Kid Parade – The Turtle Waltz

Si selon l’expression populaire, un alcoolique notoire boit pour deux, autant qu’un bon mangeur mange pour trois alors les Kid Parade sont nostalgiques pour quatre, frais pour huit et cool pour seize !

The Turtle Waltz est leur premier album et il à déjà cette couleur sépia joliment rétro et singulièrement moderne.

Comme s’il y avait un filtre vintage sur la bande, il se dégage de ce disque une lenteur agréable, un peu en retrait comme on imagine de jeunes adultes rouler en vielles voitures sur les falaises douces et sauvages de la côte ouest.

Il y a dans leur musique tant de contrastes rassemblés qu’il en ressort un maelström d’émotions sincères et juvéniles magnifiées par un jeu et une production infiniment cool.

Le Canada à Mac Demarco, les Etats-Unis ont Kurt Vile, la Suède à Simian Ghost, nous avons maintenant nos rois de la coolitude avec Kid Parade, à nous de leur réserver l’accueil qu’ils méritent, c’est à dire le plus cool et royalement bienveillant du monde !

 

 

Brian S. Cassidy – Alpine Seas

Alpine Seas est le premier album de Brian S. Cassidy, un Texan qui à fait ses classes avec Okkervil River (d’autres Texans) et qui a donné quelques coups de pattes aux merveilleux Shearwater.

Capable du tube le plus entêtant Arcadia ou de la mélancolie la plus somptueuse A cruise, Brian nous emmène en balade avec ses chansons qui nous replongent dans le Folk des grande heures d’Iron & Wine.

Une promenade agréable en voiture ou encore un dimanche matin pluvieux sous la couette et cette galette et votre plus tendre amie.

Des mandolines qui vous chuchotent que tout vas pour le mieux Rich Man, une voix profonde qui vous consolent dans vos états de solitudes les plus profonds..Se sentir bien est si simple à l’écoute de ce disque.

Ajoutons à cela un Song-Writing parfait, pas étonnant, notre Brian,enseigne la musique à de nombreux élèves quand il ne compose pas ses pépites tendres/amères.

Cela parait si facile vu d’ici, c’est pourtant tellement juste.

Tom Chaplin – The Wave

Depuis petit j’ai toujours symbolisé mes soucis d’enfant, puis de jeune adulte, en une vague qui naît, prend de l’ampleur, n’en finit plus d’impressionner et s’échoue sur le rivage.

A chaque problèmes sa vague, à chaque vague son échouement et à chaque échouement son ressac perpétuel dans le grand océan bouillonnant.

The Wave (La Vague pour les moins Anglais d’entre nous..) c’est l’histoire d’une rédemption, celle d’un homme, celle de son auteur : Tom Chaplin, chanteur des fameux Keane qui à bien du mal a assumer son statut de star et qui souffre de gros problèmes de drogues et d’alcool.

Rongé par un manque de confiance en lui, devenant accro et détestant ce qu’il est devenu, il décide qu’il est temps d’amorcer un changement, d’écrire ses propres chansons sous son propre nom et de sortir un disque dont il est profondément fier.

Tom Chaplin a toujours le don d’emporter même les plus réfractaires d’entre nous dans ses chansons.

Même les plus sceptiques succombent a ses mélodies accrocheuses et à sa voix plus profonde qu’auparavant.« Il y’a certains moments ou je détestais ma voix; je la haïssais vraiment. Elle donnais l’impression que j’étais un enfant de chœur pur et angélique. La vérité était bien plus sombre et plus complexe » avoue-t’il.

Avec des tubes puissants et ravageurs Hardened Heart; une production et des arrangements audacieux The River; des petites merveilles pop poignantes et très inspirées See It So clear, Tom Chaplin sort un album puissant qui image la force d’une renaissance, le souffle d’une nouvelle vie, l’ardeur d’une réhabilitation flamboyante d’un artiste sincère et talentueux.

Albin Lee Meldau – Lovers

Lauréat de la première édition du prix Anchor 2016 (autre nom du Reeperbahn Festival International Music Award lancé par le Reeperbahn festival de Hambour : « Le prix ANCHOR est remis chaque année comme un guide pour les fans et l’industrie musicale qui sont à la recherche des meilleures nouvelles musiques et comme un tremplin pour les artistes participants sur la scène internationale.« ) Albin Lee Meldau est un belle découverte qui ne devrait pas tarder à gagner en notoriété à travers le monde.

