I Love You – Lido

LidoPeder Losnegard, aka Lido, est un DJ norvégien de 21 ans dont les remix sont couronnés de succès avec des diffusions en club par Skrillex ou Diplo. Fort d’une réputation de futur grand producteur, il se lance dans la composition avec la sortie de son EP, I Love You.

En l’espace de quatre titres, Lido nous transporte dans un monde entre l’électro, la féerie, Nintendo et la fête. En effet, on retrouve des mélodies entêtantes rappelant l’univers de Mario ou Kirby. Mélangées à des productions électros tout en puissance et quelques lignes de basse comme sur le titre éponyme, I Love You, les compositions de Lido sont terriblement efficaces. Mention spéciale au chant de Muri sur Lost.

Après s’être forgé une réputation en remixant, c’est au tour de Lido avec un EP de remix de I Love You notamment avec Para One. Le tout est accompagné du clip de Money, réalisé par Jam Sutton (Kid CudiAzealiaBanks ou encore Steve Aoki).

Informations complémentaires

  • Artiste(s): Lido
  • Album: I Love You – EP
  • Label:  Because Music
  • Date de sortie: Juin 2014

Reservoir – Metronomy

MetronomyCette chronique ne s’adresse pas à toi qui était fin janvier dernier à La Maroquinerie, ni à toi qui a déjà tes places pour le Zénith, mais plutôt à toi qui te cache au fond et qui malgré les nombreuses couvertures de magazines, le partenariat avec un constructeur automobile français, n’a pas encore franchit le pas à découvrir l’univers de Metronomy.

Après The English Riviera en 2011 qui  déclencha un véritable ras de marée mondial dans le monde des musiques indépendantes, nos quatre anglais leadé par Joseph Mount, nous régalent avec Love Letters à la pop toute aussi excitante et juste.

Chaque titre de l’album pourrait être mis en avant et faire l’objet d’une chronique, mais après un choix cornélien aussi périlleux que peut le rencontrer le jury de The Voice, j’ai fais le choix de vous faire écouter The Resevoir, tout à fait significatif du son, du style Metronomy, de la finesse et de l’élégance de leurs compositions portées par des synthés colorés aux multiples couches.

Impossible de résister à ce qui est déjà l’un des grands moments de 2014. Seul bémol, 10 morceaux c’est bien trop court !

Lire la suite

Tropics Of Love – Joakim

JoakimDans son appartement new-yorkais, Joakim, parisien exilé aux Etats-Unis, a composé seul Tropics Of Love. Ce nouvel album, ode aux années 80/90, est le résultat d’expérimentations électroniques, synthétiques et technologiques afin de ramener à la vie une funk et une house disparues.

Tropics Of Love s’ouvre avec le très cinématographique Chapter 1, longue introduction visant à préparer nos oreilles à la délicieuse pop de Bring Your Love. A l’image des productions de Blood Orange, Joakim distille une pop influencée par le meilleur des années 80/90 et nous plonge dans une étrange nostalgie musicale. Les synthétiseurs font échos aux à une batterie typiquement nineties avec la profondeur de la caisse claire et la légèreté de la grosse caisse. Le voluptueux Three Laser Fingers n’est pas sans rappelé la timide house des années 80 avec sa multiplication de synthés alternant entre mélodies légères et rythmiques cassées. Heartbearts suit sa logique nominative autour d’un redoublement de basse, de grosses caisses et de synthétiseurs. Joakim propose une étonnante ballade calquée sur un rythme cardiaque. Chapter 2 fait office de courte transition reposant sur des électroniques détonants. Each Other nous replonge dans notre nostalgie de cette pop des années 80/90 grâce à la voix fluette et électronique d’Akwetey. Le rythme s’accélère sur This Is My Life et sa techno dansante et délirante. RX777 prolonge la fête avec une vision de corps dansants et vêtus de Nikes anciennes, de salopettes et de t-shirts aux couleurs improbables. Entre dance, house et funk, ce titre mélange synthétiseurs, voix utilisées pour la rythmique, quelques éléments tribaux et une batterie sans repos. Cette fois-ci, la transition est plus douce et relaxante avec Chapter 3. Man Like Moon donne dans le Marvin Gaye 2.0 et rend un hommage glorieux à son titre Inner City Blues. Joakim propose une combinaison habile entre cuivres, percussions légères, voix planantes et une basse très groovante. Comme Todd Terje avec Robert Palmer, le parisien s’attaque à la reprise d’un classique avec On The Beach de Neil Young, balade électronique et futuriste. L’album s’achève sur le planant et reposant Hero, titre de dix minutes en guise d’épilogue.

Tropics Of Love réussit à remettre au goût du jour la pop, la house et la funk des années 80/90 tout en dessinant une touche, parallèlement, rétro et futuriste. Joakim propose une musique dansante et reposante tout en stimulant notre nostalgie. Tropics Of Love risque de rythmer plus d’une soirée d’été.

