Slow Joe & The Ginger Accident – Temple Mosque Church

C’est malheureusement l’épisode final d’une histoire humaine, musicale qui a débuté par hasard en 2007 lorsque Cédric de la Chapelle, guitariste lyonnais, rencontre pendant ses vacances à Goa, Joseph Manuel Da Rocha (aka Slow Joe), poète, crooner, mais accessoirement alcoolique et junkie, qui opérait comme guide à ce moment là.

De cette rencontre est né Slow Joe & The Ginger Accident et trois albums : Sunny Side Up en 2011, Lost for Love en 2014, et Le Me Be Gone qui était en cours de finalisation lorsque Slow Joe a tiré sa révérence le 2 mai 2016 à Lyon où il s’était installé. Ce dernier album est finalement sorti le 17 février 2017 et recèle de magnifiques morceaux à l’instar de Temple Mosque Church.

S’ouvrant sur un coeur et un orgue religieux, on entre dans ce morceau comme on franchit le pas de porte d’une vielle synagogue de l’est de l’Europe, d’une mosquée inspirée de la Mosquée Bleue ou d’une cathédrale, on y entre humble et ému. Une fois à l’intérieur, on découvre la voix fracassée, à vif de Slow Joe qui raconte bien au delà des mots, la vie, sa vie, le monde. 

Notre entretien avec Radio Elvis

« On peut maintenant affirmer qu’on est un groupe de rock alors qu’avant on se cherchait beaucoup »

Créé en 2013, Radio Elvis, formé de Pierre Guénard (chant et guitare), de Manu Ralambo (guitare électrique et basse) et de Colin Russeil (batterie-claviers), n’a pas tardé à monter en haut de l’affiche. Après deux EPs, de nombreux prix glanés dans les radio-crochets nationaux, leur premier album Les Conquêtes (sorti en avril 2016) rencontre un vrai succès et leur musique rock, leurs textes magnétiques (en français) engrangent tous les jours de nouveaux conquis. 

C’est dans la boutique de vinyles éphémère de l’agence de communication We Are Addict, que nous avons rencontré autour d’un café chaud Pierre et Colin, et évoqué avec eux, leur rencontre, leur producteur, leurs concerts et beaucoup d’autres choses.

(c) portrait par Delphine Ghosarossian

Vous vous formez en 2013, aujourd’hui vous avez un album salué par la critique, vous sortez d’un concert à la Cigale (08 novembre 2016), comment avez-vous fait pour en arriver là si vite ?

Colin : Les dieux nous ont vachement aidés. On a beaucoup, beaucoup prié pendant un an, on n’a pas du tout travaillé. C’est arrivé comme ça ! (rires)

Pierre : Quand tu dis « pour en arriver là » pour le moment on continue notre boulot. On travaille, on se remet en question tout le temps, on ne considère pas qu’on est arrivé. Par contre il nous arrive de belles choses, ça c’est chouette.

J’écrivais d’une certaine manière et quand j’ai rencontré Colin, quand on s’est mis à faire de la musique ensemble, Colin m’a fait changé d’écriture. J’écrivais des chansons qui n’étaient pas vraiment des chansons, c’était du spoken word, il y avait beaucoup moins de pop. C’est le fait de travailler avec Colin qui m’a drivé un peu plus. Je commençais déjà à m’ouvrir à ça quand on s’est rencontré et c’est pour cela que ça s’est bien passé. On était tous les deux ouverts, Colin était ouvert à ce que je faisais, et moi j’étais ouvert à ce qu’il pouvait apporter à mes chansons, dans la structure, dans l’approche de la musique.

Colin : On avait besoin de se rencontrer à ce moment là… Je crois vraiment que c’était un besoin et du coup, on a tout de suite cru au projet. On avait de l’ambition à fond… Quand on y croit et quand on bosse, ça avance.

Comment vous vous êtes dit que c’était la bonne personne avec qui monter un groupe ?

Colin : On ne se dit pas ça, on joue c’est tout. C’est dans les films qu’on raconte ça.

Pierre : Dans la réalité c’est un peu plus simple que ça. Quand on a du temps, on se voit, on joue, on essaie de faire des concerts. A partir du moment où on a joué ensemble, on a vite été approchés par des maisons de disques, des éditeurs, des gens du milieu. C’est là qu’on se dit qu’on s’est bien trouvé et que ça va peut-être marcher, qu’on va peut-être réussir à en vivre. Au début on espérait juste faire des concerts et en vivre. Et c’est ce qui se passe. Il ne se passe pas beaucoup plus. On n’a pas la sensation que quelque chose d’exceptionnel est en train de se passer. On fait juste de la musique.

Comment votre écriture a évolué pour passer du « spoken word » à la chanson ?

