Smile(s) – Fragile

FragileOn est en mai 2014, Fragile sort son EP Smile(s) et on nous le propose gentiment à l’écoute en avant-première. Je ne connais pas alors pour en savoir plus, je lis ses infos et je tombe sur ceci :

fragile est une signature artistique, un projet fait de multiples collaborations.
La musique nous rapproche, rassemble les amitiés, agrandit les horizons.
fragile est un soulagement de l’âme, une réaction à l’insensibilité du monde
qui nous entoure, la mise en abîme de nous-mêmes, un reflet, une consolation.

fragile est un besoin, le manque nécessaire.
fragile est une réponse, une proposition, une vision de plus…
fragile est un texte sur un bout de papier, un moment passé, un moment présent.

Peu importe d’où je viens…
Les réponses sont dans les oeuvres.

« A ta santé l’éphémère, à toi l’instant présent,
fais-moi danser, oublier, l’important c’est l’horizon… »

Intriguée par ces mots et cette belle poésie, j’ai donc branché mon casque audio, augmenté le volume et j’ai appuyé sur play. D’habitude, il me faut quelque chose comme une minute pour m’y mettre entièrement  et essayer d’analyser la chose ;  savoir si elle me plaît ou non. Oui, d’habitude ça me prend un peu de temps. Sauf que là, l’intro à peine entamée, j’ai succombé. La musique, ici, a des allures de reine et sa couronne brille avec une élégance suffisamment rare pour être dit. Bref, Fragile est mon dernier coup de cœur musical. Lorsque, hébétée, j’ai été transporté dans les couloirs tortueux de Smile(s), la mélancolie me semblait plus belle à regarder et les histoires racontées m’ont fait oublier les miennes, d’histoires. Elle est belle cette musique pas seulement parce qu’elle est travaillée. Pas seulement parce que les introductions musicales sont magiques et qu’il y a quelque chose dans la voix qui me touche plus que je ne l’aurais pensé.  Pas seulement, non. Il y a quelque chose en plus que je ne saurai expliquer. Quelque chose qui me fait dire que Smile(s) est une perle musicale comme on en voit rarement.

Je propose à l’écoute le premier clip de ce magnifique EP avec son titre Smile(s) pour toutes les raisons qui me font écouter ce son. L’album au complet est en écoute sur Deezer. Je conseille, d’ailleurs, fortement le titre Juste un instant

Le clip, Smile(s) tiré de l’EP du même titre, sorti en mai 2014, est à l’écoute juste après le break Lire la suite

Fancy Me ? – Marie-Flore

Marie-FloreOn avait déjà parlé de Marie-Flore à la sortie de son excellent EP Feathered With Dagger. Souvenez-vous, il était beau son EP ! Et voilà qu’on en reparle mais cette fois-ci, c’est pour son album et ça, c’est cool !  By the Dozen est sorti le 8 septembre. On nous l’a gentiment proposé à l’écoute en avant-première et c’est donc, comme d’habitude, avec du retard que je viens vous parler de cette perle musicale. Mais d’abord, je voulais faire les choses bien. Je me suis dit qu’il était temps d’en savoir un peu plus sur Marie-Flore. J’ai donc lu le dossier presse et y ai découvert une jolie biographie. On y lit des noms qui me fascinent : Leonard Cohen, Joan Baez, Simon and Garfunkel, Stefan Zweig. Le dernier étant celui que je ne m’attendais pas à lire, ici et pour lequel mon cœur bat un peu plus que pour les autres, il faut l’avouer. J’ai donc écouté l’album après cette lecture et quelque part, j’attendais encore plus de Marie-Flore, juste parce qu’elle citait l’un de mes auteurs préférés. Juste parce que son EP m’avait fasciné. Juste parce que c’est Marie-Flore et qu’on attend toujours plus de ceux qu’on aime, vraiment… Aucune déception n’a pointé le bout de son nez sur la totalité de l’album, parce qu’on y retrouve les titres de l’EP et qu’ils m’avaient manqués et parce que ce son a quelque chose de magique. J’ai envie de dire qu’il a le talent de Zweig. Là, où le monde s’évertue à synthétiser, remanier, repenser, situer et intellectualiser à outrance, il y a des Zweig, des Marie-Flore, des artistes pour qui les sentiments comptent plus que tout et pour qui, la vie, les mots, le son ne sont qu’émotion.

