Notre entretien avec Radio Elvis

« On peut maintenant affirmer qu’on est un groupe de rock alors qu’avant on se cherchait beaucoup »

Créé en 2013, Radio Elvis, formé de Pierre Guénard (chant et guitare), de Manu Ralambo (guitare électrique et basse) et de Colin Russeil (batterie-claviers), n’a pas tardé à monter en haut de l’affiche. Après deux EPs, de nombreux prix glanés dans les radio-crochets nationaux, leur premier album Les Conquêtes (sorti en avril 2016) rencontre un vrai succès et leur musique rock, leurs textes magnétiques (en français) engrangent tous les jours de nouveaux conquis. 

C’est dans la boutique de vinyles éphémère de l’agence de communication We Are Addict, que nous avons rencontré autour d’un café chaud Pierre et Colin, et évoqué avec eux, leur rencontre, leur producteur, leurs concerts et beaucoup d’autres choses.

(c) portrait par Delphine Ghosarossian

Vous vous formez en 2013, aujourd’hui vous avez un album salué par la critique, vous sortez d’un concert à la Cigale (08 novembre 2016), comment avez-vous fait pour en arriver là si vite ?

Colin : Les dieux nous ont vachement aidés. On a beaucoup, beaucoup prié pendant un an, on n’a pas du tout travaillé. C’est arrivé comme ça ! (rires)

Pierre : Quand tu dis « pour en arriver là » pour le moment on continue notre boulot. On travaille, on se remet en question tout le temps, on ne considère pas qu’on est arrivé. Par contre il nous arrive de belles choses, ça c’est chouette.

J’écrivais d’une certaine manière et quand j’ai rencontré Colin, quand on s’est mis à faire de la musique ensemble, Colin m’a fait changé d’écriture. J’écrivais des chansons qui n’étaient pas vraiment des chansons, c’était du spoken word, il y avait beaucoup moins de pop. C’est le fait de travailler avec Colin qui m’a drivé un peu plus. Je commençais déjà à m’ouvrir à ça quand on s’est rencontré et c’est pour cela que ça s’est bien passé. On était tous les deux ouverts, Colin était ouvert à ce que je faisais, et moi j’étais ouvert à ce qu’il pouvait apporter à mes chansons, dans la structure, dans l’approche de la musique.

Colin : On avait besoin de se rencontrer à ce moment là… Je crois vraiment que c’était un besoin et du coup, on a tout de suite cru au projet. On avait de l’ambition à fond… Quand on y croit et quand on bosse, ça avance.

Comment vous vous êtes dit que c’était la bonne personne avec qui monter un groupe ?

Colin : On ne se dit pas ça, on joue c’est tout. C’est dans les films qu’on raconte ça.

Pierre : Dans la réalité c’est un peu plus simple que ça. Quand on a du temps, on se voit, on joue, on essaie de faire des concerts. A partir du moment où on a joué ensemble, on a vite été approchés par des maisons de disques, des éditeurs, des gens du milieu. C’est là qu’on se dit qu’on s’est bien trouvé et que ça va peut-être marcher, qu’on va peut-être réussir à en vivre. Au début on espérait juste faire des concerts et en vivre. Et c’est ce qui se passe. Il ne se passe pas beaucoup plus. On n’a pas la sensation que quelque chose d’exceptionnel est en train de se passer. On fait juste de la musique.

Comment votre écriture a évolué pour passer du « spoken word » à la chanson ?

Pierre : J’ai toujours eu le même rapport à l’écriture, c’est juste le fait de jouer avec Colin et Manu qui m’a permis d’élaguer et de trouver une forme qui me convenait plus. Avant j’étais seul, je n’avais pas de contrainte, il y avait moins de trucs qui pouvaient me driver, me mener vers une forme particulière. Mais le rapport au mot est toujours le même c’est le son d’abord, le sens après.

Du coté de la musique, comment les textes inspirent la musique ?

Colin : C’est assez spontané. Pour les premières compos qu’on a eu c’était un mot appelle un son, un son appelle un mot, il y avait des échanges comme ça.

Parfois le texte était très abouti, fini alors que la musique ne l’était pas, il fallait s’inspirer de tout ça pour composer. Ca venait souvent très vite, il n’y a pas vraiment de méthode. C’est quelque chose qu’on ne maîtrise pas et c’est justement ce qu’on aime. C’est un peu de l’impro, quand ça nous plait, on bloque dessus, on travaille le petit son, la petite ligne de basse, le riff de guitare, un accord… Ce n’est pas très simple à expliquer, mais ce n’est pas plus compliqué que ça. C’est surtout de l’improvisation, un échange entre le texte et la musique. On n’intellectualise pas trop.

Pierre : On a l’impression que même les compos viennent, factuellement elles viennent en studio, mais en réalité, je crois qu’elles arrivent dans le camion lorsqu’on écoute de la musique ensemble. J’ai l’impression que c’est là que commencent à naitre nos futures chansons. On se rend compte des goûts qu’on a en commun et la fois d’après on met ces goûts là en commun et on les met en œuvre. On essaie d’appliquer ce qu’on a écouté. Ce sont des choses qui ne s’expliquent pas, ce sont des trucs qui se vivent.

Comment les nombreux concerts que vous avez faits vous ont aidé dans la création de ces chansons ?

Colin : Les concerts nous ont surtout aidé à aboutir les compos, à fignoler, à maîtriser. Des fois on jouait des morceaux qu’on avait composer une semaine avant. J’exagère un peu, mais c’est pas loin finalement. Le fait de les jouer en concert ça permettait de savoir si la structure était bonne, si ça plaisait aux gens de cette manière là, si les sons étaient les bons. Forcément quand tu fais une compo, le but c’est de la jouer devant des gens, donc c’est là que ça se passe.

Pierre : Pour le disque ça nous a aussi permis d’acquérir une certaine assurance. Quand on est arrivé en studio on avait fait plein de concerts, on avait la sensation de bien maîtriser les morceaux, de savoir pourquoi on les faisait. C’était assez fort en nous.

Colin : On s’est régalés aussi, on a appris à se connaître, on s’est révélés. On peut maintenant affirmer qu’on est un groupe de rock alors qu’avant on se cherchait beaucoup. Petit à petit plus on joue, plus on a des chances de le faire et plus on sait ce qu’on fait, on sait ce qu’on devient.

Vous avez enregistré cet album au studio ICP à Bruxelles, pourquoi ce studio ?

Colin : Pour les frites ! (rires) Parce qu’un CD sur deux a été enregistré là-bas, donc forcément ça fait rêver. Sur les CDs qu’on aime, vous voyez ICP derrière.

Pierre : Bashung a enregistré quasiment tous ses albums là-bas, Noir Désir a enregistré quasiment tous ses albums là-bas aussi.

Colin : Beaucoup de français ont fait leurs albums là-bas. Il faut dire aussi que PierreAS avait une porte d’entrée pour ce studio. On en a profité. On a fait un premier test où on a visité le studio, on y a fait notre deuxième EP qui s’appelle Les Moissons qui contient Où sont les pyramides et Elle partira comme elle est venue. On a fait ces deux titres là-bas, pour à la fois tester et aussi pour enregistrer des morceaux. Vu que ça nous a plus on s’est dit « on y retourne pour l’album ».

Qui a été votre producteur, comment s’est passée la collaboration avec lui ?