Pierre : J’ai toujours eu le même rapport à l’écriture, c’est juste le fait de jouer avec Colin et Manu qui m’a permis d’élaguer et de trouver une forme qui me convenait plus. Avant j’étais seul, je n’avais pas de contrainte, il y avait moins de trucs qui pouvaient me driver, me mener vers une forme particulière. Mais le rapport au mot est toujours le même c’est le son d’abord, le sens après.

Du coté de la musique, comment les textes inspirent la musique ?

Colin : C’est assez spontané. Pour les premières compos qu’on a eu c’était un mot appelle un son, un son appelle un mot, il y avait des échanges comme ça.

Parfois le texte était très abouti, fini alors que la musique ne l’était pas, il fallait s’inspirer de tout ça pour composer. Ca venait souvent très vite, il n’y a pas vraiment de méthode. C’est quelque chose qu’on ne maîtrise pas et c’est justement ce qu’on aime. C’est un peu de l’impro, quand ça nous plait, on bloque dessus, on travaille le petit son, la petite ligne de basse, le riff de guitare, un accord… Ce n’est pas très simple à expliquer, mais ce n’est pas plus compliqué que ça. C’est surtout de l’improvisation, un échange entre le texte et la musique. On n’intellectualise pas trop.

Pierre : On a l’impression que même les compos viennent, factuellement elles viennent en studio, mais en réalité, je crois qu’elles arrivent dans le camion lorsqu’on écoute de la musique ensemble. J’ai l’impression que c’est là que commencent à naitre nos futures chansons. On se rend compte des goûts qu’on a en commun et la fois d’après on met ces goûts là en commun et on les met en œuvre. On essaie d’appliquer ce qu’on a écouté. Ce sont des choses qui ne s’expliquent pas, ce sont des trucs qui se vivent.

Comment les nombreux concerts que vous avez faits vous ont aidé dans la création de ces chansons ?

Colin : Les concerts nous ont surtout aidé à aboutir les compos, à fignoler, à maîtriser. Des fois on jouait des morceaux qu’on avait composer une semaine avant. J’exagère un peu, mais c’est pas loin finalement. Le fait de les jouer en concert ça permettait de savoir si la structure était bonne, si ça plaisait aux gens de cette manière là, si les sons étaient les bons. Forcément quand tu fais une compo, le but c’est de la jouer devant des gens, donc c’est là que ça se passe.

Pierre : Pour le disque ça nous a aussi permis d’acquérir une certaine assurance. Quand on est arrivé en studio on avait fait plein de concerts, on avait la sensation de bien maîtriser les morceaux, de savoir pourquoi on les faisait. C’était assez fort en nous.

Colin : On s’est régalés aussi, on a appris à se connaître, on s’est révélés. On peut maintenant affirmer qu’on est un groupe de rock alors qu’avant on se cherchait beaucoup. Petit à petit plus on joue, plus on a des chances de le faire et plus on sait ce qu’on fait, on sait ce qu’on devient.

Vous avez enregistré cet album au studio ICP à Bruxelles, pourquoi ce studio ?

Colin : Pour les frites ! (rires) Parce qu’un CD sur deux a été enregistré là-bas, donc forcément ça fait rêver. Sur les CDs qu’on aime, vous voyez ICP derrière.

Pierre : Bashung a enregistré quasiment tous ses albums là-bas, Noir Désir a enregistré quasiment tous ses albums là-bas aussi.

Colin : Beaucoup de français ont fait leurs albums là-bas. Il faut dire aussi que PierreAS avait une porte d’entrée pour ce studio. On en a profité. On a fait un premier test où on a visité le studio, on y a fait notre deuxième EP qui s’appelle Les Moissons qui contient Où sont les pyramides et Elle partira comme elle est venue. On a fait ces deux titres là-bas, pour à la fois tester et aussi pour enregistrer des morceaux. Vu que ça nous a plus on s’est dit « on y retourne pour l’album ».

Qui a été votre producteur, comment s’est passée la collaboration avec lui ?

Pierre : C’est Antoine Gaillet, c’est un monsieur très gentil… En fait on nous a beaucoup parlé d’Antoine Gaillet dès le début du groupe. Quand on rencontrait des éditeurs, à l’époque, quand on envisageait l’album, on nous a vite parlé d’Antoine Gaillet. Nous, on pensait à beaucoup de personnes différentes, et le moment venu on s’est dit « on va contacter Antoine Gaillet pour au moins le rencontrer ». Il se trouve qu’on vient du même coin, qu’il est deux-sévrien comme nous. On s’est bien entendus. On l’a bien aimé parce qu’il avait une vrai intelligence artistique. On ne cherchait pas quelqu’un qui allait apporter sa patte, qui allait driver le projet vers autre chose. On cherchait quelqu’un qui pouvait prendre une photo du groupe tel qu’il était à ce moment là. On a senti qu’Antoine Gaillet était capable de faire ça avec nous. Il est aussi capable d’apporter sa patte, mais il est capable de rester un peu en retrait et de nous laisser faire. On voulait juste qu’il nous donne les moyens de réaliser nos envies. C’est exactement ce qu’il a fait. Il a essayé de nous comprendre, il est très à l’écoute, et très diplomate aussi. Il a une vraie intelligence artistique et une vraie intelligence humaine. Il sait vite analyser nos comportements pour savoir comment nous prendre chacun séparément. Notamment Manu, il a très bien et très rapidement cerné Manu qui a un rapport à la musique assez complexe. Il a vite cerné le personnage et a réussi à en tirer le meilleur.

