Roger Ridley

Roger RidleyRoger Ridley est un guitariste et chanteur américain, dont le talent s’est malheureusement éteint en 2005. Issu d’une famille de musiciens, Roger Ridley débute sa carrière avec Maley and The Isles en tant que chanteur. À 26 ans, il part pour New-York afin de continuer sa carrière, et voyage jusqu’à Las Vegas en 1977, pour participer à un show de musiciens de rue. Car en effet, Roger Ridley est un habitué de la rue. Il l’a écumée et connait son public. Il fait la route de Los Angeles à Santa Monica tous les samedis pour jouer sa musique.

Ce contact, cette chaleur et cet amour qui le rendent si attachant, semblent intrinsèques à toute son existence. Son sourire affable est incroyablement communicatif et naturellement bon. Il n’y a aucune tricherie, aucun surfait. Roger Ridley offre ce qu’il est comme on offre une poignée de main, un message, un espoir. Cette compassion et cette croyance fraternelle sont les fondations mêmes de sa musique, à la fois simple et imposante.

Il distille un mélange de soul bluesy et de folk rural, qui s’étale et voltige aux côtés dOtis Redding ou Sam Cooke. Cette voix, cette « voice of God » comme les autres musiciens de sa rue l’appellent, est une des plus belles voix jamais enregistrées. Passées quelques secondes, ses chansons apparaissent comme une vérité altruiste, sans aucune limite, sans aucune explication logique. C’est une musique métaphysique, qui dissèque et cristallise l’aventure humaine avec une humilité réconfortante.

Sans sa découverte par les producteurs du magnifique concept Playing For Change, sa voix se serait sûrement éteinte, sans aucune reconnaissance. Roger Ridley a déclenché une vague de paix musicale: Alors que Mark Johnson se ballade à Santa Monica, il entend au loin une voix exceptionnelle. Il se précipite vers celle-ci et trouve Roger Ridley, dans la rue, interprétant Stand By Me. Mark Johnson décide alors de filmer d’autres musiciens dans les quatre coins du monde afin de diffuser un message de paix, grâce au langage quasi-cosmique de la musique. Les musiciens enregistrés sont ainsi superposés, ce qui donne naissance à une musique globale et universelle. L’association Playing For Change, qui a pour objectif de développer des écoles de musique dans les pays défavorisés, s’est ainsi retrouvée sur le devant de la scène. Une vague de reconnaissance incroyable a inondé l’association grâce à cette fraternité musicale mondiale. Elle est désormais passée d’une petite équipe locale à une organisation d’envergure internationale. Voici la vidéo Stand By Me de Playing For Change, dans laquelle on peut voir Roger Ridley qui démarre la chanson: Lire la suite

You Gotta Take Sick And Die – Boyd Rivers

Boyd RiversBoyd Rivers est un guitariste et chanteur américain né en 1934 et mort en 1993. Il excelle dans un blues-gospel, dont le style est inimitable. Après avoir joué d’une corde tendue entre deux clous sur un mur à l’âge de 13 ans, il se tournera vers le gospel, et ne le quittera jamais plus.

Sa voix hante, tremble et plane majestueusement au-dessus d’un jeu de guitare métallique et clinquant. Son timbre vocal n’est pas pour autant dénué de sensibilité; la subtilité de sa voix enrobe tous ses mots qui martèlent toujours et encore sa foi, son amour et ses craintes, dans un délicieux exutoire musical.

Sur une guitare il ne ment jamais: il joue avec son cœur et son âme. Il est convaincant sans le vouloir. En jouant ce qu’il est, ce qu’il vit, ce qu’il sait, il jette ses sentiments à terre, les ramasse et les offre. A l’écoute, la musique n’est plus une création mais une évidence, un souffle d’amour chaud court sur la vie glacée.

Son oncle, le célèbre Révérend Cleophus Robinson, n’a pas été sans influence sur Boyd Rivers: le gospel, le God Spell originel, l’aura transcendé lui aussi, tout comme sa femme Ruth May Rivers.

Malgré ce talent inouï, sa célébrité ne résonnera pas à travers les disques, et son nom restera sans écho. L’artiste est mort et l’artisan oublié.

Le grand Alan Lomax voyagera dans le Mississippi, jusqu’au domicile de Boyd Rivers, pour le filmer. Nous sommes en 1978, et Boyd Rivers nous met en garde: You Gotta Take Sick And Die

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Sittin’ Sad – Malcolm Holcombe

Malcolm Holcombe Malcolm Holcombe est un songwriter, guitariste et chanteur américain que l’on placerait volontiers entre un folk aux accents bluesy et une country planante voire alternative. C’est un personnage authentique qui surprend toujours un peu plus à chaque apparition et à chaque écoute.

Son jeu de guitare est déchirant, tendu mais surtout unique en son genre. Il possède une réelle maîtrise de son instrument, qu’il met au service de ses émotions en jouant comme pour la dernière fois. Il s’époumone d’une voix rocailleuse qu’il distille avec une rage qui nous porte et transporte, qui nous perce et transperce. Sa musique suinte le bourbon, les maisons qui grincent et la vie à la dure. Malgré son originalité, ses nombreuses histoires sont dignes des vieilles folksongs ponctuées d’argot.

Il en est aujourd’hui à son onzième album qui s’intitule Down The River (sorti en 2012) qui tire plus vers une country orchestrée. Il faut d’ailleurs noter la participation d’un autre grand musicien folk à cet album qui est Darrell Scott (au dobro, au banjo et à la guitare électrique).

Ses compositions toujours sincères font de lui un musicien remarquable et touchant, dans la lignée des plus grands folksingers et storytellers.

L’enregistrement de la chanson Sittin’ Sad est, il me semble, un summum de ce talentueux mélange de picking hors-norme et de folie ruisselante propre à Malcolm Holcombe.

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