Lambert – Sweet Apocalypse

Le sentiment de quitter terre, rester sans voix, puis se dire que 37 minutes viennent de s’écouler hors du temps, hors du monde. 

Voila ce que l’écoute du nouveau disque de Lambert a pour corollaire direct, inévitable, naturel.

L’insolence d’un piano flirtant avec les mélodies d’un Thom Yorke du fond des abysses et d’un Dvořák qui aurait trouver sa fontaine de jouvence, puisque c’est aussi ça la musique actuelle, le modern classique, la justesse, l’émotion vive, la beauté brute, A Thousand Crash.

Une oeuvre qui tutoie les anges et le sublime avec des notes jouant a cloche pieds sur le fil de la mélancolie Licking Dew, de l’angoisse Waiting Room et de la joie Descending a Staircase pour former une symphonie plurielle. 

Un Sweet Apocalypse qui porte infiniment bien son nom, tant il possède et côtoie à merveille la douceur de la fin des mondes.

Chilly Gonzales, Jarvis Cocker – Room 29

A chaque nouveau projet Chilly Gonzales réussit à nous surprendre. Encore une fois, après Octave Minds, notre canadien préféré prend le contre-pied et s’associe avec Jarvis Cocker (l’emblématique auteur – compositeur – interprète de Pulp) pour livrer un album concept (oui ça existe encore !) piano-voix subtil et sublime.

Huis-clos dans le célèbre hotel Marmont de Los Angeles, ambiance désenchantée, luxe et fin de soirée, chambre 29, on s’imagine ce qu’a vu, vécu cette pièce, l’histoire qu’elle nous raconte sur Hollywood et ses moeurs. 

On se régale de la musique, de la voix chaude, sophistiquée et de paroles gentiment barrées… le tout sorti sur le célèbre label classique Deutsche Grammophon, quel joli dépoussiérage !

« Is there anything sadder than a hotel room
That hasn’t been fucked in? »

« I read an actress used to party
In this place and do drugs off the piano
If I lick, will it still taste? »

Max Richter – Three Worlds : Music From Woolf Works

Se retrouver devant une vague immense, comme un monument, prête a nous dévorer d’un seul coup.
Faire face à une beauté subjuguante, une force effrayante, une puissance architecturale.
Traverser des tumultes de violons et de tambours se mêlant aux nappes infinies de piano au gré des creux et des courant venu des fonds des océans.
S’engouffrer dans les symphonies sillonnant entre les veines rocheuses dans une exaltation abyssale.
En ressortir transi de bien-être, épanoui, radieux à l’image de ce disque.

« J’espère avoir retenu ainsi le chant de la mer et des oiseaux, l’aube et le jardin, subconsciemment présents, accomplissant leur tâche souterraine… Ce pourrait être des îlots de lumière, des îles dans le courant que j’essaie de représenter ; la vie elle-même qui s’écoule. »

Force est de constater que Max Richter a pris les écrits de Virginia Woolf à la lettre.
Un hommage poignant et majestueux à l’oeuvre de cette grande femme de lettres.

Murcof & Vanessa Wagner – Avril 14th

Né de la rencontre improbable, mais rendue possible lors d’un workshop du label InFiné à la carrière du Normandoux, entre une pianiste classique française, Vanessa Wagner, « révélation soliste instrumental” des Victoires de la musique classique, et un musicien électronique mexicain, Murcof, Statea est un objet étrange, un album surprenant qui revisite des morceaux venus d’horizons divers (de John Cage à Erik Satie) à l’ambiance assez lynchéenne, où le fantastique, le mystérieux, le beau s’entrecroisent hors des sentiers battus.

On s’écoute Avril 14th, magnifique ré-interprétation du standard d’Aphex Twin.

A noter que l’ensemble de l’album est disponible en streaming sur la chaine Youtube d’InFiné Music.

Pavane Opus 50 – Gabriel Fauré

Je mets en lumière aujourd’hui une merveille de la musique, une œuvre bouleversante, d’une beauté extraordinaire: la Pavane Op.50 de Gabriel Fauré, le maître de la mélodie française. Comment ne pas être ému par la finesse de la mélodie, comment ne pas être admiratif devant l’équilibre de la composition? Flûtes traversières, clarinettes, hautbois, bassons, cors et cordes semblent se faire la cour, dans une parade d’une sensualité folle, se tournant autour, cherchant à conquérir l’autre, tantôt aguicheurs et provocants, tantôt farouches et fiers. Ils s’adorent, puis se haïssent. Et entrent en scène les chœurs, comme témoins de ce jeu amoureux hasardeux. Tout le génie de Fauré s’y exprime, on s’enivre de sa poésie et de la puissance de son travail. Fermez les yeux, quittez le XXIème siècle. On quitte un monde, on renaît dans un autre.

Cette œuvre aspire à la rêverie, à la contemplation de grands espaces. Pour ma part, je m’imagine au sommet du Mont Blanc, au dessus des nuages, face à l’infini.

Un bijou intemporel.

L’interprétation de ce morceau par l’Orquesta Filarmonica Requena, c’est juste après le break

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La Sérénade – Irina Tiviane & Jozef Kapustka

Une petite escapade aujourd’hui du coté de la musique classique, avec La Sérénade de Tchaikovsky interprétée ici en duo par Irina Tiviane (soprano) et Jozef Kapustka (au piano).

La Sérénade est un court morceau très frais, comme quelques goutes de rosée un matin d’été sur l’herbe verte, où le piano est sautillant, allègre, enjoué, jovial, la voix exceptionnelle, d’une grâce et d’un raffinement infinis.

C’est beau, c’est beau, c’est beau et intemporel.

A l’écoute après le break

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