Colin : C’est sûr que les réalisateurs c’est 50% de psychologie. On débarque dans un studio avec plein d’enthousiasme, mais on ne connaît pas la personne qui produit. On l’a rencontrée vite fait, quelques heures, et au final on se retrouve 24h/24 avec lui. Il faut que le courant passe. Les producteurs doués, évidemment ils ont de la technique, ils ont du talent artistique, ça s’est sûr, mais ils ont aussi beaucoup de psychologie. Ils sont capables de rebondir, d’être hyper ouverts à nos personnalités et à plein de sujets différents, parce qu’on ne parle pas que musique.

En plus Antoine est un mec qui bosse vite, qui capte très vite les personnalités comme disait Pierre… Je me rappelle le matin, on discutait cinéma, on ne parlait pas forcément de musique, et on se marrait bien. Il y avait un coté « pote » qui s’est installé très vite. Je pense que c’est compliqué de travailler avec un producteur si tu n’arrives pas à raconter des blagues avec lui. Nous, on s’est bien marrés.

(c) portrait par Delphine Ghosarossian

Vous avez dit qu’une bonne chanson est une chanson vraie. C’est ce coté vrai que vous cherchez dans vos compositions, dans votre écriture ?

Pierre : Une bonne chanson c’est une chanson qu’on arrive à jouer plein de fois et qui à chaque fois révèle une nouvelle personnalité, où on arrive à trouver un nouveau sens, un nouveau truc dans l’arrangement qu’on n’ avait pas forcément vu quand on l’a composée. C’est une chanson qui se montre sous plein de jours différents. Une chanson qui reste figée, qui ne vit pas, ne se montre pas sous d’autres jours à mesure qu’on la joue, en général on arrête de la jouer sans même s’en rendre compte. Il nous est arrivé que dans des setlists on ne joue pas un titre et qu’on ne s’en rende même pas compte. Il faut les dégager celles-ci, ça veut dire qu’elles ne servent à rien. C’est la loi du plus fort.

Ce sont souvent des chansons qu’il faut dompter, qui sont dures à jouer, qui sont dures à composer même, mais qui par la suite se révèlent assez riches. Il y a aussi des chansons très simples, qui viennent très naturellement, où on a juste à se laisser aller… Il y a plein de titres comme ça où il y avait juste à tirer le fil.

Sur le premier album il y avait pas mal de chansons qui étaient déjà en nous. J’avais pas mal de textes, de guitare / voix qui étaient déjà plus ou moins finis, il y avait déjà une grosse base de travail. On va voir pour le deuxième album comme ça se passe parce que ça va être la première fois qu’on va devoir tout composer tous les trois vraiment, en partant de zéro.

Colin : C’est souvent assez simple de composer un premier disque. C’est tout ce que tu as accumulé avant.

Pierre : Après il faut faire un disque tous les deux, trois ans, donc avec deux, trois ans de vécu. Ce n’est pas la même chose, mais c’est compensé par le fait qu’on prend de l’assurance et qu’on se connaît mieux. On va peut-être fonctionner différemment dans la compo parce qu’on connaît le comportement de chacun, on va gagner du temps, en tout cas, gagner en confort, en bonne humeur aussi. Parce que la compo ce n’est pas tout le temps de la bonne humeur, c’est vite tendu aussi. Ce n’est pas évident d’avoir la même vision d’un truc, et on ne peut pas mettre des mots sur tout, c’est pour cela qu’on fait de la musique. Paradoxalement même moi je ne mets pas des mots sur tout.

(c) portrait par Delphine Ghosarossian

Vous avez la volonté de toujours évoluer, vous savez vers quoi vous souhaitez évoluer ?

Pierre : Je crois que le but c’est d’avoir le plus de public possible. De continuer de jouer… Je crois que de toute façon on a un deuxième disque à faire…

Colin : On se laisse les portes ouvertes… Si on a envie de faire un disque en allemand, un disque électro, on le fera je pense.

Quel est votre crainte aujourd’hui ?

Pierre : C’est que le deuxième disque soit moins bien reçu que le premier. En fait, si on est sincère sur le deuxième comme sur le premier, si on a rien à regretter que ce soit bien pris ou mal pris, tant pis.

Colin : Ca s’inscrit dans le temps. Bashung a fait des grands bides qui sont maintenant des références.