Pierre : C’est Antoine Gaillet, c’est un monsieur très gentil… En fait on nous a beaucoup parlé d’Antoine Gaillet dès le début du groupe. Quand on rencontrait des éditeurs, à l’époque, quand on envisageait l’album, on nous a vite parlé d’Antoine Gaillet. Nous, on pensait à beaucoup de personnes différentes, et le moment venu on s’est dit « on va contacter Antoine Gaillet pour au moins le rencontrer ». Il se trouve qu’on vient du même coin, qu’il est deux-sévrien comme nous. On s’est bien entendus. On l’a bien aimé parce qu’il avait une vrai intelligence artistique. On ne cherchait pas quelqu’un qui allait apporter sa patte, qui allait driver le projet vers autre chose. On cherchait quelqu’un qui pouvait prendre une photo du groupe tel qu’il était à ce moment là. On a senti qu’Antoine Gaillet était capable de faire ça avec nous. Il est aussi capable d’apporter sa patte, mais il est capable de rester un peu en retrait et de nous laisser faire. On voulait juste qu’il nous donne les moyens de réaliser nos envies. C’est exactement ce qu’il a fait. Il a essayé de nous comprendre, il est très à l’écoute, et très diplomate aussi. Il a une vraie intelligence artistique et une vraie intelligence humaine. Il sait vite analyser nos comportements pour savoir comment nous prendre chacun séparément. Notamment Manu, il a très bien et très rapidement cerné Manu qui a un rapport à la musique assez complexe. Il a vite cerné le personnage et a réussi à en tirer le meilleur.

Colin : C’est sûr que les réalisateurs c’est 50% de psychologie. On débarque dans un studio avec plein d’enthousiasme, mais on ne connaît pas la personne qui produit. On l’a rencontrée vite fait, quelques heures, et au final on se retrouve 24h/24 avec lui. Il faut que le courant passe. Les producteurs doués, évidemment ils ont de la technique, ils ont du talent artistique, ça s’est sûr, mais ils ont aussi beaucoup de psychologie. Ils sont capables de rebondir, d’être hyper ouverts à nos personnalités et à plein de sujets différents, parce qu’on ne parle pas que musique.

En plus Antoine est un mec qui bosse vite, qui capte très vite les personnalités comme disait Pierre… Je me rappelle le matin, on discutait cinéma, on ne parlait pas forcément de musique, et on se marrait bien. Il y avait un coté « pote » qui s’est installé très vite. Je pense que c’est compliqué de travailler avec un producteur si tu n’arrives pas à raconter des blagues avec lui. Nous, on s’est bien marrés.

(c) portrait par Delphine Ghosarossian

Vous avez dit qu’une bonne chanson est une chanson vraie. C’est ce coté vrai que vous cherchez dans vos compositions, dans votre écriture ?

Pierre : Une bonne chanson c’est une chanson qu’on arrive à jouer plein de fois et qui à chaque fois révèle une nouvelle personnalité, où on arrive à trouver un nouveau sens, un nouveau truc dans l’arrangement qu’on n’ avait pas forcément vu quand on l’a composée. C’est une chanson qui se montre sous plein de jours différents. Une chanson qui reste figée, qui ne vit pas, ne se montre pas sous d’autres jours à mesure qu’on la joue, en général on arrête de la jouer sans même s’en rendre compte. Il nous est arrivé que dans des setlists on ne joue pas un titre et qu’on ne s’en rende même pas compte. Il faut les dégager celles-ci, ça veut dire qu’elles ne servent à rien. C’est la loi du plus fort.

Ce sont souvent des chansons qu’il faut dompter, qui sont dures à jouer, qui sont dures à composer même, mais qui par la suite se révèlent assez riches. Il y a aussi des chansons très simples, qui viennent très naturellement, où on a juste à se laisser aller… Il y a plein de titres comme ça où il y avait juste à tirer le fil.

Sur le premier album il y avait pas mal de chansons qui étaient déjà en nous. J’avais pas mal de textes, de guitare / voix qui étaient déjà plus ou moins finis, il y avait déjà une grosse base de travail. On va voir pour le deuxième album comme ça se passe parce que ça va être la première fois qu’on va devoir tout composer tous les trois vraiment, en partant de zéro.

Colin : C’est souvent assez simple de composer un premier disque. C’est tout ce que tu as accumulé avant.

Pierre : Après il faut faire un disque tous les deux, trois ans, donc avec deux, trois ans de vécu. Ce n’est pas la même chose, mais c’est compensé par le fait qu’on prend de l’assurance et qu’on se connaît mieux. On va peut-être fonctionner différemment dans la compo parce qu’on connaît le comportement de chacun, on va gagner du temps, en tout cas, gagner en confort, en bonne humeur aussi. Parce que la compo ce n’est pas tout le temps de la bonne humeur, c’est vite tendu aussi. Ce n’est pas évident d’avoir la même vision d’un truc, et on ne peut pas mettre des mots sur tout, c’est pour cela qu’on fait de la musique. Paradoxalement même moi je ne mets pas des mots sur tout.

(c) portrait par Delphine Ghosarossian

Vous avez la volonté de toujours évoluer, vous savez vers quoi vous souhaitez évoluer ?

Pierre : Je crois que le but c’est d’avoir le plus de public possible. De continuer de jouer… Je crois que de toute façon on a un deuxième disque à faire…

Colin : On se laisse les portes ouvertes… Si on a envie de faire un disque en allemand, un disque électro, on le fera je pense.

Quel est votre crainte aujourd’hui ?

Pierre : C’est que le deuxième disque soit moins bien reçu que le premier. En fait, si on est sincère sur le deuxième comme sur le premier, si on a rien à regretter que ce soit bien pris ou mal pris, tant pis.

Colin : Ca s’inscrit dans le temps. Bashung a fait des grands bides qui sont maintenant des références.

Pierre : Le but c’est de ne pas avoir de regrets. Il faut être le plus sincère possible et ne pas se trahir. Si on ne s’est pas trahi, après c’est de l’art et ça reste comme ça. Le but c’est qu’ on continue en groupe, je pense que ce serait aussi chouette qu’on ait d’autres projets, qu’on aille faire nos expériences chacun de notre coté, tout en gardant le groupe. Avec le groupe faire aussi d’autres expériences de musique. Là on a fait une création avec la Maison de la Poésie, ce sont des trucs qui nous branchent bien, comme faire une musique de film… Il n’y a pas que la musique d’album qui compte. J’aimerais bien aussi écrire pour d’autres trucs, ou Colin va peut-être collaborer avec d’autres gens. En fait, à partir d’un groupe on peut faire plein de choses, c’est ce qui est cool.

N’avez-vous pas la crainte d’être catalogué « Chanteur intellectuel, cérébral » ?

Colin : On arrive à faire autant de concerts qu’on a envie, comme on en a envie. On arrive à faire la musique qu’on a envie, après les gens pensent ce qu’ils veulent. Tant qu’on est sincères avec nous même, qu’on sait ce qu’on fait, ça va.

Pierre : Les gens ne viendraient pas à nos concerts, ils ne taperaient pas dans les mains, ils ne danseraient pas si c’était vraiment cérébral. Dès lors qu’on chante en français, qu’on met un peu de soin dans les textes, on oublie qu’on met le même soin dans la musique et du coup ça devient vite cérébral. C’est complètement stupide. Nick Cave écrit en anglais, il met du soin dans ses textes et on fait surtout attention à sa musique. En France, vu qu’on chante dans notre langue maternelle, ça peut être pris pour quelque chose de pompeux…

Vos chansons ont un réel pouvoir magnétique, vous savez comment la magie opère ?