Originaire de Göteborg (Suède), c’est il y a un an à peine à la fin de son précédent groupe Magnolia qu’il se lance en solo et s’oriente vers une musique plus pop. Très rapidement il se fait repérer sur le net avec le morceau Lou Lou, sa voix aux sonorités soul et à la fêlure si touchante. Signé chez une major, son premier EP, Lovers confirme ici tout son talent.

Titre éponyme, Lovers met l’accent sur une atmosphère chaleureuse, apaisée, intimiste, dans laquelle son chant de crooner jouant dans la cours des graves vous caresse et susurre des mots doux tels que « Kisses » « Lose my mind ». Une invitation à faire plus ample connaissance…

Sam Coomes – Stride On

C’est après neuf albums en duo dans le groupe underground américain Quasi et à un peu plus de 50 ans que Sam Coomes sort son premier album solo Bugger Me… (qu’on pourrait traduire « Merde alors… » en français). Composé autour de son orgue et d’une vieille boite à rythme, Sam Coomes nous entraine dans les méandres d’une musique qu’il souhaite de divertissement, un train fantôme vintage un peu cabossé qui nous plait toujours autant.

On s’écoute pour l’occasion le morceau d’ouverture, le très bon Stride On !

La Femme – Où va le monde

Cela a été très rapide, depuis leur premier titre Sur La Planche, La Femme n’est plus seulement un super groupe de pop française, mais une locomotive citée en référence par de nombreux artistes.

Leur deuxième album Mystère est une magnifique réussite, déjà un essentiel de 2016, où se succèdent les excellents morceaux tels que Où va le monde. Un titre  ENORME qui évoque sur une mélodie colorée infaillible le beau sujet de l’altérité et de ces déceptions. Une chanson qui parle à tous !

Notre entretien avec An Pierlé

« Je deviens gourmande pour faire de la musique »

An Pierlé est véritablement une artiste aux multiples talents ! Elle a réussi en quelques années à être à la fois compositrice officielle de la ville de Gand (où elle réside), à composer la BO du film Le Tout Nouveau Testament pour laquelle elle recevra le prix Magritte du Cinéma 2016 dans la catégorie meilleure musique originale, à écrire et jouer un spectacle pour enfants dans plusieurs langues qui fut lui aussi primé et enfin sortir Arches, un album composé autour de l’orgue de l’église St Jacques de Gand.

C’est avec beaucoup de plaisir que nous lui avons poser quelques questions pour faire le tour de tout ça !

Portrait de la chanteuse belge An Pierlé(c) portrait par Delphine Ghosarossian

Depuis votre album diptyque Strange Days / Strange Ways, sorti en 2013, vous avez fait la BO du film Le Tout Nouveau Testament, que vous a apporté musicalement de faire ce projet ?

An Pierlé : Beaucoup. C’était quelque chose que je n’avais jamais fait, mettre de la musique sur des scènes, partir d’un scénario et simplement ouvrir les portes et recevoir de l’inspiration. J’ai aussi écrit pour un orchestre, ce que je n’avais jamais fait. Je me suis dit à moi même, tu dois faire semblant que tu sais faire ça pour éliminer le doute qui serait tuant. Pour le reste c’était un jardin de jeux parce que dans le même film il y a des musiques romantiques, mais il y aussi des trucs comme une chanson des années 70s disco très ringarde, un morceau trip-hop, un morceau house. Il y a plein de genres différents, et ça c’était gai.

Ca m’a aussi amené beaucoup d’inspirations, de libertés et de l’entrainement musical pour apprendre encore plus de choses et aller dans différentes directions. Je deviens gourmande pour faire de la musique.

Du coup, ce n’est pas trop difficile de revenir au format album, où on doit avoir une certaine cohérence ?

Non, c’est gai de faire des albums, tu fais un cercle de chansons.

« Il faut oser se laisser des espaces libres pour faire venir de nouvelles choses »

Suite au prix Magritte qu’a reçu cette BO, vous avez été beaucoup sollicitée pour de nouvelles BO ?

Non, pas encore. Je ne suis pas en train de chercher non plus. Je n’ai pas un besoin de devenir compositrice de bandes originales de films. Il y a des gens qui font ce métier qui peut aussi comporter beaucoup de frustrations, je pense. J’entendais des histoires où le film est fait, on te demande alors de faire la musique dessus. J’ai eu de la chance d’avoir un metteur en scène qui pensait à la musique dès le début, qui avait vraiment une opinion.