Pierre : Le but c’est de ne pas avoir de regrets. Il faut être le plus sincère possible et ne pas se trahir. Si on ne s’est pas trahi, après c’est de l’art et ça reste comme ça. Le but c’est qu’ on continue en groupe, je pense que ce serait aussi chouette qu’on ait d’autres projets, qu’on aille faire nos expériences chacun de notre coté, tout en gardant le groupe. Avec le groupe faire aussi d’autres expériences de musique. Là on a fait une création avec la Maison de la Poésie, ce sont des trucs qui nous branchent bien, comme faire une musique de film… Il n’y a pas que la musique d’album qui compte. J’aimerais bien aussi écrire pour d’autres trucs, ou Colin va peut-être collaborer avec d’autres gens. En fait, à partir d’un groupe on peut faire plein de choses, c’est ce qui est cool.

N’avez-vous pas la crainte d’être catalogué « Chanteur intellectuel, cérébral » ?

Colin : On arrive à faire autant de concerts qu’on a envie, comme on en a envie. On arrive à faire la musique qu’on a envie, après les gens pensent ce qu’ils veulent. Tant qu’on est sincères avec nous même, qu’on sait ce qu’on fait, ça va.

Pierre : Les gens ne viendraient pas à nos concerts, ils ne taperaient pas dans les mains, ils ne danseraient pas si c’était vraiment cérébral. Dès lors qu’on chante en français, qu’on met un peu de soin dans les textes, on oublie qu’on met le même soin dans la musique et du coup ça devient vite cérébral. C’est complètement stupide. Nick Cave écrit en anglais, il met du soin dans ses textes et on fait surtout attention à sa musique. En France, vu qu’on chante dans notre langue maternelle, ça peut être pris pour quelque chose de pompeux…

Vos chansons ont un réel pouvoir magnétique, vous savez comment la magie opère ?

Pierre : Non, il ne faut surtout pas savoir… Je n’ai pas le recul et je n’ai pas trop envie d’avoir ce recul. Mes textes n’ont longtemps pas été compris. Dans le slam, les gens ne comprenaient jamais mes textes, je m’en foutais. Quand j’étais tout seul avant que le groupe se forme, les gens ne comprenaient pas mes textes non plus. Maintenant qu’on a un groupe, j’écris peut-être mieux, mais les gens peuvent plus s’identifier, tant mieux.

Vous dites que vous avez une approche assez « brut » des concerts, vous pouvez nous expliquer ?

Colin : C’est essayer au maximum d’être dans le présent, dans l’instant de ce qui se passe. C’est vivre des expériences, des sensations.

Pierre : On essaie de ne pas donner tout le temps les mêmes concerts. Il y a des groupes qui sont très forts pour faire ça, et ça leur va très bien de jouer au click, de lancer des boucles, d’être très carré. Nous on essaie d’être le plus carré possible, de produire les sons qui nous intéressent, par contre tout le temps le même concert ça ne nous intéresse pas tellement. Ca ne veut pas dire qu’on change les titres, mais c’est de trouver de nouvelles interprétations à chaque fois, ça passe aussi dans l’intention. Après ça passe par des instants d’impros qu’on peut se permettre, des silences qui ne sont jamais les mêmes. On essaie d’être dans le présent quand on monte sur scène, de ne pas se dire « c’est un concert de plus, c’est le même qu’hier ». Il y a des concerts qui sont moins biens que d’autres, peut-être pas pour le public, mais pour nous oui.

Vos plus beaux souvenirs de concerts ?

Pierre : Il y a la Cigale, mais avant ça c’était à Joinville-Le-Pont, il y a deux semaines. Et avant ça, l’une de nos meilleures dates c’était cet été à Québec, dans un bar où il y avait quinze personnes. Ca ne veut rien dire le nombre, c’est surtout ce qu’on donne à ce moment là et comment les gens le reçoivent. C’est le vieux cliché, mais il vaut mieux dix personnes à donf que mille qui en n’ont rien à foutre.

Colin : Les meilleurs concerts sont souvent quand on ne s’y attend pas du tout. On se dit « on y retourne pour un petit concert », on n’est pas dans l’état du meilleur concert de la vie, et finalement ce sont les gens qui vont nous surprendre et on va leur donner un truc qui n’était pas vraiment prévu. C’est ce qu’on kiffe.

Pierre : Du coup, on n’est pas dans la réflexion…

Merci !

Notre entretien avec An Pierlé

« Je deviens gourmande pour faire de la musique »

An Pierlé est véritablement une artiste aux multiples talents ! Elle a réussi en quelques années à être à la fois compositrice officielle de la ville de Gand (où elle réside), à composer la BO du film Le Tout Nouveau Testament pour laquelle elle recevra le prix Magritte du Cinéma 2016 dans la catégorie meilleure musique originale, à écrire et jouer un spectacle pour enfants dans plusieurs langues qui fut lui aussi primé et enfin sortir Arches, un album composé autour de l’orgue de l’église St Jacques de Gand.