Pierre : Non, il ne faut surtout pas savoir… Je n’ai pas le recul et je n’ai pas trop envie d’avoir ce recul. Mes textes n’ont longtemps pas été compris. Dans le slam, les gens ne comprenaient jamais mes textes, je m’en foutais. Quand j’étais tout seul avant que le groupe se forme, les gens ne comprenaient pas mes textes non plus. Maintenant qu’on a un groupe, j’écris peut-être mieux, mais les gens peuvent plus s’identifier, tant mieux.

Vous dites que vous avez une approche assez « brut » des concerts, vous pouvez nous expliquer ?

Colin : C’est essayer au maximum d’être dans le présent, dans l’instant de ce qui se passe. C’est vivre des expériences, des sensations.

Pierre : On essaie de ne pas donner tout le temps les mêmes concerts. Il y a des groupes qui sont très forts pour faire ça, et ça leur va très bien de jouer au click, de lancer des boucles, d’être très carré. Nous on essaie d’être le plus carré possible, de produire les sons qui nous intéressent, par contre tout le temps le même concert ça ne nous intéresse pas tellement. Ca ne veut pas dire qu’on change les titres, mais c’est de trouver de nouvelles interprétations à chaque fois, ça passe aussi dans l’intention. Après ça passe par des instants d’impros qu’on peut se permettre, des silences qui ne sont jamais les mêmes. On essaie d’être dans le présent quand on monte sur scène, de ne pas se dire « c’est un concert de plus, c’est le même qu’hier ». Il y a des concerts qui sont moins biens que d’autres, peut-être pas pour le public, mais pour nous oui.

Vos plus beaux souvenirs de concerts ?

Pierre : Il y a la Cigale, mais avant ça c’était à Joinville-Le-Pont, il y a deux semaines. Et avant ça, l’une de nos meilleures dates c’était cet été à Québec, dans un bar où il y avait quinze personnes. Ca ne veut rien dire le nombre, c’est surtout ce qu’on donne à ce moment là et comment les gens le reçoivent. C’est le vieux cliché, mais il vaut mieux dix personnes à donf que mille qui en n’ont rien à foutre.

Colin : Les meilleurs concerts sont souvent quand on ne s’y attend pas du tout. On se dit « on y retourne pour un petit concert », on n’est pas dans l’état du meilleur concert de la vie, et finalement ce sont les gens qui vont nous surprendre et on va leur donner un truc qui n’était pas vraiment prévu. C’est ce qu’on kiffe.

Pierre : Du coup, on n’est pas dans la réflexion…

Merci !

Notre entretien avec Thos Henley

« J’aime le coté live de cet album. La perfection n’était pas l’objectif »

Infatigable voyageur, nous avions rencontré Thos Henley en 2011 juste avant son départ de Paris pour la Grèce. Cinq ans après, installé à Stockohlm et de passage à la capitale, il nous présente son nouvel album Blonde on Basically Ginger réalisé avec Mathieu Cesarsky (aussi connu comme artiste sous le nom de Judah Warsky). Cet album délaisse les sonorités folks auxquelles il nous avait habitué pour s’aventurer dans l’univers savoureux des « piano-songs » inspiré par les grandes heures des années 70s. Que ce soit dans une ambiance intimiste, pop, ou joyeuse, ces dix chansons sont traversées par un vent de liberté, une fraternité chaleureuse qu’on ne boude pas notre plaisir de l’écouter.

(c) portrait par Delphine Ghosarossian

La dernière fois que nous nous sommes rencontrés c’était en 2011, juste avant que vous ne partiez en Grèce. Que s’est-il passé depuis ?

Thos Henley : Oh, ça fait longtemps ! Je suis allé en Grèce, puis en Allemagne, à Paris de nouveau et en Suède.

Vous avez besoin de voyager pour avoir de l’inspiration ?

J’en avais besoin. Maintenant je sens que je peux me reposer. Je trouve que Stockholm est la bonne ville pour se poser. Je sens que j’en ai fini de cette vie de voyage.

Qu’est-ce qui vous plait ? Pourquoi Stockholm et pas une autre ville ?

C’est une bonne question… J’aime beaucoup la façon de vivre en Suède. Vous payez beaucoup d’impôts, mais en retour vous avez plein de bonnes choses. Tu t’en aperçois dès ton arrivée en Suède… C’est une super ville, les gens sont aussi très sympas.

Comment les voyages vous ont inspiré, ont eu un impact sur vos chansons ?

Je voyage seul la plus part du temps. Quand tu es seul, tu as beaucoup de temps pour réfléchir, par exemple quand tu es assis dans un train en Allemagne pendant 7 heures. Mes chansons ne sont pas sur les endroits que j’ai visités, ce sont des chansons qui parlent d’amour, de désamour. Les voyages aident dans le sens où tu as ces moments de solitude. Tu dois faire avec ces moments de solitude dont tu te sers pour faire des chansons.

J’y pensais récemment lors de l’écriture de nouvelles chansons pour le prochain album, mes chansons préférées sont plutôt mélancoliques, j’essaie d’écrire des chansons tristes mais comme je suis heureux en ce moment, je n’y arrive pas, Quand tu voyages c’est le meilleur moment pour écrire des chansons.

Entre 2011, et 2016, et avec tous ces voyages vous pensez que vous avez évolué sur la définition de ce qu’est une bonne chanson ?

Non, je ne pense pas, par contre je pense que mes goûts ont changé.

Auparavant j’aimais beaucoup les Beatles, mais je ne voulais pas faire des chansons à la Beatles, j’écrivais des chansons folks. Aujourd’hui j’ai dépassé cela, je veux juste de faire des chansons à la Paul Mc McCartney. A chaque chanson que j’écris, j’essaie d’être Paul McCartney. Ce qui n’est pas une tâche facile.

Pour cet album, qui a eu l’idée de faire des chansons au piano ?

Ce mec dans le coin (ndlr désignant Mathieu Cesarsky aka Judah Warsky). On était dans ce studio, j’avais ma guitare acoustique, je lui jouais quelques morceaux, j’avais dans le coin de ma tête que j’écoutais beaucoup de piano-songs et je me disais « j’aimerais bien faire un album piano ». Je le gardais pour moi, car je ne pensais pas qu’en 2014 – 2015 ce serait cool de le faire.

Un soir, on était chez moi, on écoutait du Paul Williams et Mathieu m’a dit « c’est ce à quoi devrait ressembler tes chansons ». Et on a réalisé que les quelques chansons que j’avais sonnaient parfaitement au piano.

Les chansons ont été composées à la guitare ?

Thos Henley : Oui, presque toutes, seule 1994 a été écrite au piano, mais les autres ont été écrites à la guitare, je suis guitariste. Sur le disque ce n’est pas moi qui joue du piano, c’est un autre Mathieu (ndlr Mathieu Geghre), il est incroyable.

Je me souviens la première chose que Mathieu (ndlr Cesarsky) m’a montré c’est Pierre de Carole King. C’est tiré d’un album pour enfants, mais c’est exceptionnel.

Mathieu Cesarsky : Et c’est la même structure : piano, basse, batterie.

Thos Henley : Oui c’est pour cela qu’on l’a écouté… On était aussi tous d’accord pour dire que Paul Williams est le roi du genre. Et deux jours plus tard, ou peut-être même le lendemain par une incroyable coïncidence je le rencontre. Je travaillais dans une librairie où il est venu. Je me suis dit que c’était une coïncidence particulièrement bizarre car on venait juste de parler de lui. Je ne crois pas aux coïncidences ni aux religions, mais après ça j’étais certain qu’il fallait faire cet album de piano-songs.

(c) portrait par Delphine Ghosarossian

Est-ce la même chose d’écrire pour des chansons faites pour des guitares ou pour un piano ?

