Pauline Croze – La Rua Madureira

A quelques heures du début des jeux olympiques qui vont mettre Rio sous les feux du monde entier, je vous propose de plonger dans le merveilleux album de Pauline Croze Bossa Nova qui reprend en français quelques grands standards brésiliens.

Ne nous le cachons pas, le plaisir est immense de l’entendre accompagnée de sa guitare sèche, de sa belle sobriété, de sa voix sans extravagance qui nous chavire avec tellement de facilité.

Premier des onze titres, La Rua Madureira (composée par en Nino Ferrer en 1970) ouvre le bal de manière particulièrement poignante.

Ovale Lune – JP Nataf

C’est en dépoussiérant et rangeant quelques CD sur une nouvelle étagère que je suis tombé sur ce premier album solo de JP Nataf. En attendant son retour avec Les Innoncents et peut-être parce qu’il nous manque aussi un peu, on s’écoute le merveilleux Ovale Lune.

Informations complémentaires

  • Titre: Moutons
  • Durée: 4min 45s
  • Artiste(s): JP Nataf
  • Album: Plus de sucre
  • Label: Tôt ou tard
  • Date de sortie: Avril 2004

Au Revoir Mon Amour – Dominique A

La sortie incontournable cette semaine c’est le nouvel album de Dominique A, Eleor.

Sublime chanson qui se conjugue avec un clip tout aussi beau !

Informations complémentaires

  • Titre: Au Revoir Mon Amour
  • Durée: 3min 07s
  • Artiste(s): Dominique A
  • Album: Eléor
  • Label: Cinq 7
  • Date de sortie: Mars 2015

Et parce qu’on ne boude pas notre plaisir ci-après le concert qu’il a donné à l’Auditorium de Radio France accompagné pour l’occasion par l’Orchestre National de Radio France sous la direction de Didier Benetti. (disponible jusqu’au 15/09/2015)

Une version améliorée de la tristesse – Peter Peter

Peter PeterPeter Peter c’est une jolie pop qui nous provient du Canada. Entendue tout d’abord sur le premier album éponyme sorti en 2011 puis, sur le sublime deuxième album Une version améliorée de la tristesse, sorti en 2012. C’est sous l’excellent label Audiogram, à qui on doit, notamment, Salomé Leclerc, Ariane Moffatt, Karkwa et tant d’autres, que Peter Peter se dévoile, se met à nu dans des textes mélancoliques et profondément beaux qui pourraient provenir d’un éternel romantique à la jeunesse déstructurée façon James Dean version fureur de vivre ou d’un poète maudit dans les vapeurs d’alcool pour qui la prose est une façon de vivre. Il y a que le québécois a le talent des grands et les déchirures qui vont, parfois, avec. Il y a que Peter Peter sait se raconter et qu’à travers lui c’est un peu nous, aussi, qu’il raconte…

Il est beau ce son. Profondément beau. Et quand on le croit trop tranquille, trop imbibé de mélancolie, il change, se mue et devient plus électro, plus vibrant, sans jamais, pourtant, que ne décline la qualité incroyable des paroles françaises.  Peter Peter c’est juste ce qu’il faut de mélancolie les jours de pluie. Juste ce qu’il faut de synthé pour magnifier la voix. Juste ce qu’il faut de douceur pour apaiser les brûlures et les ecchymoses. Juste ce qu’il faut de talent pour que le son coule et nous bouleverse.

Pour preuve, je mets à l’écoute le sublime titre Une version améliorée de la tristesse ainsi que le tout aussi sublime titre Beauté baroque.

Informations complémentaires

  • Titre: Une version améliorée de la tristesse
  • Durée: 3min 56s
  • Artiste(s): Peter Peter
  • Album: Une version améliorée de la tristesse
  • Label: Audiogram
  • Date de sortie: Février 2014