C’est avec beaucoup de plaisir que nous lui avons poser quelques questions pour faire le tour de tout ça !

Portrait de la chanteuse belge An Pierlé(c) portrait par Delphine Ghosarossian

Depuis votre album diptyque Strange Days / Strange Ways, sorti en 2013, vous avez fait la BO du film Le Tout Nouveau Testament, que vous a apporté musicalement de faire ce projet ?

An Pierlé : Beaucoup. C’était quelque chose que je n’avais jamais fait, mettre de la musique sur des scènes, partir d’un scénario et simplement ouvrir les portes et recevoir de l’inspiration. J’ai aussi écrit pour un orchestre, ce que je n’avais jamais fait. Je me suis dit à moi même, tu dois faire semblant que tu sais faire ça pour éliminer le doute qui serait tuant. Pour le reste c’était un jardin de jeux parce que dans le même film il y a des musiques romantiques, mais il y aussi des trucs comme une chanson des années 70s disco très ringarde, un morceau trip-hop, un morceau house. Il y a plein de genres différents, et ça c’était gai.

Ca m’a aussi amené beaucoup d’inspirations, de libertés et de l’entrainement musical pour apprendre encore plus de choses et aller dans différentes directions. Je deviens gourmande pour faire de la musique.

Du coup, ce n’est pas trop difficile de revenir au format album, où on doit avoir une certaine cohérence ?

Non, c’est gai de faire des albums, tu fais un cercle de chansons.

« Il faut oser se laisser des espaces libres pour faire venir de nouvelles choses »

Suite au prix Magritte qu’a reçu cette BO, vous avez été beaucoup sollicitée pour de nouvelles BO ?

Non, pas encore. Je ne suis pas en train de chercher non plus. Je n’ai pas un besoin de devenir compositrice de bandes originales de films. Il y a des gens qui font ce métier qui peut aussi comporter beaucoup de frustrations, je pense. J’entendais des histoires où le film est fait, on te demande alors de faire la musique dessus. J’ai eu de la chance d’avoir un metteur en scène qui pensait à la musique dès le début, qui avait vraiment une opinion.

Il faut oser se laisser des espaces libres pour faire venir de nouvelles choses et ne pas, par peur de ne pas avoir du boulot, accepter des choses que tu ne ressens pas vraiment.

En 2012, après avoir été nommée compositrice officielle de la ville de Gand, tu évoquais déjà dans une interview un projet avec un orgue. Le disque arrive en 2016, pourquoi autant de temps ?

Par période, j’ai continué à bosser le projet de l’orgue, et entre temps j’ai fait la BO du film qui m’a pris une année entière, j’ai fait un spectacle musical pour enfants (ndlr Slumberland) pour lequel on a enregistré un album, on l’a beaucoup joué. Au début ce n’était pas le but, on devait l’écrire et des remplaçants devaient le jouer, mais c’était devenu tellement chouette qu’on l’a joué dans quatre langues différentes.

J’ai passé beaucoup de temps à chercher comment traduire dans les autres langues avec l’aide de « native speakers », chercher les mêmes sonorités émotionnelles dans les autres langues.

Comment on se retrouve à enregistrer le disque à l’église St Jacques de Gand ?

Comme je faisais le projet depuis quelques années, j’avais même la clé de l’église. Je suis sage… Ils ont dit « oui ». On a pu entrer. Ca fait vivre aussi les églises qui sont ces temps-ci souvent très vides. De plus en plus ils ouvrent leurs portes pour de la musique. Ce qui est, je pense, une super bonne façon d’utiliser ces lieux qui ont beaucoup d’histoires, beaucoup d’ambiances, beaucoup de spiritualités aussi. La musique y a vraiment une place, c’est bien, on s’aide mutuellement.

Cela n’a pas été trop compliqué d’un point de vu technique d’enregistrer dans un tel lieu ?

Oui, c’était très compliqué. On n’a enregistré là bas que l’orgue, et la nuit, pour ne pas avoir trop de bruits de la ville. Mon copain, producteur, Koen Gisen a vraiment étudié comment faire, parce qu’un orgue a une énorme dynamique et pour marier ça avec des instruments et des voix c’était compliqué, mais il est doué (rires). Le reste s’est fait dans le studio à la maison où on a tout ce qu’il faut.

Donc vous avez enregistré l’orgue puis vous avez placé les autres instruments et chants chez vous ?

Oui. Il y avait déjà des maquettes et des démos, on a joué l’orgue sur les maquettes. Puis lorsqu’on a eu l’orgue on pouvait tout virer et reconstruire à partir du vrai son de l’orgue, et surtout éliminer les arrangements.

Vous pouviez utiliser l’église le temps nécessaire pour capter le son de l’orgue ?