Ecouter Marie-Flore c’est se plonger au-dedans, savourer la musique pour ce qu’elle a de plus beau ; sa capacité à remplir l’espace, à l’aménager et à le rendre plus beau, plus confortable. Ecouter Marie-Flore, avais-je écrit, à l’époque de son EP, c’est se plonger dans les belles soirées printanières, savourer l’odeur de l’herbe, regarder le ciel s’assombrir et se dire combien la vie peut être douce.  Et ça vaut pour l’album, aussi. Quand la mélancolie est si douce qu’elle en devient belle. Profondément belle. Et c’est peut-être là, l’émotion que me provoque Marie-Flore, une mélancolie qui n’a rien de triste, une mélancolie qui fait du bien et qui redonne le sourire aux visages fatigués… Alors, j’ai envie de la remercier, elle, Marie-Flore, pour cet album, cette perle musicale qui va squatter mon casque audio, un bon moment, encore.

Je propose à l’écoute le titre Fancy me ?, premier single de l’album, ainsi que l’excellent titre By the dozen, qui était aussi présent sur l’EP et que j’aime particulièrement. Et tout ça, c’est juste après le break

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Bodies at Bay – Cold Specks

Cold SpecksI predict a graceful expulsion, premier album de Cold Specks, sorti en mai 2012 a été un choc quasi extatique, pour moi. Un truc hallucinant qui provenait du Canada et qui m’a mise par terre en deux-trois secondes, à peine. Moi, j’étais tombé amoureuse de Blank maps en version live KEXP. J’en étais à deux doigts de chialer devant mon écran, prise dans le tourbillon émotionnel que peut provoquer une voix. Une sacrée voix. Une voix sacrée, j’ai envie de dire, même. Cette découverte musicale a marqué mon année 2012 et l’a joliment accompagnée, l’album a tourné longtemps dans mon casque audio et a, comme bien souvent avec la musique, intégré mes moments de vie en y dessinant les contours avec une intensité que je dois à Al Spx.

Et puis, me voilà en 2014, 25 août, ça sonne la rentrée, la fin des vacances, la reprise un peu glauque d’une vie de bureau, néon blafard au-dessus du crâne ou la reprise scolaire, pour certain(e)s, avec professeur anormalement réveillé et heureux acclamant avec une tonalité de voix propre au série B que la rentrée scolaire est la meilleure période de la vie et qu’elle vient d’arriver, au cas où les yeux endormis qui le fixent, ne l’auraient pas encore compris. Bref, une fin d’août comme on en vit tous, avec un petit pincement au cœur. Sauf que voilà, ma fin d’août 2014 a été un peu moins lourde à porter puisque le 25 au matin, Cold Specks m’annonçait sur sa page facebook, la sortie de son deuxième album Neuroplasticity. Nul besoin de préciser la jolie surprise que ça a été, pour moi.

Souvenez-vous, Benoît en parlait en décembre 2012, proposant à l’écoute le sublime titre The Mark. Et je crois qu’aucune autre phrase n’aurait pu aussi bien résumer l’univers de Cold Specks que (Ce morceau) agit tel une clôture musicale qui nous isolerait de l’agitation extérieur. Sa voix nous capte aussi sûrement que la montre à gousset d’un hypnotiseur. Oui, Cold Specks nous hypnotise, entre en nous et nous rassure. Cold Specks nous offre une pause dans le brouhaha du quotidien. La musique, ici, a quelque chose de magique.

Je propose à l’écoute, le sublime titre Bodies at bay pour cette voix incroyable et je propose en bonus le tout aussi brillant Absisto, ce son et toutes les raisons qui me font dire que Neuroplasticity marquera mon année 2014. Lire la suite

J’attends – Luciole

LucioleLuciole, c’est un nom qui revient régulièrement dans mes lectures musicales sur le net. Un nom qui m’intrigue depuis pas mal de temps, pour tout dire.

En 2009, la demoiselle sort son premier album titré Ombres, je passe complètement à côté, je retiens le nom sans l’écouter. Prise dans mes nombreuses autres découvertes musicales, je la mets sur longue liste des artistes à écouter, à saisir et à mieux définir. Et comme bien souvent, je finis par oublier, submergée par mon dernier coup de cœur musical du moment.

En 2012, Luciole sort un EP titré En attendant. Encore une fois, je me promets avec une sorte d’autorité toute ridicule que cette fois-ci, putain, c’est bon, je m’y mets. Et puis, une chose en entraînant une autre, j’oublis… encore !

