Lambert – Sweet Apocalypse

Le sentiment de quitter terre, rester sans voix, puis se dire que 37 minutes viennent de s’écouler hors du temps, hors du monde. 

Voila ce que l’écoute du nouveau disque de Lambert a pour corollaire direct, inévitable, naturel.

L’insolence d’un piano flirtant avec les mélodies d’un Thom Yorke du fond des abysses et d’un Dvořák qui aurait trouver sa fontaine de jouvence, puisque c’est aussi ça la musique actuelle, le modern classique, la justesse, l’émotion vive, la beauté brute, A Thousand Crash.

Une oeuvre qui tutoie les anges et le sublime avec des notes jouant a cloche pieds sur le fil de la mélancolie Licking Dew, de l’angoisse Waiting Room et de la joie Descending a Staircase pour former une symphonie plurielle. 

Un Sweet Apocalypse qui porte infiniment bien son nom, tant il possède et côtoie à merveille la douceur de la fin des mondes.

Kate Tempest – Europe Is Lost

Poète, romancière, musicienne, à 30 ans à peine, Kate Tempest s’est déjà fait un joli nom outre Manche. C’est tout à fait mérité tant son talent est grand. Il suffit d’écouter quelques titres de son deuxième album Let Them Eat Chaos, dont le magnifique Europe Is Lost pour comprendre que c’est une fabuleuse conteuse d’histoires. Son spoken-word à fleur de peau, comme poussé par l’urgence, vous jette à la figure une réalité crue qui touche juste. Il n’est pas nécessaire d’être bilingue, de comprendre chaque mot pour apprécier, car ce sont ici les émotions, les tripes ouvertes qui parlent !

Extrait de Europe Is Lost

« Massacres massacres massacres/new shoes
Ghettoised children murdered in broad daylight by those employed to protect them.
Live porn streamed to your pre-teens bedrooms.
Glass ceiling, no headroom. Half a generation live beneath the breadline. »

Astrid Enberg – All We Search For

Après un premier EP en 2012 Life Goes On, un second en 2013, Astrid Engberg signe 8 nouveaux titres pour un Modern Blues qui signe la fin d’une période douloureuse, le début de la résurrection.

All We Search For ouvre merveilleusement ce mini-album, promenant ses accents bjorkiens et aériens dans une atmosphère tribale où la beauté minimaliste côtoie les émotions les plus intenses.

Et parce qu’on n’est pas sûr de la voir sur une scène française prochainement, on se matte la version live et veloutée de Still Looking For My Tribe. Et ouais, on se fait plaiz…

Demain – Lise Martin

Lise MartinOn est en décembre 2014. Il fait sacrément froid. Je suis au festival La teuf s’amuse, à Genève. On est sur un bateau. Sur le lac Léman. Prix d’entrée 20 francs suisse. (19 euros et quelques) pour 3 groupes programmés. Je trouvais le prix cher. J’y allais essentiellement pour un groupe genevois. Ça faisait cher le groupe à découvrir. Mais j’y suis allée. En retard, comme à mon habitude… j’ai donc loupé le premier groupe. Il me restait à voir le groupe pour lequel je m’étais déplacée. Prise entre les bières et les cigarettes, j’en ai loupé leur entrée sur scène. Je me suis énervée. Moi qui trouvais l’entrée cher, je n’étais même pas foutu de suivre, au moins, les groupes sur scène… Je m’en suis voulu. J’ai vu le groupe qui m’intriguait. On va le citer quand même ! Capitaine etc.. Le son est bon, en plus, donc, oui, on va le citer.  Et puis, prise dans les rencontres, les amis, les autres bières, les autres cigarettes, j’en ai zappé le dernier, de groupe. Puis, arrive le moment « prise de conscience » où le prix du billet me revient en tête et où je me dis que quand même, là, ça fait cher la soirée sur un bateau à ne voir qu’un groupe sur trois. Alors, j’y vais. Je pousse la porte. Dans la pénombre, les lumières de la ville se reflètent sur l’eau. C’est beau. Je vois ça de loin. Les fenêtres. La foule. Puis, eux. Il y a une violoniste incroyable, un guitariste qui tambourine sur des pédales et devient percussionniste, au passage. Et puis, et puis il y a cette voix, cette chanteuse de talent. Une partie du public est assis, devant. Les autres, sont calés contre les piliers ou contre les fenêtres embuées. La hauteur sous plafond est de 1m80, maximum et j’ai l’impression soudaine d’entrer dans un autre monde. Quelque part, dans cette soirée mouvementée, tout s’est apaisé, tout s’est calmé. Et moi… moi, je suis restée là, bouleversée. Elle était là, elle, sur la scène, avec cette voix, cette voix incroyablement touchante avec laquelle elle dit des choses un peu tristes mais sacrément belles. Elle, c’est Lise Martin. Elle, c’est une sacrée voix. Une voix sacrée, même. Elle, c’est des paroles incroyables. Elle, c’est de la poésie en musique. Elle, c’est la perle musicale qui me manquait. Un mélange troublant d’accent d’un autre âge et de modernité qui dépoussière le genre sans le décaper. Elle, c’est mon dernier coup de foudre musical de l’année 2014.