Mathieu Cesarsky : Je ne sais pas si tu te souviens, mais tu jouais les morceaux à la guitare et je les jouais au piano, tu chantais, mais la guitare n’était pas enregistrée. Quand nous réécoutions le morceau il n’y avait plus de guitare. On s’est aperçu que ça fonctionnait bien.

Thos Henley : Depuis que cet album est devenu un album autour du piano, je me suis mis au piano, j’en ai acheté un. A Stockholm tu peux acheter un piano en payant juste le déménagement, car beaucoup veulent s’en débarrasser.

Je ne joue pas très bien du piano, mais après cet album, pour le prochain, les chansons seront écrites au piano.

Vous dites que vous avez été inspirés par les années 70 ?

De 1965 à 1975 sont les dix plus belles années. 1973 est pour moi la plus belle année musicale. C’est l’âge d’or des albums de piano. Randy Newman, Elton John, Billy Joel, Queen… Même en 1974 ce n’était déjà plus aussi bon. Cette année là était incroyable, j’aurais aimé être né à cette époque.

On trouve dans votre album des chansons mélancoliques, des chansons intimistes, mais aussi une chanson un peu à part, 1994. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

1994 est sur un vieil ami que je n’ai pas vu depuis longtemps. On a pris des chemins différents, il se droguait beaucoup. J’ai écrit cette chanson en Allemagne il y a un petit moment, c’est la seule chanson que j’ai écrite au piano. C’est sûrement la chanson à la mélodie la plus joyeuse, mais peut-être au texte le plus déprimant.

Comment avez-vous travaillé avec Mathieu Cesarsky sur cet album ?

Nous avons travaillé de manière très rapprochée, c’est pour ça que ça fait un peu bizarre de répondre parfois seul aux interviews, car cet album s’est vraiment fait à deux. J’ai écrit les chansons, mais il a apporté beaucoup de choses, au delà de la production. A commencer par l’idée de le faire au piano.

Mathieu (ndlr Cesarsky) a été d’une très grande aide, même sur les choses les plus pratiques, comme trouver un endroit pour répéter, ou trouver des musiciens. J’ai fait venir Ben (ndlr Tickner) à la batterie, avec qui j’avais déjà travaillé, mais Mathieu (ndlr Cesarsky) à trouver l’autre Mathieu (ndlr Geghre) qui est au piano et qui est un génie, il joue pour O.

Mathieu (ndlr Cesarsky) m’a aidé pour beaucoup de choses, sans lui l’album n’existerait pas.

Est-ce vrai que vous avez enregistré l’album en une semaine dans les conditions du live, avec les instruments dans la même pièce ?

Thos Henley : La batterie était dans une petite salle à coté, et ce n’était pas en une semaine, mais en 48 heures. Nous avions réservé le studio pour le week-end, samedi et dimanche.

Mathieu Cesarsky : C’était le week-end de la fête de la musique. Lorsqu’on voulait faire une pause, on sortait pour avoir un peu de silence et il y avait de la musique de partout !

Thos Henley : Nous étions dans un studio sombre pendant près de 8 heures, on se disait « allez, on fait une pause ». En sortant la musique nous arrivait de partout. « Mais qu’est-ce que c’est que ce bordel ! » C’était un peu fou.

(c) portrait par Delphine Ghosarossian

Les chansons étaient déjà donc très abouties avant d’entrer en studio ?

Thos Henley : L’écriture des chansons était finalisée, mais nous n’avions répété avec les deux Mathieu et moi que cinq ou six fois et avec Ben, seulement deux fois, en incluant une répétition le matin juste avant d’entrer en studio. Ca s’est fait vraiment à la dernière minute, mais c’est ce qui donne le coté spontané. Nous voulions faire un album qui avait la couleur des années 70s, pas un hommage, pas un album qui sonnait comme dans les années 70s, mais nous voulions utiliser nos influences des années 70s. A cette époque, ils avaient l’habitude d’enregistrer en sessions. Maintenant que les bootlegs commencent à sortir, on voit qu’ils ont fait beaucoup de prises. Nous n’avions pas ce luxe, mais j’aime comme cela s’est fait.

Pour un album précédent j’avais passé près de deux mois à écrire une chanson, je n’aime pas beaucoup ça. J’aime le sentiment d’urgence, l’idée de n’avoir que 48 heures. A la fin du week-end, nous avions enregistré neuf chansons, je sentais qu’il en fallait une dixième, c’est un chiffre plus rond, Frida, la dernière, nous l’avons enregistré en deux prises.

Mathieu Cesarsky : Il a écrit Frida dans le métro en allant au studio. Il nous l’a montrée une fois et c’était bon.

Thos Henley : Oui, tout le monde a dit « ok, j’ai compris ». Au final, c’est peut-être ma chanson préférée de l’album.

C’est pour cela que j’aime Blonde on Basically Ginger, parce qu’il ne ressemble à aucun autre album. C’est un album très live. A quelques endroits je ne suis pas très juste, quand j’entends ma voix et je me dis « ouch ». J’aime le coté live de cet album. La perfection n’était pas l’objectif.

Mathieu Cesarsky : Le producteur était mauvais, il n’a pas corrigé ces petites erreurs ! (rires)

Vous avez rencontré votre label Pan European Recording grâce à Mathieu ?

Mathieu Cesarsky : Quand on a débuté le travail sur cet album, on n’avait rien en tête. Lors de la première répétition à trois, avec Mathieu au piano, Arthur, le boss du label, est passé par là avec Nicolas Ker, il s’est assis, à écouter et m’a dit « je veux sortir cet album ! » Nicolas m’a d’ailleurs donné l’idée de changer la structure pour Ouija. Il nous avait dit « vous devriez démarrer par le chorus ». C’était son idée, nous aurions du le remercier.

Thos Henley : Deux mois plus tard, nous nous demandions si ce jour là il était sérieux, parce que Pan European n’avait jamais sorti un album comme ça. Ils sont plus électro.

Pour votre date en janvier pour célébrer les 10 ans du label, vous avez un peu de temps pour vous préparer ?

C’est un peu compliqué parce que je vis à Stockholm. C’est un bon point d’avoir les trois musiciens en France, ils peuvent répéter ici ensemble… de mon coté je connais les paroles.

Grâce à internet, je peux leur envoyer des démos. Comme par exemple je leur ai envoyé la démo d’une nouvelle chanson, pour le prochain album. On a cette idée, que le prochain album soit « Supertrampy ». J’avais fais une ballade au piano, que Mathieu a changé en mode Supertramp et que je trouve super. Je pense que mon prochain album sera « Super Super Supertrampy » En ce moment j’écoute tous les jours leur album Crime Of The Century.

(c) portrait par Delphine Ghosarossian

Blonde on Basically Ginger sortira en Suède ?

C’est un peu bizarre en Suède. Ce que j’ai réalisé c’est que si tu n’es pas suédois, ils ne font pas attention à toi. J’ai du mal à appréhender ce marché. Je n’ai pas de vision de ce qu’ils attendent. Il y a peu d’artistes non suédois qui marchent. Paris est une ville très internationale, Stockholm est très suédois.

Je n’ai pas de bonne réponse à cette question, j’espère que mon album sortira en Suède, mais je ne sais pas, on verra…

Merci !

 

Notre entretien avec Minou

« Je crois qu’on fait la musique qu’on a envie d’entendre »

Elle, Sabine Stenkors, lui, Pierre Simon, se sont rencontrés au lycée, et, après de nombreuses expériences musicales, décident de faire un projet bien à eux, un projet qui leur ressemble. Minou est né il y a trois ans, leur musique à base d’electro-pop et de textes en français, met en avant des mélodies imparables où leurs mots délicieux plongent dans ce bain de rythmes et nous emmènent dans leur univers pop-poétique.

