Notre entretien avec Faada Freddy

Faada FreddyInterview : Céline Perraud Photos : Delphine Ghosarossian

Nous avons eu la chance de rencontrer Faada Freddy quelques minutes avant son concert dans la belle salle du Carré Bellefeuille de Boulogne Billancourt. Superbe concert où il a transcendé la salle comble par sa voix et sa générosité, accompagné de ses partenaires.

Tu es en tournée en ce moment. Comment s’est passé le concert à l’Olympia lundi dernier?

Faada Freddy: Ça s’est très très très bien passé, le public était au rendez-vous et très très chaleureux, et il nous a donné envie de nous donner au maximum. Il était dur de sortir de scène. On était tellement submergés d’émotions. Le public ne partait pas, il restait là et nous aussi on avait envie de rester et de continuer. La suite ce sera le 26 mai au Zenith de Paris.

L’Olympia est une salle mythique, connue pour ses intenses vibrations ; tu as ressenti quoi?

Oh il y a des vibrations très très fortes dans cette salle et aussi dans les loges, tu sens qu’il a des belles âmes qui sont là et ça m’a fait du bien de jouer dans cette salle-là et de voir que le public est là. Ils étaient tous présents. Et il y a des artistes qui m’ont montré qu’ils étaient aussi présents pour moi, comme par exemple Bernard Lavilliers. C’est des présences qui me font plaisir et qui m’ont marqué.

Est-ce que pour un album c’est une étape importante d’être à l’Olympia?

Je ne le savais pas mais en fait oui. Quand on fait un album, on ne sait pas les salles que l’on va faire. On a démarré le projet en jouant un peu partout. Dans la rue, on a commencé en jouant dans des petites salles, notamment au Sunset et après on a laissé grandir la famille. Et maintenant que j’ai fait l’Olympia, je me rends compte que c’est une salle avec des vibrations positives. Elle mérite de performer là-bas. C’était la première fois que je jouais là-bas en tant que Faada Freddy, avant je l’avais fait seul à la guitare pour les premières parties de Lenny Kravitz et de Bernard Lavilliers ou Ayo.

On se rappelle aussi du Trianon où tu avais embarqué tout le monde dans le métro à la fin du concert. Comment ça s’est passé, vous ne pouviez pas vous quitter?

On finit le concert et on a envie de rester avec le public, on sent comme un aimant qui nous garde, une énergie positive qui est partagée. On se dit que nous pouvons être là les uns pour les autres et partager des moments qui nous font oublier que le stress existe et que la vie peut être dure parfois, qu’on peut pleurer. Ici s’il y avait des larmes, ça serait des larmes de joie. C’est des moments qui nous amènent à nous garder les uns et les autres. On peut se garder encore pour quelques moments, le temps de partager encore quelque chose qui fera que le lendemain, on se réveillera toujours avec quelque chose qui nous aura unis.

Ça a l’air d’être un très beau souvenir?

Faada Freddy

Oui c’était énorme, je me rappelle du chauffeur du métro qui disait : « S’il vous plait, ça chante partout ». Du coup on a dit « Bon d’accord il ne faut pas faire de bruit », alors nous sommes sortis et quand on est sortis les passagers du métro sont venus avec nous et ont continué à chanter car ils ont vu plus de 300 personnes dans le métro en train de chanter. Ca fait quelque chose, on ne pouvait pas tous rentrer dans un wagon donc on est rentrés dans plusieurs et après on est sortis tous ensemble et on a continué à chanter vers Barbes, Anvers jusqu’à que l’on se dise qu’il était temps de rejoindre nos familles et c’est ainsi que la soirée s’est terminée sur des mélodies.

Est-ce que tu t’attendais à un si grand succès pour cet album?

En fait il y plus que le succès pour moi, c’est de pouvoir partager, de rendre les gens heureux, que cela soit une salle de 5 personnes ou plus, voir le public heureux c’est tout ce que je veux. Il ne s’agit pas de moi mais ce que je peux partager et ce qui passe à travers moi. Toutes mes chansons sont tirées de ma vie, mais aussi de la vie des uns et des autres, ou de quand je regarde le journal, ou marche dans les rues de Paris ou en Afrique, en Inde, en Australie. Tous ces peuples que j’ai rencontrés qui m’ont transmis des choses. C’est ça que j’ai envie de partager, avec un dénominateur commun qui est la pop music, qui veut dire pour moi musique populaire, c’est à dire qui rassemble et laisse une inspiration à toutes les cultures. C’est mon but, ma raison de chanter. Je chante pour que le partage existe encore. Pour que le public sache qu’il n’y a pas de star, que tout le monde est sous les lumières et que cela continue ainsi.

Est-ce que c’est pour cela que tu as choisi de ne pas utiliser d’instruments « classiques » sur cet album ? D’où vient cette idée?

Faada Freddy

C’est un rêve qui s’accomplit : quand j’étais petit, je ne pouvais pas avoir d’instruments car mes parents n’avaient pas les moyens de les acheter. Du coup je faisais de la percussion corporelle ou je construisais des instruments avec des objets récupérés. J’ai toujours rêvé de faire un album a capella, sans instrument. Je me suis rendu compte que tout le monde ne sait pas jouer d’un instrument mais tout le monde peut taper sur sa poitrine. J’ai fait des ateliers avec des autistes, des enfants, des personnes âgées de 70 ans, des jeunes, et c’est là que tu te rends compte que tout le monde peut le faire et adhérer. C’est quelque chose qui se partage très vite et cela me plait et me fait vivre.

Et une dernière question sur la suite, un nouveau projet ? Peut-être retrouver ton groupe précédent?

Je suis toujours avec le groupe précédent, je fais des allers-retours de temps en temps pour jouer par-ci et par-là mais cela ne m’empêche pas de continuer cette belle aventure solo. Je suis dans une démarche de perfectionner, de polir ce que je fais, pour mieux le transmettre, pour que cela soit mieux compris. Il y a aussi une part d’improvisation que je veux toujours garder car cela est important. C’est la spontanéité. Mais il est important de bien polir ce que l’on fait, de mieux le servir. C’est comme mettre les condiments pour servir un bon plat. C’est la raison pour laquelle j’essaye, avec les musiciens, de perfectionner chaque chose et de trouver de nouvelles choses dans ma voix et de me redécouvrir et aussi travailler avec d’autres musiciens. Je vais travailler avec Ibrahim Maalouf et je suis en train de préparer un deuxième album. Je ne sais pas si je vais toujours faire de la percussion corporelle ou un album avec des instruments récupérés comme dans mon enfance, je ne sais pas encore, mais les morceaux sont là et chaque jour il y a des mélodies et des mots qui s’entrelacent avec d’autres mots et qui font des textes que j’ai envie de chanter. Je ne m’impose pas de limites.

Notre entretien avec Cléa Vincent

Cléa VincentCléa Vincent c’est clairement mon coup de cœur musical de l’année 2014 ; elle était reine de promo dans mon top 4, elle l’est à vie dans mon casque audio. Après deux excellents EPs, sorti en mars et en octobre 2014, sa prochaine actualité c’est un album et ça, c’est cool ! Vraiment cool ! C’est un peu la bonne nouvelle pour une nana, comme moi, qui l’écoute en boucle, en mode replay sur des journées entières. Il y a que la pop devrait ressembler davantage à ce que Cléa Vincent en fait ; une pop colorée, volontairement naïve qui n’est pas là pour apprendre, dire ou expliquer mais pour ressentir, déployer, évincer les emmerdes quotidiennes, les camoufler, les maquiller et rendre la vie plus douce. Voilà ce que fait Cléa Vincent, elle ralentit le tempo, le façonne autrement, le rend plus sympa, plus beau, plus lumineux… Et quand l’air rempli les poumons et que le soleil semble pointer le bout de son nez, on se rend compte, en fait, que les textes sont plutôt tristes. Alors, on a envie de la remercier, elle, d’en avoir fait une danse…

Nul besoin donc de préciser à quel point j’aime sa musique… Et quand le coup de cœur atteint son apogée, la curiosité prend le dessus. On a demandé, on l’a eût ; Cléa Vincent a gentiment répondu à nos questions.

