Ben Mazué – J’arrive

Ben Mazué c’est une musicalité de dingue, un phrasé unique et des textes magiques. On en a déjà parlé, ici, pour son premier album, puis pour le deuxième. C’est dire combien on aime cette voix-là ! Et pour le plaisirs de tous, mais égoïstement, j’ai surtout envie de parler du mien : un troisième album est en préparation ! Sortie prévue ; le 15 septembre. Je sais. C’est loin… Mais il fait plutôt bien les choses puisqu’il nous diffuse ici et là, quelques titres du nouvel album.  Et c’est par hasard que je suis tombé sur le titre  J’arrive. J’avais déjà entendu la perle musicale qu’est  La liesse est lovée alors oui, je dois avouer que je le savais clairement bon, ce nouvel opus mais là, je suis restée scotchée, quand même… Ce titre-là, il est magique ! La construction y est incroyable. Il y a une montée en puissance. Une sorte de libération finale qui me l’a fait écouter en boucle sur des journées entières.

Ce titre-là, on l’écoute avec émotion et on en sort avec une force qu’on ne soupçonnait pas. Il commence avec une mini intro, juste le temps de se plonger dans l’écoute, juste le temps de faire taire le reste du monde et là, il y a sa voix, à lui, qui se pointe 7 secondes après. Elle est belle cette voix. Elle est douce, ronde, chaleureuse. On a envie de l’écouter. On y sent une profondeur, quelque chose. On a envie de tout entendre, de tout comprendre, aussi. On est prêt, en tout cas, puisqu’elle arrive suffisamment tôt pour nous surprendre et suffisamment tard pour nous donner confiance. Et elle nous parle… elle emploie des jolis mots dans un phrasé typiquement Mazuéen ; quand la voix crée à elle seule une musique.  Et là, à 35 secondes, le refrain débarque. Et il est beau. La musique y est réduite. La voix parle. Elle est touchante. Le texte l’est. Indéniablement ! Attend-moi le monde… j’arrive…j’arrive… j’arrive… je réveillais l’espoir. Attend-moi le monde, j’arrive…j’arrive…j’arrive… je cherchais en qui croire.  Il y a quelque chose dans la voix, une lutte, une attente, aussi, un espoir, surtout. Et puis, quand on croit avoir saisi le message, quand on est bien installé dans le titre et que la fin du refrain se fait, à 1min42, on croit à un final. Tout a été dit. On est prêt à l’accepter, du moins. Mais non, il  y a un enchevêtrement de voix, comme un murmure d’abord, qui s’insère, s’insinue, se faufile. Puis, les voix se font plus fortes et on entend; Dès qu’ils te disent que c’est foutu, tu les fais taire. Change. Invente. Arrache. Créé. Charge. Cogne. Balafre-les. Dès qu’ils te disent que c’est foutu, que c’est foutu, tu les fais taire.  Et alors, on se sent combatif, conquérant, prêt à tout.  Ben Mazué vient de nous donner la force. Il a réveillé l’espoir. Et il vient de nous donner les mots qui nous manquent, parfois, pour le faire. Merci !

Je laisse donc le lien de ce sublime titre, avec en bonus, la version live avec Guillaume Poncelet pour le magnifique piano et pour la gestuelle de Ben Mazué qui rend la chose encore plus magnifique.

33 ans – Ben Mazué

Ben MazuéSouvenez-vous, Ben Mazué avait sorti un excellent premier album en 2012. Je me souviendrai à vie de cette rencontre musicale dans mon casque audio. Ça commence toujours de la même façon ; je traîne sur Internet, sur youtube, je sélectionne, j’écoute, je passe. Les artistes se bousculent en masse dans l’casque audio, l’un chassant l’autre avant d’être lui-même chassé. Il y a que la musique doit me parler, me raconter. Si elle n’a pas l’once d’un pouvoir magique, je zappe. La musique a trop de force pour la laisser couler avec le premier artiste venu. J’ai donc passé pas mal d’artistes, que je ne citerai pas, et puis… et puis, j’ai découvert Confession d’un rap addict dans une session de GentleMec.com

Et là, moi, je suis restée scotchée par cette voix, ce mec, ce talent incontestable et cette façon de jouer avec sa voix qui fait que même sans guitare, c’est musicalement magique !  Bref, je suis tombée amoureuse de ce mec, de sa voix, de ce son, de cette fausse nonchalance. J’ai donc acheté son album, impressionnée que j’étais par les titres magiques que j’y découvrais et cette façon de raconter.