C’est dans un petit bar de Ménilmontant (The Hood) que nous les avons recontrés et avons évoqué leur début, comment leur « son », leur « plume » se sont affinés et le coup de projecteur que leur a donné la victoire en 2015 du radio-crochet La Relève de France Inter.

(c) portrait par Delphine Ghosarossian
(c) portrait par Delphine Ghosarossian

Pourriez-vous nous présenter votre parcours musical ?

Pierre Simon (Pierre): En fait ça fait douze ans qu’on fait de la musique ensemble. Mais Minou ça a trois ans aujourd’hui. On a fait pas mal de choses, on a joué ensemble dans des petits groupes, on a accompagné des artistes. Et un jour on a eu envie de faire notre truc à nous. Minou, c’est notre première initiative vraiment à nous. C’est presque un disque solo, même si on est deux.

Sabine Stenkors (Sabine): Il y avait une salle de musique dans notre lycée, c’est là qu’on s’est rencontrés. On s’échangeait des CDs. Ca a tout de suite collé. J’ai pris une basse, il y a pris sa guitare et on a commencé à faire deux trois accords.

Votre précédent groupe était plus rock, vous chantiez en anglais…

Pierre : Et c’était un groupe à quatre. Donc c’était des compos à quatre, on se retrouvait dans une salle de répet, chacun amenait ses idées. C’était une autre manière de fonctionner. C’était notre première expérience de musique, de concert, de tournée. C’était extrêmement formateur. Mais oui, c’était plus énervé, ça correspondait plus à notre état d’esprit quand on avait 19 piges.

Et pourquoi le passage des textes en français, alors que vous chantiez en anglais ?

Pierre : C’était du yaourt anglais. (rires)

Sabine : A la fin du groupe ça s’est un peu essoufflé. On a eu l’envie de continuer quelque chose à deux et de faire un truc différent. Nos influences ont changé au fur et à mesure. On avait envie de trouver notre propre pop à nous, en faisant sonner les mots français comme un nouvel instrument. C’était une prise de risque pour nous qui était intéressante.

Vous évoquez votre changement d’influences, avec surtout de la pop française des années 80 ?

Sabine : Plus l’électro, je dirais.

Pierre : La pop française des années 80 ce n’est pas quelque chose qu’on avait en ligne de mire, c’est quelque chose qui a été digéré de manière assez naturelle. On s’est rendu compte en commençant Minou que c’était quelque chose qui ressortait dans nos compos, dans nos manières de faire. Ca faisait parti de notre inconscient culturel mais ça n’a pas été un objectif. On ne sait pas dit « On va faire de la pop française, avec des synthés… » Ca a été très naturel.

Sabine : C’était un mélange d’influences de rock et d’électro, avec de la langue française, mais sans être influencé par la pop française.

Pierre : On est nés en 88, donc tout ce qui s’est passé dans les années 80s on l’a pris en pleine face quand on a grandi dans les années 90s. On a grandi avec ces chansons, avec ce format très court, pop, avec des mélodies, des refrains. Ca fait parti des choses qu’on écoute et qu’on aime faire. C’est quelque chose qu’on a retranscrit, forcément.

Vous dites que vous n’êtes pas allés consciemment vers ce type de musique, mais que c’était assez naturel. Comment finalement vous avez trouvé votre « son » ?

Pierre : On a mis du temps à trouver notre « son ». Je crois qu’on l’a trouvé avec cet album. On l’a aussi trouvé en travaillant avec Julien Delfaud, le réalisateur de ce disque. Jusque là on avait essayé plein de trucs, ça partait un peu dans tous les sens. Ca allait d’une simple guitare voix à des chansons qui étaient complètement disco-funk. Et au milieu de tout ça on essayait de naviguer. Notre son il s’est aussi façonné avec la scène. Avec Minou on a eu la chance de faire beaucoup de concerts dès le début. Ca nous a vraiment aidé à digérer nos compos et à construire quelque chose. Il y a eu un EP de trois titres, ensuite il y a eu un EP de 6 titres, après il y a eu un premier EP d’album, et là il y a l’album. Il a fallu ces trois années pour qu’on puisse proposer le son qu’on avait envie au départ. Ca s’est sûr.

Et puis tu sais, tu as ce truc où techniquement tu t’équipes avec des synthés, tu apprends à bosser à la maison avec du home-studio, avec des boites à rythmes. C’est aussi une nouvelle manière de travailler que beaucoup de gens utilisent aujourd’hui. Ce sont des supers outils qu’on a. Et tout ça, ça façonne aussi la manière de travailler. Nous, on est complètement là dedans. On est une génération qui travaille à l’ordinateur, qui travaille avec des samples, qui travaille avec des synthés. Ca, plus la formation guitare, basse, batterie, notre fibre rock de départ, tout ça se mélange et façonne un son.

Au delà du son, il y a aussi les paroles. Là aussi, vous avez trouver votre voix, votre manière d’écrire ?

Pierre : Pareil, on ne savait pas si on savait le faire (rires), mais il a fallu le faire pour le savoir. Le premier titre qu’on a écrit pour Minou, c’est Montréal, titre qui se trouve sur l’album. C’est la plus vieille chanson. Au départ elle était en anglais, on ne savait pas si Minou ça allait être en français ou en anglais, on faisait juste de la musique. Et lors du premier essai de Montréal en français, c’était comme une révélation. On a réussi à faire ce qu’on voulait faire en français, on a réussi à chanter tous les deux, c’est un truc qui nous plaisait beaucoup, et on a pris beaucoup de plaisir à écrire et chanter ces paroles là. Du coup on s’est dit « On travaille dans ce sens, ça nous fait kiffer ! »

C’était un nouvel exercice pour nous, on ne savait pas si on savait le faire, et puis au final si, ça le fait.

C’est assez facile d’écrire en français ?

Pierre : Tu sais, on écrit rarement le texte avant. Comme le dit Sabine, on essaie de faire un texte qui va rebondir sur de la rythmique, sur des sonorités. Il y a déjà presque une trame avec des mots, au moment où on va écrire. Il y a la musique qui est là, qui va porter le texte. C’est quand même un exercice compliqué, d’écrire une fois que la musique est finie. On a mis un paquet de textes à la poubelle. C’est quelque chose qu’on a appris à faire.

Vous sentez que vous avez une singularité avec des textes plutôt abstraits ?

Pierre : Exactement. On nous dit souvent qu’il y a un coté dadaïste dans le texte. Je crois que c’est vrai, parce que c’est notre manière de voir la pop. La pop doit sonner comme ça pour nous. En tout cas, la musique qu’on fait doit sonner comme ça. Je pense qu’on ne pourrait pas écrire des choses plus réalistes. Ca ne marcherait pas, ce serait différent. Et puis pareil, on ne va pas être engagés concrètement et explicitement dans un texte. On préfère un peu détourner le truc, un peu noyer le poisson et que chacun trouve son chemin au milieu du texte, que chacun se fasse sa propre idée.

Sabine : C’est la musicalité des mots qui compte. On est plus des compositeurs que des auteurs. On aime bien faire rythmer les mots et que ce soit très imagé, faire aussi en sorte que les gens s’imaginent leur propre histoire.

(c) portrait par Delphine Ghosarossian
(c) portrait par Delphine Ghosarossian

Vous aimez aussi les mots ? Rien que le titre de l’album Vespéral, n’est pas un mot qu’on emploie au quotidien…

Pierre : A la maison on a des outils pour s’aider à écrire, un dictionnaire des rimes, des choses comme ça. Quand parfois on cherche des mots pour finir une phrase, c’est le même bidouillage technique qu’on prend à chercher des sons de synthé ou des sons de boite à rythmes. On cherche nos textes de la même manière qu’on cherche notre musique.