En 2014, Luciole fait un spectacle vraiment sympa, d’après Benoît (quand même !) avec Zaza Fournier et Cléa Vincent aux Trois Baudets (ça s’appelle Garçons et c’est jusqu’au 26 juillet, oui, je sais, je vous l’ai déjà dit mais bon…) Bref, je la découvre à travers Zaza Fournier, et là, je me pose et je prends le temps d’écouter. Je tombe sur les premières chansons du premier album, ça sonne très chanson française ; cette vague informe des années 2000, quand la musique se résumait à une voix frêle, quelques accord grattés sur une guitare sèche et une nana qui parle d’amour, façon mélodrame à la con, chewing-gum à la fraise et dépression post-écoute… sauf qu’avec Luciole, il y a plus. Il y a même beaucoup plus. Alors, je cherche des titres du dernier EP, en me disant que ce n’est pas possible que je la classe dans cette catégorie et là… je tombe amoureuse du son, de la voix, des mots choisis, du choix des mots, de cette plume inconnue, de cette façon de dire, de raconter, de chanter, cette façon d’être nous tous(tes) réunis mais en mieux, en plus beau, en plus coloré, plus poétique. Bref, je me suis reconnue dans ses mots, à elle et ça m’a toute retournée. Et puis, j’ai pris le temps de découvrir ses vidéos mensuelles sur youtube et ses jolies collaborations avec Zaza Fournier, Cléa Vincent, Lise, Vincha et les autres, notamment le fabuleux Gaël Faye pour le mois de mai.

Bref, je découvre donc son parcours musical, ses nombreux prix, ses nombreuses apparitions et son talent incontestable, parce que c’est surtout ça qui m’a le plus troublée ; son talent et mon incapacité à m’expliquer comment j’ai fait pour attendre si longtemps avant de lui donner la parole dans mon casque audio. Elle y a, à présent, la meilleure des places (juste après Zaza Fournier) et je crois, j’en suis même quasi certaine ; elle n’en sortira plus. C’est une trop belle conteuse pour que je puisse oublier, cette fois-ci. Oui, Luciole, c’est une jolie façon de servir la musique, de servir les mots et de donner du sens à la musique.

Luciole est en recherche de fond sur My Major Company pour son second album. On peut donc financer le précieux sésame avec, en échange, de jolies contreparties. Il ne reste pas énormément de temps, très peu même… Et ce serait tellement bête de passer à côté de Luciole, comme j’ai pu le faire, moi. Alors, je me dis que peut-être, si ça vous tente, quelques-uns d’entre vous pourraient lui donner un petit coup de main par ici

Je mets à l’écoute le fabuleux, le sublime, le très très beau titre J’attends, pour ce joli phrasé, ces jolies mots, ce son délicat et puissant. Et j’opte pour un bonus avec le live du titre Quand t’es pas là pour toutes les raisons qui me poussent à écouter ce son et à vous en parler.

Le clip et le live sont donc à l’écoute, juste après le break

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Zaza Fournier

Zaza FournierZaza Fournier c’est un peu mon artiste fétiche, celle qui m’a accompagnée longtemps dans le casque audio et que j’aime faire découvrir. C’est donc tout naturellement que je me suis dit qu’il fallait peut-être que je me décide à faire une chronique. Toujours un peu difficile de parler de quelque chose qu’on aime profondément, quelque chose qui nous a ému parce qu’on ne sait jamais comment commencer.Alors, on fait une petite présentation, dis ? Là, voilà : Elle, elle voulait être comédienne, à la base mais les petits boulots à côté, ce n’était pas le must. Alors Zaza s’en va dans la rue, chanter avec son accordéon et son Ipod. Rapidement, on l’a repère et on lui propose des scènes. Elle fait sa maquette, l’envoie à Warner sans trop y croire et la voilà en enregistrement puis en tournée. Le résumé est sans doute, ici, plutôt facile mais peu importe, au fond, comment la demoiselle s’y est prise. Moi, j’ai envie de raconter l’autre côté, celle de la jeune fille qui découvre le son déjanté de Zaza Fournier et qui n’en revient pas.

On est en 2008, j’ai 21 ans, Zaza Fournier sort son premier album éponyme et je me prends la claque du siècle. Je découvre une jeune nana à la voix incroyable, sapées avec des couleurs flashy, un brin pin-up sixties et qui semble raconter de tristes choses mais de façon tellement belle et colorée qu’on en oublie de chialer. Je découvre, aussi, l’accordéon et je me surprends à trouver ça hyper cool quand jusqu’ici, c’était plutôt le terme ringard que j’accolais tristement à cet instrument. Et puis, il y a les paroles françaises écrites à un âge ressemblant au mien et qui ont, du coup, eût une résonnance particulière dans ma vie.