Depuis, Ben Mazué a sorti un deuxième album, en 2014, intitulé 33 ans. Je l’ai acheté très rapidement sans me soucier de savoir si les titres me plaisaient. Je marche à l’artiste, pas à un titre. Si un titre me plaît, c’est l’artiste en lui-même qui me plaît car ma foi s’il a été capable de me toucher avec une chanson, il y a de forte chance pour que le talent découvert se retrouve ailleurs, aussi. Je l’ai écouté longtemps sans me défaire de cette voix. Il y a plus de slam, sur celui-ci, d’album. Ça m’a dérangé. Je n’aime pas le slam quand il a le goût trop prononcé du slam. Il est comme un moment de poésie, un instant T, un présent sans lendemain et quelque part, ça me dérange de pouvoir le réécouter. La magie n’opère plus, une fois écouté. J’ai donc été déçue. J’ai mis le précieux sésame dans sa boîte et je l’ai rangé dans ma collection de cd. Quelques mois plus tard, à force de le voir là, dans mes cds, je me suis dit que je devais lui redonner sa chance. Parfois, le moment prime sur l’artiste. J’ai donc repris le disque, je l’ai remis dans le lecteur et pendant que je m’allumais une cigarette, sans trop y croire, j’ai écouté le premier titre de l’album L’onde et je suis restée scotchée. Ma cigarette s’est consumée toute seule, pendant qu’émerveillée je redécouvrais cette voix, ce son, cette magnifique façon de raconter, ces accents Mazuéen qui m’ont fait tant l’aimer. Alors, j’ai écouté ce titre en boucle pour me rappeler combien la musique est, avant tout, une histoire d’amour et à quel point, souvent, on n’y comprend rien. A quel point, un titre est fait pour un moment précis et pas un autre. Il m’a fallu une deuxième écoute, un autre instant pour le comprendre, le savourer et l’aimer.

Je propose donc à l’écoute le sublime, le merveilleux titre L’onde pour ce son qui coule et qui semble si serein malgré ce refrain lancinant du début. J’ai envie d’ajouter le très beau titre qu’est vivant parce qu’il a quelque chose de magique, parce qu’il me touche, parce qu’il est beau ce son et qu’il ressemble davantage à ce que j’avais aimé de Ben Mazué sur le premier album ; des textes français de qualité et juste ce qu’il faut de musique pour les mettre en valeur.

Informations complémentaires

  • Artiste(s): Ben Mazué
  • Album: 33 ans
  • Label: Columbia
  • Date de sortie: Septembre 2014

La Valse – Ben Mazué

Etrange et troublante que cette voix de Ben Mazué qui navigue si naturellement entre blues, soul, folk et chanson français. Une voix chaude, amicale, intelligente, bienveillante comme le pont réussi entre des influences afro-américaines et la grande « tradition » de la chanson à texte.

La Valse est une doucereuse ode à l’humilité, à nos échecs, aux renoncements qui jalonnent nos parcours sans nous stopper. L’atmosphère est feutrée, le tempo posé, les guitares minimales, les coeurs moelleux.

Ce morceau est issu du nouvel EP La règle des 3 unités de ce « Rap Addict ».

Pour les parisiens, sachez qu’il sera le 29 juin 2012 en concert unique avec Nadéah au Café de la Danse (concert GoodProd qu’on conseille vivement).

A l’écoute après le break

Lire la suite