On avait vraiment une liberté totale. Mais on a un bon organiste, on a tout enregistré en quatre nuits, ça va…

Portrait de la chanteuse belge An Pierlé(c) portrait par Delphine Ghosarossian

Dans des interviews, vous parlez de votre album en disant qu’il est sensuel ?

Tu ne trouves pas ? (rires) Il faut l’essayer alors… (rires) A cause de la boite à rythmes, à cause des dynamiques, à cause des rythmes, à cause des basses aussi, je pense que cela a instigué quelque chose d’un peu groovy que tu ne maries pas immédiatement avec un truc comme un orgue, mais finalement cela a amené à ça.

Le disque est sorti début septembre en France, mais bien avant en Belgique. Pourquoi ?

C’est pour la maison de disque en France. C’est un plus grand pays, ils ont besoin de plus de temps pour préparer les choses. Pour eux le timing était mieux ainsi. C’est déjà assez difficile ces temps-ci, il faut se donner tous les moyens possibles. C’est bien comme ça on a tout préparer, les clips ne seront pas finis à la dernière minute, mais bien à temps, c’est très agréable. Pouvoir faire des interviews à l’aise, j’ai déjà réfléchi aux réponses. Et j’ai déjà eu quelques retours, donc je suis moins stressée.

Quels ont été ces premiers retours ?

Très bons ! (rires) Ca fait vraiment plaisir. Le voyage d’un album c’est toujours grâce aux résonnances qu’il fait auprès des gens. Si les gens rayonnent bien, on ne sait jamais… Bon, ce n’est peut-être pas pour tout le monde ce genre d’album, il y a des gens qui détestent, mais ça c’est bien aussi. Ca veut dire que c’est quelque chose de spécifique qui touche une corde particulière.

C’est à cause de l’orgue ?

Oui, je pense qu’il y a des gens qui trouvent ça trop perçant comme sonorité. Pourtant je trouve que c’est un album assez doux finalement.

Portrait de la chanteuse belge An Pierlé(c) portrait par Delphine Ghosarossian

Un second album, une deuxième partie est déjà annoncée, pourquoi deux parties ?

Parce qu’il y avait trop de chansons et de genres un peu trop larges pour tout mettre dans un album. Après, je ne pense pas que je vais refaire un album autour de l’orgue tout de suite. C’est comme les piano-voix il faut beaucoup de temps entre deux albums sinon tu fais toujours la même chose. J’ai envie d’essayer d’autres choses.

Il est déjà enregistré le second opus ?

Déjà cinq morceaux. Ce sera un EP, donc ça va dépendre du temps que j’aurai pour m’y mettre. Ca donne envie d’explorer encore.

Une date de concert à Paris est annoncée dans l’église St Eustache, le 5 octobre 2016, vous allez utiliser l’orgue de St Eustache ?

Oui, on a le droit. On a du prouver que c’est vraiment un bon organiste, qu’il n’allait pas le casser. Normalement ils ne font pas ça, donc c’est très chouette de leur part d’avoir accepter de nous accueillir sur leur orgue, je suis contente. C’est beaucoup d’efforts pour faire les réglages dans de tels lieux, ça demande beaucoup de boulots de toutes les personnes concernées, mais ça va poser l’album dans les meilleures conditions. Ca prend vraiment de l’ampleur quand tu es dans une grande église. Le son t’enveloppe. On en a fait quelques unes et c’est super, donc je suis très contente.

C’est l’endroit idéal ?

Oui, ou un club très dark. Je m’imagine aussi dans un festival tard le soir. Bon pour ça il faut être plus connue, donc je vais dans les églises… et l’année prochaine dans les festivals tard le soir. (rires)

Vous avez essayé l’orgue de St Eustache ?

Non, pas encore. Mais c’est un grand orgue, il a toutes les possibilités pour bien représenter l’album. Ca c’est important, parce que les petits orgues, c’est assez insatisfaisant. (rires) Ca n’a pas de basse, ça n’a pas de fond. Ca peut être très beau, ça peut donner des versions intimistes, sensibles de certaines chansons, mais pour tout l’album il nous faut de grands orgues.

Du coup les balances vont être compliquées à St Eustache ?

On les a averti qu’on avait besoin de temps pour les balances. Mais on a quand déjà bien techniquement préparé les choses. J’ai des bons techniciens.

Il y a beaucoup de reverbs…

Oui, il va falloir faire avec. Il faut qu’il y ait beaucoup de monde pour un peu les absorber.

Il y aura aussi des concerts dans des salles de concert ?

Oui.

Comment vous aller faire pour l’orgue ?

J’ai une très bonne émulation d’orgue. Ca marche très très bien. Ca marche mieux parfois qu’un orgue d’église qui a un son baroque. Ca donne une ambiance plus rock, plus trip-hop…

Vous aviez pensé à tout cela au début du projet ?