Zaza Fournier, c’est surtout un style, un genre musical jusqu’ici inconnu dans mon monde musical ; une pop colorée mariée à de la chanson française avec quelque chose de drôle, un humour façon rock’n’roll des années 50-60. Bref, je tombe amoureuse du son de Zaza Fournier, un son qui ne me quittera pas avant que, délaissée je finisse par l’abandonner à force de n’avoir rien de nouveau à me mettre dans l’casque. Et puis, voilà qu’arrive 2011 et que sort son deuxième album Regarde-moi. Je l’écoute, le découvre et retombe amoureuse. Le son est plus rock, l’accordéon se glisse dans les coulisses et laisse d’autres instruments de musique prendre le devant de la scène. L’Ipod disparaît au profit d’autres musiciens sur scène. Et comme un premier amour qu’on recroise après trois ans, je l’a trouve changée, grandie et j’aime plutôt ça. Je la sens plus mature, plus scénique, aussi, moins hésitante, plus sensuelle. Et puis, les années passent, je découvre d’autres sons, d’autres artistes, je m’y intéresse davantage, y laisse des heures au passage sans pour autant oublier Zaza Fournier. Aux heures sombres, j’y repense, comme une ex abattue se relance dans le visionnage presque douloureux d’anciennes photos ; je réécoute et je me souviens. Je me souviens du son, de cette voix et je me demande où elle est, là, en ce moment. Et puis, le hasard de la vie me fait visionner une vidéo youtube de Luciole où je revois Zaza Fournier. Alors, je cherche, je fouille, je fouine et je découvre que les deux artistes se produisent sur scène avec la toute aussi excellente Cléa Vincent dans un spectacle nommé Garçons où il est question de revisiter la chanson française des années 47 à 67. Et je suis contente, de voir qu’elle est encore là. (Là, c’est aux Trois Baudets et c’est jusqu’au 26 juillet, si jamais). L’autre nouvelle réjouissante, c’est que Zaza Fournier est en studio avec Majiker pour un troisième album et qu’il va pouvoir inonder mon casque audio de son, tout bientôt !

Je propose à l’écoute mon tout premier coup de cœur musical avec le titre les mots en tocs tiré de son premier album ainsi que le titre vodka fraise tiré de son deuxième album, pour toutes les raison qui me font aimer ce son. Et puis, quand on aime, on ne compte pas, j’opte pour un bonus avec le magnifique titre Regarde-moi tiré lui, aussi, du deuxième album Lire la suite

Blue Moon & Waking Light – Beck

BeckBeck… quatre petites lettres qui se succèdent pour un artiste brillant qui irradie mon casque audio de sons incroyables vacillants entre pop, blues, folk et rock. Pour tout dire, je partais en recherche de sons sur youtube. J’avais quelques choses comme une dizaine d’onglet ouvert mais quand Beck s’est mis à chanter dans le casque audio, s’en était fini des autres. J’avais enfin trouvé le son parfait du jour. Un son qui tranquillise, qui apaise. Un son mélancolique, triste mais tellement profond, tellement beau. Un son d’un autre âge, aussi, un âge où on lui donnait la parole, où il avait tous les droits et où il nous donnait tout, sans réserve. Beck, c’est ce retour aux sources ; un son qui se laisse écouter les soirs de solitude, quand la ville grouille au-dehors et qu’on est juste bien, là, au chaud avec pour seule compagnie un son qui coule, un son qui transforme, un son qui nourrit.

J’ai, après une écoute de quelques heures, fini par chercher des informations sur l’artiste. Beck n’est en fait pas un jeune artiste qui débarque tout juste sur la scène musicale, en fait il a sorti son premier album en 1993 sur un label indépendant. S’en suivra 13 albums répartis sur 21 ans. De quoi, quand même, se rassurer sur la quantité de belles choses que l’artistes californien a dût faire et qu’il nous est possible de (re)découvrir ! Je découvre surtout, son dernier album. Le fabuleux, le sublime, le grandiose Morning Phase qui semble sortir tout droit des seventies tant le son semble libéré de toutes les contraintes, de toutes les étiquettes et que les styles se mélangent. Et puis, il y a cette voix… cette voix qui raconte, qui susurre, qui parle et qui parle bien.  Il y a cette folk insatiable, ces cordes magiques, ces notes aériennes et ces magnifiques paroles. Il y a que Beck est mon dernier coup de cœur musicale et que je suis bien incapable de vous dire combien la musique est magique, ici, combien, elle est à écouter après une journée difficile, quand le monde environnant semble n’être plus le bienvenu dans notre tête, quand les bruits du quotidien ont ricoché trop longtemps sur les parois de notre boîte crânienne et qu’il nous semble nécessaire, voir même vital, de rentrer en nous, nous y allonger, nous recentrer et nous remplir d’autre chose.