Peux-tu nous en dire un peu plus sur la façon dont tu t’es lancée dans la musique ?

Cléa Vincent : J’ai commencé le piano à 5 ans au conservatoire de Bourg la Reine. J’aimais beaucoup le jazz étant enfant. J’en écoutais énormément. J’aimais bien la chanson française aussi ; Julien Clerc, Alain Souchon, Renaud, Dick Annegarn, Véronique Sanson. J’ai beaucoup écouté les Cure, j’ai beaucoup écouté Radio Nova qui passait des groupes black groovy, puis au moment des boum, vers mes 14-15 ans, j’ai vrillé musique électronique, Daft Punk, Phoenix, Air, Benjamin Diamond, Mojo, Cassius etc. Plus tard vers 18 ans, mes copains DJ se sont mis à passer de la minimal dans des soirées secrètes. Puis un dimanche soir, il y 5 ans, j’ai atterri à une scène ouverte du Popin, un bar rue Amelot à Paris et c’est là que je me suis mise à écouter de la pop et à trainer aux concerts. C’est à ce moment précis que j’ai eu envie de monter sur scène et de chanter mes chansons. Voilà pourquoi ma musique est électro pop, dansante et en français avec des influences jazz…

Et la rencontre avec ton label Midnight Special Records, ça s’est passé comment ?

Victor le patron de Midnight Special Records m’a découvert dans une scène ouverte, le bar s’appelait la Faille. Il m’a contacté par facebook pour me faire jouer dans un festival qu’il organisait au Combustibles. Puis il m’a fait enregistrer une cassette audio de reprises yéyé french riviera. Et on est devenu ami, et aujourd’hui j’ai décidé de faire l’album sur ce même label parce que jusqu’ici je n’ai rencontré personne d’aussi ouvert, avec autant d’idées et une telle vision de la musique.

Avant les sublimes EPs que tu as sortis, y avait-il d’autres formations ?

En parallèle de « Cléa Vincent » j’ai trois autres groupes : Cléa et les coquillages (yéyé french riviera), Les chansons de ma tante (punk-new wave en français) et A la mode (jazz). Ce sont là différentes façons de m’exprimer, je chante toujours en lead, sauf dans A la Mode où je ne chante pas, je fais seulement du piano.

Ta musique elle est un peu schizo, quand même, il faut l’avouer… Les paroles sont plutôt tristes sur un son entraînant. Une façon de se dévoiler sans le côté mélo ou de dédramatiser la chose avec un « on s’en fout, viens danser » ?

Alors, la mélancolie est un de mes traits de caractères principaux, effectivement. Je suis aussi très romantique. Mais ce que j’aime avant tout c’est la légèreté d’esprit, la rigolade. Donc mes chansons sont rythmiquement entrainantes, avec des accords mineurs, et des textes qui expriment souvent la douleur sentimentale…. Mais j’essaye de ne pas être pathétique, j’essaie d’imager le plus possible, de camoufler la mélancolie à travers des métaphores…des personnifications. Par exemple, le titre Méchant Loup.

Je découvre avec un plaisir à peine dissimulé que tu es en studio pour un album. Il est prévu pour quand ? Y a-t-il des collaborations avec d’autres artistes sur certains titres ou c’est du Cléa Vincent en solo ?

Oui je suis en train d’enregistrer mon premier album en collaboration avec Raphael Léger du groupe Tahiti 80. Nous composons et réalisons tout à deux. C’était déjà le cas sur les deux EP’s. L’album est prévu pour janvier 2016. Et j’ai tellement hâte !!!!!

J’aimerai bien que tu m’expliques le cas de la chanson « Happée coulée » que tu as écrite en collaboration avec KIM et qui se retrouve sur l’album de Luce. Est-ce qu’on pourrait rêver à une possible version made in Cléa Vincent sur ton album ?

J’ai composé avec Kim le morceau Happée Coulée. Il a beaucoup plu à Luce qui cherchait des chansons pour son premier album. Avec Kim nous étions trop heureux que happée coulée soit chanté par Luce car nous l’aimons beaucoup, elle est géniale. Je le joue moi aussi en concert, mais je ne pense pas le mettre sur l’album.

La dernière fois, on s’est rencontré après ton concert à la rue des Bains à Genève pour le magazine Ours, peux-tu me raconter l’histoire derrière cette collaboration ?

J’ai rencontré Amanda Oliva Cala du magazine Ours dans un concert en appartement à Paris, elle m’a offert des pan cakes de couleur parce qu’elle aimait ma musique. J’ai adoré ce cadeau, et depuis j’ai fait la musique de son court métrage, Prends ton sac et tire toi et j’ai joué dans son bal à Genève. Et je l’admire beaucoup pour son travail de stylisme. Elle a un talent fou, je pense qu’elle ira loin !

Et enfin, dernière question s’il ne fallait retenir qu’une chanson de tes deux EPs pour te définir, ce serait laquelle ?

Je suis totalement château perdu. Le château c’est mon cœur et il est un véritable artichaut.

Notre entretien avec Mademoiselle K

Mademoiselle K« l’anglais j’en avais besoin … c’était ça ou je crevais artistiquement »

C’est quelques jours seulement après son concert à la Cigale (Paris), moment intense qui confirma le chemin emprunté avec l’utilisation l’anglais, la création de son label Kravache, que Mademoiselle K est revenu avec beaucoup d’enthousiasme sur son nouvel album Hungry Dirty Baby et ses choix pleinement assumés.

Je te propose de débuter par la fin…

Mademoiselle K : Cool, j’aime bien, j’aime bien les débuts qui commencent par les fins

Avec le concert de La Cigale du 26 janvier 2015, comment ça s’est passé pour toi ?

On s’est envoyé un texto avec mon batteur, je leur ai dit « bravo les mecs c’était super ». Il me répond « je suis encore perché », je lui dit « ouais moi aussi ». On est perché après ce concert. Je me suis dit en sortant que c’était la plus belle Cigale que j’ai jamais faite. C’est comme ça que je l’ai ressenti. Il y avait vraiment quelque chose, une aura… je n’arrive pas à l’expliquer… Je l’ai voulu très fort, j’ai beaucoup prié pour que ça arrive, enfin prier à ma manière. Mais on ne sait jamais, c’est un concert. On veut toujours le mieux, mais on ne sait jamais comment ça va se passer.

Je me rappelle, on commence le concert et je me dis « là je suis bien, prends la vague, n’en rajoute pas, reste ». Et morceau après morceau je me disais « putain c’est bien ! » A chaque morceau je profitais d’être là, tout le temps.

J’ai l’impression de raconter une compet’, la compet’ où tu as eu la médaille d’or, minute après minute. C’est vraiment comme ça que je l’ai ressenti. Et les gens étaient incroyables, ils applaudissaient à chaque morceau, mais même quand tu ne disais rien, ils faisaient « ouaisssss »

Il y avait beaucoup d’enjeux dans ce concert

Exactement

Ce concert a permis de valider la nouvelle route empruntée. Le public l’a ressenti et a voulu communiquer que c’était le bon choix…

Comme tu le dis, il y avait un truc en plus comme il y avait beaucoup d’enjeux. Et puis cela fait un an que j’ai commencé à communiquer sur cet album. Le truc a grossi, l’attente des gens, la mienne. C’est comme si on attendait ce moment depuis un long moment. Il y a eu une accumulation de tout ça, et donc lachage.

