’époque où il avait enregistré une partie de ce qui devait être Bleu Pétrole mais finalement il avait tout jeté. Il se retrouvait sans aucune matière pour son prochain disque. On s’est rencontré, il m’a dit ce qu’il voulait. Sa volonté première sur ce disque c’était de chanter à nouveau. Il m’a dit que L’Imprudence (qui est pour moi un chef d’œuvre absolu) était quelque part un peu trop abstrait. Cela a été ressenti comme une œuvre un peu hermétique par le public. Il voulait revenir vers quelque chose de plus immédiat, de plus sensuel. Sa volonté était de chanter à nouveau vraiment.
Portrait par Delphine Ghosarossian
Suite à cette conversation, je suis retourné dans mon petit studio. J’ai pris ma guitare, mon sampler, mon ordinateur et j’ai commencé à travailler sur plein d’idées. Ce titre là était dans les premiers. J’ai écrit pas mal d’ébauches, même si après, tous les titres n’ont pas aboutis. Il y avait, la seconde fois que je suis allé voir Alain, six ou sept titres en chantier. Il y avait ce titre là. Pour celui-ci par rapport aux autres qu’est-ce qui s’est passé ? Je n’en ai aucune idée, si ce n’est que je savais que ce titre là me plaisait beaucoup. Je savais que s’il ne le prenait pas, ce titre là se retrouverait sur mon disque. Car c’était l’époque où je travaillais aussi sur l’écriture du mien, sur Casino. Je m’étais dis : « ce titre là, soit il le prend, soit c’est pour mon disque. » Il y avait Diva aussi, qui pour le coup s’est retrouvé sur mon disque. C’était les deux titres des premières sessions pour lesquels je me suis dit : « il se passe vraiment quelque chose. »
[...]
Pour leur 30ème anniversaire de carrière les américains de The Flaming Lips nous offre : The Terror. Un nouvel album dans lequel on aime plonger / replonger à la découverte / redécouverte de l’excellent, totalement fou et psyché Be Free, A Way.
Un morceau énigmatique prenant avec brio le contre-pied de là où on l’attend. Une chanson entre deux eaux, où la tension enfouie mais particulièrement perceptible de la musique contraste avec le chant et les coeurs planant dans une mystique bien au delà du réel, procurant cette dynamique unique et cette sensation d’inconfort bancal tout à fait géniale.
La conclusion (la dernière minute) tout aussi particulière s’explique probablement comme une descente / re-descente en douceur vers le prochain titre.
A l’écoute après le break
Découverte
Photographe, graphiste et musicienne, Amber Edgar prend aujourd’hui son courage à deux mains pour enregistrer et faire découvrir sa musique à un cercle plus élargi que ses amis, au public.
« I’ve spent many years writing for myself, playing for my pets and friends, and occasionally opening for local bands. I never released my songs to the public. Somehow they stayed trapped in my little world. Until I burst. I NEEDED to have my music heard. A dialogue had to be formed. I felt an urgency to become committed to my creative endeavors, whatever the cost. I didn’t give a fuck. I use to, but that was before. »
Bien lui en a pris, car son tout premier morceau Honey & Sorrow est une très belle réussite. Ce titre particulièrement bien construit, équilibré et fignolé possède en plus d’une excellente boucle mélodique, d’une montée en nervosité finement amenée, il dégage une sincérité, un son, une energie libératrice tout à fait intéressante et communicative.
Hymne à se bouger, où tout devient possible, surtout devenir soi.
Bravo à elle ! En attendant ses prochains morceaux on se l’écoute juste après le break
Quelques jours après la présentation de leur nouvel et très bel album acoustique Violence With Benefits dans l’église St Eustache (Paris), les frères Antoine et Nicolas Puaux ont très gentiment répondu à nos questions.
On va débuter par votre précédent album Narco Corridos, qui semble t-il ne vous a pas laissé indemne ?
Antoine Puaux : C’était un album dur à faire, dur à finir comme une grossesse compliquée. C’est un disque qui a été pensé très très longtemps avant de l’avoir fait.
Nicolas Puaux : Il y avait d’énormes ambitions dessus, avec un coté « on lache rien » sur l’album. On voulait aller au bout, tout dire musicalement. Antoine disait souvent qu’on voulait faire notre White Album, avoir un truc assez complet. Sauf qu’ils (ndlr Les Beatles) avaient dix disques derrières, pas nous.
AP : On voulait même faire un double album directement. C’était quand même un peu prématuré. C’était compliqué d’être un groupe en devenir et de sortir un deuxième album double.
NP : Cette ambition là était difficile à gérer.
AP : C’est un disque où il y a trois batteurs différents, il y a beaucoup d’instruments, beaucoup d’arrangements assez compliqués. C’est un disque qui a pris du temps où il a fallu donner à chacun son poste. C’était une super bonne expérience mais c’était un disque plus dur que celui d’avant et celui d’après.
NP : Avant ça, on fonctionnait comme un gros collectif avec tous les partenaires qui travaillaient avec nous, ingénieurs du son, etc. On s’est retrouvé là, à l’évidence qui fallait définir des postes et qu’on ne pouvait plus tout décider, tous ensemble, et qu’il y allait avoir des choix à faire. Notamment il y a eu un moment assez douloureux dans la cellule de ce collectif qui a été créé, où il a fallu dire « non ce n’est pas ça qu’on veut » quitte à créer des scission en interne. Je pense que ça, ça a été dur et humainement compliqué à gérer. Il y a eu une sorte de crise interne liée à ça.