Je propose à l’écoute les sublimes titres Blue moon et Waking light pour la magie qui opère dans le casque audio…

Les titres sont donc à l’écoute, juste après le break Lire la suite

Doralee – Jesse Sykes

Jesse SykesJesse Sykes c’est une folk hyper sombre dans laquelle, d’abord, on trébuche, comme sur une de ces foutue marches mal placées qu’on n’aurait pas vu mais au lieu de s’énerver, on s’émerveille. Oui, on s’émerveille parce qu’une fois qu’on entre dans cette musique, on ne parvient plus à en sortir, on se vautre et on s’oublie. En écoutant, Dora Lee version live sur l’excellente radio de Seattle KEXP, je me suis limite arrêté de respirer tellement je n’en revenais pas de ce que j’écoutais, tellement la voix me prenait, m’emportait, me scindait en deux. Il y avait moi qui me demandait comment j’avais pu passer à côté de ce groupe et il y avait un autre moi qui ne parvenait même plus à penser. Je l’ai écouté en boucle, ce titre-là et rien au monde ne vaut ce son, cette puissance, ce contrôle permanent, cette mélancolie et cette voix qui met des frissons tant on la sent proche, tant elle rappelle les paysages désertiques de l’Amérique profonde, sa splendeur mais aussi sa solitude.

Du coup, comme à mon habitude, quand le coup de cœur atteint son stade ultime, je cherche des infos. J’apprend donc que Jesse Sykes nous vient de Seattle et qu’elle fait partie d’un groupe nommé Jesse Sykes and the Sweet Hereafter, que ce groupe s’est formé en 1999 et qu’il a sorti un premier album en 2002 titré Reckless Burning. Je découvre donc que le milieu country les connaît depuis un sacré bout de temps tandis que moi, je les découvre à peine. Jesse Sykes, c’est une voix ; Un mélange de Dylan et de Baez, à elle toute seule, elle fait les deux sauf qu’en plus, il y a du Neil Young, entre les lignes ! Le son est résolument psychédélique, les paroles, aussi. Le son est folk, rock, quelque chose entre les deux. Il est sombre. Oui, ça il l’est mais ça le rend encore plus beau, encore plus empreint de vie, étrangement. C’est tout doux, aussi. Il est particulier ce son, j’essaye de le décrire et n’y parviens pas. J’écoute plusieurs titres, casque vissée sur les oreilles et rien ne semble vouloir venir. J’ai envie pourtant de le décrire pour mieux le ressentir, mieux l’expliquer… J’ai envie de parler de sensations ; de solitude, de grands espaces, d’obscurité, de la nuit qui tombe sur la ville, des lumières qui petit à petit s’allument aux fenêtres. J’ai envie de parler de la route, d’un départ, d’une délivrance, de quelque chose qui s’apparenterait à un road movie à la Thelma et Louise mais avant le drame, quand la fin ne semble pas tragique, quand la voiture roule et que rien ne semble compter sinon cette impression de liberté et d’évasion. J’ai envie de parler d’amitié vraie, de soutien fraternelle, de bière partagées dans la fraîcheur des nuits estivales, de rires, de sourires et de ces moments particulier où la lumière du jour éclaire différemment le monde et qu’on se sent bien, juste ça, pas plus, pas moins. Tout pareil. J’ai envie de vous dire combien cette musique est belle, combien cette voix raconte, combien elle semble murmurer, voir susurrer sur le ton de la confidence et combien elle semble imprégnée de sérénité malgré sa tristesse. J’ai envie de vous dire plein de chose mais surtout, et je crois que c’est là l’essentiel ; j’ai envie de vous dire de simplement cliquer sur le lien, et de vous laisser transporter par la voix de Jesse Sykes parce qu’il est beau, ce son-là. Il est même terriblement beau.