Sabine : Et dans la vie de tous les jours, si on entend un mot qui nous plait, ou quand je lis un livre, même le fait de voir le mot, si je le trouve beau, s’il a un rythme, je vais le noter dans un coin. Il va peut-être servir à un futur texte.

Vous avez évoqué Julien Delfaud, comment vous l’avez rencontré ? Et que vous a t-il apporté pour la création de cet album ?

Sabine : On l’a rencontré via notre label qui nous l’a présenté.

Pierre : C’était une idée de notre directeur artistique de travailler avec lui. Et c’était une fabuleuse idée puisque ça a matché tout de suite.

Sabine : Ce qu’il a apporté, c’est un résultat homogène au niveau de tous nos titres. Il a réussi à apporter une cohérence entre tous nos titres.

Pierre : On est arrivé avec des démos en studio qui étaient plus ou moins abouties. Il y en a où il manquait quelques éléments, et d’autres qui avaient déjà une forme qui ressemble à ce qu’il y a sur l’album. Mais quoi qu’il arrive, il a pris toutes les chansons et les a fait grimper d’une étape. Il les a fait grimper dans le sens où nous on voulait les faire grimper. C’est une espèce d’alchimie qui s’est passée tout de suite. Il a compris là où on voulait aller. C’était presque magique. A chaque fois on le voyait travailler, on était là « ouahh » En un quart d’heure de temps il avait transformé une batterie, il avait transformé un truc. On était là « c’est super ! »

Donc il a vraiment fait gagner une étape supplémentaire aux chansons. C’était quelque chose qu’on voulait faire, mais qu’à nous deux, on ne pouvait pas faire. Il nous fallait un réalisateur comme Julien pour emmener les chansons jusqu’ici. On a bossé près de trois mois avec lui sur ce disque, c’était une super expérience. C’était vraiment top. Et puis c’est un grand monsieur.

Sabine : En plus il est super sympa. On serait bien resté encore plus longtemps en studio.

Vous avez gagné le premier prix du radio-crochet La Relève de France Inter. Ca a été un coup de booster pour vous ?

Sabine : Ca a été une chance énorme pour nous. Ca a été une reconnaissance de gagner ce radio-crochet. On ne s’y attendait pas.

Pierre : C’était notre première exposition médiatique nationale. Avant ça on faisait notre truc dans notre coin, et tout d’un coup on s’est retrouvé à venir jouer une fois par semaine nos chansons à une heure de grande écoute sur France Inter. Sans penser à la victoire, on prenait un plaisir énorme à revenir chaque semaine, à se faire solliciter que ce soit par le public ou par le jury. Et puis tu vois, au final, un mois et demi après notre inscription on se retrouve à gagner ce concours, à signer dans un label, à parler d’un projet d’album. C’était des choses dont on avait envie mais qu’on n’avait jamais évoquées concrètement. Ca a été un vrai coup de boost. J’ai en plus un très bon souvenir de ce concours. C’était super.

Sabine : On avait un petit peu peur quand même…

Pierre : Oui, bien sûr, parce qu’à un moment tu te prends au jeu. C’est ingrat comme exercice.

Il y a des commentaires du jury que vous avez retenus ?

Pierre : Il y a parfois des phrases qui nous reviennent. Il y a toujours eu ce coté bienveillant, de manière générale. Pas seulement envers nous, mais envers tous les groupes. On était là pour faire de la musique. Le concours, tout le monde l’avait en tête, mais au final c’était plus le plaisir de réussir sa prestation et d’être avec d’autres groupes qui était intéressant.

On a eu des critiques très positives, notamment sur la manière dont on faisait nos chansons, dont on arrivait à créer nos mélodies. Tout ça, ça nous a conforté et ça nous a vraiment rassuré, en se disant « c’est chouette, il y a de l’écho à ce qu’on fait ». Après il y a eu des remarques sur les textes, parfois on nous titillait un peu du genre « c’est trop abstrait, on ne comprend pas… » Le jury entre eux n’était pas d’accord.

Tout ça c’était très constructif, parce que toutes les critiques, quelles soient positives ou négatives, il faut les prendre, il faut faire avec. C’est ça qui te fait grandir.

(c) portrait par Delphine Ghosarossian(c) portrait par Delphine Ghosarossian

Vous avez gardé des liens avec France Inter ?

Sabine : Oui, nos titres son playlistés

Pierre : Ils nous soutiennent sur la sortie de l’album, ils sont partenaires de la sortie du disque.

Sabine : On fait régulièrement des émissions.

Pierre : C’est un vrai partenaire. Didier Varrod a été un vrai parrain dans notre développement. C’est très très cool.

Vous avez évoqué que les concerts vous ont aidé dans la construction de votre musique ?

Pierre : Bien sûr. Parce qu’en plus la formule du live a vachement évolué à travers le temps. On est passé par plusieurs choses. On a commencé à trois avec juste un batteur, ensuite on a fait à trois, avec ce même batteur mais qui était sur des batteries électroniques, ensuite on est passé à deux pour pouvoir être plus léger et faire des premières parties, puis là on revient à trois, mais ce n’est pas un batteur c’est un guitariste clavier qui est avec nous… C’est le bordel ! (rires) C’est ça qui est intéressant aussi, parce qu’il y a toujours ce truc excitant de remonter un nouveau concert et de pouvoir proposer, quasiment tous les six mois, un nouveau truc. Là, je trouve qu’on a trouvé un bon équilibre, on est assez fier de ce qu’on va présenter au Point Ephémère à la fin du mois (ndlr, le 22 novembre 2016). Les concerts c’est super important, bien sûr.

On a fait pas mal de premières parties. Ce sont des exercices difficiles. Ca peut-être ingrat, puis au final, c’est toujours formateur.

Sabine : Le public est toujours bienveillant. On a souvent peur que ça ne passe pas, mais au final ils sont toujours super gentils…

Vous avez pu tester vos chansons sur scène ?

Sabine : Exactement, en première partie on peut jouer 20 minutes. On mettait alors les titres les plus forts, les plus dynamiques, et parfois ça nous permettait de voir qu’un titre ne passait pas alors qu’on pensait vraiment qu’il allait être plus vivant en live. Du coup on se disait « tient celui là n’a pas marché, on peut revoir telle rythmique, telle façon de chanter… »

Quand on est sur scène, on peut lire la réaction du public ?

Pierre : Bien sûr, surtout quand tu es en première partie, où les gens n’ont pas acheté leur place vous venir te voir. Tu es vraiment en découverte. Si petit à petit, les épaules commencent à bouger, que les gens commencent à danser, c’est gagné. Là où tu as raison, c’est qu’on essayait, on avait le temps de faire six ou sept titres, des titres très dansants, très immédiats. Au final, il s’avère que les coups de cœur des gens ne sont pas forcément les trucs les plus dynamiques, mais ce sont ceux qui font un peu respirer au milieu. On a aussi appris à construire un set avec cet exercice de set très court. C’est très formateur.

Vous avez dans vos chansons, des mélodies très accrocheuses, comment vous les construisez ?

Sabine : Je crois que ça vient du fait qu’on a écouté beaucoup de groupes, qu’on adore la mélodie. On aime autant des groupes très mainstream que des groupes indés donc, il y a ce mélange qui se retrouve.