Il faut oser se laisser des espaces libres pour faire venir de nouvelles choses et ne pas, par peur de ne pas avoir du boulot, accepter des choses que tu ne ressens pas vraiment.

En 2012, après avoir été nommée compositrice officielle de la ville de Gand, tu évoquais déjà dans une interview un projet avec un orgue. Le disque arrive en 2016, pourquoi autant de temps ?

Par période, j’ai continué à bosser le projet de l’orgue, et entre temps j’ai fait la BO du film qui m’a pris une année entière, j’ai fait un spectacle musical pour enfants (ndlr Slumberland) pour lequel on a enregistré un album, on l’a beaucoup joué. Au début ce n’était pas le but, on devait l’écrire et des remplaçants devaient le jouer, mais c’était devenu tellement chouette qu’on l’a joué dans quatre langues différentes.

J’ai passé beaucoup de temps à chercher comment traduire dans les autres langues avec l’aide de « native speakers », chercher les mêmes sonorités émotionnelles dans les autres langues.

Comment on se retrouve à enregistrer le disque à l’église St Jacques de Gand ?

Comme je faisais le projet depuis quelques années, j’avais même la clé de l’église. Je suis sage… Ils ont dit « oui ». On a pu entrer. Ca fait vivre aussi les églises qui sont ces temps-ci souvent très vides. De plus en plus ils ouvrent leurs portes pour de la musique. Ce qui est, je pense, une super bonne façon d’utiliser ces lieux qui ont beaucoup d’histoires, beaucoup d’ambiances, beaucoup de spiritualités aussi. La musique y a vraiment une place, c’est bien, on s’aide mutuellement.

Cela n’a pas été trop compliqué d’un point de vu technique d’enregistrer dans un tel lieu ?

Oui, c’était très compliqué. On n’a enregistré là bas que l’orgue, et la nuit, pour ne pas avoir trop de bruits de la ville. Mon copain, producteur, Koen Gisen a vraiment étudié comment faire, parce qu’un orgue a une énorme dynamique et pour marier ça avec des instruments et des voix c’était compliqué, mais il est doué (rires). Le reste s’est fait dans le studio à la maison où on a tout ce qu’il faut.

Donc vous avez enregistré l’orgue puis vous avez placé les autres instruments et chants chez vous ?

Oui. Il y avait déjà des maquettes et des démos, on a joué l’orgue sur les maquettes. Puis lorsqu’on a eu l’orgue on pouvait tout virer et reconstruire à partir du vrai son de l’orgue, et surtout éliminer les arrangements.

Vous pouviez utiliser l’église le temps nécessaire pour capter le son de l’orgue ?

On avait vraiment une liberté totale. Mais on a un bon organiste, on a tout enregistré en quatre nuits, ça va…

Portrait de la chanteuse belge An Pierlé(c) portrait par Delphine Ghosarossian

Dans des interviews, vous parlez de votre album en disant qu’il est sensuel ?

Tu ne trouves pas ? (rires) Il faut l’essayer alors… (rires) A cause de la boite à rythmes, à cause des dynamiques, à cause des rythmes, à cause des basses aussi, je pense que cela a instigué quelque chose d’un peu groovy que tu ne maries pas immédiatement avec un truc comme un orgue, mais finalement cela a amené à ça.

Le disque est sorti début septembre en France, mais bien avant en Belgique. Pourquoi ?

C’est pour la maison de disque en France. C’est un plus grand pays, ils ont besoin de plus de temps pour préparer les choses. Pour eux le timing était mieux ainsi. C’est déjà assez difficile ces temps-ci, il faut se donner tous les moyens possibles. C’est bien comme ça on a tout préparer, les clips ne seront pas finis à la dernière minute, mais bien à temps, c’est très agréable. Pouvoir faire des interviews à l’aise, j’ai déjà réfléchi aux réponses. Et j’ai déjà eu quelques retours, donc je suis moins stressée.

Quels ont été ces premiers retours ?

Très bons ! (rires) Ca fait vraiment plaisir. Le voyage d’un album c’est toujours grâce aux résonnances qu’il fait auprès des gens. Si les gens rayonnent bien, on ne sait jamais… Bon, ce n’est peut-être pas pour tout le monde ce genre d’album, il y a des gens qui détestent, mais ça c’est bien aussi. Ca veut dire que c’est quelque chose de spécifique qui touche une corde particulière.

C’est à cause de l’orgue ?

Oui, je pense qu’il y a des gens qui trouvent ça trop perçant comme sonorité. Pourtant je trouve que c’est un album assez doux finalement.