Mademoiselle KPortrait par Delphine Ghosarossian – Merci au Palais de Tokyo où on été prises ces photos

On va maintenant revenir à la genèse de l’album. Le concept c’était de chanter en anglais pour sortir de sa zone de confort ?

A la base c’est deux choses en même temps, le désir d’anglais profond, et le désir de changement. A chaque album on vire toujours un peu ce qu’on a fait avant, on l’oublie, on le déteste toujours un peu, en tout cas moi j’étais toujours à me dire « voilà, mon dernier album, ça me saoule, je vais faire autre chose. » Sauf que là, c’est un changement beaucoup plus important. L’anglais a permis ce changement beaucoup plus grand. Parce que ça veut dire changer la moitié de ce que je fais. Je fais la musique, des textes, et là je change totalement la couleur du texte.

A la fin de la tournée Jouer Dehors, je me suis dit « là, il faut vraiment que je fasse autre chose. Je préfère faire un concert en Sibérie devant 20 personnes parce que personne ne me connaitra, plutôt que de recommencer pareil. »

L’anglais j’en avais envie depuis longtemps. Tu sais il y a des choses qu’on a en tête et qu’on ne fait jamais. Là j’aurais pu ne jamais le faire, mais je pense qu’un truc a grandi en moi progressivement. J’ai profondément aimé écrire en Français et j’aime toujours ça mais à un moment il y avait ce désir d’écrire en anglais. « Bon ben là tu le fais maintenant, si tu ne le fais pas là, tu ne le feras jamais. »

J’ai déjà fait trois albums, j’ai posé un truc, un univers, d’une certaine manière en français j’avais prouvé des choses. En même temps je voulais aller plus loin. Pour moi c’était l’anglais qui pouvait me permettre cela… C’est paradoxal parce que c’est comme un premier album avec tout ce que ça comporte de fraicheur et de nouveautés, d’excitations, et de fragilités que je voulais, cette reconnexion avec le début. Et en même temps je voulais aller plus loin. C’est commencer quelque chose et étirer quelque chose que j’ai commencé depuis trois albums.

Le concert de lundi il est riche de tout ce que j’ai appris. Je me rappelle des premiers concerts où je ne chantais pas mes chansons, je les gueulais, parce que je ne m’entendais pas, parce que je n’avais pas de recul sur mon concert. Il y a des choses que j’ai apprises.

Non, mon premier album était très rock, mon deuxième aussi. Par contre, c’est la plus belle prod que j’ai jamais eu. Sur le premier album la prod était très belle aussi, mais sur cet album là, je n’ai jamais eu un son comme ça, le traitement des voix, les guitares… Nous aussi on a vachement évolué, car le truc qu’on a appris c’est que c’est pas l’ingé son qui fait ton son, c’est toi.

Les anglais sont beaucoup moins favorisés que nous, ils jouent dans des clubs, ils ont des consoles qui marchent à moitié voire un quart, donc les mecs viennent, ils ont le son. Ils ne peuvent pas compenser avec une console ou un ingé son qui sera très bon. C’est à eux d’avoir le son. Et c’est pas toujours le cas en France, où on a la chance d’avoir de très bons ingés sons, du très bon matos. On a joué pour la pré-tournée dans des clubs de 300 personnes, le matos était très bon. Quand on a joué en Chine, en Inde, ça nous a rappelé que même dans les pays où il y a les plus grands groupes, les Etats-Unis, l’Angleterre, ils sont beaucoup plus à la rade dans les clubs. Mais ça fait des supers musiciens.

Je n’ai pas souffert de ne pas jouer à l’étranger, car avec mes albums en français on a été programmés à l’étranger. Mais à chaque fois je rêvais, je me disais « j’aimerais qu’ils comprennent. » Là c’est l’inverse, c’est aux français à qui j’explique mes textes en anglais. Je trouve que je suis profondément française et j’aime profondément ma langue, et en même temps je suis une musicienne du monde. Un musicien par essence est un citoyen du monde, il n’est pas spécifiquement d’un pays.

Je me souviens quand j’ai décidé la première fois que mon nom d’artiste était Mademoiselle K. Déjà c’était en réaction, car on m’avait appelé Miss K, j’ai dit « non, on m’appelle pas Miss K, c’est très moche, et puis je suis française » Je me rappelle m’être dit « il faut que Mademoiselle K soit écrit en entier, car si je joue à l’étranger un jour, il faut qu’on puis lire Mademoiselle K et pas mlle par ce qu’on sait pas que c’est un diminutif. » C’était très clair dans ma tête que j’étais une artiste française et que si un jour je devais jouer ailleurs, j’allais continuer à être cette artiste française. Là qui chante en anglais, mais qui continue à être une artiste française, je le redis, parce qu’il y a eu des fans qui ont presque eu peur d’une déperdition d’identité, « ah tu quittes la France » à la limite de l’émigration. J’ai eu cette crise du français qui a envie de voir ailleurs, je l’ai vécu à New York, mais j’étais très contente de revenir en France aussi. J’ai parlé de St Augustin pendant le concert, qui dit « le monde est un livre, et celui qui n’a jamais voyagé n’en lit qu’une page. » Cette phrase est très importante pour moi, ça veut dire : « voyagez ! Soyez fiers d’être français, voyagez et revenez et soyez encore plus fiers d’être français. Ne soyez pas français connement, ne soyez pas français en vous repliant. » C’est chaud en ce moment en France, il y a eu les attentats horribles. Mais je vois aussi que les français soient capables de se battre, de se rassembler et de se prendre en main.

Il y a les vieux débats qui reviennent « tu comprends, je ne parle pas anglais. » Je ne vais pas faire la morale aux gens, je ne vais pas leur dire « apprenez l’anglais ! » Mais j’ai envie de dire « tu ne comprends pas l’anglais, et alors ? » Il y a des choses que j’ai adorées que je n’ai pas comprises tout de suite, même en français. J’ai lu de la philo, je n’ai pas compris tout de suite, mais ça m’a passionnée, j’avais envie de le relire, j’avais envie de comprendre. C’est la même chose pour les chansons, il y a plein de gens qui disent « j’ai découvert un artiste, au début j’ai rien compris à cet album là ou à ces titres là… » Alors si l’incompréhension vient de la langue, pourquoi pas, et si ça te fait persister dans la chanson, je suis ravie. Si cela se trouve en français les mecs se seraient arrêtés là, ils auraient moins creuser la chanson. Ce qui m’intéresse aussi c’est qu’il y ait cette démarche, cette curiosité, ce mystère de « je ne comprends pas tout de suite »

En parlant du son de ton album, la production, c’est …

Richard Woodcraft qui a fait Artics Monkeys, The Puppets, qui aussi fait toutes les prises de l’album In Rainbows de Radiohead. On avait déjà enregistré 4 titres avant mais on a fait tout le reste avec lui, on en a même refait un, en huit jours chrono. C’était hyper intense, on a fait 8 – 9 titres en huit jours. On était hyper prêts, on avait beaucoup répété. Il y avait aussi cette excitation, cette part de fraicheur. Bon, chaque lancement d’album c’est génial, c’est l’euphorie, mais pour Jamais la paix ça a été un enregistrement beaucoup plus douloureux. Je n’avais pas vécu ça, même sur Ca Me Vexe on avait plus de temps, on était beaucoup plus gâtés. C’était avec EMI, on avait 10 – 12 jours. Maintenant, les budgets sont plus les mêmes, même en maison de disque. Là, c’est moi la maison de disque, donc c’est encore moins les mêmes.

Pour cet album, j’ai appris pour chaque défaut qu’il y avait à faire un plus. C’est merveilleux, parce que quand il y a une couille, bon c’est dur parce que c’est toi qui encaisse et ton manager, tu ne peux pas la partager avec d’autres, même les mecs du groupe j’essaie de les préserver, tu te dis « putain c’est chaud », mais après tu te redresses, tu fais en sorte que ce soit mieux, tu rebondis, et il y a une nouvelle encore plus importante bien plus forte que la mauvaise nouvelle. A chaque fois tu te nourris de ça, tu marques des points et tu les notes dans ton tableau pour ne pas les oublier, tu t’en sers pour que ça te porte. Ca c’est unique, je n’ai jamais vécu ça sur aucun autre album.

