Sarathy Korwar – Day to Day

Dans la série « les albums 2016 qui nous ont été conseillés, qui nous ont touchés et qu’il ne faut pas louper »…

Né aux Etats-Unis, Sarathy Korwar a grandi en Inde. Son premier album sorti en Juillet 2016 sur le label Ninja Tune conjugue au présent jazz, musique électronique et musique folklorique traditionnelle de la communauté Sidi en Inde. Un voyage hors de nos sentiers battus particulièrement réussi.

Dans le communiqué de presse, il indique ainsi : 

« Le disque parle de la façon dont nous vivons, individuellement et collectivement, au quotidien, les tâches et les rituels quotidiens qui nous rassemblent. C’est une célébration du trivial et du banal ». Les rag quilts colorés que les Sidis fabriquent à la main en utilisant des tissus de récupération est une métaphore parfaite pour le disque : « les femmes Sidis font des collages impressionnants à partir de chiffons de tous les jours, c’est comme ça que je vois mon album ».

Vaudou Game – La vie c’est bon

C’est une chanson aux ondes positives et terriblement communicatives, prônant la simplicité qui va nous accompagner aujourd’hui. Poussé par des cuivres groovy, un rythme ultra funky et le chant de Vaudou Game lumineux La Vie C’est Bon éclaire irrésistiblement votre journée, la rendant plus joyeuse, plus libre, bien moins sérieuse et ça fait beaucoup de bien.

La Vie C’est Bon est tiré de son deuxième album Kidayu qui regorge de bien d’autres excellents morceaux.

Leyla McCalla – A Day For The Hunter, A Day For The Prey

Après un premier album très réussi (qu’on avait relayé ici), Leyla McCalla franchit l’obstacle du second opus avec le même brio que l’équipe de France d’équitation au saut d’obstacles lors des JO de Rio !

A Day For The Hunter, A Day For The Prey est une merveille mêlant dans une spiritualité bienveillante de nombreuses influences : antillaises, cajun, americana, …  qui procurent aux différents morceaux une richesse et un universalisme particulièrement touchants.

Pour notre plaisir deux extraits: le titre éponyme (en anglais) et Manman (douce comptine en créole), avec en bonus quelques mots de Leyla McCalla sur cet album.

A Day For The Hunter, A Day For The Prey

Manman

Présentation de l’album par Leyla McCalla (vost)

 

 

 

Pauline Croze – La Rua Madureira

A quelques heures du début des jeux olympiques qui vont mettre Rio sous les feux du monde entier, je vous propose de plonger dans le merveilleux album de Pauline Croze Bossa Nova qui reprend en français quelques grands standards brésiliens.

Ne nous le cachons pas, le plaisir est immense de l’entendre accompagnée de sa guitare sèche, de sa belle sobriété, de sa voix sans extravagance qui nous chavire avec tellement de facilité.

Premier des onze titres, La Rua Madureira (composée par en Nino Ferrer en 1970) ouvre le bal de manière particulièrement poignante.

Amerika – Alina Orlova

Comme une oeuvre répond à une autre, Amerika d’Alina Orlova vient en écho et en creux à l’America présenté lundi dernier. L’ambiance est ici joyeuse, débordante, un tourbillon de vie magnifique.

C’est aussi l’occasion de se dire que depuis 2011, la sortie de Mutabor dont est extrait ce morceau, c’est long et qu’on écouterait bien de nouveaux morceaux.

Informations complémentaires

  • Titre: Amerika
  • Durée: 2min 04s
  • Artiste(s): Alina Orlova
  • Album: Mutabor
  • Label: Fargo
  • Date de sortie: Avril 2011

Pas Contente – Vaudou Game

Chaleur dans les rythmes, soleil dans les basses, Pas Contente de Vaudou Game nous entraine sur les chemins chaloupés d’un afrobeat parfaitement groovy & funky. On se régale !

Informations complémentaires

  • Titre: Pas Contente
  • Durée: 3min 35s
  • Artiste(s): Vaudou Game feat. Roger Damawuzan
  • Album: Apiafo
  • Label: Hot Casa Records
  • Date de sortie: Septembre 2014

Jesce sole – Piers Faccini & Vincent Segal

Piers Faccini Vincent SegalCoup de coeur

C’est en duo acoustique, une formation minimale qui n’est pas sans rappeler les premières heures de leur rencontre il y a 25 ans, à jouer ensemble dans leurs chambres d’étudiant ou dans les rues de Paris, que Piers Faccini & Vincent Segal enregistrent Songs of Time Lost.