Portrait de la chanteuse belge An Pierlé(c) portrait par Delphine Ghosarossian

Un second album, une deuxième partie est déjà annoncée, pourquoi deux parties ?

Parce qu’il y avait trop de chansons et de genres un peu trop larges pour tout mettre dans un album. Après, je ne pense pas que je vais refaire un album autour de l’orgue tout de suite. C’est comme les piano-voix il faut beaucoup de temps entre deux albums sinon tu fais toujours la même chose. J’ai envie d’essayer d’autres choses.

Il est déjà enregistré le second opus ?

Déjà cinq morceaux. Ce sera un EP, donc ça va dépendre du temps que j’aurai pour m’y mettre. Ca donne envie d’explorer encore.

Une date de concert à Paris est annoncée dans l’église St Eustache, le 5 octobre 2016, vous allez utiliser l’orgue de St Eustache ?

Oui, on a le droit. On a du prouver que c’est vraiment un bon organiste, qu’il n’allait pas le casser. Normalement ils ne font pas ça, donc c’est très chouette de leur part d’avoir accepter de nous accueillir sur leur orgue, je suis contente. C’est beaucoup d’efforts pour faire les réglages dans de tels lieux, ça demande beaucoup de boulots de toutes les personnes concernées, mais ça va poser l’album dans les meilleures conditions. Ca prend vraiment de l’ampleur quand tu es dans une grande église. Le son t’enveloppe. On en a fait quelques unes et c’est super, donc je suis très contente.

C’est l’endroit idéal ?

Oui, ou un club très dark. Je m’imagine aussi dans un festival tard le soir. Bon pour ça il faut être plus connue, donc je vais dans les églises… et l’année prochaine dans les festivals tard le soir. (rires)

Vous avez essayé l’orgue de St Eustache ?

Non, pas encore. Mais c’est un grand orgue, il a toutes les possibilités pour bien représenter l’album. Ca c’est important, parce que les petits orgues, c’est assez insatisfaisant. (rires) Ca n’a pas de basse, ça n’a pas de fond. Ca peut être très beau, ça peut donner des versions intimistes, sensibles de certaines chansons, mais pour tout l’album il nous faut de grands orgues.

Du coup les balances vont être compliquées à St Eustache ?

On les a averti qu’on avait besoin de temps pour les balances. Mais on a quand déjà bien techniquement préparé les choses. J’ai des bons techniciens.

Il y a beaucoup de reverbs…

Oui, il va falloir faire avec. Il faut qu’il y ait beaucoup de monde pour un peu les absorber.

Il y aura aussi des concerts dans des salles de concert ?

Oui.

Comment vous aller faire pour l’orgue ?

J’ai une très bonne émulation d’orgue. Ca marche très très bien. Ca marche mieux parfois qu’un orgue d’église qui a un son baroque. Ca donne une ambiance plus rock, plus trip-hop…

Vous aviez pensé à tout cela au début du projet ?

Au début, l’idée c’était de faire un projet unique pour essayer l’orgue. Et puis ça a grandi… J’aime bien cette façon de travailler. Parce que si tu commences quelque chose et tu es surpris « ah c’est quand même très chouette, on va continuer » et tu fais un concert, et les gens disent «  c’était magnifique… » alors tu te dis « il faut vraiment faire quelque chose avec ça ». Ca donne envie, ca donne de l’énergie. Le fait que ça a pu prendre du temps, ça fait murir le truc, tu écris différentes chansons parce que tu ne vas pas toujours faire la même chose.

Je pense que dans la musique pop il n’y a pas toujours les moyens de prendre beaucoup de temps, laisser murir de nouveaux projets. Et chaque chose que tu entames ça prend 5 ans avant d’être complètement à l’aise. C’est un luxe.

Portrait de la chanteuse belge An Pierlé(c) portrait par Delphine Ghosarossian

Vous êtes sur Instagram, Facebook, Twitter, c’est vous qui êtes derrière les comptes ?

Oui, c’est moi, je fais de mon mieux.

Qu’est-ce que ça vous apporte d’être sur les réseaux sociaux ?

C’est vrai que chez Pias ils m’ont dit « il faudrait que tu sois sur Instagram… » Mais maintenant je trouve ça chouette. Je remarque que ça me fait regarder les choses un peu différemment, les petits détails m’intéressent… Je n’ai pas envie de faire ça (ndlr mimant un selfie). Ca ne m’intéresse pas du tout ! Pourtant ironiquement c’est ça qui se fait le plus. Ca et les photos des repas. Il faudrait faire un truc super bon à manger et dire « et j’ai un album aussi… » (rires) Je vais devenir la reine d’Instagram ! (rires)

Un dernier mot ?