Du coup, fascinée, je cherche des infos. Je découvre que Lise Martin existe depuis 2007. Avant ça, elle chantait en duo avec sa sœur. Je découvre un premier EP Gare des silences sorti en 2010. Je découvre que sur scène, en fait il y a un guitariste, Cyrille Aubert, un violoncelliste, Francis Grabisch, une violoniste, Florence Breteau et de temps en temps un percussionniste, Luc Ginieis. Je découvre donc que le concert genevois était en formation réduite. Et puis, je découvre qu’ils ont sorti un album en 2014 titré Déments songes. Un vrai de vrai. Un double album 12 titres x 2 que je peux donc écouté au casque, troublée, émue, fascinée et bouleversée… parce qu’écouter Lise Martin c’est se plonger au-dedans, se blottir confortablement dans un fauteuil et écouter des histoires qu’on nous raconterait au coin du feu, une tasse fumante entre les mains. On la dirait d’un autre temps, d’une autre époque tant cette qualité-là est rare, à présent. Elle a des accents façon Barbara et on la dirait croisée Brel quand, sur scène, elle nous raconte avec une émotion, une énergie qui semble étrangère au bout de femme, là, qu’on voit devant nous. On la dirait sortie des années où la musique avait l’audace de dire, où la musique avait un pouvoir, où les voix avaient de l’importance, une émotion, quelque chose en tout cas. A présent, la chanson francophone comme on l’appelle, comme pour moderniser le terme chanson française, semble plutôt fade, la guitare se gratte, le son devient plus important que le sens et parfois, même souvent, je me demande ce qu’on en a fait, du français, du pouvoir des mots et de cette façon particulière de raconter. Alors, quand je vois débarquer sur scène une personne comme Lise Martin j’ai envie de la remercier de redorer les lettres, de les redécorer, même. Parce qu’elle en a le talent, le pouvoir, la magie. Et parce que je lui donne tous les droits, aussi… il faut l’avouer. Mais c’est tellement mérité !

Je propose à l’écoute le titre Demain tiré de l’album Déments songes pour ces paroles françaises magnifiques, ce son, ces cordes et cette jolie façon de faire de la musique. Et je conseille fortement le titre L’orage pour ce phrasé magique. 

Informations complémentaires

  • Titre: Demain
  • Durée: 3min 18s
  • Artiste(s): Lise Martin
  • Album: Déments Songes
  • Label: Lise Martin
  • Date de sortie: Avril 2014

Lottery – Kali Uchis

Dans un pays où règne la violence, Kali Uchis est un îlot de douceur. La jeune colombienne déverse une pop mignonne, cool et capable de charmer n’importe quel cœur.

Déjà remarquée pour Know What I Want, la protégée de Chris Black (producteur du célèbre Peso de Asap Rocky) remet ça avec Lottery et son univers de quiétude, de joie, de nostalgie tout en abordant des sujets tristes.

Son premier EP, Por Vida, est attendu pour le début d’année. Les présences de KaytranadaTyler The Creator et Dam Funk seraient envisageables. Du beau monde pour un premier travail de composition, non ?

