Kid Francescoli – Les Vitrines

Nouvelle oeuvre – Play Me Again, nouvelles petites, onze au total, merci Kid Francescoli !

Une électro-pop qui s’intègre et complète cette scène tellement excitante d’un nouveau son « made in France » dont bientôt le monde entier va s’amouracher.

Avec des basses rondes, terriblement entrainantes, des nappes synthétiques sophistiquées tendrement enveloppantes, un duo de voix sexy et classieux incarné par Julia (installée maintenant à Marseille) et Mathieu, chaque morceau s’écoute comme un voyage entre terrasse près de la mer (qu’on entend sur la fin de It’s Only Music, Baby), New-York, coupe de champagne, et club pour y finir nos soirées bien remplies.

Les Vitrines, morceau qui ouvre l’album, est un peu particulier, car il est leur premier titre en français ! On découvre le clip encore tout chaud, chaud, chaud puisqu’il a été mis en ligne il y a tout juste quelques minutes…

 

The Blaze – Territory

Cette semaine va être une très belle semaine car elle va voir la sortie de Territory, le premier EP de The Blaze. « Enfin ! » pourrait-on dire, car cet EP avait été annoncé dès avril 2016 par Bromance sur la première vidéo Virile sortie en janvier 2016, puis le 4 mars 2017 (par Les Inrocks) et enfin ce vendredi 24 mars 2017 chez Animal 63 (par Apple Music). On y croit !

Duo de producteurs entre Paris et Dijon (source Les Inrocks) leur musique est une house léchée, esthétique, faite de basses, de kicks, de snares, et d’un supplément d’émotions, un peu de solitude, un peu de désespoir qui vous enveloppent dans une bulle magnifiant le monde.

Un mot sur leurs clips à couper le souffle qui appliquent des codes tout à fait nouveaux pour de la musique électronique. Ils y explorent les relations entre hommes de manière très subtile et superbement ambigüe, mettent en beauté un quotidien à coup de performances d’acteurs incroyables et de ralentis émouvants. Pas étonnant que ces vidéos vous magnétisent et cartonnent bien au delà de l’hexagone. 

Territory

Virile

Octave Noire – Un Nouveau Monde

Comme l’éclosion d’une chrysalide, une transfiguration Nietzschéenne, Oh Morice qu’on avait découvert en 2015 (et dont toute trace a été effacée) a laissé place à Octave Noire, un nouveau projet qui sublime le travail précédant.

Un Nouveau Monde, porte d’entrée de l’album Neon resserré à 9 titres, invente une véritable poésie sonore déclamée par des synthés 80s inspirés, crée un dialogue entre des violons au répertoire classique et une musique électronique « made in » maintenant, convoque au chant les plus belles références du répertoire français. Un must pour plonger dans cet univers fascinant.

Pour les parisiens, sachez qu’il sera à la Maroquinerie le jeudi 27/04/17 avec Aliocha lors d’une [PIAS] NITES qui s’annonce particulièrement alléchante. 

SOHN – Rennen

Rennen qui se traduit par « Courir » en Allemand est un de ces titres d’album qui colle parfaitement à la peau de son ouvrage. On pourrait facilement après toutes les aventures traversées au cours de l’écoute se retrouver essoufflé à la fin.

Au cœur de ses dix titres francs, SOHN en appelle aux chantres de la soul, du gospel et de tout ce qui a tendance à groover sur des claviers bruts et nocturnes. 

Rien d’étonnant quand on sait qu’il s’est retranché dans une demeure isolée au nord de la Californie, pour suer sang et eau toutes les nuits sur ce qui compose ce nouveau disque.

Un disque dans une tour d’ivoire impressionnante et presque étourdissante Still Waters, comme un coup dans le ventre long à digérer. 

Une oeuvre dure et abandonnée qui nous confrontent a la solitude, à sa violence amère et crue comme ces symphonies que l’on retrouve dans la force tempétueuse des grands monuments de la musique classique.

SOHN  nous livre une thébaïde sauvage et agressive, exilée et mélancolique Harbour

C’est un opus ineffablement personnel qui pourrait en effrayer plus d’un. 

Ne fuyez pas, plongez-y !

 

Sarathy Korwar – Day to Day

Dans la série « les albums 2016 qui nous ont été conseillés, qui nous ont touchés et qu’il ne faut pas louper »…

Né aux Etats-Unis, Sarathy Korwar a grandi en Inde. Son premier album sorti en Juillet 2016 sur le label Ninja Tune conjugue au présent jazz, musique électronique et musique folklorique traditionnelle de la communauté Sidi en Inde. Un voyage hors de nos sentiers battus particulièrement réussi.