Mademoiselle KPortrait par Delphine Ghosarossian – Merci au Palais de Tokyo où on été prises ces photos

Pourquoi le choix de monter son propre label, alors que tu as du avoir de nombreuses propositions ?

On a fait des rendez-vous avec d’autres labels qui étaient très intéressés. Ce qui nous a un peu dérangé c’est que si on allait au bout de notre démarche et si on voulait être honnêtes dans notre démarche ce n’était pas possible. Ils nous parlaient déjà d’un futur album, ils nous disaient « et la suite, est-ce qu’elle va ré-écrire en français ? » Et là on disait « on est désolés mais on n’a pas fait tout ça pour être signés avec d’autres gens qui nous disent la même chose » Sous entendu qu’ils vont sous-travailler cet album là et l’album d’après c’est reparti. Non, ça veut qui vous n’avez toujours pas compris, cet album là c’est mon premier album en anglais, mais c’est mon quatrième album. Ce n’est pas un sous album, c’est un album très important qui a toute une démarche, et je me suis fait chier autant que pour les autres.

Idéalement on voulait une licence, produire quand même car j’avais pris beaucoup d’indépendance en travaillant cet album, j’avais déjà fait toutes mes maquettes, mes cours d’anglais. La maison de disque n’avait toujours pas levée l’option. A un moment c’est devenu chaud d’un point de vu argent, j’ai dit : « qu’est-ce que vous faites ? Vous levez l’option ou pas ? » Ils ont dit non, parce qu’ils voulaient que l’album soit plus des trois quart en français. Ce n’est pas le boss qui m’a appelé, c’est le directeur marketing qui m’a dit : « voilà, le boss ne veut pas écouter ton album, il pense que c’est une erreur ».

Qu’on apprécie pas tes chansons et qu’on te dise « tu pars », sous entendu j’ai bien compris qu’il allait y avoir du travail et que ce travail ils ne voulaient pas le faire. A l’image de ce que moi j’ai fait sur cet album là, soit. Mais qu’on te dise « on n’écoute même pas. » Par contre je le redis par ce que c’est très important. Je ne serais pas là si je n’avais pas eu de maison de disque. La maison de disque m’a énormément apportée. Je pense plus sur le premier album, le deuxième. A la fin ils auraient pu mieux travailler. Mais voilà on sentait qu’il y avait une fin d’histoire sur le troisième album. Même si j’ai eu une presse que j’avais jamais eue. Dire « on n’écoute pas », tu peux presque dire merci car ça je vais le raconter, c’est pas pro, c’est une faute professionnelle. Je le dis parce que j’informe, j’ai des interviews tous les jours et je redis l’histoire mais je n’appuie pas sur le truc.

Très honnêtement il se passe des choses tellement incroyables. Par la force des choses je me suis produit, j’ai créé mon label Kravache avec mon manager et on a eu une énorme aide de l’Adami qui représente la moitié du budget de mon album et d’un clip. C’est la seule aide qu’on a eu. Le reste c’est ce que j’ai économisé depuis le début de mon projet, 5 ans d’économies. J’espérais ne pas toucher à ce qu’on appelle un PEL, jusqu’au bout je ne voulais pas y toucher parce que c’est ma seule garantie, après si je n’ai plus rien je suis à la rue, pas d’arrière. Et puis il a fallu le casser. Je confirme, j’ai plus rien de coté, donc tout est à faire, et il faut mettre le paquet (rires).

« si je ne le faisais pas j’allais me détester »

Le démarrage de l’album se passe bien ?

Le démarrage se passe très bien et surtout si c’était à refaire… Je me rappelle m’être dit le même jour que le concert en Sibérie devant 20 personnes « bon là tu commences un truc, ça risque d’être compliqué, mais il faut que tu le fasses. » Je le savais, je voulais le faire, l’anglais j’en avais besoin, artistiquement il fallait. C’était ça ou je crevais artistiquement, je tournais en rond. Je ne savais pas encore à ce point, mais j’avais conscience que je me foutrais peut-être dans la merde, que j’allais vendre peut-être deux albums. J’avais conscience que ça allait peut-être être dur, mais je savais aussi que si je ne le faisais pas j’allais me détester.

Franchement aucun regret, vive le rock, vive la musique ! Si je crève la dalle mais qu’il reste un album hyper fort alors c’est quand même ça qui m’excite.

Gérer un label c’est un nouveau boulot ?

Je gérais déjà beaucoup de choses moi-même. Le bon coté, c’est que je ne débarque pas de nulle part. Je me suis déjà toujours soucié de l’artwork, de l’image, de comment je présente un album. Là j’ai découvert les histoires de budgets, mais très honnêtement j’ai la chance d’avoir un manager qui est super, un très bon gestionnaire.

C’est toujours le même manager ?

Gros changement j’ai un nouveau manager, et très honnêtement depuis Yvan Taieb qui a été mon manager sur mon premier album à qui je dois d’être là aujourd’hui, cette personne là c’est le meilleur manager que j’ai jamais eu. Quelqu’un qui ne pense pas au jour le jour, mais qui a une vision sur tout un album, sur tout un futur, comment on construit. J’avais jamais eu cette expérience là avec aucun manager.

C’est quelqu’un qui vient de la maison de disque. En fait je travaillais avec lui depuis le début, c’est ça qui est marrant. Il y a des gens avec qui tu travailles depuis le début et qui évoluent avec toi, qui changent avec toi. Il était chef de projet, et il est parti quelques mois après moi.

Comme les japonais, quand tu leur demandes s’ils parlent anglais, ils disent toujours non, mais ils parlent quand même et ils veulent absolument te rendre service. C’est très mignon, parce que même s’ils ne parlent pas beaucoup anglais, ils se démerdent, mais ils vont te dire non, tellement ils sont modestes. Mon manager Julien c’est pareil, il a mis des mois à dire « oui je suis manager ». Au début il m’a dit « bon, je vais t’aider… » Quand on s’est vu au premier rendez-vous, c’était super pro il est arrivé avec mon dossier de presse, les trucs que j’avais dits. Il m’a dit « tu te rappelles que tu as dit « les mecs qui chantent en anglais c’est qu’ils n’ont rien à dire ! » ? » J’ai répondu « ouais, ouais, je le pense toujours » Il m’a dit « ben voilà, tu vas le redire ».

Maintenant il dit qu’il est mon manager, mais pas depuis très longtemps. Il sait aussi tous les travers qu’il y a en maison de disques et ne veut pas les reproduire. Il s’est dit « je veux faire le mieux de ce qu’il y avait en maison de disques et je veux surtout qu’on kife qu’on ne soit pas en maison de disques » Lui aussi a récupéré une liberté. On a fait un truc, comme un premier album, avec une espèce de fraicheur. Là on s’en fout, on a commencé à communiquer il y a un an, à préparer les choses et sans dire que l’album sortait dans deux jours. On ne savait pas quand il allait sortir, on avait enregistré qu’un quart de l’album, voire un sixième.

Et pendant ce temps je peaufinais mes arrangements, et pendant ce temps je faisais une pré-tournée et pendant ce temps il m’a dit « tu veux faire l’album en trio, tu vas faire des concerts en trio ». A ce moment là j’étais pas persuadée « non, non, en trio c’est hyper dur, laisse tomber je ne vais jamais y arriver. » Il m’a dit « non, c’est mortel, c’est hyper rock » . J’ai dit « on va devoir bosser sa mère ». On a bossé grave. Et ce n’est pas que bosser, au début tu as toujours un petit complexe car on a toujours joué à quatre. Se dire que là ma guitare il faut qu’elle sonne comme deux guitares… C’était ce petit complexe d’infériorité qui fait que tu te construits un gros truc.