Pierre : Je crois qu’on fait la musique qu’on a envie d’entendre. C’était ça le défi de départ de Minou. Ce dire qu’en France, aujourd’hui, qu’est-ce qu’on aime écouter. Soit on regarde dans le retro et on s’écoute des vieux trucs, soit on écoute des trucs d’aujourd’hui, mais on se dit « ça c’est sympa pas, mais… ». On s’est dit « on va essayer, nous, de faire un truc qui nous satisfait, la musique qu’on aimerait entendre ». On s’est dit qu’on allait faire des pop songs avec des refrains parce qu’on adore ça, et on va l’orchestrer de manière un peu plus indé parce qu’on aime aussi l’orchestration et le travail qu’il y a sur des arrangements indés, et on va chanter en français.

(c) portrait par Delphine Ghosarossian(c) portrait par Delphine Ghosarossian

Dernière question sur votre label Cinq7. C’est un beau label ?

Sabine : Carrément. Dans ce label, on a la liberté de faire plein de choses. On est vachement soutenu. On a eu le choix de faire la pochette de notre album, de a à z. On a eu le droit de mettre les titres qu’on voulait sur l’album. On était souvent d’accord sur la façon dont on orchestrait les chansons. On a eu une grande liberté.

Vous avez croisé d’autres artistes du label ?

Sabine : Oui, des beaux artistes en plus… Lilly Wood & the Prick, Dominque A

Pierre : Petit à petit on devient copain avec les artistes du label. Ca se passe de manière très naturelle. C’est une grande famille. Avant tout ça on a fait pas mal de rendez-vous en maison de disque, quand on avait sorti nos EP en autoprod, et on n’a jamais été satisfaits, on n’est jamais sortis contents de tous ces rendez-vous. Et dans nos têtes on se disait qu’il nous fallait un label comme ça. On est très contents.

merci

Notre entretien avec Aliocha

« Une chanson c’est tellement fragile, il y a une essence à ne pas perdre »

C’est la veille de son concert au MaMA festival de Paris, que nous avons rencontré Aliocha. Né à Paris, grandi au Québec, Aliocha a sorti son premier EP Sorry Eyes qui pose en 5 chansons son univers folk bercé aux références américaines et sa voix si intense.

(c) portrait par Delphine Ghosarossian
(c) portrait par Delphine Ghosarossian

Vous avez démarré sur les planches de théâtre dès 14 ans ?

Aliocha : 12 ans, même !

Comment on fait du théâtre si jeune ?

Mon père me donnait des cours de théâtre quand j’étais petit. A travers des amis, de la famille, j’ai commencé à faire du doublage puis j’ai rencontré un agent. Mon premier casting a été au théâtre pour une adaptation de la Promesse de l’Aube de Romain Gary et puis cela a continué comme ça.

Vous avez depuis enchainé les films, les séries TV…

Exactement

Vous êtes dans une famille d’acteurs ?

Oui, l’ainé Vadim était comédien, il chantait aussi. Il m’a donné envie de faire comme lui au départ. C’est pour ça que j’ai commencé le théâtre et la musique en même temps. Mon premier rêve c’était de chanter. Vers 10 ans j’ai commencé les cours de chant, et parallèlement je jouais aussi.

Qu’est-ce qui vous a donné le déclic à 10 ans de vouloir devenir chanteur?

Ce qui est assez drôle c’est que j’étais fan de Robbie Williams. Quand j’avais 10 ans, je regardais ses concerts. C’est vraiment ça qui m’a donné envie de chanter. C’est drôle, parce qu’aujourd’hui ma musique ne ressemble pas du tout à ça.

Ca et faire comme mon grand frère qui chantait extrêmement bien, c’est ça qui m’a donné envie.

Plus tard, quand j’ai découvert Dylan j’ai commencé à jouer de la guitare et à composer un peu plus tard, vers 16 ans.

Que représente la musique pour vous ?

J’ai vécu dans une famille où dès l’enfance on écoutait de la musique, Cat Stevens par exemple c’est mes 5 ans, ou les Beatles. Ca fait parti de ce que je suis parce que je les connais, parce que je les entends depuis que je suis tout petit.

Après d’en faire, c’est difficile de dire ce que ça représente parce que ça évolue, ça prend de l’importance au fil du temps. Quand j’avais 10 ans je rêvais d’être chanteur, mais c’est vraiment en écrivant des chansons que ça a pris plus d’importance, et que ça a un sens plus profond pour moi.

Les thématiques abordées dans l’EP sont autour des relations qui ne se passent pas toujours très bien…

Ce sont des relations, mais pas forcément des relations amoureuses.

Il y a des chansons très orchestrées comme Sorry Eyes et d’autres beaucoup plus dépouillées, comment se sont faits ces choix ?

Je pense que sur certaines chansons on sentait qu’elles n’avaient besoin de rien. Et c’était important de tout façon que même sur celles qui sont orchestrées de garder une simplicité, de garder quelque chose d’épuré, parce que j’ai joué tellement longtemps seul. Comme je disais tout à l’heure, quand j’écris des chansons, il faut que ça se tienne avec simplement guitare / voix. Mais en même temps je voulais donner une couleur à l’album, je voulais m’amuser avec les arrangements mais même quand c’est arrangé, cela doit garder une simplicité.

Est-ce que le fait d’être français vivant au Canada, vous avez puisé dans les deux cultures ?

Peut-être inconsciemment. Ce sera difficile pour moi d’en parler, par ce que toutes mes influences, je ne les mets pas consciemment dans ce que je fais. Jamais je ne me dis « tiens je vais composer une chanson plus british… » C’est plus par rapport à ce que j’écoute. C’est que je me tiens au courant de ce qui se passe en France. Comme j’écoute ça et de la musique américaine, probablement que ça se traduit dans ce que je fais, mais inconsciemment.

Comment vous écrivez vos chansons ?

Comment j’écris… Je ne serais pas capable de dire par exemple « allez, pendant un mois j’écris des chansons ». C’est quelque chose que je fais tout le temps. Je joue de la guitare et parfois il y a quelque chose qui sort. Je ne me dis pas « tiens je compose un album, j’écris des chansons comme ça ». Parfois pendant 3 mois il n’y a rien qui sort ou pendant une semaine il y a deux chansons qui sortent. Selon ce que je vis il se trouve que je n’ai rien à dire et il n’y a rien qui sort, et parfois, tout d’un coup je déballe quelque chose.

A partir d’un moment j’avais vraiment beaucoup de chansons, je me suis dit « tiens, je crois qu’il y a un album là dedans ».

(c) portrait par Delphine Ghosarossian
(c) portrait par Delphine Ghosarossian

Quels sont les ingrédients d’une bonne chanson ?

J’ai l’impression que c’est par erreur que je trouve une bonne chanson. Il y a un mot en anglais « serendipity » qui représente bien ça. C’est quelque chose qui est arrivé par erreur mais qui crée quelque chose de beau au final. J’ai l’impression qu’il faut ça pour chaque chanson. Je ne serais pas capable de me dire « là en 10 minutes, tu fais ça plus ça plus ça et ça fait une chanson ».

Il faut aussi que la chanson existe en guitare-voix ou piano-voix. Il faut que complètement dénudée elle ait un intérêt. Après, on peut mettre des arrangements, améliorer la chanson, mais il faut qu’elle ait une base solide.

Au niveau du texte, ce n’est pas forcément sur papier. Pour moi, ce n’est pas forcément de la poésie, mais il ne faut qu’il y ait un mot qui soit laissé au hasard. Il faut que tout ait un sens. Même si ça ne change pas les esprits, peu importe, je pense qu’il faut qu’il y ait une intention derrière tout ce qu’on dit.