Informations complémentaires

  • Titre: Lottery
  • Durée: 3min 26s
  • Artiste(s): Kali Uchis
  • Album: Lottery – Single
  • Label: Kali Uchis
  • Date de sortie: Janvier 2015

To Be With Others – Chinawoman

ChinawomanAutoproduit et sorti en février 2014, Let’s Part a Style est le troisième LP de la canadienne Chinawoman en sept ans, autant dire qu’elle prend son temps pour peaufiner, affiner, supprimer, conserver le meilleur de ses compositions.

Ces morceaux sont de petites cabines téléphoniques étriquées à l’intérieur desquelles, protégés, on regarde rassuré le spectacle nocturne de la pluie battant le pavé d’une petite rue déserte. Les ondes électroniques minimales, simples, permettent à sa voix totalement unique et extraordinaire de faire raisonner au delà d’une maturité sombre et assumée nos angoisses, notre solitude.

To Be With Others, merveilleux titre à la larme froide et malheureuse, parce qu’on a besoin d’être avec du monde pendant quelques heures au moins.

Informations complémentaires

  • Titre: To Be With Others
  • Durée: 5min 03s
  • Artiste(s): Chinawoman
  • Album: Let’s Part in Style
  • Label: Chinawoman
  • Date de sortie: Février 2014

Hello Lovers – Fumer Tue

Fumer TueDécouverte

Dans la pénombre d’une nuit au brouillard dense, le trio strasbourgeois Fumer Tue (pourquoi pas ?! Ils auraient tout aussi bien s’appeler C’est beau la vie mais à ce moment précis, c’est un paquet de cigarettes qu’ils avaient en main et non des confiseries) sortent derrière une lumière stroboscopique et aveuglante, synthétiseurs vintages, costumes à épaulettes lâchant la bribe de leur chanson Hello Lovers, laissant leur electro punk pop – goth dancefloor, comme ils se qualifient, envahir la rue déserte et humide d’une pluie récente. Leur musique jaillissant tels des lasers découpant l’aube en tranche, alors qu’au fur et à mesure, attirée par la voix de sirène solitaire, une horde de robots les rejoignent et se mettent à danser comme les mort-vivants de Thriller revue 21ème siècle.

Voilà, c’est un peu comme ça que je mettrais en scène ce morceau mi-apocalyptique, mi-grandiose tiré de leur EP autoproduit Dune.

N’hésitez surtout pas à m’appeler si mon idée vous plait, sinon pour écouter Hello Lovers c’est juste après le break

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No Doubt – Aedo Time

aedo timeDécouverte

Chères lectrice, chers lecteurs je te souhaite une excellente rentrée ! Désolé mais de notre coté nous ne prendrons pas cette année le chemin de l’école et pire encore, nous avons décidé de prolonger les vacances avec le reggae vivifiant et ensoleillé d’Aedo Time, groupe lillois formé en 2010.

Gorgée de bonnes vibes, leur musique drôlement bien foutue navigue sur les flots paisibles d’un roots reggaes bienveillant. Un univers positif, chaleureux qui brosse dans le bon sens des vagues et nous rappelle ô combien la mer est bonne. Tandis qu’Olvi au chant, virevolte, gazouille une partition soul aux vibrations imparables. Un pétillant, c’est fouuuu !, qui permet au morceau de révéler toutes ses saveurs et de chatouiller notre quotidien.

No Doubt, tiré de leur premier EP sorti en mai 2014, et à découvrir juste après le break

 

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Jack Seps

Jack SepsCette semaine est particulière. Mon frère Jack Seps sort officiellement deux morceaux sur la toile. Pas de maison de disque ni de label, do it yourself, avec l’énergie du désespoir, la fougue de l’artisan, la joie du désintérêt. Depuis plusieurs années, le frérot bosse ses textes, cherche de la matière musicale dans les brocantes et chez les disquaires (et partout ailleurs), fait des rencontres.