Tout a été rock’n roll sur cet album, parce qu’il y avait ce danger et en même temps cette excitation de « on ne sait pas où on sera demain, donc il faut qu’on se bouge le cul tous les jours ! Aujourd’hui on ne va pas penser à ce qu’on va faire demain, on va penser à ce qu’on va faire aujourd’hui. Demain il y aura d’autres choses à faire… » C’est ce truc d’être là tout le temps, je découvre que c’est génial ce que ça apporte.

Mademoisselle K - grand

Sur la pochette de l’album on voit sous une croix, ça veut dire que tu as été crucifiée ?

Je venais de rompre, une grosse histoire, une histoire assez longue et donc j’étais très mal, j’étais en deuil, complètement clocharde chez moi (rires) et j’étais obsédée de la croix. On allait partir un mois après au Brésil pour tester les nouveaux titres de l’album, il fallait que je change la photo de mon Facebook. Mon Facebook, c’est plus que mon site internet, c’est mon premier point de communication avec les gens. Il y avait encore la photo de l’album Jouer Dehors, il était temps de renouveler l’image, j’étais dans autre chose, il fallait une nouvelle photo. J’étais obsédée des croix j’en ai parlé à un photographe que j’aime beaucoup. Il m’a dit « c’est marrant en ce moment je n’arrêtes pas de faire des photos dans des églises désaffectées ». On a cherché, j’ai dit « moi je veux une croix sans Christ, juste une croix comme symbole de mon deuil » Je voulais une croix au dessus de moi, le deuil au dessus de moi, et aussi quelque chose qui représente un changement parce que dans les cycles il y a un deuil puis une renaissance derrière.

Puis on s’est dit Le Père Lachaise ! C’est gratuit, c’est public, c’est ouvert. On a essayé plusieurs caveaux, au début j’étais en marcel devant les caveaux qui nous plaisaient, on était très attirés par les caveaux colorés, il y en avait souvent des bleus. A un moment on est tombés sur un qui était bleu turquoise très beau. Là on a dit « c’est ce caveau là ! » On a fait des photos puis à un moment il me dit « vas-y enlève le haut ! » C’était très drôle parce que c’était en février, c’était hors vacances donc il n’y avait pas trop de monde mais il y avait quand même quelques petits groupes de touristes qui passaient de temps à autres. C’était très drôle parce que je me cachais, déjà j’avais froid, donc je me remettais ma veste toutes les trois minutes, on attendait que les groupes passent et puis on reprenait. Il me disait « tu fais vraiment le truc j’assume » C’était génial parce qu’il fallait faire vite et en une minute il fallait assumer et être là. Une espèce de mise en danger, c’était très agréable. En plus ce cimetière il est mythique, il y a Jim Morrisson, il y a énormément de supers musiciens, poètes.

Après pour l’album on a refait une photo en studio, on a tout refait en peinture. Il y a eu ce coup de cœur pour la peinture avec l’équipe qui a fait le clip R U Swimming ?, des gens merveilleux, un atelier d’effets spéciaux de cinéma qui s’appelle l’Atelier 69 à Montreuil, si tu peux les citer d’ailleurs parce que j’ai oublié, tellement j’avais de chose à gérer. Il y a des personnes très importantes que j’ai oubliées de citer dans les remerciements, mes deux profs d’anglais, et l’Atelier 69 qui m’ont peinte et ont peint la couv de l’album. Et c’est deux de ces mecs là qui m’ont peinte à la Cigale. Ils m’ont montré comment faire parce que je vais devoir continuer sur la tournée. Ca va être dur parce que ça paraît comme ça aléatoire, mais il y a toute une manière de découper le truc, c’est des gens supers.

La croix qui est symbole de mon deuil et de ma renaissance, mais qui n’est pas pro-religieux. Je le redis parce que c’est une époque un peu tendue avec les religions. Je suis contre toutes les formes d’intégrismes, je suis pour la laïcité mais je pense qu’on a tous besoin de spiritualité et que c’est très bien d’être croyant, c’est très beau. Par contre c’est très moche, c’est très débile et pour moi cela n’a rien à voir avec les religions de s’en servir pour détester d’autres gens, pour les tabasser, pour les tuer.

J’étais d’autant plus contente de la photo au Père Lachaise que c’était un mois après les défilés contre le mariage pour tous qui m’avaient beaucoup choqués, comme beaucoup de français. J’étais contente qu’on voit une croix avec quelqu’un qui est profondément pour la liberté et contre toute forme d’intégrisme. Je trouve ça cool que la croix ça ne soit pas juste un truc qu’on voit avec des catho intégristes mais aussi avec des artistes. On l’a vue avec Cure, plein d’artistes kiffent la croix. C’est un symbole qui est très beau, et il y a un truc avec la trinité. Moi je construis tout par trois, mes structures de chansons. J’écris mes chansons spontanément puis quand je les analyse, je me rends compte qu’il y a trois tours. Je fais souvent des cycles par trois.

Notre entretien avec Michel Cloup Duo

Michel Cloup Duo« donner un peu de soi-même, pour qu’il y ait une vérité, pour créer l’émotion »

Nous les avons découvert en 2011 avec Le Cercle Parfait, Michel Cloup (au chant et à la guitare) et Patrice Cartier (à la batterie) livrent un deuxième album Minuit Dans Tes Bras brut, intense, magistral, avec des textes sombres de vérité, poétiques, une musique laissant place à de solos grandioses. Alors quand l’occasion s’est présentée de leurs poser quelques questions, nous n’avons pas hésité…

Comment a muri l’idée de s’orienter vers une formation à deux, sans basse ni clavier ? J’ai lu que c’était à l’occasion d’un concert à Toulouse…

Michel Cloup : On était à une période de saturation sur les projets dans lesquels on jouait tous les deux. Ca fait quinze ans qu’on joue ensemble. J’avais envie de me remettre à des choses un peu solo sous mon nom. Il y a eu cette offre de concert à Toulouse… Avec Patrice (ndlr Patrice Cartier) on s’est toujours bien entendu, on se voyait en dehors des groupes, des différents projets. Très naturellement je lui ai parlé de ce concert. J’avais commencé à travailler sur des chansons de Notre Silence (ndlr précédent album sorti en 2011) de manière très primitive, j’avais grosso-modo des textes, des accords, mais rien n’était mis en place. On a répété deux jours pour ce concert là, et ça a tellement été facile, tellement agréable de se retrouver juste à deux qu’à l’issu du concert on a continué à deux.

Il se trouve, comme s’était le début du projet, qu’économiquement c’était assez facile. Les premiers concerts n’étaient pas payés bien chers. Il n’y avait pas d’album sorti, cette facilité économique a permis de lancer le projet sur la route avant l’album. Aujourd’hui ça continue, parce qu’on est content.

Michel Cloup Duo

Comment s’est faite la rencontre avec votre label Ici d’Ailleurs ? Lire la suite

Notre entretien avec Gush

GushXavier : Et l’interview de Gush commence !

Entre vos deux albums, quatre années se sont passées notamment durant lesquelles vous avez tourné au Japon et aux États-Unis. Comment cela s’est-il passé ?

Xavier : Cela s’est très mal passé, question suivante (rires). C’était génial ! On a sorti le disque au Japon, on y a joué en tant que première partie d’un groupe japonais mais aussi au Summer Sonic Festival pour notre tournée. On a joué à Tokyo, à Nagoya et à Osaka. A Fukushima, c’était un peu plus compliqué. Cela s’est déroulé sur six mois et après, on s’est rendu à Austin pour un festival où l’on s’est frotté à la scène émergente. On a fait quelques concerts à Los Angeles puis Perou, Chili, Argentine ! On a joué au Lollapalooza au Chili. C’était hyper enrichissant d’être en tournée sur un mois et demi non stop puis de rencontrer plein d’autres groupes.