Les titres Dora Lee (en version live KEXP) tiré du premier album Reckless Burning, sorti en 2002 et Troubled soul, tiré de l’album Oh my girl, sorti en 2004 sont à l’écoute, juste après le break

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Si – Laura Cahen

Laura Cahen - EP - Laura CahenEn juin 2012, Benoît écrit un article sur Laura Cahen. Le nom ne me dit rien mais j’ai confiance en ses goûts musicaux, alors je clique par curiosité et là, je découvre une voix assez incroyable, une voix qui glisse sur le son, une voix qui chante mais pas seulement… une voix qui raconte et qui raconte bien. Et puis, je découvre un son qui vacille entre pop colorée et folk mélancolique et j’aime ce son quand il coule dans mon casque audio. D’ailleurs, plus j’écoute et plus je me dis qu’il est beau, ce son, et qu’elles sont belles ces paroles françaises. Plus j’écoute et plus j’apprécie le talent incontestable de Laura Cahen.

Du coup, comme à mon habitude, j’ai cherché des infos sur cette voix-là. J’ai cherché longuement d’autres titres et j’ai découvert que la demoiselle n’avait, en fait, réalisé qu’un EP en 2011. Alors, pour continuer à savourer cette voix, il m’a fallut remonter le temps dans la carrière de la jeune chanteuse et trouver des jolis live du duo qu’elle formait avant de se lancer dans une carrière solo. Le duo Deux Z’elles a, d’ailleurs, sorti deux EP. Mais je dois l’admettre, j’étais un peu triste de ne rien pouvoir me mettre de plus dans la casque audio…

Et là, je découvre que l’artiste y travaille puisque Laura Cahen est en recherche de fonds pour son premier album. Elle fait donc appel au public sur le site Internet Ulule, site sur lequel on peut financer son premier album en échange de jolies contreparties. Pour les amoureux du son de Laura Cahen, il faut faire vite, il n’y a plus beaucoup de temps alors si vous voulez la soutenir, allez jeter un œil ici.

Je propose à l’écoute le titre Si, tiré de son premier EP pour ce son entraînant, cette voix incroyable et ces paroles françaises d’une qualité rare. Et puis, en bonus, j’opte pour le titre Comment du duo Deux Z’elles.
Les titres Si et Comment sont donc à découvrir, juste après le break

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Look at the Light – Sin Fang

Sin FangSin Fang… C’est la dernière perle musicale qui tourne en boucle dans mon casque audio. Le son est aérien, agréable et d’une douceur assez incroyable. S’il y avait une musique à écouter en fin de journée, ce serait celle-ci et pas une autre ! Cette musique, elle apaise, bourdonne avec délice à nos oreilles et semble avec une étonnante crédulité nous embarquer dans des recoins reculés qu’on peine à quitter, ensuite. Sin Fang c’est de la pop toute douce, colorée mais pas trop, innocente mais pas naïve, agréable mais pas monotone, douce mais puissante. Oui, Sin Fang c’est la dernière perle musicale qui tourne en boucle dans mon casque audio… et une chose est sûre, elle continuera longtemps encore à tourner !

Eprise, (oui, j’ose le dire) et surtout curieuse, je cherche donc des infos sur ce nouveau nom qui trônera en tête de mes playlists futures ; et là, je découvre que Sin Fang c’est, en fait, le pseudonyme de Sindri Már Sigfússon du groupe Seabear qui, semble-t-il, joue aussi en solo depuis 2008, année de la sortie de son premier album Clangour et où le pseudonyme n’était pas encore pleinement maîtrisé… En effet, Bous suivait Sin Fang, à l’époque. Il faudra, ensuite, attendre 2011 pour voir apparaître le deuxième opus Summer Echoes sur le label indépendant Berlinois, Morr Music.

Sin Fang, c’est un nom à retenir tant il est agréable de l’écouter. Il y a quelque chose de particulier dans cette musique, une sensation de douceur mais pas le truc fade… plutôt… colorée, un peu comme la douceur de nos jeunes années d’insouciance où le lait, les cookies et les dessins animés semblaient être les seules choses importantes de la vie. Oui, voilà, cette douceur-là. Sin Fang me donne cette impression-là ; l’impression d’être au chaud et confortablement bien installée, sans parasites extérieurs, sans soucis du quotidiens, sans éternels questionnements qui demandent des réponses et qui brident les esprits quand on ne les trouve pas… Ecouter Sin Fang, c’est ne rien faire d’autre qu’écouter. C’est savourer le son pour ce qu’il a de plus beau ; sa capacité à remplir tout l’espace, à l’habiter et à l’habiller.

