Découverte
Photographe, graphiste et musicienne, Amber Edgar prend aujourd’hui son courage à deux mains pour enregistrer et faire découvrir sa musique à un cercle plus élargi que ses amis, au public.
« I’ve spent many years writing for myself, playing for my pets and friends, and occasionally opening for local bands. I never released my songs to the public. Somehow they stayed trapped in my little world. Until I burst. I NEEDED to have my music heard. A dialogue had to be formed. I felt an urgency to become committed to my creative endeavors, whatever the cost. I didn’t give a fuck. I use to, but that was before. »
Bien lui en a pris, car son tout premier morceau Honey & Sorrow est une très belle réussite. Ce titre particulièrement bien construit, équilibré et fignolé possède en plus d’une excellente boucle mélodique, d’une montée en nervosité finement amenée, il dégage une sincérité, un son, une energie libératrice tout à fait intéressante et communicative.
Hymne à se bouger, où tout devient possible, surtout devenir soi.
Bravo à elle ! En attendant ses prochains morceaux on se l’écoute juste après le break
On aurait pu les croire venir de New York, mais c’est bien de notre chère province, de Tours exactement, que nous vient le duo Chill Bump, Miscellaneous au chant, et Bankal à la boite à rythmes, à la production, aux platines.
Quoi qu’il en soit, The Loop, leur 4ème EP venant clore la série débutée en février 2012, est un vrai cadeau, une bouffée d’oxygène, un intense bonheur, une libération de la prison vulgaro-bling-bling dans laquelle le rap actuel (bon disons 95% des albums sortis en 2012) nous avait enfermé.
On se reconnait enfin dans leurs musiques, dans leur flow, dans leurs textes (qui ne tourne pas en rond entre grosse voiture, gang et clash), dans leurs refrains scratchés, dans leur univers assez proche d’un son à la Dj Premier. Si j’avais du faire du rap, j’aurais rêvé faire du Chill Bump !
Ouvrant les 6 titres, The Eponym présente avec un humour, fraicheur et un beat fat, leur venue dans le rap, leur découverte de cette musique en 1995. On se délecte du début à la fin.
Inutile de regarder au delà de l’Atlantique, quand le meilleur hip-hop est hexagonal !
Le clip (maternelle inside) est à découvrir après le break
Pour un vrai moment de tendresse, un doux rêve qui se prolonge et devient réel, on ne peut que vous inviter à vous pencher sur le nouvel EP de Constance Amiot, Blue Green Tomorrows.
Nous l’avions découverte en 2011 avec son album Once Twice de reprises des chansons de Da Silva en anglais, c’est avec un autre grand nom de la chanson française JP Nataf et beaucoup de joie que nous la retrouvons sur le titre Résonances.
Sur quelques accords de guitares discrets, ces deux voix chaudes, satinées, délicates, infiniment affectueuses, se mêlent, se cèlent comme l’on grave sur l’écorce d’un arbre nos initiales au milieu d’un coeur.
Une caresse sonore, un bouclier anti-stress, bref une chanson qui nous plait et nous fait beaucoup de bien.
PS : Je ne sais expliquer pourquoi le mélange français / anglais fonctionne si bien chez moi…
A l’écoute après le break
Découverte
Il aura fallu près de 6 ans (entre 2005 et 2011) d’incubation pour que le premier album totalement dada de Rhume sorte et nous éclate joyeusement à la figure tel un furoncle mal soigné (y en a qui vont pas aimer !).
Dadaïsme = (source Wikipédia) « une remise en cause, à la manière de la table rase, de toutes les conventions et contraintes idéologiques, artistiques et politiques. Ses artistes se voulaient irrespectueux, extravagants, affichant un mépris total envers les « vieilleries » du passé comme celles du présent qui perduraient. Ils recherchaient la plus grande liberté de créativité, pour laquelle ils utilisèrent tous les matériaux et formes disponibles. »
Tempête Dans Un Verre D’Eau est une logorrhée hip-hop de textes surréalistes croquant notre bien petit monde, déferlant sur une musique électronique bien grasse.