Ce sont de grands festivals en plus..

Xavier : Totalement et c’est là qu’on a commencé à réfléchir pour écrire le deuxième album. Tu parles de quatres ans mais il y a eu un an et demi où l’on a tourné pour le premier album et une année de studio pour Mira.

En comparant les deux albums, j’ai remarqué que les guitares étaient plus présentes sur le premier…

Mathieu : Faux, question suivante ! (rires)

Alors que sur le deuxième, elles sont plus effacées ou traitées différemment. Est-ce une réelle volonté ?

Mathieu : Carrément ! Sur le premier album, il y avait beaucoup de guitares acoustiques qu’il n’y a pas du tout sur le deuxième album. Les guitares électriques sont traitées d’une façon plus discrètes avec plus d’effets, plus de reverb.

Elles sont en fond ?

Mathieu : Oui, voilà ! Les claviers et synthétiseurs ont remplacé la place de la guitare sur le premier disque.

Xavier : Sur les deux EP d’avant le premier disque, les guitares étaient carrément plus électriques mais il me semble qu’ils ne sont toujours pas dans le commerce. Faudrait qu’on s’en occupe, peut-être.. (rires)

Mathieu : Cela ne sert à rien, tu sais..

Xavier : Mais si, on éveille l’attention des lecteurs.

Mathieu : Ce n’est pas dans le commerce mais c’est disponible sur soundcloud pour avoir les morceaux composés avant le premier disque !

Les guitares sont donc effacées et je trouve que c’est au profit de la voix. Elle est plus mise en avant, comme un réel instrument.

Xavier : Sur le premier album, elle était présente de manière classique mais sur le deuxième, c’est vraiment comme un instrument. Sur certains morceaux, on fait des nappes comme un instrument et ce ne sont pas des vraies parties de chant.

Mathieu : On l’envisageait comme un instrument rentrant dans la composition générale et dans l’arrangement. C’était comme une nappe de clavier ou un synthé plutôt que, forcément, une voix lead.

Sur certains titres, il y a même une impression de questions/réponses comme entre une guitare et une basse.

Xavier : Oui, c’est tout à fait ça mais tu as tout compris (rires) ! Autant, sur le premier album, il y avait un lead dans le chant alors que là, il y a plusieurs qui chantent ensemble ou alors on se répond.

Vous chantez tous, vous êtes multi-instrumentistes..

Xavier : Faux (rires) ! Le mec pas énervant.

Mathieu : Question suivante !

Vous ne vous marchez pas dessus pendant la composition ?

Xavier : Parfois, ça peut compliquer l’organisation ou le déroulement de la composition. Il faut savoir laisser sa place à chacun ou se mettre en retrait par moment. Il n’y a pas de places clairement définies mais cela ouvre des portes, enrichit le travail de composition et de studio. Il y a le revers de la médaille car on peut mettre plus de temps pour composer.

Mathieu : Sur scène, cela peut être gênant pour les enchaînements de la scénographie avec des changements de poste. Ce n’est pas aussi simple qu’un groupe dont chaque membre a une place définie alors que nous, on doit bouger et tourner. Quand on a quatre ou cinq morceaux de suite où il faut changer, cela devient compliqué mais c’est sympa, ça entretient (rires) ! Tu es maintenu en éveil, cela permet d’appréhender les instruments d’une autre façon aussi.

L’optique de composition est différent sur Mira, cela nécessite-t-il une adaptation scénique pour les morceaux d’Everybody’s God ? Quel album prend le pas sur l’autre ?

Xavier : Il y a des morceaux du premier album qu’on continue à jouer sur scène mais mis à la sauce du deuxième. L’énergie organique est conservée.On n’essaye pas de diviser le concert en deux parties, on mélange nos deux albums pour avoir un univers musical varié mais uni.

Mathieu : On a réadapté les morceaux du premier album avec la couleur du second. Il faut comprendre que le côté synthétique et digital que l’on a amené devait côtoyé le côté organique du premier album. Il ne faut pas se forcer en étant à 100% dans un des deux disques. C’était important de garder cet aspect joué, vivant et énergique.

Et la tournée se passe bien ?

Xavier : On a commencé avec le Trianon au mois de mai et depuis, on tourne. L’été était consacré aux festivals, on a vu du pays (rires) ! Cela continue très bien avec une super tournée d’Automne et on va essayer d’exporter notre musique à l’étranger comme pour le premier album. On a quelques touches et pistes, on va essayer d’avancer sur ça !

J’ai lu dans quelques interviews que vous étiez qualifiés de « potaches », « sympathiques » ou « marrants ». Cela vous dessert-il parfois ?

Xavier : Nous sommes potaches, nous ? C’est négatif, non ?

Un peu comme les Naïve New Beaters qui aiment plaisanter, je pense non ?

Xavier : Eux, c’est leur fond de commerce. Avec toi, on a un côté potache parce qu’on fait les cons mais tu trouves vraiment qu’on est potache ? Sympathique oui, mais potache ?

Mathieu : Alors qu’on est froid, antipathique et prétentieux (rires) !

Xavier : Nous sommes juste naturels et après, si les gens se rappellent de ça, cela ne peut pas nous desservir.

Mathieu : Il n’y a pas de volonté de manipulation alors que ça marche pour certains, je pense. Nous, on ne veut pas être dans un aspect de « fake » et de représentations. Alors que potache, c’est péjoratif !

Xavier : Il aurait fallu mettre « cons » ou un truc bien explicite plutôt que « potaches » !

Mathieu : (en montrant sur son téléphone) Alors « potache : qui a les caractéristiques des collégiens et des lycéens en ce qui concernent l’humour ». Cela veut dire que l’on est drôle ! Comme dans le clip de Dirty Attitude qui est sorti !

Gush a dix ans de carrière, qu’est-ce que cela vous fait ?

Xavier : On a débuté en 2004 avec des démos et on a enchaîné les concerts. Sur 2006/2007, on a sorti deux EP avec des titres inédits qui ne sont pas sur les disques. Dix ans pour une carrière qui ne cesse d’évoluer. Musicalement, c’est sûr qu’on ne stagne pas avec la volonté de ne pas faire deux fois le même disque et en terme de carrière, cela se fait étape par étape. Le groupe construit son avenir sur le long terme.

Vous avez collaboré avec les Naïve New Beaters en les rejoignant sur scène et en enregistrant Skyline sur leur EP, Guest List.

Xavier : On est dans le même label et on se connaît depuis cinq ou six ans. Des liens se sont créés et effectivement, ils nous ont invité à jouer avec eux sur Skyline. Ces mecs sont géniaux et tellement sympas !

Mathieu : D’ailleurs, ils ont sorti une nouvelle bière et elle a l’air bien sympa !

Avec C2C aussi, il y a eu une collaboration.

Xavier : C’est vrai, on a fait un guest sur leur album et sur le titre Genius.

Mathieu : On a rencontré une moitié de C2C en tournée avec Beat Torrent, Atom et Pfel, et aussi 20 Syl après la cérémonie des Victoires de la musique. Ils ont remixé certains de nos morceaux et il y avait une envie de bosser ensemble. Ils nous ont envoyé une instru pour que l’on pose nos voix dessus. Depuis, il y a des remixs et même un qui vient de sortir et fait par Atom.

Xavier : Tu vois, les meilleurs nous contactent (rires) !

Cela vous intéresserait d’en faire d’autres ?

Mathieu : Toujours ! Mais cela dépend des circonstances et de l’organisation. Après, on s’investit toujours à fond dans nos projets mais il y a forcément des compromis. Personnellement, il y a un mec en ce moment qui me donne envie de bosser avec lui : Kaytranada. Il fait des remix déments et si un jour, on arrive à le choper !