Dans le communiqué de presse, il indique ainsi : 

« Le disque parle de la façon dont nous vivons, individuellement et collectivement, au quotidien, les tâches et les rituels quotidiens qui nous rassemblent. C’est une célébration du trivial et du banal ». Les rag quilts colorés que les Sidis fabriquent à la main en utilisant des tissus de récupération est une métaphore parfaite pour le disque : « les femmes Sidis font des collages impressionnants à partir de chiffons de tous les jours, c’est comme ça que je vois mon album ».

Nicolas Jaar – Killing Time

A l’heure des bilans de l’année, des dernières recommandations avant Noël, il m’apparait indispensable d’évoquer Sirens de Nicolas Jaar qui m’apparait comme l’un des plus beaux albums de musique électronique / downtempo de 2016.

On se régale avec le titre introductif de plus de 11 minutes Killing Time, une épopée musicale qui traverse les mondes, les sons et les couleurs, où l’art de l’épure, l’art de la retenue, l’art du suggérée sont passés maitre.

 

Murcof & Vanessa Wagner – Avril 14th

Né de la rencontre improbable, mais rendue possible lors d’un workshop du label InFiné à la carrière du Normandoux, entre une pianiste classique française, Vanessa Wagner, « révélation soliste instrumental” des Victoires de la musique classique, et un musicien électronique mexicain, Murcof, Statea est un objet étrange, un album surprenant qui revisite des morceaux venus d’horizons divers (de John Cage à Erik Satie) à l’ambiance assez lynchéenne, où le fantastique, le mystérieux, le beau s’entrecroisent hors des sentiers battus.

On s’écoute Avril 14th, magnifique ré-interprétation du standard d’Aphex Twin.

A noter que l’ensemble de l’album est disponible en streaming sur la chaine Youtube d’InFiné Music.

DJ Shadow – Suicide Pact

Il aura fallu attendre son cinquième album (en 20 ans), pour qu’enfin nous réparions le manque de chronique de DJ Shadow « figure emblématique du mouvement hip-hop expérimental » (source Wikipedia).

Il est vrai que sa musique faite de samples, de boites à rythmes, de torsions électronique s’apparente plus facilement à de la musique contemporaine, qui peut sembler sous de mauvaise circonstances difficile de dompter, qu’à de la variété.

Lorsqu’on écoute son album The Mountain Will Fall (2016) au moment opportun, avec la bonne oreille, il dévoile alors une multitudes de facettes, d’ambiances, de paysages, qu’on prend plaisir à découvrir à chaque nouvelle écoute. C’est un album dense qui pose à chaque morceau les premières pierres de nouveaux chemins à explorés. Sans aucun doute un album référence qui en inspirera plus d’un.

Suicide Pact à l’écoute (à partir de 45min 03), est un très beau blues planant à la sauce électro-hip hop et tellement unique ! Un pur régal.

Astrid Enberg – All We Search For

Après un premier EP en 2012 Life Goes On, un second en 2013, Astrid Engberg signe 8 nouveaux titres pour un Modern Blues qui signe la fin d’une période douloureuse, le début de la résurrection.

All We Search For ouvre merveilleusement ce mini-album, promenant ses accents bjorkiens et aériens dans une atmosphère tribale où la beauté minimaliste côtoie les émotions les plus intenses.

Et parce qu’on n’est pas sûr de la voir sur une scène française prochainement, on se matte la version live et veloutée de Still Looking For My Tribe. Et ouais, on se fait plaiz…

To Be With Others – Chinawoman

ChinawomanAutoproduit et sorti en février 2014, Let’s Part a Style est le troisième LP de la canadienne Chinawoman en sept ans, autant dire qu’elle prend son temps pour peaufiner, affiner, supprimer, conserver le meilleur de ses compositions.

Ces morceaux sont de petites cabines téléphoniques étriquées à l’intérieur desquelles, protégés, on regarde rassuré le spectacle nocturne de la pluie battant le pavé d’une petite rue déserte. Les ondes électroniques minimales, simples, permettent à sa voix totalement unique et extraordinaire de faire raisonner au delà d’une maturité sombre et assumée nos angoisses, notre solitude.

To Be With Others, merveilleux titre à la larme froide et malheureuse, parce qu’on a besoin d’être avec du monde pendant quelques heures au moins.

Informations complémentaires

  • Titre: To Be With Others
  • Durée: 5min 03s
  • Artiste(s): Chinawoman
  • Album: Let’s Part in Style
  • Label: Chinawoman
  • Date de sortie: Février 2014