On se délecte de ses punchlines insensées, de ce (gros) grin de folie, de cette air frais de provocation qui nous bouscule.
A l’écoute après le break
Coup de Coeur
Tout chaud (sorti ce 4 février 2013) le premier EP de Chinoi m’irrite encore la peau tellement la claque fut grande (et bonne !).
Ce duo parisien (Alexandre Brihat et Mathieu Rosen, ex Eldia) empruntent une voie musicale magnifiquement sombre, tortueuse, boueuse et décadente.
Le morceau Peaches ouvre les hostilités et plante les pics d’une oeuvre électro-rock au centre de laquelle l’amour est brulée vive et fêtée par des cordes vocales rougies à coups de vieux scotch mal fermenté.
Une musique forte, incarnée jusqu’à la moelle.
A noter l’ensemble des titres de cet EP est disponible à l’écoute sur Soundcloud, faut pas se priver !
Le clip tout aussi déjanté, psychédélique, merveilleux est à découvrir juste après le break
Benoît en avait parlé en 2009, c’est dire s’il avait raison ! Depuis, le joli duo Scotch & Sofa en a fait des scènes… notamment une apparition remarquée sur le plateau de Taratata en tant que jeune talent ainsi qu’une place en final au concours de l’émission Acoustic. Oui, ils en ont parcouru du chemin, depuis 2009.
Scotch & Sofa, c’est une voix incroyable, un guitariste beat-box qui détonne et un son majestueux semblant se frayer un chemin dans les tumultes du quotidien, un son qui viendrait nous envahir et nous rappeler que nous avons le temps. Et quand on pourrait le croire un peu trop lent, un peu trop tranquille le voilà qui ressurgit, nous bouscule et nous embarque dans des virages, des tempos plus rapides mais tout aussi sereins… parce que Scotch & Sofa c’est un doux voyage, où jazz et poésie se mêlent avec délice aux sonorités hip-hop. Oui, Scotch & Sofa c’est un joli duo, une jolie perle musicale qu’on découvre avec joie tant cette douceur-là semble si souvent absente de nos chemins quotidiens.
Je mets en avant l’excellent titre qu’est Visite des Recoins pour ce rythme lancinant, envoûtant et pour cette voix chaude, réconfortante qui se marie si bien avec le rap d’Oxmo Puccino.
L’excellent titre tiré de leur premier album Par Petits Bouts est à l’écoute, juste après le break.
Découverte
L’un est rappeur (Apollo Campbell), l’autre est producteur (David Vangel). Les deux viennent de Toronto, travaillent ensemble, et sortent actuellement un premier EP The Moth, Flame, & Phoenix à découvrir absolument (surtout quand vous saurez que cet EP est offert gratuitement!) par tous les amateurs de hip-hop moderne, smooth et de qualité (comprendre « à l’opposer de la majorité de ce qu’on entend à la radio / à Bercy / au Stade de France et qu’on nomme hip-hop »)
Un flow en douceur épaulé par quelques strophes de Mr Blends se posent avec beaucoup d’intelligence et de doigtés sur une musique électro-rap qui fait mouche. Ajouter à cela un refrain par une chorale d’enfants pour le coté familial, coloré et rempli de fraicheur, vous obtenez l’excellent Measure Of Progress.
Le clip de ce morceau (sans boom short, ni grosse voiture ou piscine), ainsi que le lien pour un téléchargement gratuit (et légal), c’est juste après le après le break
Une fois n’est pas coutume, mais c’est aujourd’hui une chanson d’amour, un slow hype et pop que nous vous présentons. Parce que sous nos airs de hipster froid et mal coiffé / sous notre blouson de cuir et nos tatouages ethniques / sous notre cravate de cadre faussement dans le vent, il y a des émotions, une sensiblerie que le titre Turn Around You a su mettre en émoi.