Demain – Lise Martin

Lise MartinOn est en décembre 2014. Il fait sacrément froid. Je suis au festival La teuf s’amuse, à Genève. On est sur un bateau. Sur le lac Léman. Prix d’entrée 20 francs suisse. (19 euros et quelques) pour 3 groupes programmés. Je trouvais le prix cher. J’y allais essentiellement pour un groupe genevois. Ça faisait cher le groupe à découvrir. Mais j’y suis allée. En retard, comme à mon habitude… j’ai donc loupé le premier groupe. Il me restait à voir le groupe pour lequel je m’étais déplacée. Prise entre les bières et les cigarettes, j’en ai loupé leur entrée sur scène. Je me suis énervée. Moi qui trouvais l’entrée cher, je n’étais même pas foutu de suivre, au moins, les groupes sur scène… Je m’en suis voulu. J’ai vu le groupe qui m’intriguait. On va le citer quand même ! Capitaine etc.. Le son est bon, en plus, donc, oui, on va le citer.  Et puis, prise dans les rencontres, les amis, les autres bières, les autres cigarettes, j’en ai zappé le dernier, de groupe. Puis, arrive le moment « prise de conscience » où le prix du billet me revient en tête et où je me dis que quand même, là, ça fait cher la soirée sur un bateau à ne voir qu’un groupe sur trois. Alors, j’y vais. Je pousse la porte. Dans la pénombre, les lumières de la ville se reflètent sur l’eau. C’est beau. Je vois ça de loin. Les fenêtres. La foule. Puis, eux. Il y a une violoniste incroyable, un guitariste qui tambourine sur des pédales et devient percussionniste, au passage. Et puis, et puis il y a cette voix, cette chanteuse de talent. Une partie du public est assis, devant. Les autres, sont calés contre les piliers ou contre les fenêtres embuées. La hauteur sous plafond est de 1m80, maximum et j’ai l’impression soudaine d’entrer dans un autre monde. Quelque part, dans cette soirée mouvementée, tout s’est apaisé, tout s’est calmé. Et moi… moi, je suis restée là, bouleversée. Elle était là, elle, sur la scène, avec cette voix, cette voix incroyablement touchante avec laquelle elle dit des choses un peu tristes mais sacrément belles. Elle, c’est Lise Martin. Elle, c’est une sacrée voix. Une voix sacrée, même. Elle, c’est des paroles incroyables. Elle, c’est de la poésie en musique. Elle, c’est la perle musicale qui me manquait. Un mélange troublant d’accent d’un autre âge et de modernité qui dépoussière le genre sans le décaper. Elle, c’est mon dernier coup de foudre musical de l’année 2014.

Du coup, fascinée, je cherche des infos. Je découvre que Lise Martin existe depuis 2007. Avant ça, elle chantait en duo avec sa sœur. Je découvre un premier EP Gare des silences sorti en 2010. Je découvre que sur scène, en fait il y a un guitariste, Cyrille Aubert, un violoncelliste, Francis Grabisch, une violoniste, Florence Breteau et de temps en temps un percussionniste, Luc Ginieis. Je découvre donc que le concert genevois était en formation réduite. Et puis, je découvre qu’ils ont sorti un album en 2014 titré Déments songes. Un vrai de vrai. Un double album 12 titres x 2 que je peux donc écouté au casque, troublée, émue, fascinée et bouleversée… parce qu’écouter Lise Martin c’est se plonger au-dedans, se blottir confortablement dans un fauteuil et écouter des histoires qu’on nous raconterait au coin du feu, une tasse fumante entre les mains. On la dirait d’un autre temps, d’une autre époque tant cette qualité-là est rare, à présent. Elle a des accents façon Barbara et on la dirait croisée Brel quand, sur scène, elle nous raconte avec une émotion, une énergie qui semble étrangère au bout de femme, là, qu’on voit devant nous. On la dirait sortie des années où la musique avait l’audace de dire, où la musique avait un pouvoir, où les voix avaient de l’importance, une émotion, quelque chose en tout cas. A présent, la chanson francophone comme on l’appelle, comme pour moderniser le terme chanson française, semble plutôt fade, la guitare se gratte, le son devient plus important que le sens et parfois, même souvent, je me demande ce qu’on en a fait, du français, du pouvoir des mots et de cette façon particulière de raconter. Alors, quand je vois débarquer sur scène une personne comme Lise Martin j’ai envie de la remercier de redorer les lettres, de les redécorer, même. Parce qu’elle en a le talent, le pouvoir, la magie. Et parce que je lui donne tous les droits, aussi… il faut l’avouer. Mais c’est tellement mérité !

Je propose à l’écoute le titre Demain tiré de l’album Déments songes pour ces paroles françaises magnifiques, ce son, ces cordes et cette jolie façon de faire de la musique. Et je conseille fortement le titre L’orage pour ce phrasé magique. 