Lire la suite

Things Went Down – Super Social Jeez

Super Social JeezSuper Social Jeez, c’est quatre Parisiens redonnant de la vigueur aux années 70 avec un style funky et disco. Ils se sont faits remarquer au travers de collaborations avec des rappeurs de la nouvelle scène française comme l’Entourage, Deen Burbigo ou le S-Crew, notamment, avec les titres « Les Parisiennes » et « la danse de l’homme saoul ». Dès l’été 2012, le single Things Went Down donne le ton avec une pop dansante et l’EP éponyme, sorti en janvier 2014, confirme ce style.

A mi-chemin entre le Maroon 5 de la bonne époque et Jamiroquai, Super Social Jeez groove à souhait et transpire une pop joyeuse avec quatre titres potentiellement tubesques. Jane laisse place à une guitare rythmiquement funky et une batterie disco. So Many est un titre léger avec une basse syncopée et une grosse présence de synthé. Enfin, Mister Money Making donne une envie irrépressible de danser avec cette combinaison parfaite entre basse slapée, guitare claire, un piano bavard et une batterie digne de Cerrone. Mention spéciale au chanteur, Sasha Taillet, dont la voix rappelle les meilleures heures de la funk et du disco.

Ce, trop court, EP s’avère être une mise-en-bouche auditive idéale pour un gros potentiel. Les membres de Super Social Jeez propose une énergie dansante et, agréablement, transmissible

Lire la suite

Wandering Lovers – Christine and the Queens

Christine and the QueensChristine and the Queens ou comment te rendre accro en deux-trois titres (pour ne pas dire en un seul !). Benoît avait parlé de l’excellent Narcissus is Back en juillet 2012. J’ai envie d’ajouter l’entraînant, le sublime Cripple à la liste tout en me disant que Kiss My Crass vaut le détour et que si on se laisse aller à la confidence, sa version d’Osez Joséphine est une des plus belles et bouleversantes reprises de Bashung qu’il ait donné d’écouter. (Et qu’en parlant de reprise, Who is it est à écouter d’urgence, aussi !) Mais laissons-là ces excellents titres pour parler du tout dernier bijou ; son dernier EP sorti le 3 juin 2013.

Faut-il peut-être préciser qui est Christine and the Queens… On en sait un peu plus, depuis l’époque de son premier EP ; On sait notamment que son personnage déjanté existe depuis un petit bout de temps, maintenant, qu’il a pris forme suite à la rencontre du milieu travesti londonien et que ce voyage, presque initiatique à Londres, lui a donné envie de faire de la musique. On sait que la demoiselle voue un culte à Michael Jackson et qu’on le retrouve un peu dans sa gestuelle scénique. On sait l’influence du théâtre, aussi, dans ses mises en scènes travaillées et dans sa conception du personnage ; on se souvient des débuts quand elle aimait à se balader sur scène avec une paire de ciseaux, clin d’œil métaphorique à ses travestis, ses Queens… On pense aux costumes, aux paillettes qu’elle laisse derrière elle à chaque passage comme une trace, une invitation à la suivre. On pense à cet univers particuliers dans lequel elle nous plonge et qui rappelle le surréalisme théâtrale d’un David mi-Bowie, mi-Lynch… quelque chose de fort, en tout cas et d’incroyablement bien réussi.

Oui, on en sait un peu plus sur le personnage, à présent mais ce qu’on ne sait pas en revanche, disons pas suffisamment (et qu’on apprend après quelques titres écoutés en mode replay sur des journées entières) c’est à quel point sa musique peut être troublante et envoûtante, à quel point ses prestations live valent le coup et à quel point on sent chez elle un investissement, une profondeur, une dose d’humour et de folie assumées qui nous rappellent un peu l’univers déjanté d’une Björk ou d’une Fiona Apple. Un univers musical dans lequel on s’oublie, pas en un seul coup mais petit à petit… Lorsque les premières notes résonnent suffisamment en nous et que la voix s’y greffe avec une étonnante perfection, on se sent happé, transporté et curieusement transformé ; plus le son coule, plus on se sent libre d’être ce qu’on veut… du français ou de l’anglais, de l’électro ou une voix, une Christine ou une Queens… Indéniablement, Christine and the Queens est mon coup de cœur (pour ne pas dire coup de foudre) musical de l’année.

Je mets en avant le sublime titre Wandering Lovers pour cette montée en puissance et la magie qui opère, même si j’ai tendance à penser que la magie opère toujours avec Christine and the Queens. J’opte, aussi, pour l’excellent titre Nuit 17 à 52 pour cette voix incroyable et ces paroles françaises bouleversantes. Et puis, parce que quand on aime, on ne compte pas, j’opte pour un bonus avec le tout aussi brillant Loving Cup pour ce son si parfaitement maîtrisé et cet univers particuliers qu’on peine à quitter tant on s’y sent bien.

Les titres Wandering Lovers, Nuit 17 à 52 et Loving Cup, tirés de son dernier EP Nuit 17 à 52, sorti en juin 2013, sont donc à l’écoute juste après le break

Lire la suite

Six Years – H-burns

Emmené par Renaud Brustlein (from la Drôme), financé par le label Vietnam monté pour l’occasion par les boss de So Foot, c’est à Chicago, sous les manettes de Steve Albini que le quatrième album Off the Map de H-burns a vu le jour.

