The Guest List – Naïve New Beaters

The Guest ListThe Guest List. Ce titre de mixtape suppose des collaborations prestigieuses avec les Naïve New Beaters. On demeure dans l’hypothétique ou alors, il faut se placer sur une échelle nuancée du prestige. Pourtant, la surprise est de taille.

Les Naïve New Beaters se plaisent à rire, faire des blagues potaches et chahuter avec le public. Ce côté déconnant cache une réalité : les mecs sont des stakhanovistes. Ils maîtrisent leurs productions, aucun détail ne filtre et le boulot est toujours millimétré. Ce contrôle total de leur musique se traduit par la fusion parfaite entre leurs différentes influences musicales.

Ce confluant de styles est perceptible durant l’écoute de The Guest List. La mixtape s’ouvre avec Black Bombay dont le titre évoque à lui seul les tonalités indiennes de la guitare. La première collaboration donne dans l’efficacité avec Oxmo Puccino balançant ses rimes et ses vers, sans que l’on comprenne toujours où il veut en venir. Rap toujours, C’est gratuit avec Fuzati du Klub des Loosers prouve que les Naïve New Beaters n’ont pas le monopole du statut des musiciens comiques. Fuzati arrive à placer « Vincent Perrault » et « hymène » dans son couplet, une performance à saluer. L’instru rappelle le Mommy where’s daddy ? des Red Hot Chili Peppers avec une funk/rap avec une batterie encadrant un délice de complicité entre la guitare et la basse. MMMMM, un groupe peu inspiré lors du choix du nom, performe sur Choose Life et prouve qu’on peut donner dans la chanson potache et franchouillarde sans tomber dans le Patrick Sébastianisme. Les paroles te témoignent pas d’une recherche démentielle mais l’écoute s’avère agréable avec les quelques cuivres tapissant le fond sonore.

Les deux collaborations féminines sont contrastées sur cette mixtape avec Izia et Petite Meller. La fille Higelin donne dans la gueulante rock’n’roll et bien sale sur Heal Tomorrow alors que Petite Meller opère en douceur sur le titre, peu transcendant mais bien travaillé, Petit Love. Les Naïve New Beaters possèdent un réel vécu avec deux albums à leur actif et cela se ressent dans leur production. Quelques titres sont des « tubes » en puissance avec l’électro/pop de Skyline, le hip-hop américain de The Shore ou encore avec la basse rythmée de 40 Chicks avec des invités costauds comme Gush, Beat Assailant et les tristement méconnus canadiens de Radio Radio. Je marginalise le titre Tout Commence avec Cyanure et Kohndo, je n’y suis pas du tout réceptif.

Je clos cette chronique sur deux mentions spéciales. Les Naïve New Beaters me poussent à croire en une divinité ancestrale et je suis assez peu à l’aise avec les propos que j’écris : Kill ‘Em All est un petit bijou pop/rock avec Adrien Gallo des BB Brunes. Leur talent d’arrangement et de production parle pour eux, ils arrivent à faire apprécier, aux oreilles peu réceptives, le chanteur du groupe d’adolescentes. Enfin, Off The Clock, avec Mo Laudi et le prophète pop Rich Aucoin, donne dans le Naïve New Beaters pur et dur. C’est joyeux, efficace, dansant et un melting-pot stylistique réussi.

The Guest List transpire la qualité surtout quand on dresse une liste exhaustive de la variabilité des personnalités musicales invitées. Les Naïve New Beaters orchestrent magnifiquement le passage du rap à l’électro, de la pop à la funk ou encore du rock à la chanson joyeuse et guillerette.

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Skyline – Naïve New Beaters

Naive New Beaters« Pop rapée et chaloupée », c’est ainsi que les Naïve New Beaters définissent le style musical de leur groupe. David Boring au chant, Martin Luther BB King à la guitare et Eurobélix  «  l’homme-machine » forment un trio énergique et décalé. Au travers de leurs albums Wallace et La Onda, ils ont réussi la prouesse de nous faire ressentir une folle énergie et notamment scénique. L’excentricité est un excellent qualificatif s’employant pour les décrire avec une puissance comique non négligeable que ce soit en interview avec un clash à l’encontre de Dr Dre ou sur scène avec des tenues improbables, des palmiers en plastique ou des décors en aluminium. Pour autant, il ne faut certainement pas les sous-estimer et bien au contraire, les prendre au sérieux car ils s’affirment comme une puissance montante de la scène française.

Leur premier album Wallace, sorti en 2009, fait une entrée remarquée avec une énergie débordante et volontairement affichée pour affirmer leur présence. L.A. Trumpets, premier titre, caractérise cet album avec un rap vif, un refrain dansant et une parfaite union entre la rythmique de la guitare et des beats électroniques. Live Good, son clip déjanté et le remix des Bloody Beetroots permettent de mettre en lumière les Naïve New Beaters avec une ligne de basse simple mais terriblement efficace, comme sur Can’t Choose, un refrain planant et des couplets percutants. Ce premier album se révèle tout simplement être une réussite avec des titres aussi puissants les uns que les autres. A noter, la présence d’une version « wallace » du morceau Bang Bang, qui fît parler du groupe avant la sortie de ce premier album, sur la version deluxe. Après une longue tournée, les Naïve New Beaters préparent un second album précédé de la mixtape Tales From La Onda pour 2012. Suite à une présence marquée par leur premier album, La Onda possède une énergie maîtrisée et une couleur musicale bien plus nuancée avec des morceaux de pop rapée comme Shit Happens ou Pop You, d’autres plus chantés comme Over The Years ou des morceaux dansants à l’image du titre éponyme La Onda ou Basic Zoom. L’énergie, bien que maîtrisée, est toujours présente comme avec Jersey qui alterne entre vitesse du riff de la guitare sur le refrain, des paroles sur les couplets puis combine parfaitement les deux pour donner un morceau explosif. Le groupe attire l’attention sur leur album grâce à l’excellent clip de Shit Happens mettant en scène un Mickey trash à souhait.

Leur notoriété est grandissante avec un passage au festival de Glastonburry, de nombreux concerts, des premières parties importantes comme The Kills ou The Smashing Pumpkins mais aussi une émission quotidienne sur Ouï FM. Mais cette chronique est motivée par la sortie d’une mixtape, The Guest List,  justifiant et étant un prétexte pour une quasi apologie assumée des NNBS. Ils livrent, chaque semaine jusqu’à Noël, un titre de cette mixtape qui s’annonce de qualité et éclectique avec de nombreuses collaborations (Beat Assailant, Oxmo Puccino, Izia, Rich Aucoin). Le premier extrait est le suivant avec Gush, groupe ayant participé au très bon album des C2C.

Si vous êtes intéressés ou intrigués par les Naïve New Beaters, écoutez leurs albums ainsi que leurs remix (Oxmo Puccino, François Atlas, …) ou allez les voir en concert, vous en aurez assurément pour votre argent.

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