Enveloppés dans une ambiance nocturne et pluvieuse, les amants se cherchent, se tournent autour, se délaissent, en anglais, en français. Ni trop sucré, ni trop froid ou trop abstrait, ce quatuor parisien reste avec beaucoup de maitrise et de facilité sur la bonne onde musicale qui allie élégance, modernité et sensibilité.
C’est en juin 2012, que ce groupe qui fut repéré en début d’année par la maison Kistuné (belle référence), a sorti son premier EP, Tears, autoproduit, dont est issu ce morceau.
A l’écoute après le break
This Is PiL, LE album
Il ne sera pas dit que j’aurais traité cette chronique à la légère. Depuis mardi, ce This Is PiL, 9e opus de la bande menée par John Lydon, n’a pas quitté mes lecteurs. Ca faisait bien longtemps que je n’avais pu me goinfrer un album dix fois d’affilée. En général, je ressens vite le besoin de passer à autre chose. Là, non. Faut dire que PIL, c’est une sorte de monument dans le panorama musical dans lequel j’évolue. Il y a d’abord John Lydon donc, ex Johnny Rotten, frontman de feu les Sex Pistols, le premier boys band britannique de l’histoire. Ou presque.
Pour faire bon poids, pour comprendre John Lydon, il faut lire So Foot. LesInrocks du ballon rond l’ont interviewé. Il y a quelques punchlines bien senties qui rappelle que le fils de prolos grandi à Finsbury Park (un quartier genre… la Grande Borne d’aujourd’hui qui serait près du stade d’Arsenal) n’a rien perdu de sa conscience de classe. Ah… Ouais… OK. Une précision ami lecteur : je ne fais pas de fixation ; ce n’est pas de ma faute si, souvent, les univers musicaux qui me parlent sont aussi créés par des artistes engagés ! C’est peut être une question de cohérence. Tu vas voir.
Le premier morceau de cet album, dont il porte le nom d’ailleurs, débute comme une sorte de meeting avec son « This Is PiL », scandé, à mi-chemin entre slogan et incantation, sur fond de batterie tellurique, de basse lourde (du genre qui fait vibrer la membrane de ton casque), de guitares qui daignent un peu aérer cette transe. Premier contact avec le « chant » de Lydon. Un chant, jamais très juste mais on s’en fout ; quelque part entrespoken word, poésie urbaine et invocation chamanique. La « PIL Zone » dont il est question est une Londres révolue, ruinée par les banquiers et financiers de la City. La ville revendiquée déboule dès One Drop. Avec sa gouaille de Londonneer, Lydon met les points sur les i : « We Come From Chaos, You Cannot Change Us ». Lui, surtout, vous ne le changerez pas.
Vous pouvez transformer Highbury Park en Emirates Stadium, il défend sa classe ouvrière envers et contre tous. « (Arsenal maintenant) c’est le temps des clients et de Disneyland. La social-démocratie et le tatchérisme n’aiment rien tant que détruire la culture ouvrière. » En quelque sorte, cet album est le cri des prolos du nord de Londres qui, avec les dents, s’accrochent encore à leur quartier. « I Will Not Drown », beugle-t-il sur Deeper Water, le titre qui me rend fou. « Je ne me noirai pas ! » Entendu que cette eau profonde reste bien la déferlante tsunami de la finance. Ce morceau, avec ses guitares tour à tour aériennes (la Rickenbacker quoi), cristallines, vrombissantes ; son mid tempo lancinant ; son ambiance angoissante mais aussi rageuse, justifie à lui seul l’achat de cet album.
[...]
Orties, une Sextape pour masochistes
On commence par une sorte de ballade bucolique sur un Cheval blanc rythmée par un sample explicite de Video Games exécuté par Lana Del Rey. Soudain, deux jeunes femmes évadées de Baise-moi (le film) se jettent sur toi et te projette dans un buisson de plantes urticantes. Ca gratte sa mère, tu es couvert de boutons, plus rouge que ce Cri du peuple un jour de colère. Tu as les nerfs ? T’inquiète. Tu ne les auras jamais autant qu’Antha et Kincy. Bienvenue dans l’univers d’Orties.