Au début, l’idée c’était de faire un projet unique pour essayer l’orgue. Et puis ça a grandi… J’aime bien cette façon de travailler. Parce que si tu commences quelque chose et tu es surpris « ah c’est quand même très chouette, on va continuer » et tu fais un concert, et les gens disent «  c’était magnifique… » alors tu te dis « il faut vraiment faire quelque chose avec ça ». Ca donne envie, ca donne de l’énergie. Le fait que ça a pu prendre du temps, ça fait murir le truc, tu écris différentes chansons parce que tu ne vas pas toujours faire la même chose.

Je pense que dans la musique pop il n’y a pas toujours les moyens de prendre beaucoup de temps, laisser murir de nouveaux projets. Et chaque chose que tu entames ça prend 5 ans avant d’être complètement à l’aise. C’est un luxe.

Portrait de la chanteuse belge An Pierlé(c) portrait par Delphine Ghosarossian

Vous êtes sur Instagram, Facebook, Twitter, c’est vous qui êtes derrière les comptes ?

Oui, c’est moi, je fais de mon mieux.

Qu’est-ce que ça vous apporte d’être sur les réseaux sociaux ?

C’est vrai que chez Pias ils m’ont dit « il faudrait que tu sois sur Instagram… » Mais maintenant je trouve ça chouette. Je remarque que ça me fait regarder les choses un peu différemment, les petits détails m’intéressent… Je n’ai pas envie de faire ça (ndlr mimant un selfie). Ca ne m’intéresse pas du tout ! Pourtant ironiquement c’est ça qui se fait le plus. Ca et les photos des repas. Il faudrait faire un truc super bon à manger et dire « et j’ai un album aussi… » (rires) Je vais devenir la reine d’Instagram ! (rires)

Un dernier mot ?

Je me suis vraiment bien amusée. S’amuser ça veut dire aussi souffrir. Bien sûr je veux que les gens aiment, mais je ne veux pas faire de la musique pour plaire aux gens. Je veux faire de la musique qui touche. Ca c’est plus chouette, parce que ça dure plus longtemps. Ca ne me mènera peut-être pas vers le statut « madonaesque », mais c’est pas grave, je fais mon métier.

De plus en plus je dis avec fierté « c’est mon métier ». Après 20 ans je suis très contente de pouvoir encore le faire et de retrouver de temps en temps, le plaisir de redécouvrir des nouvelles choses, de voir que l’inspiration ne s’assèche pas, c’est luxueux.

Merci

Portrait de la chanteuse belge An Pierlé(c) portrait par Delphine Ghosarossian

The Flow – Melanie De Biasio

Melanie De BiasioCoup de coeur

Impossible d’attendre la sortie de son album prévu le 21 octobre 2013, pour évoquer Melanie De Biasio dont la voix magnétique au charisme majestueux vous capte dans son univers à la sophistication dépouillée.

D’une formation et d’une influence Jazz (elle fut d’ailleurs nommée aux Django D’or de 2006 dans la catégorie Jeunes Talents) qui s’entend et s’apprécie, Melanie De Biasio élargie son spectre musicale et touche avec The Flow à une pop-jazz « haute-couture », raffinée et d’une élégance rare. Son chant soyeux glisse avec sensualité sur l’orchestration fine comme un vêtement de soie sur les courbes d’une femme inaccessible.

Dans l’attente des nouveaux morceaux et pour compléter le singulier The Flow, on ne saurait trop vous conseiller son premier album, jazz, A Stomach Is Burning tout aussi élégant et subtil.

The Flow est à l’écoute juste après le break Lire la suite

Strange Days – An Pierlé

« Believe in what you do »

Après avoir tourné avec son groupe White Velvet, An Pierlé prend son envol (au sens propre comme au figuré) en solo et nous offre Strange Days.

Titre de son album et du morceau qui nous a enchanté, Strange Days croit en toi, en moi, en nous. Cette chanson au message très positif nous encourage à ne pas se fier aux mauvaises langues, de faire confiance en ce que nous sommes, en ce que nous faisons.

En tête à tête avec son piano totalement investi, comme en dialogue avec son intériorité (sensation renforcée par ces coups de grosse caisse doublés très en rapport avec les battements de coeur), sa voix voltige de notes en notes dans de magnifiques ornements aériens et lyriques. Une jolie folk intimiste et profonde.

Elle sera ce 2 avril 2013 au Café de la Danse (Paris) avant de poursuivre sa tournée européenne.

A l’écoute après le break

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Hold Back The Night – I Am Kloot

C’est à Manchester que nous posons aujourd’hui nos valises pour découvrir I Am Kloot, trio formé en 1999, (John Bramwell – guitare/chant, Peter Jobson – basse et Andy Hargreaves – batterie) et plus particulièrement le cinématographique Hold Back The Night.

Ce morceau est un « must » dans sa construction, dans sa dramaturgie parfaitement maitrisée, dans son orchestration et dans sa mélodie. Beaucoup de qualités qui en font un incontournable.