C’était plus naturel d’écrire en anglais ?

Oui, parce que toutes mes influences sont anglophones. Quand j’ai commencé à chanter, j’ai commencé à apprendre des chansons en anglais, c’était Dylan, Cat Stevens, Simon & Garfunkel… Alors quand j’ai commencé à écrire mes propres chansons c’est forcément comme ça que c’est sorti. Et on ne chante pas de la même façon en français et en anglais. Il aurait presque fallu que je réapprenne à chanter en français.

A 16, 17 ans vous rencontrer Jean Leloup (auteur compositeur interprète du notamment ultra tube 1990), que vous a t-il apporté ?

Il m’a apporté tellement de choses… Au moment où je l’ai rencontré j’avais une dizaine de chansons, avec toujours ce rêve d’être chanteur. Mais ça me paraissait loin, inaccessible. Autour de moi, ma famille, mes amis me disaient que c’était bien, mais je ne pouvais pas imaginer que Jean Leloup aimerait ma musique.

Je l’ai croisé dans un café, je suis allé le voir, j’avais surtout envie de lui parler. Ce que j’ai trouvé à lui dire c’est que j’avais des chansons et que je ne savais pas quoi en faire. Et d’une spontanéité incroyable, il m’a dit « viens au studio ce soir ». Il travaillait avec un groupe à ce moment là qui s’appelait The Last Assassins et ils étaient tout le temps en studio. J’arrive et il me fait jouer deux trois chansons. Il m’a dit « c’est top ! » Il a demandé à ses musiciens de m’accompagner et on a enregistré deux trois maquettes ce soir là. Il m’a fait revenir le lendemain. C’est lui qui m’offrait le studio, il a été d’une générosité folle. Qu’une idole comme ça me donne une légitimité, ça m’a donné confiance. Il m’a dit « il faut que tu fasses un disque ». C’est comme ça que ça a commencé…

Vous arrivez quelques années après avec un EP ?

C’est quand même 5 ans après… Car après avec ces maquettes je suis allé voir Michel Bélanger qui est le patron d’Audiogram, mon label au Québec, qui est le plus grand label indépendant au Québec. J’étais venu lui demander conseil pour le produire moi-même. Je ne pensais pas qu’une maison de disques voudrait le faire. Et lui m’a fait confiance à ce moment là alors que vraiment je n’avais pas grand chose.

Michel Bélanger m’a aidé dans mon développement, il m’a fait travailler avec plusieurs personnes, il m’a même envoyé même à Los Angeles travailler avec un arrangeur. Il se trouve que ça n’a pas fonctionné mais j’ai travaillé avec plusieurs personnes, j’ai continué à me développer, à écrire plusieurs chansons. C’est vraiment cinq ans après, avec la rencontre de Samy Osta que là je me sens prêt à sortir.

(c) portrait par Delphine Ghosarossian

Comment s’est faite la rencontre avec Samy Osta ?

A travers un contact qui est dans le milieu de la musique, qui s’appelle Jean-Valère Albertini a qui j’ai dit « il me faut un arrangeur ». Du coup, on a fait un rendez-vous, on a écouté plusieurs disques français sans me dire qui étaient les arrangeurs. J’ai écouté les différents disques et je crois que c’est sur le premier EP de Feu! Chatterton que j’ai dit « c’est avec le mec qui a fait ça avec qui j’ai envie de travailler ». On est allé le rencontrer, et dès la première rencontre, je me suis dit « c’est avec lui que ça va marcher ».

Le travail a été tellement saint avec lui, il est vraiment dans l’écoute. Une chanson c’est tellement fragile, il y a une essence à ne pas perdre et avec lui c’était un travail de chirurgien pour ne pas perdre ça.

Et pourquoi allez en Suède pour faire l’enregistrement ?

Je ne sais pas exactement (rires). Samy venait de finir l’album de Feu! Chatterton là bas, et il m’a dit « le studio est top, on va enregistrer en Suède ». J’ai dit « Amen ! » (rires).

Au Canada, vous êtes surtout connu en tant qu’acteur, comment est-ce perçu d’être acteur-chanteur ? Car en France c’est très difficile…

Je pense que les gens sentent que ce n’est pas cette démarche qu’on pourrait imaginer de l’acteur qui profite de sa notoriété pour tout d’un coup se lancer dans la musique. Comme je vous l’ai dit, j’ai démarré les deux en même temps, et cela fait 5 ans que je travaille dessus.

Mais c’est vrai que c’était une peur, je me demandais comment les gens allaient le percevoir. Finalement les gens sentent bien que c’est honnête.

En France on vous connaît moins en tant qu’acteur, vous arrivez directement en tant que chanteur…

Absolument. Encore, au Québec on me connaît comme acteur, mais je ne suis pas une star, il y a plein de gens qui vont me découvrir à travers la musique, enfin s’il me découvre avec la musique. (rires)

Comment s’est faite la rencontre avec votre label pour l’Europe, Pias ?

En fait c’est la même personne qui m’a présenté Samy Osta, qui est allé voir le label Pias. Moi j’étais déjà chez Audiogram. J’ai senti un enthousiasme chez eux qui m’a vraiment donné envie de travailler avec eux. Et depuis que je suis là ça se passe vraiment bien. J’ai rencontré Guillaume (ndlr Depagne), le patron de Pias France à Montréal. Il a fait le voyage pour me rencontrer.

Vous êtes programmé au MaMA festival, c’est un beau festival, sous quelle formation jouerez-vous ?

Je serai avec mon frère Volodia Schneider qui est batteur. C’est vraiment cool de jouer avec lui sur scène, on partage de bons moments. J’ai un bassiste qui s’appelle Tom Tartarin, et Christian Sean qui lui fait clavier, guitare électrique et back vocals, et moi, je suis au clavier et à la guitare. Ca va être intime, et je pense que cette intimité marche avec ce que je fais.

Il y aura d’autres dates en France ?

Il y a certaines dates qui arrivent tranquillement. Mais comme ça vient de tomber, je ne sais même pas à quel point c’est annoncé. De bonnes nouvelles…

Merci

Chloé Mons par Delphine Ghosarossian

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 Chloé Mons sera en concert le 09 avril 2014 à partir de 20h à l’Espace Jemmapes (Paris).

« Chloé Mons est partie en Inde, pays qu’elle connait bien. Durant tout le mois de Novembre 2012, elle a travaillé à Mysore (Karnataka), avec  son équipe, celle de son précédant album Walking et a enregistré ce disque dont elle avait rêvé. Et puis comme dans un film de cinéma, le dernier jour, le méchant s’est révélé et a volé le master. Retour à Paris sans un son.

Après un temps de réflexion, après avoir vérifié que la justice n’y pourrait rien, après avoir rassemblé ses forces, elle a ré-enregistré ce disque à Paris, avec son complice de toujours Yann Pechin et un percussionniste indien Prabhu Edouard.
Ce sont les mêmes chansons, mais c’est un nouveau disque. Les influences indiennes, la transe, les couleurs denses sont bien là, intactes, ré-inventées dans le studio parisien de Chloé. »(Fnacspectacles)

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Delphine Ghosarossian // Photographer //

DelphineNous avons le plaisir de vous annoncer que l’équipe de Chronique Musicale se renforce avec Delphine Ghosarossian, photographe (Docteur en Arts – Plastiques et Sciences de l’Art).

Delphine collabore notamment avec Vox Pop, Télérama, L’Express, Le Point.

Vous retrouverez très prochainement ses beaux clichés sur notre site.

En attendant, nous vous invitons à parcourir son site internet ici.