Informations complémentaires

  • Titre: Demain
  • Durée: 3min 18s
  • Artiste(s): Lise Martin
  • Album: Déments Songes
  • Label: Lise Martin
  • Date de sortie: Avril 2014

L’éternité – Robi

Ouvrant son second album La CavaleL’éternité met en scène le très bel et personnel univers de Robi : des textes envoutants, une ambiance mélangeant avec réussite les couleurs chaudes et plus froides, s’appuyant sur une once de mystère et un synthté hypnotique. Le clip (réussi) du morceau est comme à son habitude de sa propre réalisation.

Informations complémentaires

  • Titre: L’éternité
  • Durée: 3min 01s
  • Artiste(s): Robi
  • Album: La Cavale
  • Label: At(h)ome
  • Date de sortie: Janvier 2015

33 ans – Ben Mazué

Ben MazuéSouvenez-vous, Ben Mazué avait sorti un excellent premier album en 2012. Je me souviendrai à vie de cette rencontre musicale dans mon casque audio. Ça commence toujours de la même façon ; je traîne sur Internet, sur youtube, je sélectionne, j’écoute, je passe. Les artistes se bousculent en masse dans l’casque audio, l’un chassant l’autre avant d’être lui-même chassé. Il y a que la musique doit me parler, me raconter. Si elle n’a pas l’once d’un pouvoir magique, je zappe. La musique a trop de force pour la laisser couler avec le premier artiste venu. J’ai donc passé pas mal d’artistes, que je ne citerai pas, et puis… et puis, j’ai découvert Confession d’un rap addict dans une session de GentleMec.com

Et là, moi, je suis restée scotchée par cette voix, ce mec, ce talent incontestable et cette façon de jouer avec sa voix qui fait que même sans guitare, c’est musicalement magique !  Bref, je suis tombée amoureuse de ce mec, de sa voix, de ce son, de cette fausse nonchalance. J’ai donc acheté son album, impressionnée que j’étais par les titres magiques que j’y découvrais et cette façon de raconter.

Depuis, Ben Mazué a sorti un deuxième album, en 2014, intitulé 33 ans. Je l’ai acheté très rapidement sans me soucier de savoir si les titres me plaisaient. Je marche à l’artiste, pas à un titre. Si un titre me plaît, c’est l’artiste en lui-même qui me plaît car ma foi s’il a été capable de me toucher avec une chanson, il y a de forte chance pour que le talent découvert se retrouve ailleurs, aussi. Je l’ai écouté longtemps sans me défaire de cette voix. Il y a plus de slam, sur celui-ci, d’album. Ça m’a dérangé. Je n’aime pas le slam quand il a le goût trop prononcé du slam. Il est comme un moment de poésie, un instant T, un présent sans lendemain et quelque part, ça me dérange de pouvoir le réécouter. La magie n’opère plus, une fois écouté. J’ai donc été déçue. J’ai mis le précieux sésame dans sa boîte et je l’ai rangé dans ma collection de cd. Quelques mois plus tard, à force de le voir là, dans mes cds, je me suis dit que je devais lui redonner sa chance. Parfois, le moment prime sur l’artiste. J’ai donc repris le disque, je l’ai remis dans le lecteur et pendant que je m’allumais une cigarette, sans trop y croire, j’ai écouté le premier titre de l’album L’onde et je suis restée scotchée. Ma cigarette s’est consumée toute seule, pendant qu’émerveillée je redécouvrais cette voix, ce son, cette magnifique façon de raconter, ces accents Mazuéen qui m’ont fait tant l’aimer. Alors, j’ai écouté ce titre en boucle pour me rappeler combien la musique est, avant tout, une histoire d’amour et à quel point, souvent, on n’y comprend rien. A quel point, un titre est fait pour un moment précis et pas un autre. Il m’a fallu une deuxième écoute, un autre instant pour le comprendre, le savourer et l’aimer.

Je propose donc à l’écoute le sublime, le merveilleux titre L’onde pour ce son qui coule et qui semble si serein malgré ce refrain lancinant du début. J’ai envie d’ajouter le très beau titre qu’est vivant parce qu’il a quelque chose de magique, parce qu’il me touche, parce qu’il est beau ce son et qu’il ressemble davantage à ce que j’avais aimé de Ben Mazué sur le premier album ; des textes français de qualité et juste ce qu’il faut de musique pour les mettre en valeur.