Je propose à l’écoute le titre Look at the Light le single sorti en 2013 pour la beauté du son… le rythme entraînant, la voix aérienne et l’apaisement qu’il procure. J’opte en bonus pour le tout aussi brillant What´s wrong with your eyes pour toutes raisons qui me poussent à écouter ce talentueux artiste islandais ; le son, la voix, l’univers dans lequel on s’engouffre et qu’on peine à quitter tant il est magistralement bien fait.

Look at the Light et What’s wrong with your eyes sont donc à l’écoute, juste après le break

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Feather Tongue – Lyla Foy

Lyla FoyLyla Foy, la dernière découverte du talentueux label Sub Pop Records. Je découvre. Je suis curieuse. Je clique donc sur play, histoire d’écouter la nouvelle perle musicale, parce que… il faut bien le dire, ce label-là, il sort de chouettes trucs. On les nomme ? Ok… The Head and th Heart, Nirvana, The Rapture, Sera Cahoone et tant d’autres. Bref, je branche mon casque audio plutôt confiante, j’augmente le volume un peu impatiente de découvrir ce nouveau son et là, je tombe sur Feather Tongue, quelque chose me dérange, à la première écoute… les sons trop électroniques qui envahissent petit à petit mes oreilles me semblent de trop et je me sens un peu triste d’avoir misé autant… sauf que, vous vous en doutez, si c’était réellement une déception, je ne serais pas là, à vous en faire un article…(quelle logique !) il s’est passé une chose rare, ce qui me dérangeait d’abord a fini par me plaire. Ces notes électro façon « Tetris » qu’on imagine sorti d’un gameboy usé finissent par mettre en relief le rythme, elles viennent ajouter une couche sonore improbable et pourtant hyper crédible à l’ensemble. Après plusieurs écoutes, je me demande encore comment j’ai pu détester ces premières notes. Vraiment ! Puis, dans ce rythme électro-pop un peu sombre vient s’insérer la voix de Lyla Foy, une voix troublante de sensualité, de douceur et de fragilité. Une voix suprenante tant elle est à la fois bouleversante et envahissante, tant elle est fragile et dégage en même temps une force suprenante, à peine croyable quand on sait la demoiselle âgée de 25 ans, seulement. On entendra dire que le talent n’a pas d’âge et je ne peux qu’acquiescer silencieusement en écoutant Lyla Foy.

Du coup, captivée et fascinée, je cherche des infos sur cette artiste jusqu’ici inconnue dans mon monde musical… Et, je découvre qu’en fait, Lyla Foy n’en est pas à son premier coup d’essai. Sous le pseudonyme Wall, la jeune chanteuse londonnienne sort un premier EP en 2012 via la toute récente maison de disque BCS Recordings, créée, peut-on lire, spécialement pour la sortie de son EP… c’est vous dire !  Entourée par Oli Deakin à la basse et aux claviers, Andy Goodall à la batterie et Dan de Bell à la guitare et aux claviers, Lyla Foy oublie son pseudonyme et se lance en avril 2013 dans un EP intitulé Shoestring, à écouter d’urgence tant il est magiquement bien construit. La prochaine actualité de Lyla Foy ? Un album ! La sortie de Mirrors the Sky est prévue pour mars 2014, de quoi se rassurer sur la qualité musicale de cette nouvelle année.

Je propose à l’écoute le sublime titre Feather Tongue qui sortira sur son premier album pour le beat entraînant, cette électro-pop magnifique et cette voix incroyable . Je propose en bonus le tout aussi excellent Left To Wonder pour cette ambiance particulière et le talent incontestable de Lyla Foy !

Les titres Feather Tongue et Left to wonder sont donc à l’écoute, juste après le break

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Le TOP2013 de Vanessa

TOP2013
Voilà donc mon top 5… avec toute la difficulté que j’ai à choisir tant l’année 2013 fût belle en sorties d’albums. Je pense notamment à The Head and the Heart qui ne figure pas dans mon top 5 alors que franchement il le mériterait ! Idem pour Califone ! Ms Mr, aussi qui nous a gratifié d’un magnifique premier album ! … Oui, 2013 fût une belle année musicale ! Dommage… on ne fait pas de top 10 ! 😉