Composé de reprises et chansons originales, cet album débute par le frissonnant Jesce Sole, chant traditionnel napolitain, dont l’origine est estimée à 1200. Ce morceau réduit à son essentiel par élimination systématique des scories par le temps, possède en lui une force du sacrée qui tendrement vous envahit et vous touche sacrément. Comme si le souffle de l’histoire, des siècles traversées s’exprimait à travers le violoncelle de Vicent Segal et la voix de Piers Faccini, que toute la culture de l’Italie du sud se rassemblait dans cet air éternel, grave et fier.

Magnifique jusqu’au silence qui ont une portée incroyable.

A l’écoute après le break

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Obélix Samba – Gérard Calvi

Gérard CalviJ’ai choisi cette semaine un morceau composé par Gérard Calvi en 1976 pour la bande originale du film Les Douze Travaux d’Astérix, qui s’intitule Obélix Samba.

Compositeur et chef d’orchestre né en 1922, Gérard Calvi a fait une carrière très prolixe et très variée : compositeur pour Piaf, Liza Minnelli, Sinatra, réalisateur d’œuvres symphoniques, de pièces pour solistes, de musiques de chambre, d’opérettes, de partitions pour le théâtre, la télévision, le cinéma (notamment un chef-d’œuvre inconnu avec Guy Bedos : L’œuf en 1972)… Dans Le Petit Baigneur (1968), dont il compose la musique, on l’aperçoit même en chef de la fanfare vers la fin du film.

Revenons sur cette samba : un sommet de la pop française, un morceau génial, rythmé, dansant, dans une scène psychédélique qui appelle aux plaisirs, tous les plaisirs. Manger, danser, faire l’amour, sans règle, sans carcan ; ça laisse rêveur… Ces petits pieds qui gambadent, ces fesses rebondies qui remuent, ces robes presque transparentes qui ne cachent pas grand-chose. On est bien sur l’île du plaisir. Presque un titre de porn music vintage ! Les Douze Travaux est un chef-d’œuvre du 7e art, je ne mâche pas mes mots, c’est très sérieux. Bon, peut-être que le fait d’être né au milieu des eighties et de voir ce film régulièrement depuis ma tendre enfance aide… Pourquoi un chef-d’œuvre ? Parce que : dessin animé sans prétention qui s’adresse aux enfants, le film dispose de plusieurs niveaux de lecture subtils, d’un humour intelligent et corrosif, qui puise d’ailleurs dans la culture populaire comme dans la culture savante, d’un dessin aussi enfantin que complexe (la maison qui rend fou, les couleurs de l’île du plaisir, les ombres planantes des fantômes, les monts enneigés, etc.), d’une construction en tiroirs avec cette réflexion morale mais jamais manichéenne sur les épreuves à franchir ; le tout repose sur une alchimie syncrétique et PAF ! un pur chef-d’œuvre ! C’est le 2e et dernier film de la série Astérix, après Astérix et Cléopâtre, qui sera réalisé par Goscinny et Uderzo, les auteurs originaux, ce qui explique qu’il soit si bon. Notons qu’en 1976, EMI Pathé sort deux disques vinyles : un LP qui reprend les dialogues, bruitages et musiques du film, que tous les diggers ont dans leur collection ; et un EP avec cinq titres seulement, dont Obélix Samba, qui est au contraire très rare. Sur les panneaux de fin des Douze Travaux, on lit que « la samba a été dansée pour nos animateurs par Lourdes de Oliveira et Luiz Antonio Carraro » ! Dommage que ce titre si obsédant, cet appel hédoniste, dure si peu de temps Lire la suite

Por Cima – Flavia Coelho

Flavia CoelhoAlors que toutes les caméras du monde vont se tourner dans quelques jours vers la coupe du monde de foot, il est temps de mettre un peu de Brésil dans nos colonnes, de soleil dans nos têtes et du rythme dans nos hanches.

Pour cela le coup d’envoi du second album de la Flavia Coelho Mundo Meu, dont on notera la présence de très beaux invités dont Tony Allen, arrive à point nommé, un « fait exprès » qui saura accompagner les avant / après matchs et mi-temps d’un groove de bossa aux courbes généreuses bien plus agréables que celle d’un ballon trop rond.