Par nos liens familiaux, j’ai évidemment eu la chance d’entendre avant tout le monde des bouts de textes, la pose d’un flow, l’intérêt d’une boucle, et toutes les interrogations à leur propos, et toutes les interminables discussions sur mon lit au cours de nuits blanches mémorables et passionnées. Bref, aujourd’hui est à marquer d’un Francis Blanche. Deux faces B, et basta ! Démerdez-vous avec ça. Je chronique en toute subjectivité. Fin Du Springtime est une sorte d’entrée en matière, histoire de décliner son identité, ses goûts, ses centres d’intérêts. Rappé sur le pétillant désuet Springtime du Klub des Loosers (sur Spring Tales, 2010), le morceau est court, un 16 mesures dans tout ce qu’il a de plus traditionnel, mais foutrement efficace, alternant les phases techniques et complexes, et les phases plus cools, posées. Un titre qui rappelle, dans l’imaginaire, le morceau La Ville En Juin, de L’Atelier (2003), un titre tout en rondeur mais contenant, de manière plus ou moins feutrée, des phases plus sombres. Comme Super Mario est une mise en musique 8 bits d’un vieux texte, un 16 mesures également. La production est signée Hirokazu Tanaka, composition réalisée pour ce jeu qui a bercé toute notre enfance (et qui continue), Dr Mario (1990). Jack, tant sur le plan des textes que sur celui du flow, convoque tour à tour la scène TTC, Delleck, Fuzati, La Caution, Octobre Rouge, etc.

Evidemment, son art, comme souvent, est un syncrétisme, et son originalité se perçoit dans l’affranchissement de ces figures tutélaires, dans l’affirmation d’une liberté et d’une singularité dans les références. Jack nous dit clairement : « je suis un gamin des eighties, souvent affreuses à première vue (les fringues, la musique, le cinoche), mais qui renferment finalement, en tout cas pour ceux qui y ont vu le jour, une indéniable et inépuisable source de pop culture façonnant, qu’on le veuille ou non, notre imaginaire. » Aussi, Jack nous lance cet appel discret : à première vue un mec cool, généreux et propre, je peux exploser à tout moment, même sur le thème de l’arrivée de l’été ! Je suis vivant, je suis un être humain, dans tout ce qu’il a de plus pur, mais aussi dans tout ce qu’il de plus sale. « Mon cerveau ce putain de détraque / Je frôle la crise de nerf / Une crise colérique digne d’un nerd ». Folie latente, folie normale. Honnête et humble. « Non, j’fonce et plonge dans l’étrangeté de mes songes » Complexe. Un bâtard sensible : « Non, c’est juste une carapace pour pas que l’amour me rattrape ». Je lui tire mon chapeau concernant la diction, il y en a en effet peu qui sont capables de balancer autant de mots en si peu de temps, de façon plus ou moins harmonieuse sans perdre en clarté (Grems et Julien Lepers, en gros). Cette diction claire rend simple son propos, mais cache une certaine complexité (encore), sur le fond comme sur la forme. Les allitérations, les rimes multisyllabiques, les figures de style, tout est maîtrisé.

Cessons-là tout superflu verbiage, tout vain babillage, tout inutile agiotage, place à la musique. De toute façon, l’avenir appartient à Jack Seps. Nous aurons l’occasion d’en reparler. En toute subjectivité.

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Aphrodesis – Mr Crock

Mr CrockOui, dans la vie on peut louper plein de choses, par exemple, quand on passe à côté d’un disquaire qui détient la perle sacrée recherchée par tous les collectionneurs, ça énerve… mais ce n’est pas si grave…

Non, quand on passe à côté de la Dacia Duster qui est « juste à 11 900 euros », c’est juste pas très grave…

Mais oui, quand on passe à côté de bons groupes, à cause de foutus préjugés, là ça devient grave !

Alors non, le succès montant de Solène Rigot (coucou les cinéphiles !) qui officie dans le groupe n’a rien apporté à ce jeune combo !

Oh que oui, on peut, en 2014, avoir la vingtaine, faire du pop-rock, utiliser des éléments électro et être grandement original.

Parce que non, un peu de réelle fraîcheur dans ce rock français ne fera pas de mal à nos tympans endormis.

Parce que oui, le groupe parisien du moment, un peu « hype » sur les bords mais franchement talentueux, a tout pour réussir et pourtant tente des expérimentations, se recherche constamment et fait même claquer l’accordéon avec brio !