Il se développe en deux parties qui s’opposent et se fondent entre elles (on pourrait presque parler de yin et yang musical) à partir desquelles chacun se conte sa propre histoire. Deux faces, dont l’une est sombre, très terrienne, au chant imprégné de blues, l’autre est une magnifique et inspirée envolée folk-lyrique de violons & guitare qui nous emmène loin, très loin. Mais que c’est beau !

Hold Back The Night est issu de leur sixième album studio Let It All In, le clip nocturne du morceau (mais qui finit bien) est à découvrir après le break

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The World Is Gonna End Tonight – School Is Cool

Une nouvelle fois, il aura fallu attendre près d’un an pour que le premier (mais néanmoins très abouti) album Entropology de School Is Cool traverse la frontière entre la Belgique et la France et parvienne enfin jusqu’à nos oreilles grâce au soutient du label Pias.

Derrière ce nom de groupe gentiment provocateur, et ce titre de morceau tellement définitif The World Is Gonna End Tonight, se cache une musique pop au lyrisme indéniable mêlant, de manière très originale, des violons baroques à des percussions très rythmées.

Comme une légère brise de vent marin qui ondule vos cheveux, cette chanson est d’une grande fluidité et d’une belle délicatesse.

Le clip se déroulant le 21/12/2012 à 23h45 est à découvrir juste après le break

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La Crise – Da Silva

Coup de Coeur

C’est après avoir changé de label pour Pias que Da Silva sort son quatrième et merveilleux album La Distance.

Moins acoustiques, mais agrémentées de subtils synthés électros, les 11 chansons déposent délicatement à vos pieds leur sensibilité à fleur de peau.

Parce qu’on entend depuis près de 40 ans que c’est La Crise et qu’on semble chaque jour faire comme si l’on découvrait la situation, ce morceau évoque avec une délicieuse irrévérence, légèreté et une douce finesse qu’on en a « vraiment rien à faire », que l’important est bien ailleurs.

Un texte qu’on savoure comme une « première gorgée de bière« , une chanson gentiment engagée, rayonnante, pleine de tendresse et de complicité.

A l’écoute après le break

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Crazy Clown Time – David Lynch

Alors, ça donne quoi le disque de David Lynch ?

Les fans du metteur en scène seront ravis de  retrouver les atmosphères étranges, hantées, inquiétantes, parfois abstraites, mais totalement indépendantes et si personnelles de ses films. Les autres vont probablement rester à coté du chemin qui mène à son univers fantasmagorique déroutant.

On découvre Crazy Clown Time (titre éponyme à l’album) comme on entre dans une pièce pourpre à la déco baroque, où un clown déglingué, sinistre, malsain et menaçant semble régner en maitre sur un peuple gémissant, agonisant.

Une musique lancinante, douloureuse qui se laisse ressentir plus qu’écouter.

A l’écoute après le break

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Tearz for Animals – CocoRosie

Vous n’assistiez pas hier soir au concert des soeurs Casady aka CocoRosie au Trianon (Paris) ? C’est trop dommage …

Allez, on se console avec leur single We Are On Fire et plus particulièrement Tearz For Animals en face B.

Invité de marque, Anthony Hegarty (plus connu au sein de la formation Anthony & The Johnsons) jouant ici le role de « mère nature » complète l’exceptionnelle harmonie de voix déployée dans ce titre.

Le fond musicale est discret, précis, moderne, juste, laissant parfaitement les personnalités prendre leurs envols et s’exprimer.

Un sujet grave traité avec tellement de maestria, on ne pouvait s’attendre à moins de la part des CocoRosie … Alors heureux?

A l’écoute après le break

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The Bath – The Chase

Coup de Coeur

Enfin !!! Comment ne pas commencer par un « enfin » de soulagement, car c’est avec une grande impatience qu’on attendait la sortie du premier album de The Chase. Après avoir été repoussé à plusieurs reprises, il est enfin dans les bacs cette semaine, tout le monde va enfin pouvoir le découvrir, le savourer, l’apprécier !

On aurait pu croire que le titre The Bath parce qu’il n’avait pas de parole, seules les onomatopées ‘pa pa pa dam’ y sont chantées, allait être un morceau ‘anecdotique’ de l’album.

Mais, bien au contraire, ce court morceau (moins de 2 minutes) est un véritable concentré de lumière, de couleurs, de bonne humeur, de joie de vivre qui sont extrêmement communicatifs. Cette bourrasque de gaité, d’euphorie à la voix petillante et malicieuse venue de Montpellier balaye de ses merveilleuses notes la grisaille du quotidien pour le rendre beau.

On y retrouve l’innocence, la féérie des films de Jacques Demy, on adore!

Parce qu’ils savent aussi écrire de vraies paroles, juste après le break vous trouverez également à l’écoute l’excellente chanson Marianne.

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