Et, en plus, tu as une idée de la manière dont je suis ressorti de l’écoute du LP of the day dégotté chez mes potes du Rizome Corp (c) hier. Remercie-les, au passage, sans eux cette note n’existerait pas.
Orties, c’est donc ce duo improbable composé de sœurs jumelles qui délivre un hip hop dopé à l’electro comme les fêtards sans fond le sont à la coke. Débarquées telles un ovni dans la scène musicale française, après trois ans d’existence environ, elles nous offrent Sextape : 13 titres pour nous porter bonheur. Enfin, bonheur… Y a intérêt à avoir le cuir résistant avec nos duellistes de la rime. On regarde plus du côté de Sexy Sushi que de Yelle, encore plus du côté de Taxi Girl (Paris pourri) que de Sexion d’assaut. Et, à titre personnel, je trouve ces paroles « dans ta gueule » assez rafraîchissantes.
Au départ, il y a de la poésie. Une citation de Paul Verlaine :
[...]
Derrière ce titre provocateur Fucking Youth (qu’en tant que « vieux » on prend plaisir à afficher) se cache une musique électronique aussi directe et percutante qu’un crocher dans ta gueule.
Les beats sont lourds, bétonnés comme des barres d’immeubles auxquels tu ne peux échapper, les sons massifs (incluant un pont de scratchs très bien placé) tombent aussi violemment qu’un orage aux grêlons plus gros que des oeufs, impossible de les éviter.
Ce morceau ultra-urbain réussit à être tout à la fois très attirant par son ambiance libertaire, révolutionnaire d’une jeunesse en pleine effervescence mais également très inquiétant par sa noirceur aussi sombre, excessive et malsaine qu’une nuit sans lune rue St Denis. En un mot, un titre nocturne !
Derrière le doux nom de Christine et les quatre platines qui ont fait naitre ce titre, se trouvent Aeon Seven et Kunst Throw.
Le clip est à découvrir juste après le break (à base d’extraits de films « coups de poing », donc plutôt déconseillé à notre plus jeune public)
Découverte
Duo parisien (Samuel Cajal compositeur et Guilhem Valayé auteur-interprète) 3 minutes sur mer manie avec gravité, efficacité et force la langue française et les guitares électriques.
Ca sent le soufre avec Benzédrine, morceau qui déploie sa tension magnifique sur le lit de la retenue. Une puissance qui s’exprime à travers un texte sombre, sobre et une voix totalement charismatique. Le tout très joliment mis en musique par une partition tranchante et efficace.
Bravo et merci à eux pour ce titre et l’ensemble de cet album.
La version live est à découvrir après le break
Tout le monde m’en parlait (Jéremy, Delphine, Vanessa, …), mais depuis six mois, depuis la date de la sortie de son premier EP Mac Abbey, je n’avais pu encore me pencher sur la musique de Christine and the Queens…
« Les Queens sont au nombre de cinq : Mathusalem, Mouise, Motus, Miséricorde et Mac Abbey sont tous des travestis londoniens qui m’ont récupérée, en larmes, à la sortie d’un cabaret. J’étais venue à Londres pour tenter de mettre fin à mes jours, mais elles m’en ont empêchée, chacune à leur manière. »
Heureusement, la presque-trêve estivale s’établissant, je pus combler mon retard et découvrir sa pop électronique enthousiasmante.
Comme une introspection torturée entre deux personnalités, rythmée par les deux coups sourds d’un coeur qui bat, Narcissus Is Back explore la dualité. La musique est sombre, l’ambiance est lourde, le sujet est grave. Sur cette terre obscure aux traits néoclassiques, de brefs accords de synthés bien sentis jettent des flashs de lumières et de modernité très 80s. Son interprétation aérienne faite de multiples voix et d’une mélodie ultra-pop imparable, finalise les contours de cette tragédie shakespearienne ombre et lumière.
Le clip est juste après le break
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