Ouvrant le match avec un rythme parfaitement enveloppé droit dans la lucarne, des « r » aussi bien roulés que les râteaux de Ronaldo, un air pétillant et gentiment festif d’un soir de finale, Por Cima se fait fi des adversaires, des lourdeurs, pour marquer un magnifique « gol » de notre été. Du soleil dans ton casque !

Le clip du morceau est à découvrir juste après

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Song for a Dark Girl – Leyla McCalla

Leyla McCallaCoup de Coeur

Nouvelle artiste venue depuis la Nouvelle Orléans (après avoir grandi à New-York), Leyla McCalla débarque avec, dans ses valises de belles influences jazz, soul, blues et musique caribéenne (plus précisément d’Haïti d’où sont originaires ses parents) et un premier album bien nommé Vari-colored Songs – A Tribute to Langston Hughes.

Langston Hughes « est un poète, nouvelliste, dramaturge et éditorialiste américain du xxe siècle. Sa renommée est due en grande partie à son implication dans le mouvement culturel communément appelé Renaissance de Harlem qui a secoué Harlem dans les années 1920 » – source Wikipedia. Song for a Dark Girl est l’un de ses textes mis en musique avec une simplicité et un dépouillement qui ne fait qu’ajouter à la beauté et à l’aura du morceau. Une guitare, une voix, de l’émotion, juste l’essentiel, la grande classe.

Pour mieux se rendre compte de la palette de talent contenue dans cet album, arrêtons-nous également, dans un registre très différent, plus ensoleillé, festif, en créole mais tout aussi authentique et épuré, sur le titre Rose Marie, un délice gorgée de joie de vivre, tout en rondeur et générosité. On se régale.

Song for a Dark Girl et Rose Marie sont à l’écoute juste après le break

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Xerîbî – Bachar Mar-Khalifé

Coup de Coeur

Loin de tout courant à la mode, la musique de Bachar Mar-Khalifé est intemporelle et universelle tellement elle parle à nos émotions, à nos sentiments les plus fondamentaux.

Xerîbî est un morceau extrêmement poignant à vous retourner l’estomac où seul devant son piano grave et solennel, sa voix est comme un cri d’appel venu nous interpeler. C’est une chanson qui vous extrait de la futilité du quotidien et vous place au coeur des vérités du monde. Le voyage est direct et se fait sans gilet de sauvetage.

« Xerîbî est une reprise du chanteur kurde Ciwan Haco, qui exprime la douleur de l’exil et l’espoir d’un pays. Bachar  Mar-Khalifé l’ajuste à son idéal universaliste et remplace le Kurdistan par Utopia, mon pays  »

Les notes sont terriblement justes, l’interprétation est exceptionnelle. Inutile de comprendre les paroles, on perçoit tout : la gravité, la souffrance mais surtout la dignité et beaucoup d’humanité.

Magnifique à chialer !

Xerîbî est tiré de son album Who’s Gonna Get the Ball from Behind…

A noter pour tous les parisiens, il sera en concert ce vendredi 29 mars 2013 au Café de la Danse.

A l’écoute juste après le break

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Les Ondes Orientales – Dhafer Youssef

Dhafer YoussefAssis sur les bords de la Méditerranée, les pieds au dessus de monde, on se délecte avec Les Ondes Orientales de Dhafer Youssef (pour Dhafer bin Youssef bin Tahar Maarref, compositeur, chanteur, oudiste tunisien qui a, depuis quelques années, élu résidence à Paris) et on trouve le monde beau. A la croisée des cultures, des continents, des émotions, Les Ondes Orientales est un titre où le jazz, la musique traditionnelle tunisienne, l’oud, le piano, la voix pleine d’émotions de Dhafer Youssef se conjuguent au présent de l’intelligence et de l’harmonie.

Les Ondes Orientales utilise avec majestuosité le temps et l’espace. Il s’installe avec courtoisie comme on entre chez des amis, déploie ses ailes pour un envol aérien, hypnotique, ouvert et généreux.

Pour notre plus grand plaisir, on notera que le phénomène Tigran Hamasayan complète le quartet. Cette chanson est tirée de l’album Abu Nawas Rhapsody sorti en 2010.

La version live du morceau, enregistrée lors du festival Jazz Sous les Pommiers de 2010, est à découvrir juste après le break.

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