Wandering Lovers – Christine and the Queens

Christine and the QueensChristine and the Queens ou comment te rendre accro en deux-trois titres (pour ne pas dire en un seul !). Benoît avait parlé de l’excellent Narcissus is Back en juillet 2012. J’ai envie d’ajouter l’entraînant, le sublime Cripple à la liste tout en me disant que Kiss My Crass vaut le détour et que si on se laisse aller à la confidence, sa version d’Osez Joséphine est une des plus belles et bouleversantes reprises de Bashung qu’il ait donné d’écouter. (Et qu’en parlant de reprise, Who is it est à écouter d’urgence, aussi !) Mais laissons-là ces excellents titres pour parler du tout dernier bijou ; son dernier EP sorti le 3 juin 2013.

Faut-il peut-être préciser qui est Christine and the Queens… On en sait un peu plus, depuis l’époque de son premier EP ; On sait notamment que son personnage déjanté existe depuis un petit bout de temps, maintenant, qu’il a pris forme suite à la rencontre du milieu travesti londonien et que ce voyage, presque initiatique à Londres, lui a donné envie de faire de la musique. On sait que la demoiselle voue un culte à Michael Jackson et qu’on le retrouve un peu dans sa gestuelle scénique. On sait l’influence du théâtre, aussi, dans ses mises en scènes travaillées et dans sa conception du personnage ; on se souvient des débuts quand elle aimait à se balader sur scène avec une paire de ciseaux, clin d’œil métaphorique à ses travestis, ses Queens… On pense aux costumes, aux paillettes qu’elle laisse derrière elle à chaque passage comme une trace, une invitation à la suivre. On pense à cet univers particuliers dans lequel elle nous plonge et qui rappelle le surréalisme théâtrale d’un David mi-Bowie, mi-Lynch… quelque chose de fort, en tout cas et d’incroyablement bien réussi.

Oui, on en sait un peu plus sur le personnage, à présent mais ce qu’on ne sait pas en revanche, disons pas suffisamment (et qu’on apprend après quelques titres écoutés en mode replay sur des journées entières) c’est à quel point sa musique peut être troublante et envoûtante, à quel point ses prestations live valent le coup et à quel point on sent chez elle un investissement, une profondeur, une dose d’humour et de folie assumées qui nous rappellent un peu l’univers déjanté d’une Björk ou d’une Fiona Apple. Un univers musical dans lequel on s’oublie, pas en un seul coup mais petit à petit… Lorsque les premières notes résonnent suffisamment en nous et que la voix s’y greffe avec une étonnante perfection, on se sent happé, transporté et curieusement transformé ; plus le son coule, plus on se sent libre d’être ce qu’on veut… du français ou de l’anglais, de l’électro ou une voix, une Christine ou une Queens… Indéniablement, Christine and the Queens est mon coup de cœur (pour ne pas dire coup de foudre) musical de l’année.

Je mets en avant le sublime titre Wandering Lovers pour cette montée en puissance et la magie qui opère, même si j’ai tendance à penser que la magie opère toujours avec Christine and the Queens. J’opte, aussi, pour l’excellent titre Nuit 17 à 52 pour cette voix incroyable et ces paroles françaises bouleversantes. Et puis, parce que quand on aime, on ne compte pas, j’opte pour un bonus avec le tout aussi brillant Loving Cup pour ce son si parfaitement maîtrisé et cet univers particuliers qu’on peine à quitter tant on s’y sent bien.

Les titres Wandering Lovers, Nuit 17 à 52 et Loving Cup, tirés de son dernier EP Nuit 17 à 52, sorti en juin 2013, sont donc à l’écoute juste après le break

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Narcissus Is Back – Christine and the Queens

Tout le monde m’en parlait (Jéremy, Delphine, Vanessa, …), mais depuis six mois, depuis la date de la sortie de son premier EP Mac Abbey, je n’avais pu encore me pencher sur la musique de Christine and the Queens

« Les Queens sont au nombre de cinq : Mathusalem, Mouise, Motus, Miséricorde et Mac Abbey sont tous des travestis londoniens qui m’ont récupérée, en larmes, à la sortie d’un cabaret. J’étais venue à Londres pour tenter de mettre fin à mes jours, mais elles m’en ont empêchée, chacune à leur manière. »

Heureusement, la presque-trêve estivale s’établissant, je pus combler mon retard et découvrir sa pop électronique enthousiasmante.

Comme une introspection torturée entre deux personnalités, rythmée par les deux coups sourds d’un coeur qui bat, Narcissus Is Back explore la dualité. La musique est sombre, l’ambiance est lourde, le sujet est grave. Sur cette terre obscure aux traits néoclassiques, de brefs accords de synthés bien sentis jettent des flashs de lumières et de modernité très 80s. Son interprétation aérienne faite de multiples voix et d’une mélodie ultra-pop imparable, finalise les contours de cette tragédie shakespearienne ombre et lumière.

Le clip est juste après le break

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