AP : Rien de très original. Je pense que c’est quelque chose qui arrive à de nombreux groupes.
Coup de Coeur
Après s’être arrimé aux abords de la soul avec notamment son intemporel Green Light, Jamie Lidell poursuit son chemin dans l’électro-dansant marqué par un fort accent funk voire jazz dans la bombe why_ya_why.
Ce morceau est un bijou d’extravagance à la croisée de tellement d’influences, de tellement d’époques, et de cultures qu’on a du mal à comprendre comment tout cela se marie si bien, comment ce vieux piano détraqué côtoie ce beat électro du 21ème siècle, comment ces cuivres grinçants discutent avec ses sonorités techno. Véritable carnaval sonore, c’est comme si Louis Amstrong défilait aux cotés des Daft Punk.
Il s’y dégage un souffle, une force, une générosité totalement fous et génials.
« why_ya_why is all about the new year bounce. It’s all about the lights in your eyes and the wiggle in those thighs. Tubaloo jumbalee boogy business ! » Jamie Lidell
A l’écoute après le break
Petite séance de rattrapage pour les retardataires de la Saint Valentin, grâce à Gaël Faye et son morceau Ma Femme.
Abordant un thème hautement incorrect dans le rap actuel (une ode à une seule femme – qui n’est pas sa mère, ni une grosse voiture) et si périlleux tellement de grands noms (qu’on ne citera pas ici, ils se reconnaitront) s’y sont casser les dents, il relève le défi avec mention, prenant le total le contre-pied du morceau sucré.
L’orchestration est incroyable, bondissante, avec une section cuivres aussi exubérante qu’une parade de carnaval à la Nouvelle Orléans. Arrivent ensuite, comme le second effet KissCool, la seconde lame des rasoirs Gilette (fin de la section placement de produits), des textes percutants, son interprétation puissante qui te donnent une nouvelle gifle vivifiante. C’est frais, intelligent, généreux !
Alors on dit quoi ? Merci Gaël !
Ce morceau est à l’écoute après le break
Ne passons pas par les chemins de traverses, oublions les détours à décrire le « dandy mystérieux et séducteur », rendons-nous directement à l’essentiel, avouons sans ménagement que la musique de Daprinski est d’une classe absolue et intemporelle. Pas la petite classe de pacotille qu’on trouve fabriquée dans des films hollywoodiens de série B, non… celle qui puise sa source dans les plus grands génies des siècles passés, dans les plus grands héros romantiques, dans les grands poètes…
Avec une voix grave tellement sensuelle à faire passer celle de Marc Lavoine pour une voix de soprano, son murmure est une caresse dans le creu du cou, avec une ligne mélodique soyeuse et raffinée, Daprinski s’inscrit dans la lignée des artistes français au charme charismatique,.
Il nous offre avec Le Corps d’un Homme un duo (mais à qui appartient cette voix féminine ?), un moment d’amour dans des draps de satin, trois minutes de luxe et de séduction qui suspendent pour quelques temps la réalité.
Le Corps d’un Homme est le premier et très réussi extrait de son premier EP.
A l’écoute après le break
Coup de coeur
Je ne peux attendre, il fallait que je l’écrive, que je la publie au plus vite, que tout le monde soit au courant. Car même si aujourd’hui on ne connait de Son Of que deux morceaux postés sur Youtube, on est plus qu’impatient que le projet aboutisse au plus vite, qu’on tienne entre nos mains un album tout entier.
Le trio formé par Arnaud Mazurel (ex Jack The Ripper), Greg Leauté et Nicolas Gautier nous entraine avec l’incroyable Dobber Woman dans un rock hanté par le désespoir jusqu’au creux des os. Une interprétation magistrale, un cri de survie à retourner les tripes ! Un morceau qui nous explose à la gueule par son energie, sa maturité, sa créativité trop longtemps réfrénés.
On écoute, on s’assoit et on se dit juste « wahouu, la claque »
Le clip, filmé par Emmanuel Plasseraud, tout aussi fascinant et déjanté est à découvrir après le break. Enfin parce qu’on aime vraiment beaucoup on vous propose aussi le titre It Was Summer tout aussi excellent !
Venant de Suède, formé en 1998, un premier EP en 2005, un premier album Fields en 2010, Junip composé de Elias Araya (batterie), Tobias Winterkorn (clavier) et José González (guitare, chant) nous offre (enfin!) un second. Sept titres rares, précieux s’ouvrant par le magnifique Line Of Fire.
Une folk douce, planante qui marie (oui, parlons un peu de mariage en ce mardi 23 avril 2013 !) à merveille ces nappes synthétiques avec la guitare acoustique et la voix de José González aussi veloutée et moelleuse qu’un lit de pétales de roses.
Une ascension progressive, très progressive vers un final musical majestueux, d’une grande finesse, d’une légèreté rare. Un titre en apesanteur.
Pour les parisiens, ils seront le 14 mai 2013 au Trabendo.
Le clip mis en image par Mikel Cee Karlsson est à découvrir juste après le break
En ce 18 avril 2013, Manu (ex Dolly) présente au Divan du Monde, son nouvel album La Dernière Etoile fraichement sorti. Le public est nombreux, l’ambiance est chaleureuse.
France de Griessen assure la première partie avec de nouvelles chansons (du punk romantique au punk rock).
De cette soirée, Delphine Ghosarossian a posé un regard bienveillant et nous offre quelques clichés majestueux.
Le clip du titre Que Fais-Tu ? est à découvrir juste après le break
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