Informations complémentaires

  • Artiste(s): Ben Mazué
  • Album: 33 ans
  • Label: Columbia
  • Date de sortie: Septembre 2014

Couleurs Primaires – Paradis

ParadisParadis, c’est tout d’abord un nom plein de promesses et de culot, pas de doute ce duo nous vient de  l’hexagone !

C’est aussi un équilibre fascinant entre couleurs et sobriété avec les nappes ambiantes de la house, le côté progressif de la techno, des voix pop très accrocheuses marquées d’une candeur sincère et touchante et d’un soupçon de mélancolie à la Française.

Garde le pour toi ouvre l’EP avec son architecture electro qui se met en place tout doucement et laisse place aux deux autres nouveaux titres de cet EP dans une grande justesse, dans un mixage et une production parfaite.

A noter la présence de deux remixes d’un peu moins de 20 minutes chacun, pour prolonger un peu et clore ce voyage dans l’univers de Paradis. Mention spéciale au remix de Superpitcher qui vaut le détour.

L’impatience est maintenant de mise quant à savoir si Paradis arrivera à tenir ses promesse sur long format, mais on peut déjà les acclamer haut et fort pour avoir apporter à l’univers français ce patchwork assez inédit de couleurs chaudes et polaires du paradis.

Informations complémentaires

  • Artiste(s): Paradis
  • Album: Couleurs Primaires – EP
  • Label: Barclay
  • Date de sortie: Janvier 2015

Crocodile – Louis-Ronan Choisy

Louis-Ronan Choisy

Coup de Coeur

Voilà sa mue terminée, du rôle du jeune premier, Ronan-Louis Choisy (« El Chalumo » comme il aimait à s’appeler lors de notre interview pour son précédent album) s’affirme aujourd’hui dans la peau du dandy, fêtard et décadent, à travers un grand album, Crocodile.

Pour mieux s’en rendre compte, découvrons la trilogie Anthony composée de Où vas-tu Anthony?, Crache ton Sang Anthony, et de Anthony à l’Hôpital, dans laquelle les paillettes côtoient les chiottes et où la nuit submerge Anthony, véritable double de fin de soirée de Louis-Ronan, shooté aux différentes poudres blanches et au sexe.

Trois morceaux incroyables d’électro-pop en français (chouette !), glamours, froids, sensibles, désespérés et forts qui perlent de sueurs alcoolisés mais surtout d’un talent fou. Le nouveau grand de la chanson française ?

Informations complémentaires

  • Artiste(s): Louis-Ronan Choisy
  • Album: Crocodile
  • Label: Karamazov production
  • Date de sortie: Novembre 2014

La malinche – Feu! Chatterton

Feu ChattertonDécouverte

Mis en avant au printemps par le radio-crochet des Inrocks, les cinq parisiens à la « pop-carne » de Feu! Chatterton sortent un premier EP très attendu.

Tiré de ses quatre chansons, La Malinche déchire les pages d’un univers à la sophistication décadente pour mieux les recoller en mille et un décors qui défilent comme les mille et une ambiances du Metropolis des années 90s à la techno grasse. Et renaître au milieu de la génération zapping-électro-pop, plus besoin de bouger son cul, c’est le morceau qui dévoile ses magnifiques personnalités.

Bonheur supplémentaire, les paroles sont en français, on en raffole !

« Madame je jalouse ce vent qui vous caresse prestement la joue »

Le clip à la texture de velours est à découvrir juste après le break

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La Vérité – Frànçois & The Atlas Mountains

La VéritéA une semaine de la sortie de son album Piano Ombre (le 17/03/2014), le phénomène Frànçois & the Atlas Mountain (qu’on avait déjà aimé ici il y a quatre ans pile) enfle très sérieusement depuis la sortie du single La Vérité.

Un titre comme une trainée de poudre qui se répand aussi vite que la corruption chez nos hommes (femmes) politiques. « La Vérité en vérité, en vérité la vérité, tu ne la connais pas. » Mais c’est bien loin de nos gouvernants, vers un sujet bien plus intéressant : le couple, que nous entraine La Vérité. Avec un texte au français parfaitement assumé, il nous invite à bord d’une pop particulièrement attrayante et addictive sur le chemin du questionnement de ce qu’on aime / croit aimer chez l’autre / chez l’image de l’autre. Un labyrinthe de possibilités dans lequel, pour sûr, on aime se perdre.

Le clip est à découvrir juste après le break

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