Et enfin non, il ne s’agit pas de musette de bals populaires, mais bien de « la fine fleur de la scène francilienne » (dixit les Inrocks… ça en jette n’est-ce pas ?)

Alors au final, ça donne quoi ?

Des mélodies à la pelle, toutes plus imparables les unes que les autres, des refrains entêtants, une production cristalline… Mine de rien, c’est une petite usine à tubes un peu étrange qui en 4 titres nous révèle son savoir-faire.

Des petites guitares acides Contrôle, en passant par des airs un peu « surf rock » sur le monstrueux New Romance, jusqu’aux claviers électro ambiants de l’ambitieux Love Machine, le quintette se permet ce qu’il veut.

Le petit soucis c’est que le temps passe très vite à l’écoute de cet EP délicieux qui fait mine de mise en bouche. Mais c’est notamment grâce à cela que l’on ne peut que confirmer l’engouement naissant pour Mr. Crock.

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Black Gold – Pethrol

PethrolBlack Gold et Pethrol, un nom d’EP et un nom de scène portant sur la thématique de l’énergie noire, cela ne dénote pas avec un groupe qui ne manque pas de ressources. Ce trinôme est formé par Héloïse Derly au chant, Cédric Sanjuan à la batterie et Guillaume Héritier, parolier. Ce dernier demeure un homme de l’ombre, restant en retrait et laissant la scène à ses deux compères. Il s’avère impossible de définir clairement le style musical de Pethrol tant les frontières semblent floues à l’écoute de Black Gold.

La relation entrelacée de la batterie de Cédric et du chant d’Héloïse se ressent dès l’ouverture de l’EP avec le titre Chess. L’alternance des rythmes témoigne d’une belle maîtrise musicale, l’impact de la batterie est renforcé par le chant. Quelques éléments électroniques tapissent l’ensemble et ne sont pas sans rappeler les synthétiseurs et boîtes à rythmes introduits dans les premiers albums électroniques de John Frusciante ou Thom Yorke. Smell Of Rain reprend la même logique mais avec des évocations à Florence Welch dans le chant, bien qu’une impression de retenue dans la voix soit perceptible. Le visuel prend le pas sur l’auditif, l’imagination est assaillie de visions douces et froides. Les barrières musicales s’effacent avec Called Cold. La présence d’une guitare acoustique ne calme pas les hardeurs lyriques d’Héloïse et la batterie de Cédric mais adoucît l’ensemble pour donner une pop efficace. Ensuite, on se laisse porter par le chant et les nappes harmoniques du synthé sur Our Children dans une ballade semi-électronique. Black Gold s’achève sur Autumn’s Cry et l’énergie des membres de Pethrol. La composition reprend les codes précédents avec la relation batterie/chant mais s’ouvre avec des éléments électroniques donnant une profondeur et de l’écho au titre. Cette profondeur est renforcée par la double voix d’Héloïse et l’appui donné par la basse à la rythmique. A l’écoute, on se perd dans une mélancolie paradoxalement triste et joyeuse voire dansante.

Seulement cinq titres mais un joli potentiel est dévoilé par Pethrol sur Black Gold. L’embellissement des titres par la scène est une donnée non négligeable, l’énergie d’Héloïse et Cédric est perceptible et transmissible. Ce premier EP, sorti en juin 2013, devrait être prochainement rejoint par Golden Mean, en avril.

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J’attends – Luciole

LucioleLuciole, c’est un nom qui revient régulièrement dans mes lectures musicales sur le net. Un nom qui m’intrigue depuis pas mal de temps, pour tout dire.

En 2009, la demoiselle sort son premier album titré Ombres, je passe complètement à côté, je retiens le nom sans l’écouter. Prise dans mes nombreuses autres découvertes musicales, je la mets sur longue liste des artistes à écouter, à saisir et à mieux définir. Et comme bien souvent, je finis par oublier, submergée par mon dernier coup de cœur musical du moment.

En 2012, Luciole sort un EP titré En attendant. Encore une fois, je me promets avec une sorte d’autorité toute ridicule que cette fois-ci, putain, c’est bon, je m’y mets. Et puis, une chose en entraînant une autre, j’oublis… encore !