1- Christine and the Queens – Wandering lovers

2- Janelle Monae feat Prince – Givin em what the love

3- Miss Li It ain’t over

4- A RainmakerAnchor

5- Elisa JoSunny days of june

Le Pistolet – Mama Rosin

Mama RosinMama Rosin c’est le groupe atypique qui puise ses influences dans le rock cajun de la Louisiane du Sud et où l’harmonica côtoie le frottoir, le violon, l’accordéon, la guitare et le banjo. Un son étonnant, surprenant et entraînant. Le groupe, originaire de Genève, en Suisse, s’est créé en 2007 autour d’un trio composé de Xavier Bray à la batterie (à partir de 2009, puisqu’avant lui, c’était Vanina Fisher) et Robin Girod et Cyril Yeteruan à la guitare et au chant. Mama Rosin sortent leurs premiers albums sous le célèbre label de musique alternative Suisse Voodoo Rhythm Records à partir de 2008, puis, ils créent leur propre label Moi J’Connais Record, outre leur sortie d’album, le label s’est spécialisé dans les rééditions de vieux vinyles.  Enfin, pour information, Robin et Cyril se sont, aussi lancés, dans un projet musical à deux Les frères Souchet, dans la même veine que Mama Rosin mais en moins impulsif et qui est à découvrir sur leur premier album Sailor Blues sorti en 2011.

Mama Rosin c’est un univers entraînant, une musique déroutante qui est faite pour danser, bouger et se laisser transporter par les sonorités particulières du groupe. Ce mélange de punk et de rock cajun à la fois déjanté, optimiste mais aux paroles parfois tristes et mélancoliques est LE son à découvrir si on ne le connaît pas encore. Un son unique et accrocheur qu’on doit au talent déjanté de Mama Rosin.

Je propose à l’écoute le titre le pistolet, tiré de l’album Brûle lentement sorti en 2009 pour  les paroles françaises, le son déjanté et entraînant et pour l’excellent clip. Je propose aussi Tu as perdu ton chemin pour cette ballade plus douce et plus mélancolique, tiré de l’album Black Robert sorti en 2010. Et puis, j’opte pour un bonus avec l’excellent Marilou tiré de leur dernier album Bye Bye Bayou, sorti en 2012.

Les titres Le pistolet, Tu as perdu ton chemin et Marilou sont donc à l’écoute, juste après le break Lire la suite

Shake – The Head and the Heart

The Head and the HeartThe Head and the Heart, c’est mon dernier coup de cœur musical. Le groupe se compose de Josiah Johnson et Jon Russell au chant et à la guitare de Charity Thielen au chant et au violon, de Kenny Hensley au piano, de Chris Zasche à la basse et de Tyler Williams aux percussions. Ils nous proviennent de Seattle où leur toute première collaboration musicale s’est faite dans un pub ouvert aux musiciens qui souhaitent se produire sur scène. Leur rencontre naît de cette scène ouverte et ça ressent ça, à l’écoute, ce lien musical, cet univers commun qui les unit. Cette musicalité incroyable se découvre sur un merveilleux premier album éponyme sorti en 2009. Il faudra attendre quatre ans, pour savourer le deuxième. En effet, The Head and the Heart ont sorti le 15 octobre 2013, leur album Let’s be still sous le célèbre label Sub pop records à qui on doit, notamment, la première signature de Nirvana

Cet album folk au possible vaut le détour tant la musique, les sonorités, les chœurs sont travaillés et envoûtants, tant la folk prend des allures de blues et de rock indie qu’on sent totalement maîtrisé. The Head and the Heart, c’est une jolie façon de faire de la musique, une magnifique façon de faire de la musique, même. L’album au complet est à écouter, casque vissé sur les oreilles et volume à fond… Il y a là, un son magique qui nous transporte complètement et dans lequel il nous semble impossible de ne pas nous y sentir profondément bien. Un son qui rappelle les paysages désertiques de l’Amérique profonde. Un son qui nous rappelle combien la musique a du sens quand elle est faite aussi bien.  The Head and the Heart, c’est clairement mon dernier coup de cœur musical même, s’il faut l’avouer, il s’est déroulé en plusieurs temps. J’avais, à l’époque de leur magnifique passage sur KEXP, écouté en boucle leur live, sur des journées entières. Puis prise dans d’autres découvertes musicales, je les avais légèrement oublié… je me demande, encore comment ! Ça m’a repris dernièrement. Il le fallait.

Je mets donc à l’écoute la sublime version acoustique de Shake pour ces magnifiques voix et la musicalité incroyable qui se dégage de l’ensemble. J’opte en bonus pour le sublime clip de Another story pour la magie qui opère et pour toutes les raisons qui me poussent à vous parler de cet album.

Les titres Shake et Another story, tirés de leur deuxième album Let’s be still, sont donc à l’écoute, juste après le break Lire la suite