Je me suis vraiment bien amusée. S’amuser ça veut dire aussi souffrir. Bien sûr je veux que les gens aiment, mais je ne veux pas faire de la musique pour plaire aux gens. Je veux faire de la musique qui touche. Ca c’est plus chouette, parce que ça dure plus longtemps. Ca ne me mènera peut-être pas vers le statut « madonaesque », mais c’est pas grave, je fais mon métier.

De plus en plus je dis avec fierté « c’est mon métier ». Après 20 ans je suis très contente de pouvoir encore le faire et de retrouver de temps en temps, le plaisir de redécouvrir des nouvelles choses, de voir que l’inspiration ne s’assèche pas, c’est luxueux.

Merci

Portrait de la chanteuse belge An Pierlé(c) portrait par Delphine Ghosarossian

Let’s Eat Grandma – Rapunzel

Elles ont 17 ans, elles sont meilleures amies depuis l’âge de 4 ans, RosaWalton et Jenny Hollingworth forment Let’s Eat Grandma en 2013 et sortent un premier album I Gemini remarquable par la liberté qu’elles ont su prendre pour mettre en musique leur univers délicieusement étrange, fantasmagorique et surprenant.

Pour s’en rendre compte, on s’écoute Rapunzel où l’on découvre derrière le rideau d’une longue introduction au piano toute mignonnette, une demoiselle bien plus angoissante…

Camp Claude – Hurricanes

La pochette de leur album investit les murs de Paris, leurs chansons envahissent les ondes des radios généralistes, le trio Camp Claude emmené par Diane Sagnier au chant est en passe de conquérir le grand public avec leur pop joliment arrangée. C’est le moment de les découvrir…

Avis aux parisiens, il reste quelques places pour leur concert ce 11/05 à la Maroquinerie !

 

Refuge – Brokenbird

Brokenbird est le premier EP de Refuge, un premier essai, un premier coup de maître si j’ose dire, sombre sans être oppressant, juste triste, magnifiquement triste.

En guise de trame, cela commence par un fédérateur Nous Sommes Ensemble, et se délite lentement pour se terminer par un désespéré Where Are You Now.

Entre ces deux états, c’est un appel au spleen, à la mélancolie, à la nostalgie, à l’enfance. Comme un enfant chanterait, il invente ses mélodies vocales comme en découvrant ses capacités, jouant avec ses éclats de voix, ses notes brisées, ses sons délicieusement cassés, à l’image du titre Broken Bird qui colle très bien à l’image qu’on peut se dessiner d’un oiseau meurtri.

Sa voix habile dans les graves les plus profonds comme dans les aigus les plus clairs peut parfois nous faire penser au premier disque de Perry Blake, à tout ce que le downtempo a fait de plus sublime ou encore plus récemment à Sohn sur Winter Children.

Comme un exutoire, Refuge exorcise le chagrin dans un déluge infini de beauté, comme un introspection brumeuse mais solaire dans un classicisme idéal tout autant que dans un romantisme absolu.

Sage – Sage

Neuf ans et deux disques d’or après la création de Revolver où il rendait hommage à son amour pour les Beatles, Sage s’éloigne à peine d’un quart d’heure de Liverpool, pour rencontrer la poisseur industrielle de Manchester et ses briques rouges maculées de pluie.

Produit à quatre mains avec Benjamin Lebeau (l’autre moitié du duo rémois The Shoes), cet album dépoussière, remet au goût du jour, détruit les codes de la scène Manchester dont on peut retrouver les ambiances par bribes tout au long de l’album.

Les mélodies liverpuldiennes ne sont jamais très loin. Elles nous réchauffent toujours sur « Time Never Lies », une grande échappée magnifiée par ses tristes guitares cristallines et ses violons venus d’un autre temps.

Car il est bien question de temps, de failles dans ce nouveau projet d’Ambroise Willaume. Il est question de grand écart entre cette voix chaude, jazzy, faussement lyrique et ces productions futuristes comme en témoigne le très Wild Beasts « August in Paris » avec son clip très inspiré par l’univers du surréaliste Magritte et ses paroles révélatrices « I’m looking for a secret alley, no one has ever seen» qu’il confirmera en interview « J’aime aller vers ce que je ne maîtrise pas », et c’est bien là la parole d’un sage.