En 2014, Luciole fait un spectacle vraiment sympa, d’après Benoît (quand même !) avec Zaza Fournier et Cléa Vincent aux Trois Baudets (ça s’appelle Garçons et c’est jusqu’au 26 juillet, oui, je sais, je vous l’ai déjà dit mais bon…) Bref, je la découvre à travers Zaza Fournier, et là, je me pose et je prends le temps d’écouter. Je tombe sur les premières chansons du premier album, ça sonne très chanson française ; cette vague informe des années 2000, quand la musique se résumait à une voix frêle, quelques accord grattés sur une guitare sèche et une nana qui parle d’amour, façon mélodrame à la con, chewing-gum à la fraise et dépression post-écoute… sauf qu’avec Luciole, il y a plus. Il y a même beaucoup plus. Alors, je cherche des titres du dernier EP, en me disant que ce n’est pas possible que je la classe dans cette catégorie et là… je tombe amoureuse du son, de la voix, des mots choisis, du choix des mots, de cette plume inconnue, de cette façon de dire, de raconter, de chanter, cette façon d’être nous tous(tes) réunis mais en mieux, en plus beau, en plus coloré, plus poétique. Bref, je me suis reconnue dans ses mots, à elle et ça m’a toute retournée. Et puis, j’ai pris le temps de découvrir ses vidéos mensuelles sur youtube et ses jolies collaborations avec Zaza Fournier, Cléa Vincent, Lise, Vincha et les autres, notamment le fabuleux Gaël Faye pour le mois de mai.

Bref, je découvre donc son parcours musical, ses nombreux prix, ses nombreuses apparitions et son talent incontestable, parce que c’est surtout ça qui m’a le plus troublée ; son talent et mon incapacité à m’expliquer comment j’ai fait pour attendre si longtemps avant de lui donner la parole dans mon casque audio. Elle y a, à présent, la meilleure des places (juste après Zaza Fournier) et je crois, j’en suis même quasi certaine ; elle n’en sortira plus. C’est une trop belle conteuse pour que je puisse oublier, cette fois-ci. Oui, Luciole, c’est une jolie façon de servir la musique, de servir les mots et de donner du sens à la musique.

Luciole est en recherche de fond sur My Major Company pour son second album. On peut donc financer le précieux sésame avec, en échange, de jolies contreparties. Il ne reste pas énormément de temps, très peu même… Et ce serait tellement bête de passer à côté de Luciole, comme j’ai pu le faire, moi. Alors, je me dis que peut-être, si ça vous tente, quelques-uns d’entre vous pourraient lui donner un petit coup de main par ici

Je mets à l’écoute le fabuleux, le sublime, le très très beau titre J’attends, pour ce joli phrasé, ces jolies mots, ce son délicat et puissant. Et j’opte pour un bonus avec le live du titre Quand t’es pas là pour toutes les raisons qui me poussent à écouter ce son et à vous en parler.

Le clip et le live sont donc à l’écoute, juste après le break

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Treatise – Benjamin Yellowitz

Benjamin YellowitzDécouverte

Benjamin Yellowitz, son nom ne vous dit certainement encore rien, mais ce jeune auteur, compositeur, producteur, interprète et multi-instrumentalistes originaire de Birmingham vivant à Londres, qui a sorti son deuxième EP il y a peu, possède déjà de belles références, comme faire la première partie de Bonobo, avoir un morceau pour lequel Fink a eu coup de coeur, ou l’une de ses vidéos re-postée par Ben Howard, mais surtout il a un talent énorme, une sensibilité parfaitement maitrisée qui confère à sa musique une poésie et une authenticité remarquable.

Puissant son inspiration dans la soul, le r’n’b, la folk, le blues, Benjamin Yellowitz la triture, la remanie, la concasse dans un format électronique se rapprochant au dubstep « blakien » pour en faire une oeuvre toute personnelle. Treatise navigue entre ces éléments sucrés et ces nappes aériennes  avec beaucoup d’élégance jusqu’à atteindre un final magnifique assez inattendu, spectaculaire dans sa retenue et sa liberté comme le cliffhanger de ce qui lui reste encore à exprimer.

Pour les parisiens (toujours les mêmes) il sera en concert au 114 le samedi 5 juillet 2014 !

A l’écoute après le break

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