Un bien joli album, douze morceaux, dans lequel on se fait vite accrocher par Six Years à la belle apparence pop rock. Un titre complexe et puissant, dont la voix particulièrement bouleversante (due à ce mini-vibrato?) nous ouvre une vraie profondeur des sentiments dans laquelle on se jette sans retenue.

Le clip forestier est à découvrir juste après le break

Lire la suite

Saints – La Phaze

Cet excellent groupe français s’est créé en 1999 et a, depuis, sorti plusieurs albums où les genres musicaux semblent s’entrechoquer dans un joyeux bordel. La Phaze c’est un groupe atypique, un groupe surprenant tant il change, se mue sur chaque titre. On ne parvient pas à définir leur musique parce qu’elle ne se range pas dans un genre musical propre. Tout ce qu’on pourrait dire sur La Phaze, c’est que c’est un brillant mélange de rock, d’électro, de hip-hop et de punk. On s’attend donc à une musique bruyante bourrée de rage et d’hurlement… et bien non, La Phaze ne rentre pas dans les clichés et propose, parfois, des paroles anglaises et françaises d’une étonnante profondeur.

Je propose le titre Saints, tiré de leur dernier album Psalms And Revolutions, sorti en 2011 pour le côté psychédélique, ce son bruyant du début qui semble, finalement nous envoûter quand les paroles viennent s’immiscer. J’ai soudain, l’envie de vous mettre en bonus, le titre La Langue, tiré de leur album précédent Miracle, pour cette douceur surprenante et ces paroles percutantes.

Les titres sont donc à l’écoute, juste après le break…

Lire la suite

American Daydream – Electric Guest

Coup de Coeur

Electric Guest est un duo electro-pop « from Los Angeles » qui grâce à un premier EP particulièrement abouti et bon, commence à faire le buzz outre-atlantique. Buzz qui pourrait très rapidement atteindre nos cotes, d’ailleurs on commence à percevoir ici ou là les premières ondulations, les premiers frémissements.

Extrait de ce 4 titres, American Daydream est un morceau chorale, à la fois délicat, original et marquant une vraie identité du groupe. Tout y est excellent, très bien travaillé. Les bonnes idées, les jolies trouvailles s’enchainent avec cohérence, harmonie et beaucoup de finesse. Ici pas d’effet « grosse claque dans la gueule », mais plutôt un « ah ouais quand même, ahhh ouaiiiissss » qui s’amplifie à chaque écoute.

Le clip (lui par contre tendance « grosse claque dans ta gueule ») est juste après le break

Lire la suite

Everything Goes My Way – Metronomy

Si en 2011 t’écoutes pas Metronomy, t’as raté ton année !

C’est un véritable engouement qui s’est créé autour de The English Riviera, troisième album de Metronomy. Impossible de discuter plus de deux minutes sur les groupes qui ont marqué 2011 sans que ces quatre britanniques pointent le nez dans la conversation.

Et c’est amplement mérité tellement leurs morceaux, à l’image du romantique Everything Goes My Way, sont d’une légèreté infinie, planent au dessus du monde dans un éden épuré hors du temps où tout n’est que douceur et beauté. Les mélodies, les voix comme en apesanteur nous extirpent de la gravité pour nous mener dans un voyage singulier, douillet et exaltant.

Le clip du morceau en pleine forêt remplie de cerfs, biches c’est juste après le break

Lire la suite

Raggamuffin – Selah Sue

Raggamuffin - EP - Selah SueDu 30 mars au 29 avril en France

Vue 280.000 fois sur Youtube, l’acoustic de la chanson Raggamuffin est un bon moyen d’aborder l’œuvre de la jeune artiste, Selah Sue. Sanna pour les intimes.

Elle est mignonne, elle parle un français correct, avec ce petit accent qui fait le charme des anglo-saxons. Elle a des yeux bleus et une coiffure pas possible, entre les lutins de Santa Claus et les Aliens de Mars Attack.

Sanna chante haché, elle casse les mots pour les propulser sur le son comme un Collie Buddz. Selah Sue, avant de composer seule, a fait ses armes dans le groupe AKS (Addcted Kru Sound) où elle faisait œuvre de MC. Les internautes la présente souvent comme « la jeune fille qui rime comme un jamaïcain ». Mais au delà de l’aspect reggae-ragga de ses chansons, la jeune femme présente une vraie sensibilité et une formidable envie de vivre.

Raggamuffin est à l’image de la pulsion de vie qui ressort de sa musique: de l’inquiétude, une forme de mélancolie adolescente, de l’introspection, mais surtout une envie de partager la joie quand elle revient, de rire des petites déceptions comme des grandes pour sautiller comme une lion : « don’t worry about a thing, ’cause every little thing gonna be all right. »

A l’écoute après le break,

Lire la suite