Il est au Pitchfork festival la semaine prochaine !

Xavier : Et bah, on doit le voir (rires) !

J’avais lu que vous aimiez beaucoup Rick Rubin.

Mathieu : C’est un fantasme d’adolescence avec Deft Jam et tous les disques qu’il a produit. Maintenant, il est directeur de label et je pense qu’il ne doit plus produire beaucoup de disques ou alors que ceux des grosses machines. Il n’est plus trop dans son ancien rôle comme avec les Red Hot. On a pas encore rencontrer de gens comme ça, on a tout réalisé et produit nous-même. Peut-être sur le troisième disque.

Xavier : C’est une histoire de rencontrer et de tomber sur une personne ayant une vision intéressante.

Mathieu : Comme les groupes de rock produits par un mec venant de l’électro, comme Philippe Katerine produit par SebastiAn. Pour certains, les résultats ne sont pas toujours là mais la démarche est géniale ! Faire tomber les barrières comme l’électro et le rap.

Avez-vous des recommandations musicales à faire aux lecteurs ?

Mathieu : Déjà, ceux que l’on a cité mais aussi Caribou dont le nouvel album est sorti comme The Do ou SBTRKT. Trois disques à écouter pour la rentrée, c’est déjà pas mal.

On termine par un espace libre.

Xavier : On dit déjà tellement de conneries (rires) ! Venez nous voir en concert et écoutez Mira !

Notre interview de The Callstore

The Callstore« Les moments difficiles sont des passages inconfortables certes, mais ils sont inévitables »

C’est à l’occasion de la sortie de son magnifique premier album Save No One aux mille nuances de noirs, digne de Pierre Soulages, parfois sombres, parfois ténébreux, parfois même lumineux, que The Callstore a très gentiment répondu à nos nombreuses questions. Il revient pour nous sur son parcours, ses chansons, l’enregistrement de l’album et sa rencontre avec Talitres, son label.

Quel est ton background musical ? Tu es plutôt passé par les conservatoires ou tu es autodidacte ?

The Callstore : Et bien j’ai fait deux années de piano avec Brigitte Merer comme professeur sur Auray quand j’étais très jeune mais je crois que de faire de la musique à cette époque ne m’intéressait pas autant que d’en écouter. Des années plus tard, vers mes 13 ans, j’ai récupéré une guitare et décidé dans la même journée que j’allais non seulement apprendre à m’en servir mais aussi écrire des chansons. J’ai imprimé par la suite les gammes d’accords et tout est parti de là. C’était donc dès le départ un projet très autodidacte.

Un premier album est souvent très spontané, comment s’est déroulé pour toi l’écriture des chansons ?

Quand Sean (Bouchard, de Talitres) m’a donné l’opportunité de pouvoir sortir un album, j’ai décidé de produire des chansons déjà existantes en parallèle avec de nouveaux morceaux écrits pour l’occasion. Cela m’a permis de faire des essais tout en gardant une certaine direction prise au début des enregistrements. Je voulais garder cette spontanéité que tu évoques, en évitant cependant de me perdre en cours de chemin comme cela arrive déjà assez souvent pendant le processus de création.

Tu écris souvent à la première personne (I ou We), c’est un choix ou cela s’est fait naturellement ?

Lire la suite

Notre entretien avec Talisco

Capture d’écran 2014-10-29 à 20.10.02Songwriter et compositeur de talent, Jérôme Amandi s’est lancé dans la réalisation solo d’un premier album. De cette volonté, le projet Talisco a émergé puis l’album, Run. Rencontré après les balances de son concert au File 7, le Bordelais s’est agréablement livré à mes questions.

Tu as commencé la musique à l’adolescence mais tu as arrêté pendant une longue période. Comment revient-on à un tel niveau, j’entends composition d’un album et concerts, alors que l’on a arrêté pendant un certain temps ?

Franchement, je ne sais pas. J’ai fait de la musique quand j’avais onze ans et j’ai arrêté vers vingt ans pour bosser. Après, est-ce que j’ai vraiment arrêté ? Je bidouillais de l’électro avec un petit ordinateur. Pourquoi de l’électro ? Parce que c’est facile avec un petit ordinateur (rires). Je m’y suis remis depuis quatre ans maintenant et à un niveau de travail important. On y revient avec l’envie et la passion. Si tu as ça dans les tripes, tu y vas et le reste ne compte pas.

Cela te manquait ?

Oui, ça me manquait. Parfois, tu as l’impression de ne pas être à ta place. Quand j’allais à des concerts, j’avais l’impression d’être une espèce de vieux con (rires) en étant toujours en train de critiquer et au final, je me disais à moi-même : « t’es blasé parce que t’aimerais être là, c’est tout ! ». Il y a quelques déclics qui te font te dire que c’est le moment d’y retourner.

Comme tu le disais avant, tu fais de l’électro et tu joues de la guitare. Comment se met-on à l’électro-folk ? Est-ce que cela vient d’un choix ou seulement parce que cela se fait naturellement ?

Je me suis jamais dit : « tu dois jouer tel genre de musique ». La guitare est mon premier instrument et après, j’ai vu passé une MPC 1000, un Roland 909 et plein d’autres trucs que je revendais au fur et à mesure. J’ai même eu des platines, une basse ou un clavier ! Puis, j’ai voulu mélanger tout ça de par ma culture musicale.

Quand on lit des interviews d’autres artistes, ils expliquent qu’ils ont mis des mois ou des années à concevoir un album alors que toi, tu as composé et enregistré Run rapidement. Comment peut-on se dire que l’on fait un album presque dans l’urgence ?

Lire la suite

Découvrez Fiona Walden

Fiona WaldenA quelques mois de la sortie de son premier EP prévu pour début 2015, découvrons l’artiste Fiona Walden, que nous suivrons régulièrement. Dans cette première interview, elle nous dévoile son parcours, son univers, ses derniers coups de coeurs.

Pourrais-tu nous présenter ton parcours jusqu’à aujourd’hui?

Fiona Walden : J’ai toujours fait de la musique. Piano dès 3 ans mais les cours m’ont fatigué du coup j’ai continué à jouer seule et j’ai appris également guitare à l’adolescence, avant d’enchainer sur la basse en autodidacte.

Mais mon instrument principal reste la guitare.

J’ai commencé à chanter dans mon ancien groupe puis la scène s’est enchainé ou j’ai vraiment eu une révélation, que je ne pouvais rien faire d’autre.

Au final mes groupes se sont séparés, j’ai fini mes études, j’allais rentrer dans les rangs avec un job normal mais j’ai rencontré mon compositeur Saad Tabainet avec qui nous avons crée le projet Fiona Walden.

Nous avons tous les 2 abandonné tout ce que nous faisions auparavant pour se consacrer à 100% à ce projet. Ca fait maintenant un an et demi que nous sommes enfermés en studio à composer, nous avons fait quelques concerts mais maintenant on sort du studio pour présenter tout ça!

[singlepic id=260 w=320 h=240 float=]Portrait par Delphine Ghosarossian

Qu’est-ce qui t’a donné envie de te lancer dans la musique, et de chanter?

Mon père est musicien, amateur certes mais il sait jouer de tout. Il y a toujours des guitares qui trainaient chez moi, des instruments un peu partout, un piano dans le salon. C’était une évidence.

Ma grand-mère était une superbe pianiste, à la fin de sa vie, atteinte d’alzheimer, elle ne nous reconnaissait plus par contre elle n’avait aucun problème à jouer les concertos pour piano de Mozart et cela de tête.

Comment décrirais-tu ta musique?

Lire la suite

3 questions (et plus) à Benjamin Schoos

Benjamin Schoos« Mon combat est de livrer du beau et de l’amour »

Artiste belge aux 1001 talents, à la fois auteur, compositeur, arrangeur, producteur, illustrateur, chroniqueur radio, télé, dessinateur de fanzine, il fonde en 2006 le label Freaksville et lance avec le label une radio en ligne Radio Rectangle, c’est pour la sortie en novembre de son prochain album solo Beau Futur à la magnifique pop synthétique que Benjamin Schoos, a très gentiment répondu à nos questions

Vous avez un parcours qui a baigné longtemps dans la musique avant de vous produire en solo en 2006. Y a t-il eu un déclic ? Qu’est ce qui vous a pousser à vous lancer?

Benjamin Schoos : Hum je dirais, en 2012 je me suis retrouvé complètement seul dans mon studio Freaksville pour enregistrer l’album China Man vs China Girl, cela ne m’était plus arrivé depuis 2007, pour l’enregistrement de mon album l’Homme Libellule sous le nom de Miam Monster Miam. Sous ce nom j’étais passé d’artiste solo à groupe rock. Le dernier album sous le nom de Miam Monster Miam, Femme Plastique, était un vrai album de groupe rock, enregistré à Londres en live.

Doit on vous appeler Benjamin Schoos ou Miam Monster Miam ? Pourquoi ce nom d’artiste?

Benjamin Schoos s’il vous plaît, même si beaucoup m’appellent encore Miam en Belgique. Ado quand j’ai commencé à enregistrer sur mon quatre pistes, c’était en fait pour réaliser des cassettes démos pour vendre avec mon fanzine que je dessinais à l’école. Le fanzine s’appelait Miam Monster Miam, le bruit que faisait un extraterrestre sur la cover ! Un truc d’ado imprégné par la culture bis science fiction. J’ai gardé alors le nom de mon fanzine. J’étais populaire, j’en avais vendu 15 dans mon école !

Il est important pour vous d’avoir des invités? Des voix féminines qui vous accompagnent? Lire la suite

3 questions (et plus) à MLCD [My Little Cheap Dictaphone]

MLCDAprès The Tragic Tale of a Genius « un mini-pop opéra » sur la vie d’un jeune musicien, récompensé par deux Octaves de la musique (Belgique), MLCD [My Little Cheap Dictaphone], quintet liégeois nous offre un nouvel album The Smoke Behind the Sound à l’électro-pop bien pendue, enivrée par des mélodies entrainantes et une production très soigné. La très belle découverte de ce printemps.

Votre précédent album The Tragic Tale of a Genius était un album au concept fort. Pour The Smoke Behind the Sound, avez-vous travaillé autour d’un autre concept?

On a voulu se réinventer et sortir de l’album concept. Le point de départ était qu’on voulait composer un maximum à 5.

Nous nous sommes donc isolés pendant de nombreuses fois dans des chalets perdus et dans un Mas en Provence pour vivre en communauté et jammer un maximum. Au niveau de notre son aussi, on voulait sortir de nos habitudes et essayer de sortir de nouvelles choses. Le nouvel album est tout aussi arrangé que l’album précédent, mais avons cette fois-ce beaucoup utilisé de claviers et de guitares de manières texturales.

Comment s’est faite la rencontre avec Luuk Cox (producteur)?

On avait démarché beaucoup de producteurs, des anglais, des américains, mais après avoir parlé avec Luuk 5 minutes, on a compris que c’était notre homme. Il était partant pour partir en studio avec nous près de 6 mois et avait une super vision sur la production de chacune des chansons ‘version démo’ qu’on lui faisait écouter.

Lire la suite

Notre entretien avec Para One (2/2)

Para OneLa deuxième partie de notre interview avec Para One.

Tu as fondé Marble avec Surkin et Bobmo mais tu étais dans un autre label avant. Comment en es-tu arrivé à changer ?

Para One : J’étais sur Institubes comme artiste fondateur mais je n’étais pas vraiment dans le staff. Je n’ai jamais été impliqué dans le financier et je savais que ce n’était pas mon truc. Je n’avais pas envie de m’impliquer là-dedans mais je faisais partie du crew Institubes et on était une vraie famille.

Avec Marble, tu as changé de rôle ?

Je suis plus impliqué dans la gestion du label et on a été rejoint par Canblaster et Myd. Maintenant, c’est une hydre à cinq têtes. Je considère que ce n’est pas vraiment mon métier de développer d’autres artistes mais j’apprends à m’impliquer. C’est très intéressant de comprendre comment élaborer une stratégie et j’avais négligé ce genre de choses. J’apprends ces choses-là seulement maintenant. Lire la suite

Notre entretien avec Para One (1/2)

Para OneA l’occasion de la sortie de Club, Para One a répondu à mes nombreuses questions. Dans ce second entretien, il revient sur son parcours artistique.

Tu as commencé avec Svinkels ou TTC et tu as travaillé avec d’autres rappeurs comme Flynt. Comment en es-tu arrivé à débuter dans le hip hop ?

Para One : Pour moi, c’est plutôt l’inverse : comment j’en suis arrivé à faire de la musique électronique ? Si tu m’avais rencontré en 1997, je n’avais écouté que du rap dans ma vie depuis mon enfance. Mes grandes sœurs n’écoutaient que du rap toute la journée. C’était la grande invasion du rap dans la fin des années 80, en France. J’ai adopté ce truc tout de suite et je n’ai écouté que ça. Je n’écoutais aucune autre musique et je les rejetais toutes. Pour moi, la musique que je voulais faire était le rap. J’étais monomaniaque, je n’ai pensé qu’à ça pendant très longtemps et en fait, paradoxalement, en travaillant avec des rappeurs comme TTC, j’ai découvert la musique électronique.

Comme une passerelle vers la musique électronique ?

Tout à fait, on s’est rendu compte que l’on n’avait pas l’envie de faire du rap qui existait déjà. Nous étions très excités par ce qu’il se passait dans les clubs et les festivals en terme de musique électronique. Alors, on s’est dit qu’on voulait mélanger les deux mais pour moi, le rap est ma première nature.  Lire la suite

Notre entretien avec Bobmo

BobmoAprès de nombreux EPs, Bobmo s’est décidé à sortir son premier maxi New Dawn, sous le label Marble. A cette occasion, le jeune DJ a satisfait ma curiosité.

Alors, qu’est-ce qui t’a poussé à proposer ce premier album, New Dawn ? (le format, un nombre important de compositions, …)

Bobmo : J’ai toujours voulu en faire un. comme tout le monde je collectionnais beaucoup d’albums quand j’étais plus jeune et c’est quelque chose qui m’attirait quand je commençais a faire de la musique, plus que les singles en fait. Mais c’est en faisant tous ces EPs que j’ai pu progresser, me faire une vision globale de ma musique puis me lancer sur un long format. Bien sur le format EP me plait mais je le trouve vraiment court quand tu as pleins de choses a dire. Il y’a des morceaux de l’album que je n’aurai jamais sorti sur des maxis.

A l’écoute de New Dawn, on oscille entre musique électronique de club comme When I Look, Mind Control ou I Want You et des morceaux plus psychédéliques et tirant même sur l’aspect rave comme Memories, It’s Happening Again ou Sonic Soul. Avais-tu une volonté, durant la composition, de proposer un univers varié et non pas statique ?

Oui complètement, je ne voulais surtout pas faire un album de tools 100% techno ou house, je n’en vois pas l’intérêt. Je fais de la musique tout court, c’est club la plupart du temps mais bizarrement je ne me considère pas comme un vrai producteur de house. Pour cet album j’ai voulu faire une collection de morceaux qui me ressemblent, l’aspect brutal et l’autre très deep sont pour moi connecté. J’aime l’esthétique rave anglaise, le disco, j’aime la dance américaine des années 80 et 90… et des choses récentes aussi mais ce coté super naïf des débuts de la musique de club m’inspire vraiment, quelque soit le style. J’ai voulu mélanger tout ça et le faire a ma façon. Lire la suite